‹ Le moyen äge et la renaissance, histoire et description des moeurs et usages, du commerce et de l'industrie, des sciences, des arts, des littératures et des beaux-arts en Europe. Direction littéraire de Paul Lacroix, direction artistiques de Ferdinand Séré. Dessins fac-similéChapitre 28 sur 65 · INSCRIPTION FRANÇAISE · texte numérisé non relu

INSCRIPTION FRANÇAISE

gravén sur la partie latérale Je l'encadrement.

< '.'s' la représentation de l'amendt h morable faite à l'Université du

Paris et aux religicur et couvent

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INSCRIPTION lati\e sur le socle .

Condilur hic Pelrua (..nui- cognomine dictus,

Hujus professor ordînis assiduus.

Protli dolor ! occubuit, preventus morte nephand.t

Transfossns latere ?ai rilego gladio ;

perf.isus sanguine leti,

InCcitur grand» cri mine mortifère.

Hoc lamen ulla dics memori no substrat] ;

Judicio Grmo lîgilui i - 1. |a| pis ' Sic voluit ifffit*n(]iaî quarn protuht hujus

trio- prefectus, judîcis art-e fedens, I 1 1 mundi jubar alque sophic

Doctnx abn.i parens. .......

iris auxiliîj , Pclri que ■■■■ ..■

Signum mil iti i\ cetibuj aogelicis.

lions; c'était la cessation des études, ou ce qu'on pourrait appeler l'excommunication universitaire. En pareil cas. elle suspendait subitement toute lecture, tout enseignement

Tel TX.

public. Les maîtres et docteurs de théologie s'abstenaient de monter en chaire dans toutes les églises. Toute une portion de la vie morale et religieuse était frappée d'interdit. Si la crise persistait, les docteurs, bacheliers et régents des quatre Facultés fermaient toutes leurs écoles et menaçaient d'éniigrer en masse, entraînant avec eux tout un peuple de suppôts et de clients, qui faisait à lui seul plus du tiers de la capitale. 11 n'y avait pas de puissance, au treizième siècle, qui pût résister à des hostilités de cette nature. En 1 221 . l'évèque de Paris, justicier de l'Université, ayant voulu lui dicter des lois, celle-ci lui tint tète résolument et mit pendant six mois les écoles en interdit. En 1225, le légat du pape fut encore moins respecté dans une circonstance analogue : les écoliers prirent les armes, assiégèrent sa maison et blessèrent les gens de l'ambassadeur pontifical, qui ne dut son salut qu'à la fuite. A la lin du carnaval de 1 228 époque solennellement chômée de tout temps par les écoles), une sédition naquit encore dans un cabaret. Le dimanche et le lundi gras, des écoliers, étant sortis de la ville pour se divertir, se dirigèrent dans la campagne, vers le bourg de Saint -Marcel (aujourd'hui faubourg Saint -Marceau). D'aventure, ils entrèrent chez un tavernier, où. trouvant le vin à leur gré. ils en burent plus que de raison. Une querelle s'engagea sur le prix. Des mots on en vint aux mains, aux cheveux, aux armes, et de sanglantes représailles se commirent, comme de coutume, entre les bourgeois et les écoliers. La reine Blanche, alors régente pendant la minorité de saint Louis, obéissant aux instigations de l'évèque de Paris et du légal, peu favorables en ce moment à l'Université, fit sévir énergiquement contre les écoliers. Les sergents royaux opérèrent une descente, et des innocents payèrent pour les coupables : les uns furent jetés à la rivière: les autres blessés, d'autres tués sur place; parmi ceux-ci, deux écoliers de distinction, le premier, Normand, le second de la Nation de Picardie. L'Université, ayant inutilement adressé au roi des remontrances, se dispersa, laissant la capitale en interdit. Cet état de chosesdura deux annéesenlières, au bout desquelles le pou voir royal, cédant aux instances du pape, qui, de concert avec de grands personnages , appuyait ouvertement les écoliers et traçait la marche à leur résistance, finit par capituler avec les écoles insurgées, et rappelant les maîtres avec mille caresses, leur accorda enfin toutes les réparations demandées. Voy. la bulle du 29 novembre 1229. Bdl., Hist.. t. III. p. 135. Dans une autre bulle du même pape, adressée aux écoliers en 1231, on trouve le passage suivant, qui sanctionne de toute l'autorité du siège apostolique ce mode étrange d'opposition légale : « Si forte vobis vel alicui vestrum injuria vel excessus inferatur enormis, « ut pote niorlis vel membri nuitilationis. nisi congruà monilione premissà, infrà quin- « decim dies me rit satisfactum , liceal vobis usque ad satisfaciionein condignam suspen- » dere lecliones. et si aliquem vestrum indebilè incarcerari contigerit, fas sit vobis, nisi « monilione praehabitâ cessel injuria, slatim à leclione cessare, si tamen id videritis ex- « pedire. » Bu... ibid, p. 550.)

Toutefois. l'Université n'achetait la victoire qu'à un prix fatal pour ses privilèges et pour sa propre existence. Les villes d'Oxford, en Angleterre, d'Angers, de Poitiers, d'Orléans, où s'étaient rendus les maîtres dispersés, frappés d'un ostracisme volontaire.

recueillirent et conservèrent une partie de ces exilés, qui vinrent de la sorte y semer les germes d'autant d'Universités rivales. Cependant, au moment même où l'Université, désertant la capitale, lançait sur elle son interdit, les dominicains y ouvraient des chaires de théologie. Ce grief sanglant , plus encore que l'antipathie qu'inspiraient les doctrines et le régime ultramontains de ces moines mendiants, leur valut, de la part des maîtres de l'Université, une irréconciliable animosité et une lutte implacable. Enfin, en 1-257. comme nous l'avons indiqué ci-dessus, les dominicains, invariablement soutenus par le roi, leur élève, et par les papes, leurs confrères ou leurs supérieurs, firent brèche dans l'Université, qui, contrainte et forcée, daigna ouvrir ses rangs à un Thomas d'Aquin, à un Bonavenlure, et leur accorder le bonnet de docteur! Charles VII, en 1445, porta un nouveau coup h la constitution de ce corps antique : non-seulement il confirma l'existence des Universités de Poitiers et de Caen, récemment instituées, mais encore il refusa de déférer au vœu de l'Université parisienne, qui ne voulait reconnaître d'autre tribunal que le conseil du Roi, ou Grand Conseil, et renvoya simplement ses causes à la compétence du Parlement. C'était, comme le témoigne l'historiographe de ses annales et de ses préjugés, faire de la sœur et de la rivale (Bul., llislor. Universilat. Parisiens., t. V. p. 852) une justiciable ; c'était, de plus, lui donner une règle et un tuteur. En roi Louis \II , parmi édit du 31 août 1498, ranl au vœu des étals généraux convoqués sous le règne précédent , réduisit les privilèges universitaires en ce qu'ils avaient de plus monstrueux . et les ramena vers la limite du droit commun. L'Université ne laissa pas de recourir à ses foudres habituelles; le recteur lança, le 1er juin 1499. un mandement qui ordonnait une cessation générale de leçons et de sermons... Mais en vain : le pouvoir royal n'était plus assez débile pour plier devant celte menace. Le roi, qui se trouvait absent de Paris, reçut d'un visage sévère les ambassadeurs de sa fille aînée. Puis, revenant dans sa capitale, il traversa ï Université à la tête de sa maison militaire, armée de toutes pièces, la lance en arrêt, et se fit obéir.

r i|ui - tint- peinlure ' fresque \vr siècle] l!l- Jean 1 é (Chapelle du Nicolas 1. au Vatican).

Ce l'ut la dernière campagne que ténia l'Université en laveur de ses immunités féodales.

Plusieurs phases distinctes partagent naturellement l'histoire propre de l'Université. Dans la première, on voit en elle une émanation de l'Eglise, qui prend racine dans le siècle, destinée de plus en plus à se séculariser. L'institution se fonde, se constitue, se combine avec les besoins et les autres institutions publiques. Une activité des plus vivaces . une prospérité florissante, un succès brillant, caractérisent ses heureux débuts. Parmi ces populations d'auditeurs, que la parole d'Abailard entraînait en plein champ, avides de recevoir cette manne intellectuelle, se trouvaient un pape de la chrétienté (Célestin II . vingt cardinaux , cinquante archevêques et évêques; et, si l'on veut savoir quels hommes au douzième siècle, dans l'Etal, dans la science, dans l'Eglise, présidèrent aux destinées de leurs contemporains, il faut ouvrir le tome II de Du Roulai, el y parcourir les soixante pages in-folio (715-778) qui contiennent en abrégé la liste des élèves sortis alors de nos écoles. Dès la fin du siècle suivant, le haut clergé de France était exclusivement composé de sujets qu'elle avait formés. Simon de Beaulieu. archevêque de Bourges, haranguant, en 1281. ses collègues de l'épiscopat, réunis à l'Université pour résister, par une ligue commune, à l'invasion des moines mendiants. dans le double domaine de l'instruction el du sacerdoce. Simon de Beaulieu s'écriait : Ce que nous sommes, vous le serez un jour ; car je ne crois pas qu'il y ait parmi nous

» un seul prélat qui n'ait été pris du sein de « cette Université.» (« Quod nossumus, vos eri- « lis. Credo enim quod non sit hodiè praelatus a inter nos qui de bac Universitate non sit ad- « sumptus. •> Bol., Ilistor. Univ. Par., t. III, p. il.'), iliii. Au quatorzième siècle, son autorité, son importance morale et politique, s'étendent et s'affermissent. De 1297 à 130 i. elle prête à Philippe le-Bel un secours et un point d'appui contre les prétentions de Boniface VIII. En 1316 el en 1328, son suffrage est invoqué <'t pi'se d'un grand poids dans la balance, pour la question de la successibilité des femmes au trône, et pour la fondation de la jurisprudence du royaume à l'égard de la loi salique. C'est le terme de son apogée, l'époque de sa plus grande splendeur. Conseillère des l'ois, institutrice de l'Europe, ronei le permanent des Gaules, elle poursuit noblement une haute mission. L'Eglise, en proie à l'esprit d'examen el d'indépendance, avait conservé, au prix du fer et du feu . en se mutilant elle-même, sinon l'intégrité, du moins l'unité

MippÔt? de l'Université h irangu ml l'empereur Charles IV en 137 d'après une miniature du M.inusml <\l'~ Chroniques de Samt-Deni i». S395 (Bifal. roy. de Paris).

de son orthodoxie. La France, fidèle à cette unité, ouvrait au Saint-Siège, dans Avignon, une seconde Rome. Par l'organe do l'Université, elle continuait à élaborer, à faire rayonner et resplendir la pensée religieuse; elle donnait des docteurs à toutes les chaires; elle perpétuait la tradition du dogme et de la discipline, et . en même temps, elle fondait notre droit public sur ces principes d'indépendance qui ont fait d'elle, qui ont fait de la France, non-seulement politiquement . mais religieusement et moralement . une nation. Le code de ses croyances et de son enseignement, imparfait sans doute et sujet à l'erreur, du inoins n'avait pas encore été souille' de ces abominables doctrines de régicide, d'hypocrisie, de théocratie et d'obscurantisme, qu'elle devait plus tard professer et combattre tour à tour : professer, en la personne des Jean Petit , des juges de Jeanne Darc, îles ligueurs et des persécuteurs de Ramus-, combattre, en combattant, parmi les vicissitudes d'une longue et opiniâtre rivalité, les redoutables efforts d'une secte fameuse.

vec la fin du quatorzième siècle, commence pour elle la période de la décadence. A cette époque, la vénalité, puis, à sa suite, le sophisme et le fanatisme de parti, entrent dans son enceinte. Dès l'année 1380, l'or de la maison de Bourgogne stipendiait parmi ses docteurs îles créatures politiques. Après les Bourguignons et l'apologie du meurtre de la rue Barbette, vinreul les Anglais, l'avilissement, du joug étranger et la honte ineffaçable d'avoir trempé dans la sentence qui lit périr la vierge de Dom- Remy sur un bûcher. Au siècle suivant, siècle de l'imprimerie <i de la Réforme, elle avait perdu le sceptre de l'empire intellectuel, que pendant quatre cents ans elle avait exercé. Désormais, la science ne sort plus d'une source unique; Paris n'est plus la Mecque intellectuelle vers laquelle se tournent tous les esprits, ni, comme elle s'appelait au Moyen Age, la ville des lumières, la Karialh sepher de l'Écriture. Rome elle-même n'est plus l'oracle incontesté de la vérité. A entendre le protestantisme, chaque homme trouve dans sa propre conscience un arbitre suprême. La science, grâce à la découverte de Gutenberg, s'épanche par mille canaux qui vont abreuver jusqu'aux plus obscures intelligences. Fidèle aux pompes de l'ancien culte, la France, tout en sympathisant avec l'esprit de la réformation, poursuit sous une autre forme, son rôle civilisateur : par les investigations de ses philosophes, de ses libres penseurs et par la constante propagande de sa littérature.

L'Université de Paris avait précédé dans le temps, de même qu'elle éclipsa par sa renommée, toutes les autres Universités de l'Europe. Un tableau, rangé par ordre chronologique, de ces écoles rivales, presque toutes créées à son imitation ou émanées d'elle, soit sur le territoire actuel de la Fiance, soit à l'étranger, formera le complément nécessaire de la peinture que nous avons essayé' de retracer.

UNIVERSITES DE FRANCE.

toulouse.

Orléans.

Grenoble.

Angers.

Orange.

Dole.

Poitiers.

N 1NTES.

Bourges.

Bordeaux.

Reims.

Douai.

PONT-A-Moi •

Noms des Fondateurs.

Guillaume, seigneur de Montpellier; confirmée on 1289 par Nicolas IV, pape.

Le pape Grégoire IX.

Clément V et Philippe le Bel.

Humbert 11, dauphin.

Charles V, roi de France.

Raymond V, prince d'Orange.

Philippe le Bon, duc de Bourgogne.

Le pape Eugène IV et Charles VII, roi de France.

Henri VI, roi d'Angleterre.

Pie 11, pape, et François II, duc de Bretagne.

Louis XI, roi île France.

Id. Id.

Henri II, roi de France.

Philippe II, roi d'Espagne.

Charles III, duc de Lorraine.

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