XVI. Le Cid est le Cid
Cet astre de la nuit noire.
Roi, ce n'est pas le bonheur Ni l'amour, ni la victoire.
Ni la force, c'est l'honneur !
Une faute à l'honneur est une tache au plus beau front. (B. R., p. 149. Discours du Cid à Martin Pelaes.) Faut-il voir là le point de départ d'une idée venue ati poète par antithèse ?
En présence d'imitations aussi disséminées et aussi peu précises, il serait bien difficile d'établir quelle traduction Y. Hugo a consultée, si tant est qu'il en ait consulté une.
Il n'avait, c'est plus que probable, ni texte, ni traduction sous les yeux, quand il a écrit le Romancero du Cid à Guernesey. Le catalogue de sa bibliothèque n'en comporte point.
Les rapprochements qu'on pourrait essayer risqueraient d'être fortuits. Sans doute, Hugo et Creuzé de Lesserse rencontrent:
Ghimène eut sa gorgerette
Pleine de fleurs et d'épis.
(Hugo, n. V. 5o.)
Et Ghimène qui rougissait
En eut tout plein sa gorgerette.
(C. de Lesser, I. xiii.)
Maisyjfem sa gorgerette était déjà la version de la Bibliotlièque des Romans {p. yo).
De même, faut-il affirmer que la strophe finale de V. Hugo
Ainsi le Gid, qui harangue Sans peur ni rébellion, Lèche son maître et sa langue Est rude étant d'un lion,
a, parce qu'il est question d'une comparaison entre le Cid et un lion, sa source dans ce vers de Creuzé de Lesser :
Il est le plus lion des deux.
ou dans cet épisode de Regnard :