I. Quant ce voit Charles que touz li sont failli
Ne veulent estre de Noirbone saisi.
Forment regrete Rollan son chier ami Et Olivier son compaignon hardi Et les barons que Gucnelon trahi.
Ms. 243{)9, § XXH.
L'idée, heureuse cette fois, de l'apostrophe appartient àJubinol.
guignons, Flamands, Poitevins, Bretons, Lorrains, Champenois, Normands, retournez en vos terres. Pour moi, j'assiégerai Narbonne. Quand vous serez dans votre douce France, si on vous demande où est le roi Charles, vous répondrez que vous l'avez abandonné au siège de Narbonne; mais celui d'entre vous qui aura besoin de ma justice viendra la chercher jusqu'ici, car je ne bougerai pas de ce tertre.» Les barons poussèrent une grande lamentation et se regardèrent tristement.
25 1. Ainsi Charles de France, appelé Gbarlemagnc, Exarque de Ravenne, empereur d'Allemagne, Parlait dans la montagne avec sa grande voix ; Et les pâtres lointains, épars au fond des bois, Croyaient en l'entendant que c'était le tonnerre. Les barons consternés fixaient leurs yeux à terre.
Alors, Ion vit s'avancer du milieu de la foule un jeune homme grand et bien fait * ; il regarda tout le monde avec simplicité, et s' approchant de Charlemagne, avant que celui-ci l'eût interrogé^ il dit : « Dieu garde le roi de Saint-Denis et tous les barons en même temps. Je v4ens solliciter ce dont aucun seigneur ne veut : Narbonne et son pays. »