I. X. Marmier. Littérature islandaise, p
1. Palnatoke est, historiquement, le bras dont se servit le roi parricide Sweno pour faire surprendre et tuer dans un bois son père Harold. Mais Œhlenschlager fait de Palnatoke une sorte de Guillaume Tell.
« peut-être pas d'une fraternité irréprochable. II fut aussi « surpris que froissé de ce silence qu'il prenait pour de « l'affectation. « Puisque je connais ses poésies, murmu- « rait-il avec humeur, il pourrait bien avoir l'air de « connaître les miennes* ! »
Je Fimagine, en effet : pour Œhlenschiâger, qui avait pu lire en 1820, dans le Conservateur lillèraire dirigé par Hugo, un poème de Barjaud sur les Dieux du Nord-; pour Œhlenschiâger qui avait goûté le roman norvégien à'Han d'Islande^ la stupéfaction dut être grande de penser que Victor Hugo affectait de ne connaître ni ses poèmes, ni ses drames empruntés à la mythologie Scandinave, toutes œuvres dont Ampère avait, dès i833, fait avec une admiration convaincue l'analyse et l'éloge*.
Mais y avait-il affectation de la part de V. Hugo, et depuis 1820-23, depuis le Conservateur littéraire et Han d'Islande^ V. Hugo était-il jamais revenu avec application à sa curiosité de néophyte pour les littératures du Nord?
On en peut douter.
Le mouvement d'intérêt, qui s'était manifesté à l'égard des littératures étrangères, avait porté les esprits du côté de l'Espagne et de l'Allemagne, mais il n'était pas allé jusqu'à leur faire franchir la Baltique. Si les voyages aux Pyrénées et au Rhin, si les études de littérature espagnole et germanique ont inspiré des œuvres nombreuses en France avant i85o, il n'en est pas de même pour la littérature Scandinave, et quand, en i85o, Léouzon-Leduc établit au début de son Histoire littéraire du Nord, le bilan de la curiosité française à cet égard, il est facile de se rendre compte que les curieux sont peu nombreux et que les travaux de critique ou de vulgarisation sont rares.
1. J. Lefèvre-Deumier. OEhlenschlàger, Etude biographique et littéraire, HacheUe, i854. p. 197.
2. Les Dieux du Nord, poème par feu J.-B. Barjaud. Fragment du 1" ch. de Charlemagne.