A. BISSON ET COTTARO, EXC
Tapisserie du ob&teau d'Efli&l, oommuniquéa par M. Aohille Jubin&l.
F. SERÉ, DIHEXn.
Tapisserie. PI. VI.
A. filVAUD, DEL.
A. BISSCN ET COTTAf-D. EXC.
Tspieserie du oblleau d'Bdial. communiquée par M. AohiUe Jubin»!
F. ScRE, CIREXIT
Du tief sont large li giron.
Besics sau\asges i ol à grant fuison : Li très fu riches; nul iiieillor ne vit-on, \crniaus et iiides, et do mainte faison. Sor le ponu'l ont assis le iliagon, Dont li oil luisent aiisi que d'un cliaibcin. Pierres i ol qui snnl d"uu grand renon; Par nuit «scure tout clor i vcoil-on Plus (l'une arcliie cntor et en\iron.
La mer i lu pourtraicle e li poisson, El tuit li nir de Fiaïue le roion.
Dès Cloevis qui tant fu loiaus lioin.
Seoir i puent bien quatre cent baron.
Celte description, est coniplèle. el il est évident que le irouvère décrit iiii laliicau (liiil avait eu sous les yeux. D'ailleurs, les tentes de Charles le Téniéraiic inises à .^lorat, à Granson, et au siège de Nancy, sont encore là pour appuyer le lénioitînage du vieux romancier.
Les quatorzième cl quinzième siècles nous fournissent une multitude de documents siu" le fréquent emploi des Tapisseries. Non-seulemeul elles servaient pour tendre les appartements el en Aiire dispaïaîlre la nudité, mais on les déployait surtout dans les occasions solennelles, par exemple aux entrées des princes, pour donner une phvsiononiie joyeuse aux villes et aux places publi(pies. Lçs salles de festin furent décorées de iiiai,Miifii]ues tentures (pii rehaussaient encore 1 éclat des bizarres entremets (intermèdes) (pi'on jouai! pendant les repas. (Voy. Olk^ier dk la Makche.) Les tournois virent liriller autour de leurs lices el se dérouler, du liaul de leurs galeries jusque dans 1 arène, les exploits des Neuf Preux , témoin la miniature qui, dans le beau Froissard de la Hibliolhè(iue Nationale, représente les joutes célébrées à roccasion des noces d'Isabeau de Bavière. Enfin le caparaçon, ce vêlement d'honneur des coursieis, inconnu aux siècles précédents, étala, aux yeux de la foule émerveillée, les plus biillantes étolVes el de riches housses )/i)i(t(]ées.
Lu usage même, assez général pendant plus de deux siècles, fui (pie les ra|>isseries jtorlassent les armoiries des seigneui'S, à tpii elles appailenaieni. ou ijiii les avaieiu fait confectionner. Celles de Berne, de la Chaise-Dieu el de Beauvais, que nous avons reproduites dans notre grand ouviage : les Anciennes Tapisseries historiées, en olVrent de nirieiix exenqiles. Dans daiilres Tapisst ries, au contraire, les persomiages représentés (lortenl leurs et lissons el toiileuis h('ialdi(|ues sur leurs babils, eoiimie e'elail la iii(ide;i cette époque dans toutes les maisons nobles de l'Europe. On peut sign.iier, parmi les Tapisseries les plus singulii'res en ce genre, telle du Sacre de Charles \1 . piilili.v pai •Montfaucon dans ses Monuments de la Monarchie fran{oise, ainsi ipie deux aiilies lenlures liislorii'es. publit-es ()ar Le Laboureur, dans .son ouvrage inliliil.' : T<ilifeaii.i généalo(ji(lHes. on les seize </ii(irliers de nos anciens rois. etc.
Beaux-Art«. Î'APISSERIES. Fol. V
Cestleux (lernii'res Tapisseries, que Le Laboureur a fait graver d'après deux miniatures du Terrier dii livre manuscrit des hommages du comte de Clermont en Beauvoisis. représentaient, \n première, Charles V sur son trône, entoure des ducs d'Orléans. d'Anjou, etc., ayant devant lui le duc de Bourbon, Louis IL fléchissant le genou ; la seconde, une entrevue de la reine Jeanne de Bourbon avec la duchesse sa mère, dans une l'orèt, au milieu d'une chasse.
Au quatorzième siècle, les manufactures de Flandres, déjà renommées vers le douzième, prirent un très-grand développement, et au quinzième, elles parvinrent, sinudlanément avec la maison de Bourgogne, à leur apogée de prospérité. Le succès qu'obtinrent notamment les Tapisseries d'Arras fut si éclatant, la faveur dont elles jouissaient fut si universelle, qu'on désigna les plus belles tentures sous le nom de tapi: (VArras, bien que la plupart ne vinssent pas de cette ville. La céléljrité des tissus d'Arras passa dès lors à l'étranger, et les Italiens disent encore Arrazi, pour désigner de lîeiles Tapisseries.
Les tentures d'Arras, ainsi que celles des autres fabriques de France, furent généi-alement exécutées en laine : il y en eut pourtant en chanvre et en coton (Oliv. de Serres. TItéâtre (TAgj'icullure, liv. VIII, ch. Lumières, meubles, etc.) : mais on n'en lit aucune en soie ou en fil d'or. La fabrication des tapis de cette espèce, après avoir été particulière à l'Orient, se concentra surtout à Florence et à Venise, et nous savons, d'après les dictons du Moyen Age, que les plus habiles tireurs d'or (fabricants de fils ou filigranes d'or) étaient établis à Gènes.
Quant aux ymaiges que reproduisaient les Tapisseries, elles étaient très-variées. Nous avons vu (|ue ces monuments retraçaient parfois les scènes de l'IIisloire ancienne, sacrée ou profane, les gestes fabuleux des héros, les faits historiques modernes; mais là ne s'arrêtait pas l'imagination des peintres -tapissiers. Souvent les tentures du (|uatorzième siècle offraient des chasses, des animaux bizarres, ou encore des tableaux empruntés aux occupations qu'amènent les diverses saisons de l'année. Nous lisons, par exenq^le, dans l'inventaire du mobilier de févèque de Langres, fait en 1393 (Ms. de la Bibl. Nationale), que ce prélat laissa, en mourant, une Tapisserie de chandjre. ou, comme on disait alors, mie chambre de tapisserie, perse ou bleue, sur laquelle on voyait un cerf lié à un arbre : « Primo, in canierà altà doniini, iiivenerunt unam camelam persam. brodatam de divisione unius cervi ligati ad unam arborem. numitam cœlo (luobus dosseriis.»
Quelquefois aussi, ces tentures traduisaient en laine les grands poèmes chevaleresques el les cliarmanls fabliaux sortis de f imagination de nos pères. J'en doinierai pour preuve (pielques extraits d'un manuscrit de la Bibl. Nationale, n" 83o(), intitulé; C'est Vinrenloire général du roy Charles le Quint, de tous les joyaulx qu'il avait, an jour qu'il fui
commencé (le 2! janvier 1379). tant d' or comme d'argent et arecquc ce, de toutes
les chapelles, chambres de broderie et tapisserie dudit seigueur, etc.. comme tappis à Ijmaiges, ainsi que dit le texte. L'inventaire de Charles V signale, entre autres monu-
menis qui ne sont point i)arvenus jusqu'à nous: « Le granl lappiz de la l'assion Noslrc- « Seigneur; ?7c/h, le grant tappiz de la vie saint Deniz: <7«h, le granl tappiz de la \ie .< saint Theseus; Hem, le grant tappiz que Philippe Gillier donna; item, le grant tappiz ■< du saint Grael {sic); Hem. le tappiz de Fleurence de Ronnne; item, le grant lappiz « dAniis et Âmile; item, le grant lappiz de Bonté et Beaullé; item, le tappiz des Sept « péchés niortelz; item, les deux tappiz des Neuf Preux; itemjes deux tappiz à Daines « qui chassent et volent; item, les deux tappiz de Godeffroy de Billion; item, le la|ipiz « divinail et de la Royne d'Irlande; item, les deux tappis à Ilonnnes sauvaiges; Hem, « letajipiz aux Trippes; item, le tappiz de messire Yvain ; item, ung tappiz de chapelle « lilanc, et a ou niylieu ung compas où il y a mie roze, arnioyé de France et de Dau- « phiné, tenant Iroys aulnes de long, autant de lé; Hem, ung granl beau lapjnz que le « roy a acheté, qui est à ouvraigc d'or, ystorié des Sept sciences et de saint Augustin: « item, le tappiz des Sept sciences . qui fut à la royne Jehanne d'Evreux; item, le lap- « piz de Judic; item, ung aultre lappiz ront. à ymaiges de dames, et une autour aux « armes de France et de Bourgogne; item, un granl drap, de l'euvre d'Arras, ystorié « des faiz et lialailles de .ludas Machabeus et d'Anlhiogus, et contient . de l'uiig des « pignons de la gallerie de //«/////(' jusques après le pignon de l'autre houl (riceile. et « esl du haut de la(lict(> gallerie ; item, en faulrc pignon, est un petit dra]t ystorii- de « la bataille du duc d'Aquitaine et de Florence; item, unze lappiz à Heurs de lys. (pie « grans que peliz, h l'euvre de Damas; î'/p/h, ung autre lappiz à ouvraige. où sont les « douze moys de l'an; item, ung autre tappiz :i ymaiges, où sont les sept aïs et au- '< dessoubz Testai des âges des genz; item, ung autre lappiz à ymaiges de l'ysloire du « duc d'Accpiilaine; Hem. ung autre petit lappiz à ymaiges de la Fontaine de .louvenl; <i Hem, ung grant lappiz et ung banquier vermeil, semez de lleurs de lys azurées, Ics- « quels lleurs de lys sont semées d'autres petites lleurs de lys jaunes, et ou mylieu a « ung lyon. et aux quatre quings, bestesqui tiennent bannièies; Hem, ung grant lappi/, « de Girard de Nevers. »
Outre ces tapis à ymaiges, ('harles V avait encore des Tapisseries d'armoirie .\;\ plupart armoyêes (te France et de ISehaiguc Bohème i, et faites. (piel(|U<'S-iines au moins, du fil d'Arras. On distinguait aussi uiuj tappiz sur champ vermeil, ourré à une tour à daims et à biches, pour mectre sur le bateau du lloy. 11 y avail aussi les tappiz relus, (pii n'ciaiiiii pas en moins grande (pianlilé, et parmi lesquels, il y <n avait iuki dnniir au nu/ par Cilles Mallet, à la sainte Aynès LA'A7A'; vingl-sepl tapis de diverses longueurs et morsons {sic) achetez par le roy depuis que Mnynet fut preniièreuieul charijiê de ht Tapisserie, etc.
On distinguait encore, sous If nom de salles d' .Uujlelerre, proliablr lit paici- quelles
venaient de ce pays, des lapis Ioiiik's de pièces de drap, avec lestpiels un i.ii(l:iil, en (■ertaiiics <»ccasions. les apparteiiieiils. I ne de ressnlles d'Aiigleieireelnit ymlc a arhrcs et a Ikiiiiiiics saiiraifp's: une autre, à besles sauraifies et a chasteaul.r: nue troisième reruirillr hradrc d'azur. a\ec Imidiiie r/ viijnettes. et l'iiili'iieiir, de lyoïis. de aigles, de llcpars.
Le iiiùnic roi posscdail. <ii son château de Mclua, beaucoup de soieries et lappiz, donl Fun représentait la Passion de Jésus-Christ ; l'autre, la vie de Notre-Dame. On les appelait lappiz de Savoisij, probablement parce qu'ils avaient appartenu à un seigneur de ce nom. Le Louvre renfermait également , en ce genre, bien des richesses. On y voyait, entre auti-es, une très-belle chambre verte, ouvrée de soije, d^onvrage de tapisserie sur champ vert semé de feuilles de plusieurs feuillages, à cinq eiivre par manière de maçonnerie, dont en celuy du mylieu a ung lyon que deux roynes couronnent, et oultres, ou mylieu de ladicte maçonnerie^ a une fontaine où il y a signes qui se baillent.
Les hôtels et châteaux des princes et des seigneurs, à cette époque, n'étaient pat moins riches en Tapisseries, que les palais du roi. On trouve, dans le Catalogue analytique des Archives de Joursanrault . une foule de pièces relatives aux tapis ap[)artenant au duc d'Orléans, frère de Charles VL Parmi ces tapis, nous citerons seulement celui de Vysloire de Théseus et de VAigle-d'Or (1391), acheté de Colin Bataille au prix de 1200 hvres; celui de la Fontaine de Jouvence; celui du duc d'Aquitaine; celui de Vystoire du Credo « à douze prophètes et à douze apostres » ; celui du Couronnement de Notre-Dame ; celui de Vystoire de Carlemaine, tapis sarrazinois à or, vendu au duc de Touraine pour l'hùlei de Beauté, par Jehan de Croizelle, demeurant à Arras; de Yystoiî'e de Dieudonné. lapis de haute-lisse, acheté d'Alain Dyonis, marchand parisien, et d'Aleran de la Mer. marchand génois; celui de Y Arbre de Vie, «ou quel a un crucifix et plusieurs prophètes, et au-dessous du Paradis terrestre, Nostre-Dame, Saint-Jehan; » ceux desystoires de Pantasilée, de Beuve de Ilanstonne, et des Enfants de Regnault de Monlauban, exécutés par Nicolas Bataille; et enfin, trois tapis, de (in fil d'Arras, ouvrés à or de Chypre et hisloi'iés.
Il existe aussi quelques pièces du même genre, qui nous font connaître les Tapisseries que renfermait le trésor de certaines églises. Un inventaire de l'église du Saint-Sépulcre, à Paris, dressé en 1379 (Bibl. Nation., n" 488 du suppl. franc.) nous fournit des renseignements curieux : « Item, un thappiz grant, où est la gezaine Notre-Dame et les m Roys de Coulongne, et souloit estre devant le Volt de Lucques (la sainte-face) : est fourn* de grosse toile blanche. Item, un autre ihappiz de laine, ystoire connnent Nostre Seigneur preschc aux Juifs en son enfance. Itnn , un thapis à ymaige, où est la remembrance de Nostre Seigneur comment il va à lescoUe : et le donna Guy de Turt. Item, un thapis de veulu d'outremer, h mètre par terre devant le grant autel aus grans festes. Hem, un thapis de laine vermeil aus armes de France et de Bourgoigne. Item , un thapis à fleurs de lis. dont le chanq) est vert, et est rAnnunciation et le Couronnement Nostre-Dame. Item, un autre thapis, dont le champ est rouge, et à ymaige de Notre-Dame et dos m Roys •le Couloigne. Item, un autre thapis losengé, ;i lyons et à lycornes, en mantelles de manteaux armoiez des armes de Castille et d'Âlençon. Item, un tliapiz de laine de tapisserie de la Passion et Résurreccion Noslre-Seigneur : lequel Guillaume Coignart a donné. item, un autre lliapis de laine de lajjisserie de l'ystoire comme Noslre-Seigneur entra en Jhéiusalem, et de rinvention de la vraye Croix... »
Eiilin, diflerenles quillances, provenant des Archives de Jouisanvaull. du Caljiacl des Chartes de la Bibhothèque Nationale et des Archives du Royaume , nous appiennenl quelle était la valeur des Tapisseries historiées, au quatorzième siècle. En 1348, Amaurv de Goire, tapissier, reçoit du duc de Normandie et de Guyenne 492 livres 3 sous 9 deniers^ pour .( ung drap de laine, ou quel esloil compris le viez et nouvel Testament. » En 1368, Huihon Barthelemi, changeur, reçoit 900 fr. d'or pour « ung tapiz ouvré, ou quel ostoil la queste du saint Giaal. »
Le quinzième siècle nous offre un grand nombre de documents de cette espèce, ;i défaut des monuments eux-mêmes qui ont péri la plupart. 11 faut signalei- surtout un manuscrit entier de la Bibliothèque Nationale (n" 740C) intitulé Dêclaralion de troia pièces de Tapisseries que quelqirumj véit lomjlemps à Vienne. Cette Dêclaralion ou description est adressée au duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, et Tune des trois pièces, dont le sujet s'y trouve raconté en détail, n'est autre que la Tapisserie de Nancy. qui existe encore aujourd'hui. Ce nianusci'it est une preuve irréfragable en faveur de la tradition qui veut que la Tapisserie de Nancy ait été conquise au siège de cette ville sur Charles le Téméraire, dont elle formait la tente. Ce ne sont pas les seules Tapisseries (jui nous restent du quinzième siècle. La plus grande partie de celles (jue nous avons publiées dans les Anciennes Tapisseries /lisloriées, remonte à cette époque, cl nous eussions pu en donner beaucoup d'autres, telles que celles de l'église de Saint-Picrrcde-NantllIy , h Saunuu-, représentant une chevauchée ; celle du château des Aygalades, représentant le mariage d'Anne de Bretagne avec Charles VIII , et appartenant à M. le comte de Castellane ; celle du château de Périers, représentant l'histoire de Gond)auli et .Macé, dont parle Molière dans V Avare, etc.
Parmi les Tapisseries du (piinzième siècle qui ont été détruites, mais dont le souvenir nous est resté, il faut citer: 1" celles du cardinal de Clngny, que Paillot, historiographe du duché de Bourgogne, ra|)pelle, à l'arlicle des Damas, seigneurs de Cormaillon et du Kain, dans son livre De la science des Armoiries; ces Tapisseries, qui décorèrent jusqu'en 1791 plusieurs pièces du château du marquis de Clugny, à Tlieuissey en Bourgogne, ayant ('té portées alors au château du .lour, près Bagneiix-les-.luifs , y fuient saisies et vendues à l'eiu^an, en 1793 : elles étaient chargées non-seulenienl îles armes de la maison du cardinal, mais encore de toutes les armes des maisons <]ui lui ('taienl alliées :
— 2" les diverses Tapisseries, données, de 14rj3 à 14S0, à l'église de (iliiiiy, pur.li an III fie Bourbon, 42"^ évèque de celte abbaye : elles re|)rc'sentaient en (ils de soie et de laine la passion de Jésus-Christ; — 3" les Tapisseries. douu(''es à l'é-glise d'Auxerre par .lean Baillel. ('vècpie de cette ville, de 1 'i77 à l.">13: — V les (|uaiaule lentui'es. olVerles par Vital Caries, (|ui fonda l'Iiùpilal S;iinl-Andr('' en I3!I0, ii la calliedrale de BoriIeau\:
— r>" celle de l'f'glise Saint- Widfran. (rMiiieville. repicviilaMl d'iui (nie l;i vie de ^;^illl Wulfraii. el (le I aulre, la vie de saiiil Nicolas; — (i Celle de Beaiuie. donui-e vei'slHiOii rih'itel-Dieu de celle ville par Giiigoue de Salins, etc.
Le sei/ienie siècle, (|iii lui |ii"nr Imis les ails nm- i'|"iipie de |ierl'e(liùiiiiemeiit el de
vu
LE iMOYEN AGE
progrès, comniuniqua une nouvelle -impulsion à larl des Tapisseries. François !<'', en Ibndanl les uianufaclures de Fontainebleau , où l'on mélangea avec tant d'habileté les fds d'or et d'argent (Voy. les Tapisseries qui sont au Louvre), introduisit chez nous un luxe nouveau dans la confection des tentures, et ce fut à dater de la Renaissance, (]u"on se mil à tissei'des tapis dune seide pièce, au lieu de les composer, connue antélieurement. de pièces de rapport.
Nous savons, en outre, que Fiançois V' fit venir d'Italie le Primatice, et lui commanda les dessins de plusieurs Ta()isseries de haute-lisse qui furent exécutées dans la manufacture de Fontainebleau, placée pai- lui sous la direction de Babou de La Bourdaisière, surintendant des bâtiments royaux. 11 ne borna point là .>^a sollicitude pour cette branche des beaux-arts, si intéressante ii tant de litres et si digne de ses encouragements. Ayant mandé des ouvriers flamands auxquels il fit exécuter de nombreuses tentures, il les payait généreusement pour ce travail, et leur fournissait la soie, la laine et les autres matières ouvrables. Mais, bien que ce prince encourageât les artistes italiens et les ouvriers des Pays-Bas, il ne négligeait pas, pour cela, ceux de sa bonne ville de Paris. Nous en trouvons la jueuve dans une quittance des sieurs IMiolard et Pasquiei'. tapissiers, qui déclarent avoir reçu la somme de 410 livres tournois poui^ commencer l'acliapt des estouffes et autres choses nécessaires pour besogner en une Tapisserie de soije qito ledit seigneur leur a ordonné faire pour son sacre, suivant les patrons que ledit seigneur a fait dresser à eesie fin. En laquelle Tapisserie seront figurés une Léda avec certaines ni/mplies et satures, etc. (Voy. à la Bibliothèque Nationale, collect. Fontanieu, portefeuille 21G-2I7).
Apri's François 1"", Henri II conserva d'abord l'établissement de Fonlainebleau, et bientôt il fit plus, en créant, à la prière des administrateurs de l'hôpital de la Trinité. wna fabrique de Tapisseries dans laquelle furent employés les enfants de la Trinité. Peu il peu. on accorda tant de privilèges h cette fondation nouvelle, que l'ordre public fut Itlusieurs fois violemment troublé par suite de la jalousie qu'ils excitèrent chez les maîtres et ouvriers tapissiers, dont la corporation, nombr-euse et ancienne, avait encoi'e beaucoup d'autorité et de pi'épondérance . quoi quelle se fût séparée depuis longteiiqis de celle des merxier's, qui regardaient les tapissiers « comme des artisans. » La fabrique de l'hôpital de la Trinité continua toutefois à prospérer sous Henri III, et Sauvai [Uist. de Paris, liv. IX) nous apprend que, sous le règne suivant, elle était arrivée à son plus barrt point de prospérilc". Sou succès offre même cette particularité, qu'en 1594. Dubourg y exéciilant. d'après les dessins deLerembert (aujourd'hui au Cabinet des Estampes de la |{ibliollic(juc Naliorrales les Tapisseries de Saint-Merr'i, dont lesdei'niers fr-agments n'ont disparu que de nos jours. Henri IV, excité par tout le bruit qu'on en faisait, voulut les voir', et les ayant ti'ouvées d'une grande perfection, résolut de rétablir' ii Paris les manufactures que le désordre des règnes précédents avait abolies, dit Sauvai. C'est pou i- (proi, en 1597, il établit Laurent, célèbre tajussier d'alor-s. darrs la maison professe des jésuites, où persorrne ne demeurait depuis le pr-ocès de Jean (^hastel, en lui domiant un
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