‹ Le moyen äge et la renaissance, histoire et description des moeurs et usages, du commerce et de l'industrie, des sciences, des arts, des littératures et des beaux-arts en Europe. Direction littéraire de Paul Lacroix, direction artistiques de Ferdinand Séré. Dessins fac-similé (volume 2)Chapitre 36 sur 84 · AMEUBLEMENT RELIGIEUX · texte numérisé non relu

AMEUBLEMENT RELIGIEUX

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1 -FONTS BAPTISMAUX (en bronze ) de la Cathédrale de Wurzbourg XlV' Siècle. 2 LAVABO en plomb (XV^ Siècle) an Musée des Antiques de Rouen.

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la vue du i)('ii|ili', romiiic un tx('iii|ilc cl un oncoMrag(^nioiit, les lostes tics lioiuriK'.'éiniiiciils cil |m''lé; cl inii.s(|ue ces restes, siiivaiil l'expression des écrivains ecclésiasli- (jues, avaient été les temples du Dieu vivant, |)nis(pii' les àmcs qui les avaient animés parlicipaieiil ;i la vie éternelle, on s'eU'oiça de rendre; leur dernier asile dii^ne diniisi sainte et si haute destinée. De plus, le respect se changea rapidement en un véritable culte. On attribua aux ossements des saints le pouvoir de guérir le cor[)S et I ame , de chasser les démons, d'éloigner les pestes et les lamines, de réconcilier les ennemis, de défendre les villes contre les attaques des barbares, etc. il résulta de cette croyance, que dans la chrétienté tout entièie on considéra les reliques comme les plus précieux des trésors, et (pi'au lieu de les laisser sous la terre, on les plaça aux endroits les plus apparents des églises, dans des espèces de petits tombeaux portatifs qui reçiuenl If nom de châsses on rerupiaires.

Les châsses se multiitlièrenl à tel point, que déjà au sixième siècle on disait que les morts de l'antiquité chrétienne étaient ressuscites. Les métaux les pins précieux, les pierres les plus Unes et les plus rares, furent prodigués, dès l'origine, dans leur fabrication. L'histoire a conservé le souvenir des magnifuiues travaux exécutés dans ce genre par saint Éloy, et si, anlérieuremenl au onzième siècle, on ne sait rien de bien précis sur la forme des châsses, ou ne peut du moins garder aucun doute sur leur extrême richesse.

Au douzième et au treizième siècle, les châsses, déjà si nombreuses, se multiplièrent encore d'une manière extraordinaire, à cause de la grande quantité de reliques (jue les croisés rapportèrent d'Orient. A celle date, elles sont généralement en forme d'églises ou de londjcaux à couvercle prismatique, et cette forme est aussi celle qu'elles ont gardée jus(]ues et y compris la Renaissance, en se moddiant toutefois dans leur style parallèlement à l'architecture religieuse elle-même. Il faut remarquer cependant, qu'à dater de 1350 environ, les châsses de ce genre furent réservées pour les cathédrales , et que, dans les églises et les chapelles, on y substitua des statuettes de métal, qui portaient, comme indice de leur destination, de petites châsses h la main.

Les malièrcs premières le plus ordinairement employées dansées précieux monuments de la piété du Moyen Age sont le cuivre doré, l'argent, l'or, l'ivoire, le cristal de roche; outre les verreries coloriées, les pierres fines, les émaux et les niellurcs (jui les décorent, les châsses sont encore enrichies de bas-reliefs et de figures, qui représentent des épisodes de l'Ancien et du Nouveau Testament, ou les scènes les plus remarquables de la vie des saints dont elles contiennent les restes.

Fonts uaptism.\ux, uiôNmiciis. — Il parait hors de doute que, dès les premiers temps du christianisme, on baptisait dans les fleuves et dans les fontaines. Plus tard, le sacrement du baptême fut administré dans de grandes cuves où les catéchumènes et les enfants étaient plongés tout nus. Ces cuves dites baptismales se trouvaient , hors des églises, dans un bâtiment particulier nommé baplistcre. Enfin, vers L'ÎOO, l'aspersion ayant remplacé l'immersion, on réduisit les fonts de baptême à des pro-

portions plus peliles, et on les plaça, tantôt sur les parvis, tantôt à l'intérieur des églises dans des chapelles particulières. On les fit en marbre, en pierre dure, en cuivre étanié. On les décora de sujets figurés, analogues h leur destination, d'inscriptions et de devises. Il en fut de même des bénitiers, qui se présentent, tantôt sous la forme (l'une grande coquille, lantôt sous la forme d'un vase ii anse. Il en est aussi quelques uns, parmi les plus anciens, qui sont tout simplement une lourde pierre équarrie, au centre de laquelle on a creusé un réservoir.

Objets divers d'orfèvrerie religieuse. — Parmi les objets qui méritent encore de fixer l'attention des archéologues, nous indiquerons les croix, les sonnettes, les crucifix, les bâtons des chantres, les statuettes votives en métaux précieux. Les croix étaient de deux espèces : les unes fixes se plaçaient sur les tables d'autel ou au sommet de l'autel même; les autres adaptées à une longue hampe {vexilla Régis) étaient portées parles acolytes, dans les cérémonies religieuses; on les ornait de figures en reliefs, d'émaux, de pierres fines; queKjuefois même on y incrustait des reliques. Le plus souvent, elles étaient de cuivre doré, mais il y en eut aussi en argent, en or massif. Le nombre de ces dei'nières était même assez considérable. On trouve également mentionnés, dans les inventaires ou les historiens ecclésiastiques, des crucifix d'or; l'un des plus précieux est celui que Willigis, archevêque de Mayence dans le onzième siècle, donna h son église: il pesait six cents livres, et les yeux du Christ étaient faits avec des pierres fines. Nous mentionnerons seulement pour mémoire les statues, les bas-reliefs et les tableaux, (jui trouvent plus naturellement leur place dans l'histoire de la sculpture et de la peinture; nous ferons toutefois remarquer que les sculpteurs et les peintres, dont la plupart appartenaient dans l'origine aux ordres monastiques, travaillèrent exclusivement pendant plusieurs siècles pour l'embellissement des églises, qui sont les véritables musées du Moyen Age.

Menuiserie et serrurerie. — Les bancs, les stalles, les autels, les chaires, les confessionnaux, les lutrins, les grilles, telles sont, pour la menuiserie et la serrurerie, les œuvres d'Ameublement doni il nous reste h parler. Ce que nous avons dit plus haut pour les autels de pierre peut s'appliquer également aux autels de bois; on les peignait, on les dorait, on les ornait d'une foule de sujets pieux, et principalement de statues d'anges en adoration. Les chaires, piimitivement massives et carrées, reposaient sur le pavé des églises et n'en dépassaient le niveau que de la hauteur de deux ou trois gradins. Plus tard, on les éleva sur un ou plusieurs pieds, et, vers la iin du quinzième siècle, on les fixa aux piliers des églises, en les élevant de nouveau h une hauteur plus grande, et sans autre point de contact avec le sol que l'escalier au moyen duquel on y montait. A cette date, elles sont en général surmontées d'un dais en bois et ornées de sculptures très-délicatement travaillées. Les lutrins, les bancs, les confessionnaux ne donnent lieu h aucune remarque particulière, mais il n'en est pas de même des stalles, qui peuvent, dans un grand nombre d'églises, passer h juste litre pour de véritables chefs-d'œuvre ; les plus belles stalles connues, du treizième siècle à

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