‹ Le moyen âge dans La légende des sìecles et les sources de Victor HugoChapitre 70 sur 303 · Relation du voyage d'Espagne. Paris, Barbin, 1691, t. I · texte numérisé non relu

Relation du voyage d'Espagne. Paris, Barbin, 1691, t. I

u Nos bateaux étaient conduits par des filles d'une habileté et d'une « gentillesse charmantes.... Ces filles sont grandes; leur taille est « fine..., elles nagent comme des poissons...; je n'ai jamais vu plus « grand air de gaieté que celui qui paraît sur leur visage '. Quand on « irritait ces jeunes biscayennes, elles étaient plus farouches et plus à « craindre que des petits lions- ».

Quand V. Hugo a rejeté les deux vers inspirés par la « gentillesse » et « le grand air de gaieté », il paraît avoir profité de l'idée suggérée par l'héroïque qualificatif attribué par M™" d'Aulnoy aux jeunes baialleras^.

Si les petits lions ont évoqué chez Hugo une idée plus épique que celle des oiseaux « becquetant », il n'en est pas moins vrai que les belles filles d'Irun nous ont conduits bien loin de l'Espagne guerrière du moyen âge, et du sombre exil de l'époux de la chaste Chimène.

Du Poème du Cid et du Romancero espagnol, c'est à peine si dans le Cid exila il transparaît encore quelques vestiges ruinés, sous la floraison envahissante des souvenirs personnels du poète.

Page 1