Dieu : Ascension dans les ténèbres : Une autre voix
Richard fournissait nettement le texte de la matière à développer :
Et savez-vous l'idée qui nous vint quand nous nous trouvâmes ainsi réunis au milieu de cette formidable enceinte, tout près de ces places vides, au-dessus de ces gradins abandonnés par la création? L'idée nous vint de les remplir. C'était affaire d'imagination, oh se mit en frais. L'un convoquait un peuple, l'autre une armée. Charlemagne ou Napoléon : celui-ci déchaînait dans l'immense hémicycle, la danse des morts de Holbein ; celui-là y plaçait les assises du jugement dernier. Pour moi, j'aurais voulu tout simplement y voir éclater un orage. Un orage si près du ciel, ce doit être un beau spectacle ; ordinairement, on ne voit la tempête que d'un coin ; on n'en jouit pas, on n'a qu'un fragment d'orage. Il semble, au contraire, que le cirque de Gavarnieest assez vaste pour contenir une tempête toute entière qu'on y verrait se déployer dans toute sa grandeur, et dans tout sa puissance. Je crois vraiment que cette idée était la meilleure de toutes. Une tempête envoyée par Dieu : c'est là le seul acteur qui soit de taille à jouer sur ce grand théâtre*.
Et le sujet une fois divisé, d'après le modèle, en trois paragraphes :
A. le décor, c'est-à-dire le cadre du cirque ; — B. l'action, c'est-à-dire le drame de l'orage ; — C. les réflexions morales et métaphysiques, élargissant le sujet, Victor Hugo trouvait encore dans le texte de Richard des indications suffisantes pour l'éclosion des idées de détail.
A. Le Cadre.
— Ce [monument, est tel, que tous les cirques romains réunis aux Pyramides d'Egypte n'en formeraient que les moindres accessoires.
Guide Richard, p. 187.
Cirque près de la cascade.
Bas-reliefs étranges.
Deux têtes d^ éléphants avec leurs trompes apportant des épaves énormes.