I. Publiée à partir de i847- Pagnerrc, Paris
Elle laxa le crime, car il y a eu absoluliou... pour qui aurait tué son père, sa 347. Vous Otes uu brigand, ungucuv, un maniaque mère, sou frfTc, sa sœur, moyennant De meurtres; bien! un tel prclrc simoniaquc,
six livres: absolution pour qui aurait Crible vos actions dans son liidcux (amis,
brûlé la maison de son voisin, moyennant Se signe et dit : « Allez, vos torts vous sont remis ».
sept livres quatre sols ; et pour soixante et seize livres dix sols, absolution générale, sans dislinction de péchés.
Elle taxa l'agonie, car sous peine d'être 317. .\li ! vous mourez, c'est tant ;
déclaré « déconfès » (>rivé de sépulture, voué à la damnation éternelle, le moribond dut mettre un legs au clergé dans son dernier soupir : elle taxa la mort, car il fallut
acheter le droit d'être en terre sainte 322. Un marchand sacré vend sa pourriture au mort,
mangé par les vers.
Non seulement les idées sont les mêmes, mais l'anaphore de Louis Blanc : « Elle taxa, elle taxa... » a son écho dans celle de Hugo : « C'est tant, c'est tant... »
Il serait cependant hasardeux de se montrer alfirmatif". là où il n'y a pas emprunt de documents précis, mais simplement similitude d'allure dans le fond ou dans la forme de la pensée.
Ce qui paraît bien probable, c'est que, directement ou indirectement, l'emprunt des documents remonte à Voltaire; c'est dans V Essai sur les Mœurs que nous apprenons que la taxe de la Chancellerie fut établie parle pape Jean XXII (i32o), et celle de la Pénitencerie par Benoît XII (i336).
Au mot T.vxE, le Dictionnaire philosophique nous renseigne sur le nombre de gros qu'il en coûtait pour avoir permission de manger de la viande :
29'y. Droit de manger du bœuf, di'oit de manger du porc ;
de trafiquer avec les infidèles :
3 II. Pour acheter le blé des Turcs, dispense ;
et sur la nature étrange de certaines dîmes :
3iG. Goûte la fille au lit, le vin dans le tonneau.
On y rencontre également les termes (^officiai et d^annates. Mais, d'autre part, on nV trouve ni les tonlieux, ni le morliiairc, ni le déport.
Le mot de tonlieux est expliqué dans l'Encyclopédie ' et dans Du Cange ; le terme de déport se trouve dans Bûche/, et Roux*, où Ton rencontre aussi l'équivalent de uiortnaire sous les vocables de côte-morte et de dépouilles.
Ajoutons que les quatre vers :
3i3. Pourvu qu'il ait son crime en ducats dans son coffre, L'homme le plus pervers voit le prêtre qui s'offre ; Et le plus noir bandit qui soit sous le ciel bleu Fouille à sa poche, et dit au pape : « Combien Dieu ? »
ont un air de parenté frappant avec le réquisitoire connu du pieux Conrad, Tabbé d'Ursberg' :
« O Vatican, réjouis-toi, maintenant tous les trésors te
sont ouverts Pourvu qu'on t'apporte de Tor, qu'il soit
souillé de sang ou de luxure, tu ouvriras le royaume des cieux aux débauchés, aux sodomites, aux assassins, aux parricides. Que dis-je? tu leur vendrais Dieu lui-même pour de For. »
Il y a donc lieu de penser que le développement de Gens d'Eglise n'est que la collection de sources éparses et de lectures très diverses, faites par Hugo, sur un sujet où il ne dédaignait pas d'apporter une ardeur militante.