‹ Le moyen âge dans La légende des sìecles et les sources de Victor HugoChapitre 252 sur 303 · I. Walter Sott. Ibid · texte numérisé non relu

I. Walter Sott. Ibid

Glanes historiques. — Toutefois ce n'est pas à Walter Scott que Hugo a emprunté les noms et les quelques détails historiques précis qui figurent dans VAi^de du Casque.

a) Les Debrett's peerage. — Il avait entre les mains à Guer-^ nesey des Debrett's peerage — nous y avons vu ceux de 1828 et de 1866 — ainsi que les Délices de la Grande-Bretagne de Beewerel, sans compter des Histoires d'Angleterre, écrites en langue anglaise, qui figuraient dans la bibliothèque de François-Victor.

C'est avec le Debrett's peerage de 1866, qu'il a établi dans VHornme qui rit la liste des pairs d'Angleterre et de leurs demeures*.

La page de titre du manuscrit de VHomme qui rit porte cette note : Voir à la nomenclature des châteaux des Pairs sHl ny aurait pas lieu de mettre à chacun des nom et prénom avec fidélité absolue en dates. Ces mots sont suivis d'un gros « oui » à l'encre rouge. Et, de fait, interlignant son manuscrit d'une petite écriture serrée, Hugo a introduit toute une série d'indications puisées dans le Debrett's de 1866.

C'est au Debrett's peerage de 1828 que Victor Hugo a eu recours pour choisir les noms des compagnons du jeune Angus : il a consulté la liste : Extinct or dormant peerages of Scotland. Il y a relevé les noms des pairies suivantes :

Angus, 1457-1661.

Argyll, 1457-1661. [Les Hébrides en dépendaient.)

Atholl, 1 1 i5-i3i4.

Marr, io63.

[Moray] et Angus, ii3o (n'a duré qu'une année).

Rothsay, 1398-1402.

Stirling, 1633-1739.

107. Tous chantent, légers, fiers, laissant flotter les brides, C'est Mar, Argyle, Athol, Rothsay, roi des Hébrides, David, roi de Stirling, Jean, comte de Glascow.

I. L'Homme qui Rit, ch. i. — Ursus. Satisfactions qui doivent suffire à ceux qui n'ont rien.

Ce qui a dicté le choix de V. Hugo, c'est l'antiquité des maisons : il a extrait du catalogue des cent et quelques noms qu'il avait sous les yeux, les six plus anciens, à l'exception de Stirling. Le comte de Glascow apparlient à la liste des comtes vivants.

Le premier jour où il consulta les armoiries de ces maisons dans le DehrelCs de 1828, il avait pu être frappé par le cimier des Montrose qui représente un aigle renversant une cigogne, et peut-être son idée première vint-elle de là*, dès la date du premier fragment de ses notes.

Il parait être revenu à cette source pour imaginer le prologue de sa lutte. Les armoiries des Montrose ont pour légende «^ Ne oubliez pas ».

52. Dix ans, cela suffit pour que les chênes verts Soient d'une obscurité plus épaisse couverts ; Dix ans, cela suffit pour qu'un enfant grandisse; En dix ans, certe, Orphée oublierait Eurydice, Admète son épouse et Thisbé son amant, Mais pas un chevalier n'oublierait un serment.

Avec ces armoiries des Montrose, les brouillons et le manuscrit définitif de V. Hugo ont donc de commun trois éléments : la cigogne, l'aigle et le souvenir de la devise ; il ne paraît pas vraisemblable que ce soit là un effet de hasard.

D'autant qu'il faut tenir compte de la manière toute visuelle dont Hugo consultait ses sources, et, par conséquent, des associations d'idées par proximité dans l'espace. Or, dans les DehrelVs peerage^ les armoiries des Montrose sont suivies de celles des Moray-Angus qui ont pour devise Salus per Christum. La devise du jeune Angus est Christ et Lumière'^.

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