‹ Le moyen âge dans La légende des sìecles et les sources de Victor HugoChapitre 205 sur 303 · I. Le lihin, lettre X, Cologne · texte numérisé non relu

I. Le lihin, lettre X, Cologne

■1. Ibid., lettre XXIV. Francfort-sur-lc-Rhin.

La grande épéc à luains brille au croc de la selle ;

La hache est sur le dos, la dague est sous l'aisselle ;

Les genouillères ont leur boutoir meurtrier,

Les mains pressent la bride et les pieds l'étrier;

Ils sont prêts; chaque heaume est masqué de son crible..., etc.

D'où tient-il un si riche vocabulaire ?

On serait tenté de croire qu'il a fait pour les armures d*Eviradnns ce qu'il avait fait pour les armes orientales, et qu'il avait sous les yeux des notes en vers prises sur quelque traité spécial'.

Parmi les documents qu'il avait à Guernesey, les uns étaient des œuvres superficielles de vulgarisation : tels, lalbum de la Tapisserie de Bai/eux par Jubinal, ou les dictionnaires Renier ou Lachâtre à l'article Armures : un dernier, le dictionnaire de Du Gange, lui offrait un inventaire curieux, mais d'un vocabulaire trop ancien et trop restreint pour que le poète ait songé à l'utiliser. En réalité, sa description, confrontée avec ces trois textes, n'offre que des points de contact bien fugitifs.

La vérité est que Victor Hugo tire cette fois sa science de son propre fonds de connaissances générales.

Il a eu de tout temps le goût des armures : le catalogue de la vente de son mobilier en 1832 montre qu'il possédait des panoplies ; il avait, sans aucun doute, parlé d'armures, pièces en mains, avec Jubinal, et Jubinal connaissait, en cette matière, ses auteurs, au reste peu nombreux à cette époque. Gar tous les spécialistes, et en particulier Florent Gille en i853-, se plaignaient de ce qu'il n'y eût point en France, à cette date, d'ouvrage complet sur l'armement au moyen âge. Allou avait, de i838 à 1889, publié trois remarquables études dans les Mémoires des Antiquaires de France, il était mort avant d'avoir achevé son œuvre. Le dictionnaire de

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