Victor Hugo raconté. Le Voyage, XVIII, p
Taylor, dédié à Nodier, donne de la Garganta de Pancorbo, une description saisissante* :1a gravure de l'album, qui fait suite au volume, est romantiqueà souhait. Théophile Gautier exalte l'aspect grandiose du site. Eux-mêmes, les auteurs de Mémoires militaires sur les campagnes d'Espagne décrivent Pancorbo avec une complaisance marquée.
Mais là n'est point toute la source des souvenirs auxquels Victor Hugo fît appel. La gorge d'Ernula n'est autre, par certains côtés, que la gorge de Tolosa, située sur le chemin de Tolosa à Pampelune. Le poète avait traversé la gorge de Tolosa en août i843. 11 y avait pris des croquis ^ et il avait gardé de l'aspect effrayant et sauvage de ce val une impression vive. La description qu'il en donne dans son album s'ouvre par une protestation contre les profanes « qui ne savent point apprécier le spectacle multiple, varié, éblouissant et mélancolique de la création, que tous les penseurs étudient depuis Platon, et que tous les poètes contemplent depuis Homère ».
Hugo a consulté de si près ses notes de voyages pour brosser le décor du ravin d'Ernula, que le souvenir même de ces penseurs et de ces poètes a trouvé sa place, allié à celui de son voyage, dans les menaces de Ruy le Subtil :