‹ Le moyen âge dans La légende des sìecles et les sources de Victor HugoChapitre 236 sur 303 · C. Le dénouement. Amalgame de réminiscences. Les châti · texte numérisé non relu

C. Le dénouement. Amalgame de réminiscences. Les châti

timents. — RoUin. — La Vicom-

terie. — W. Scott. — Les légendes

du Rhin.

Conclusion.

L'AIGLE DU CASQUE Organisation du poème et chronologie des inspirations.

Le manuscrit de V Aigle du Casque porte la date du 5 août 1876.

lu' Aigle du Casque n'est pourtant point ce qu'on pourrait précisément appeler une reviviscence d'inspiration, entièrement analogue à celle du Comte Félibien {11 nov. 1876)011 le poète revient au cadre de Hatbei-t (1857), à celle de Paternité où il reprend, avec tant de bonheur et de puissance, un thème du Romancero (i856), à celle surtout du Groupe des

I(/i//les, où, incoiiscieiiiment alourdi déjà, il tente avec des gaucheries séniles de se refaire Tâme bucolique des Chansons des rues et des bois.

Il s'agit ici d'un sujet choisi au début même de l'inspiration des Petites Épopées, médité quelque temps, amorcé dans quelques développements, abandonné momentanément après la publication de la Légende des Siècles de 1859, puis repris de verve dans la vieillesse, et' retouché une dernière fois dans une partie importante de son action lors de Tachèvement du manuscrit.

On connaît le sujet de V Aigle du Casque : fidèle à un serment fait à Taïeul, le jeune comte d'Angus, type touchant d'un Euryale écossais, défie le lord sauvage des forêts, Tiphaine ; le frêle adolescent n'est point de taille à lutter avec le monstre : il s'enfuit éperdu à travers les taillis ; une poursuite terrible s'engage. Tiphaine, que n'arrêtent ni les prières d'un vieillard, ni l'intercession d'une abbesse et de ses nonnes, ni les supplications d'une mère, coupe les mains de l'enfant suppliant et l'abat brutalement. Alors, l'aigle d'airain de son casque, indigné et devenu vivant, lui crève les yeux, lui broie les dents,

396. ... Lui pétrit le crâne en ses ongles ardents, 398. Le jeta mort à terre, et s'envola terrible.

L'histoire de la poursuite et du meurtre inhumain du jeune Angus par Tiphaine est empruntée au roman de Raoul de Cambrai, qui a été la source initiale du sujet; à cet épisode, devenu pour Hugo le centre de la composition qu'il projetait, a été rattaché un dénouement, issu de souvenirs divers amalgamés par le poète, et le tout a été encadré suivant le procédé ordinaire dans un décor géographique et historique, puisé dans des traités spéciaux. L'ordre et la chronologie de ces inspirations et de ces documentations successives se précisent, avec évidence, si l'on considère les trois fragments de brouillons qui nous ont été conservés.

A. La soudure de la poursuite de Raoul de Cambrai à une catastrophe merveilleuse est la première idée qui s'est présentée à Tesprit du poète : le fragment 209 porte ces premières notes :

Quelque armurier de Leyde

Ou quelque forgeron des forges de Tolède

Fit ce casque et voulut au faîte y déployer

Une cigogne en bronze avec un bec d'acier...

Jamais, môme au plus fort des combats meurtriers,

Ceux qu'il [le casque] couvrait n'étaient à la tête blessés.

L'aigle était-il alors une cigogne?

Quatre vers de provocation étaient sans doute ceux que le jeune Angiis adressait à Tiphainc :

Je m'irrite De voir qu'on s'extasie à ton air hypocrite. Je ne te connais pas, mais je gage un sequin Contre un liard qu'au fond tu n'es qu'un vieux coquin.

Angus conservera ce ton d'adolescent à tête légère jusqu'à la dernière correction de 1876.

Le texte de Raoul de Cambrai ne transparaît clairement dans le fragment aSg que deux fois. Tout d'abord dans ces mots qu'on rencontre à la fois chez V. Hugo et chez les traducteurs de la Chanson de gestes, lorsque le jeune Angus est près d'être atteint par Tiphaine :

Et voilà que la peur de mourir le saisit ^

Ensuite, dans les injures adressées par Tiphaine à l'abbesse, Hugo s'est proposé successivement les expressions de :

Puiain, Vieille fille, Imbécile.

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