‹ Le moyen äge et la renaissance, histoire et description des moeurs et usages, du commerce et de l'industrie, des sciences, des arts, des littératures et des beaux-arts en Europe. Direction littéraire de Paul Lacroix, direction artistiques de Ferdinand Séré. Dessins fac-similéChapitre 27 sur 65 · PI IV · texte numérisé non relu

PI IV

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A. Bisscn et, Cottîrd, exo.

le l'Université de Toulouse (XIVe siècle), — 10. Sceau des Docteurs en Droit de l'Université de C (XV* siècle). — il. Grand Sceau de l'Université de Bourges (XV» siècle). - 1 2. Sceau de l'Université d'Aix en Pr

siècle). — 13 et 13 bis. Sceau et contre-sceau de l'Université de Reims (1568). Tirés de la Collection sigillograpie des Archives du Royaume.

F. SïRÉ, CIREXIT.

dernière célébra avec une nouvelle pompe et une solennité plus générale encore, le culte de cet immortel empereur. Toutefois, ce fut seulement en 1480 que Louis XI en fil une institution régulière et légale; l'an 1487. la Nation d'Allemagne en accomplit pour la première fois les cérémonies. (Reg. mss. de l'univ., n° X; Rul., De Pair. quai. Nul., p. 72-73.) Saint Charlemagne était aussi le patron spécial des messagers de l'Université.

11 ne paraît pas que les Facultés supérieures se soient distinguées d'une manière aussi caractérisée, ni aussi mémorable, par des pratiques de dévotion distinctes. Du Roulai, qui a consacré une de ses petites monographies si intéressantes aux patrons des quatre nations de l'Université parisienne, n'a point l'ait entrer dans son cadre ces trois autres compagnies. On peut affirmer cependant que saint Cosme et saint Damien recevaient particulièrement les vœux des médecins, qui célébraient un office annuel en leur honneur dans l'église de ce nom, église qui, dès une époque très-ancienne, lit partie de la censive universitaire , et h laquelle fut longtemps annexé le collège même des médecins. Le sceau de 1398, délivré au nom de cette Faculté, présente d'un côté une dame de liante distinction, ce qui est indiqué par son costume, non nimbée, tenant d'une main un livre et de l'autre un bouquet de plantes médicinales. Sur le contre-sceau se voit le trèsglorieux Hippocrate, assis dans une chaire et coiffé d'un bonnet de docteur. (PI. des Sceaux, fig. 3 et 3 bis.) La Théologie portait pour emblème les signes représentatifs des dogmes de la foi : le Christ, assisté de ses anges, régnant sur la terre et dans le ciel; autour de lui, l'ange et les animaux, figures symboliques des quatre Évangiles. (PI. des Sceaux, n° 4. ) Enfin le sceau de la Faculté de Décret est orné d'une représentation de Notre-Dame. ( Ibid., fig. 6.)

Les Nations et les Facultés avaient coutume de se dénommer dans les actes et annonces publiques, h l'aide de qualifications spécialement consacrées à chacune d'elles, et qui appartiennent à l'histoire. La Faculté de Théologie prenait let titre de : Sacratissima divinorum, (lirinilalis, ou theologiœ Facilitas;

Celle de Droit: Consul tissima decretorum; puis, utriusque juris Facilitas;

Celle de Médecine : Saluberrirna physicœ, ou medicinœ.

La Nation de France était : Honoranda Natio Franciœ, Gallorum, ou Gallicana;

Celle de Picardie : Fide/issima Picardorum ou Picardica;

Celle de Normandie : Veneranda Normanorum ou JSormaniœ;

Et celle d'Allemagne : Constanlissima Germanorum ou Allcmaniœ Natio.

Lorsque le recteur était désigné dans un acte français, on lui donnait le messire etl'amplissrme ; quand il était harangué par l'un de ses suppôts, ce qui se faisait toujours en latin, on lui disait : Amplissime Rector ou Vestra Ampliludo.

Les armes du recteur, au nom de l'Université, étaient un livre de gueules feuille d'or, tenu par un dextrochère, issanl d'un nuage, au naturel, sur un champ d'azur, soutenu de trois fleurs de lis d'or. L'écu, dans les temps modernes, avait pour supports les deux palmes universitaires. On voit ces armes, au frontispice des derniers volumes de YHis-

toria Univ. Paris, de Du Boulai, entourées de ces palmes et soutenues en outre par deux Renommées.

Grades. Enseignement. Études. — L'usage des grades paraît s'être introduit du douzième au treizième siècle. Antérieurement, il n'y avait en réalité que deux degrés, celui des étudiants et celui des maîtres. Quiconque se sentait assez habile ou assez hardi pour affronter le jugement public ouvrait école, et le succès ou la chute était sa récompense. Toutefois, dès le temps d'Àbailard, ses adversaires lui reprochaient de s'être institué, de sa propre autorité, maître en théologie. (•« Quod sine magislro ad magisterium « divinœlectionisaccedere presumpsissem...» Ais.ïl. episl.. ap. Pasquier. Rech.,\). 134.) Ces grades étaient au nombre de trois. Le titre de bachelier, auquel les écoliers aspiraient d'abord, mot de formation secondaire et corrompue, lire vraisemblablement son origine du mot baculum (bâton), et puise son analogie dans les luttes auxquelles s'exerçait la jeunesse militaire. Les plus anciens bacheliers furent les bacheliers-ès-ar<s. Après avoir étudié suffisamment son Irïvium, l'aspirant au baccalauréat déterminait, c'est-àdire s'exerçait à exposer les diverses définitions des catégories, qui constituaient la matière de ce premier cours. Ces exercices avaient lieu publiquement en présence des maîtres, et se répétaient à diverses reprises, ordinairement pendant le temps du carême. Le candidat, s'il était reçu, entrait en possession du triple privilège : 1° de porter la chape ronde, dislinctive de son grade; 2° d'assister aux messes des Nations; 3° decommencer-ès-arts [Incipiendi in artibus. Bi l., Ilist. . etc. , t. II, p. 684.), c'est-à-dire d'enseigner ;i son tour, sous les auspices et sous l'autorité d'un maître, les connaissances qu'il avait apprises. Pendant ce même temps, le bachelier, mêlant l'étude à l'enseignement . poursuivait le cours de son instruction et s'appliquait à l'acquisition des matières du (/uadrivinm. Puis, arrivé au terme de ses nouveaux efforts, c'est alors qu'intervenait l'autorité ecclésiastique. De tout temps, comme nous l'avons posé en principe, le droit d'enseigner avait été considéré comme l'attribut de l'Église. Primitivement . l'un des chanoines de la cathédrale . délégué de l'évèque et chancelier de celle église, avait été' chargé de donner la licence, c'est-à-dire ce droit lui-même, qui constituait en même temps le second grade universitaire. Lorsque la ville, franchissant la limite de la Seine, embrassa dans ses murs le mont Lucotitius. l'abbé de Sainle- Geneviève, souverain spirituel et temporel de ce territoire, sur lequel l'Université de Paris avait également transporté sa demeure, entra, comme l'évèque. a\ee lequel il rivalisait de puissance, en partage de ce privilège ecclésiastique, et l'exerça, comme lui, par l'organe de son chancelier. A une certaine époque, les deux chanceliers, égaux en droits, conféraient également, chacun sur son domaine, la licence des arts, de la théologie, du droit, de la médecine. Mais, par la suite des temps, la prépondérance fut acquise au chancelier de Notre- Dame, qui demeura seul en possession de créer des théologiens, des juristes et des médecins, aussi bien que des artiens ou humanistes ; tandis que celui de Sainte-Geneviève partageait seulement le privilège de créer ce dernier ordre de gradués. Le licencié, une fois approuvé par l'Église, revenait devant les maîtres de sa Faculté, et recevait d'eux.

avec une pompe nouvelle, le bonnet et les autres insignes de son titre, qui était celui de mùîlre-ès-arts. Dans les Facultés supérieures, ainsi désignées parce que celle des Arts leur servaient à toutes d'introduction, les choses se passaient a peu près de la même

Réception d'un Licencié, ou Docteur? Fac-similé d'une «rayure en bois lirée d'une édition allemande du Traité de Cicéron : de O/Vns ivi' m. . !.* — (Bibl. roy. de Paris, Cab. des Estampes, Vieux mailres en buis, vol. E a 60, pape 48).

manière, si ce n'est que le troisième degré ('-tait plus spécialement accompagné, chez elles, de la dénomination de docteur.

La société, au Moyen Age, n'ayant [tas encore pris possession d'elle-même, par l'unité, ni par la constitution de véritables pouvoirs publics, tournait sur deux pivots, qui. s' appuyant chacun sur un point différent . souvent se contrariaient et compromettaient l'équilibre de la machine. Ce double pivot, c'était, d'une part, le pouvoir spirituel ou l'Église de Rouie; et . de l'autre . le pouvoir temporel, à savoir les chefs de la sociélr même. Toute institution destinée à vivre, et a servir la société, dut emprunter à cette double puissance, source unique de toute force, la protection de ses commencements. Il en fut ainsi de l'Université parisienne, et le secours de l'un et l'autre pouvoir, c'est-à-dire les privilèges des papes et des rois de France, ne lui fit point défaut. Les papes aimaient et encourageaient en elle la voix éloquente de la France, cette fille aînée de l'Église, qui toujours, depuis sainte Clotilde, avait mis au service du catholicisme et de l'orthodoxie le séduisant apostolat de son génie et de son caractère national. Les rois y voyaient, pour leur capitale, une source de richesse et un ornement; pour leur conseil, une pépi-

nière fie sujets; pour la politique et la diplomatie ullrauiontaines, un arsenal intellectuel. Des le douzième siècle, les bénéficiés avaient été dispensés de la résidence pendant tout le temps qu'ils consacraient aux écoles, soit comme écoliers, soit comme maîtres. En 1 1!H, Céleslin III commit aux juges d'église toutes les causes des écoliers, même civiles. HonoriusIII, Grégoire IX, Innocent IV. Clément IV. Clément V, Clément VII. etc., confirmèrent et successivement étendirent ces avantages. L'école de Paris conférait à ses maîtres la mission d'enseigner dans le monde entier. Un prélat, dont le siège était situé à ses portes, avait la garde perpétuelle de ses immunités, de ses droits, et devait tenir prèle pour leur défense l'arme redoutée de ses foudres ecclésiastiques. — Voilà pour les souverains pontifes. — La munificence des princes ne fut pas moindre à son égard. En 1200, à la suite d'une querelle entre un noble allemand, écolier de l'Université de Paris, évêque élu de Liège, et ses gens, contre un tavernier et des bourgeois de la Cité, Philippe- Auguste prit énergiquement en main la cause des premiers. Non content de leur procurer une éclatante réparation, au préjudice de son propre prévôt (qui finit par se tuer en cherchant à s'évader de la prison où il avait été confiné), le roi déclara inviolables pour l'avenir la personne du captai ou recteur, et celle des écoliers, sauf le flagrant délit; de plus, il reconnut l'Université tout entière exclusivement justiciable de l'Eglise, a cause de sa cléricature. Ce privilège, naturel et nécessaire dans le principe, bientôt fécond en abus et en désastres, fut confirmé, durant le cours du Moyen Age, par tous les rois successeurs de Philippe-Auguste. Aux termes du diplôme de 1200, chaque prévôt de Paris, le premier ou le deuxième dimanche qui suivait son installation, venait, en présence de l'Université, réunie dans une de ses églises, jurer solennellement d'observer ces exemptions, dont lui-même était le conservateur royal. Cet usage s'observa jusqu'en 1592. Philippe le Bel. de 1297 à 1304; Philippe de Valois, en 1345; le roi Jean, en 1356 et 1357: Charles V. à plusieurs reprises, renouvelèrent et agrandirent ces faveurs, en y joignant les droits de garde-gardienne, l'exemption de péage, de subsides, d'impôt, de contribution et de service de guerre, et même de simple milice urbaine; sans compter le titre honorifique de fille aînée des rois de France qui lui fut octroyé par le dernier de ces princes, et dont elle ne cessa de se parer. (Voy. Recueil des privilèges de l'Université. Paris, in-4", 1612, 1674, 1684. etc.)

Ce ne fut pas toutefois sans de grandes traverses, ni sans une croissante difficulté, qu'elle put mettre h profit toutes ces belles prérogatives. L'histoire de la capitale est remplie d'épisodes singuliers, et plus d'une fois sanglants, qu'engendrait à chaque pas la turbulence de celte jeunesse, enhardie par le bénéfice d'une semblable inviolabilité. L'Université avait en main trois moyens de revendication, ou, comme dit du Houlai, trois remèdes contre les infractions de ses privilèges. Premièrement, si la violation venait du pouvoir laïque, elle s'adressait directement à la personne du roi, a qui ressortissait miment sa juridiction. Si, ecclésiastique, elle recourait, sans intermédiaire, au pape. Elle députait à Rome une ambassade, prise parmi ses docteurs, qui. plus d'une fois, retrouvait sur le trône pontifical, en la personne du successeur de

saint Pierre, la filiale sympathie d'un ancien disciple. Le pape se refusait il à donner satisfaction, elle en appelait à l'Eglise universelle et au futur concile. Mais elle possédait une dernière voie, bien autrement sûre el efficace, pour arriver au but de ses préten-

MONTMENT EXPIATOIRE 1)1 COUVENT IIF.S GRANDS-ALGI'STIXS ( 1440 .

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