‹ Le moyen äge et la renaissance, histoire et description des moeurs et usages, du commerce et de l'industrie, des sciences, des arts, des littératures et des beaux-arts en Europe. Direction littéraire de Paul Lacroix, direction artistiques de Ferdinand Séré. Dessins fac-similé (volume 2)Chapitre 35 sur 84 · L-^JUi · texte numérisé non relu

L-^JUi

■MmnwmmmM

-Lu ^

OC

t3 > Ci X

ce -

It iViUYl N ACI I I lAKINAISSANCt

li HKOMfltKI;

Kivaiut Ji'l

FERRONNER

vlironiguth. c-ndcinikim «l'utsl

COFFRET enfer gravé d'Allemagne, (X.VI' SIECLE.) Musée de Cluny,NU667 ■ Grandeur de l'original, haut 10 cent. long. 15 jcent.larg. 7cent

F Sere dircXii

MnYFNAr.r n la RtNAISSANCI

fERKONNCRIt PL VI

l'H lUfc

COFFRET enfer grave d'Allemagne. ( XVI' SIECLE )

Seconde face du même Coffrel. ( Musé, de Cluny.N' 1669.) Grandeur de

roriginal lon^. 25 cent haul llcenl larg. Iû ..n, ■, z

P Sertf dir«xil

flOYI N AGE ETLARINMSSANCI

I HKONNI

ii^oltau dev

ArCOFFRET en fer gravé ( XVl^ SIECLE.) lire de la coUecUon de M' Sauvageot, à Pans.

Grandeur de l'original long. 16 cent larg. 8 cent Vî haut 9 cent B Fiaque de dessous du même Coffrel.

F Seïf dirrxil

et)

a. -OO

£ oo

i:t la renaissancl.

(lo formo rondo. Los uns, fixos, lostnionl à domoiiro dans los a[>[iar!omonls; les antres, poiialils , s'inci'iistaionl dans une boilo d'ivoiic oii'dans une gaine de cristal ciselé. Ces derniers formaient une dos pii'ces les plus import-'uites du trousseau des jeunes mariées; on les ornait de dessins allégoriques, de fleurs et d'Amours. Les glaces de grande dimension ne [larurenl qu'au seizième siècle; elles sortaient dis fahiiques vénitiennes.

SKRRunF.niK i;t fkronnerie. — La serrurerie peut être placée au rang des industries les plus avancées du Moyen Age. Parmi ses produits, nous mentionnerons les grilles, qui sont l'ormées de rubans de fer, frisés à cliaque extrémité, soudés en faisceaux au centre de chaque compartiment et agrafés sur les côtés par des anneaux; ces rubans, qui s'enroulent avec une admirable souplesse, re[)roduisent, au quatorzième et au quinzième siècle, les détails infinis de l'architecture contom[)oraine. Les pentures ne sont [)as moins remarquables. Ces pentures en fer forgé et estampé s'allongent, comme des bras, sur toute la largeur des portes et dos meubles, auxquels elles donnent une force de résistance extrême, tout en les embellissant. Les tiges de ces pentures se terminent ordinairement par des grappes de raisin, des touffes de feuillage, des fleurs de lis. Elles sont tout à la fois simples, élégantes et solides. Au seizième siècle, la serrurerie reçut des perfectionnements nouveaux. « Les serrures surtout, dit M. Jtdes » Labarle, qu'il faut citer au [iremier rang des écrivains qui font autorité dans l'his- ') toire de l'art, les serrures étaient alors portées h un tel degré de perfection, et leur ') ornementation était d'un fini tel, qu'on les considérait comme des objets d'art; on » les emportait d'un lieu à un autre comme on aurait pu faire de tout autre meuble » précieux. Les clefs, ajoute M. Labarte, furent aussi traitées, au seizième siècle, » conmie de véritables objets d'art, lùen de plus gracieux que les figurines de ronde » bosse, les armoiries, les chiffres, les ornements et les découpures, dont est enri- » chie cette partie de la clef que la main saisit, et que nous avons remplacée par un » anneau commun. » Les serruriers, qui travaillaient le fer avec autant d'habileté que les orfèvres travaillaient l'or et l'argent, fabriquaient, outre les serrures et les grilles, des reliquaires, des croix, des lutrins, dos tabernacles, et une foule de petits meubles , d'une grande élégance.

IF. — AMEUBLEMENT lŒLIGIELX.

Ce n'est qu'à partir du règne de Constantin que le mobilier des églises commença à prendre de l'iniportance. On sait, en elfet, que ce fut cet empereur qui dota le premier les basiliques de Home de présents somptueux, au nombre desquels figurent des patènes d'or, une croix d'or du poids de deux cents livres, des lampes et des lustres représentant des animaux. Autant les objets dont on se servait primitivement pour la célébration des mystères étaient simples et pauvres, autant, à partir de la fin du cinquième siècle, ces mêmes objets furent élégants et

riches. La lianslonnalion s'opéra tout à coup, et l'on voit, dans les agiographes, une foule d'évêques gallo-romains vendre des vases sacrés d'un grand prix, pendant les lamines, pour nourrir les populations; pendant les guerres, pour racheter les captifs, Saint Éloy (538-619) enrichit les églises des objets les plus précieux, entre autres de la châsse de saint Martin et du mausolée de saint Denis, que surmontait un toit de marbre couvert d'or et de pierreries. Ce grand artiste forma, parmi ses moines, de nombreux élèves , et grâce à lui, les cloîtres, pendant plusieurs siècles , furent de véritables ateliers d'orfèvres, de ciseleurs, de fondeurs, de menuisiers, qui travaillaient <'xclusivement pour l'Ameublement religieux. Les largesses de Charlemagne ajoutèrent des richesses nouvelles aux richesses immenses qui déjà se trouvaient amassées dans les temples chrétiens. Les mosaïques, les sculptures, les marbres les plus rares furent prodigués dans les basiliques qu'affectionnait l'empereur; mais tous ces trésors furent dispersés par les invasions normandes. Du neuvième au onzième siècle, il ne paraît pas que l'Ameublement ecclésiastique, à part quelques châsses et quelques croix, se soit enrichi d'objets notables, et dans tous les cas , les monuments de celte époque et ceux des époques antérieures, sauf quelques rares débris, ne sont point parvenus jusqu'à nous. C'est tju'en effet, outre des causes incessantes de destruction, on renouvela, à la fin du onzième siècle, le mobilier des églises, en même temps que l'on rebâtissait ces églises elles mêmes, et ce n'est qu'à dater de celte Renaissance mystique, que l'on commence à trouver, dans les textes, des indications précises ; dans les musées ou les temples , des monuments intacts. Alors seulement , l'inventaire devient possible. Dressons-le donc pour le culte comme nous l'avons fait pour la vie civile.

Autels, uetables, tabernacles. — L'autel se présente sous deux formes invariables; c'est une table ou un tombeau. La table , formée d'une tranche de bois , de pierre ou de métal, est portée par un ou plusieurs pieds, des colonnes ou des pilastres. Dans la forme en tombeau, les supports sont supprimés, et l'autel est surmonté d'une espèce de couvercle en carré long. A l'autel en table, les côtés sont à jour; à l'autel en tombeau, ils sont fermés et ordinairement pleins.

Il y avait des autels fixes et des autels portatifs; les premiers, qui restaient à demeure dans les églises, furent, jusqu'au treizième siècle, isolés au milieu du sanctuaire et placés sous un ciboire , espèce de baldaquin dont la voûte était soutenue par des colonnes. Les seconds, d'une dimension beaucoup plus petite, servaient primitivement aux évêquesrégionnaires, et on les vil reparaître, au moment des croisades, quand les orateurs nomades, qui appelaient les peuples à la guerre sainte, prêchaient au milieu des champs et des places publiques et disaient la messe en plein air. M. Jules Labarte a donné la description d'un autel portatif du douzième siècle, provenant,, selon toute apparence d'une abbaye de Prémonlrés du diocèse de Cologne. Cet aulel se compose d'une plaque de marbre-lumachclle incrustée dans une pièce de bois qui est elle-même renfermée dans une boîte de cuivre doré de 36 cent, de haut sur 27 de large et 3 d'épaisseur. Le dessus de la boîte est découpé, de manière à laisser à

Ameublemenu: religieux. PI. Vil.

Rivaud el Raoïnet, del.

A. Bisson e: Coitard, exo.

FRAGMENTS D'UN RETABLE EN OS SCULPTÉ (XIV* sièole). donné par Jean. duc de Eerry, frère de Charles V, & l'église de l'ancienne abbaye de Poissy (Musée national du Louvre.)

F. SERE, OIREXIT.

MOYIN ^U NIA lilNM'i'.ANt I

Il SMliUI ,lrl

f.'llvlii.i,, „ I.u.

KKTAHI.l. en chêne sculpté (1500 ) place sur l'Aulel de lune des Chapelles de l'I-ijShse paro.s3.ak

de S! Germain l'Auxerrois de Paris

Il MOYIN AGI I I lA UINAi;iSANCI

AMIlJblI MINI':, KfllOIfllX l'j 14

f^cllerhovcn iiih

'hromoliiii Kn^elmann rt Gr^f

lil-:TABl,F, en chêne sculpte (fin «'«Xr./rt/,; provenanl de la Cathédrale de S'Bavonffon«/JT.presentanl la v,e de bm.r^e eo ^tableaux AppaH.nt à TAlhanc. ^^^ K.^Hl^ur h dMs M.tnncp^cs.^r iJble ^flj^^^

MOYIN AGI

MBli, en Chêne sculpl^f 1504) orovemnl delà Cathédrale de S" BavonfCa/jrfj représentant la vie de S' Dam en fi

i;t i,\ i;i:n \lssA^Cl•:.

découvcil la pii'iit! suc laiiiirll'.' i.luvail [Miser le (alicc pondanl la célébralinii ilr la messo.

Dans les églises riches cl puissaïUes, la cliaipenlo ou le massif des auU-ls de Jjois ou de pierre élail revèlu de la plus hrillaiile orneinenlalioii. Les mosaïques, les émaux, les marbres, l'or el l'ari^'eut s'y Iroiivaieiil prodit,'iii's. Ou cite surtout l'aiiti'l d'or de Saiut-And)roise de Milan, ex('cuté en H'.V.'t [lar un artiste nommé Volvinius, t-i les autels des calliédiales de Bàleelde Pistoie, (|ui datent, le premier, du onzième siècle, le serond, du quatorzième. I,a plu|)art des monuments de ce genre sont ornés de bas-reliefs d'une admirable exécution, dont les sujets sont em|iruntés au Nouveau Testament. Ou y trouve aussi (piel(|uefois, comme à Bàle, les portraits des donateurs. Les autels en bois scul[)té, qui paraissent d'ime date plus rapprochée de nous, ne le cèdent en rien, .sous le rapport du travail artistique, à ceux dont nous venons de parler.

Les i-etables reproduisent exaclenicnl , à toutes les époques, le style des devants d'autel. Il en est de même des tabernacles, qu'on travaillait et qu'on enrichis- .sail avec un .soin tout particuliei', eu raisoii de la sainteté de leur destination. Des diaps d'or ou d'argent, des nappes de la plus grande finesse, des fleurs, des tentures éclatantes conqiiélaient, dans les solennités religieuses, ce qu'on pourrait appeler la décoration mobile des autels: c'était là tout à la fois le séjour de l'Agneau sans tache, le trône du Hoi des rois, le calvaire du Dieu fait homme, et le Moyen Age, dans .sa ferveui-, s'eflbrçait de rendre h cet hôte divin, descendu du ciel pour le salut des fils d'Adam, toutes les s|ilendeurs de la Jérusalem céleste.

Caihces, DiîKETTES, ETC. — Antérieurement ail onzième siècle, on a peu de détails sur les calices et les matières dont ils étaient composés. On sait seulement qu'il y en avait en verre, en marbre, en argent et en or. X l'époque dont nous venons de pailer, les calices ont de larges coupes évasées, portées sur un pied circulaire dont le diamètre est (pielquefois plus grand (|ue celui de la coupe elle-même. Quelques-uns sont décorés de pieires fines, de perles, d'émaux cloisonnés sur un fond de filigranes d'or. Vers l'iOO, on voit paraître les ornements au repoussé, les émaux incrustés, les gravures ciselées. La forme, plus élégante et plussvelte, peut se comparer à celle d'une tulipe, dont les feuilles au sommet se renverseraient en arrière. Au quinzième siècle, cette forme reste la même, mais l'ornementation est beaucoup plus variée. Il y a des figures d'anges, des fruits, des fleurs feuillagées, et le plus souvent les médaillons des évangélistos et des apôtres. Ce sont les artistes italiens qui ont produit ce que l'on connaît de plus parfait dans ce genre, soit au Moyen Age, soit à la Renaissance; et l'on peut citer, comme preuve, les œuvres du Florentin .\Milrea Arditi, et le calice d'or de Benvenuto, dont la coupe est supportée par les \erlus théologales. Les burettes, accessoire indis[)ensable de ce vase .sacré, en repiodiiisent exactement le style. Quelques-unes sont en cristal de roche, monté en argent ciselé et doré. Ce que nous venons de dire s'applique également aux ostensoirs. Ils sont ScieDKs et Art;. iUEUBLKUEHT. Fol. IX.

percés au centre d'un médaillon circulaire, destiné à recevoir l'hostie, et décorés ordinairement de figures qui tiennent des flandjeaux ou qui se prosternent dans l'attitude de l'adoration. Les custodes, qui servaient à porter le viatique et à renfermer les hosties consacrées, tenaient lieu de nos ciboires modernes. M. Didron pense qu'on les suspendait au-dessus de l'autel.

Encensoirs. — Le plus ancien encensoir qui nous soit connu est un encensoir loman décrit par M. Didron. Il est composé de deux sphéroïdes à jour, en cuivre Tondu et ciselé, orné d'inscriptions et de figures d'animaux et de végétaux. Il était dans l'origine suspendu par trois chaînes, nombre qui signifie, suivant le savant archéologue que nous veuons de citer, l'union du corps, de lame et de la divinité dans le Christ. Durant la période ogivale, les encensoirs représentèrent des édifices religieux, tels que de petites chapelles circulaires à plusieurs étages. L'inventaire de Charles V mentionne « ung granl encencier d'or [lour la chapelle du roy ouvré à huit chapiteaulx en façon de maçonnière, et est le pinacle du dit encencier ouvré à huit osleaulx et est le pié ouvré h jour. » A la Renaissance, l'orneiuenlation figurée lut substituée, dans les encensoirs, à l'ornemenlation architecturale, et ils se rapprochèrent de la forme qu'ils ont encore aujourd'hui.

CuANDELiEBS, CANDÉLABRES, LAMPES. — Dans Ics égliscs comuic daus les habitations civiles, on s'éclairait de deux manières, par des flambeaux, qui reposaient, soit sur le sol, soit sur les meubles, et par des lampes suspendues. On multipliait, au moment des grandes solennités, les lampes et les llambeaux, aussi bien dans les offices de jour (}ue dans les offices de nuit, parce qu'on attachait à cette illumination plusieurs idées mystiques. Dans les services funèbres, les flambeaux placés autour des morts signifiaient que le chrétien trouve la lumière au delà du tombeau , et de plus ils éloignaient les esprits des ténèbres qui, d'après la croyance du Moyen Age, venaient assaillir lame h la sortie du corps. Les flambeaux placés sur l'autel ofl"raient au peuple l'image • lu jour qui brille dans la Jérusalem céleste, et lui indiquaient, en même temps, qu'il devait se tourner vers l'autel, c'est-à-dire vers Dieu, pour chercher les clartés les plus pures et les plus vives. En raison de ces idées, on vil figurer dans les cérémonies du culte un nombre considérable de candélabres, de lampes, de chandeliers en cuivre, en argent, en or mêm.'^, sculptés , ciselés, niellés , émaillés, reproduisant enfin dans leurs formes diverses, et selon les époques, toutes les fantaisies de l'art. Solides et ramassés dans la période romane, élancés comme des flèches ou découpés comme des clochetons dans la période ogivale, les chandeliers et les candélabres sont décorés d'inscriptions latines, et suivant les temps, d'animaux fantastiques, de têtes d'anges, de médaillons d'apôtres, de fleurs et de feuillages.

Chasses et reliquaires. — Dès les premiers siècles du christianisme, on recueillit avec un grand soin les restes des fidèles morts en confessant le Christ. Les tombeaux des martyrs servirent d'autels aux premiers chrétiens; plus tard, lorsque la foi nouvelle sortit triomphante des cryptes et des catacombes, on plaça dans les églises, et à

Il MOYIN ACI

';ANri

OUJI iSuivtR;;

LEMOVEN-AGE" ■ "- ■:■.

Page 1