COLLEGES
n 1107, lors de la venue d'Abailard à Paris, les deux maîtres célèbres qu'il y trouva enseignaienl dans la maison de l'évêque.
C'est dans le voisinage de cette résidence et du cloître de Notre-Dame, où demeuraient Fulbert et sa belle pupille Héloïse , que lui-même établit son école. Puis, à quelques années de là, Guillaume de Champeaux quitta son arcbidiaconat de la cathédrale, et se retirant avec quelques disciples au prieuré de Saint-Victor, situé de l'autre côté du fleuve, hors des murs de la ville, il y ouvrit une nouvelle école publique. (Ab.el.vrd., epist. llistor. calamitat. Voy. Pasquier. Recli., liv, IX, c. 5.) Abailard, de son côté, chassé de l'école qu'il occupait en la maison épiscopale, se réfugia sur la montagne Sainte-Geneviève, où il rallia de nouveau ses disciples. (« Extra civitatem in monte sanctae Genovefae scholarum «noslrarum castra posui, quasi eum obsessurus. qui nostrum occupaverat locum. » lleeh. de la Fr., 1. IX, c. 6.) Cependant les écoles de la cathédrale subsistant ets'acroissant de jour en jour, elles se divisèrent en deux parts. L'une, composée des artiens, passa le petit pont, et vint s'établir à Saint-Julien le Pauvre, charmante petite église, encore aujourd'hui subsistante, quoique presque inconnue, si ce n'est des archéologues, et qui, dès lors, servait de succursale à la mère-église. Les études théologiques conservèrent leur siège à Noire-Dame. Bientôt les nations se construisirent quatre grandes salles ou écoles dans la rue du Fouare ou du Feutre, située à peu de dislance, et ainsi nommée de ce que
ies écoliers, pour assister aux leçons, n'avaient d'autre siège que de la paille, sur laquelle ils s'étendaient autour de la chaire où senl siégeait le maître, (liech. de la Fr., I . I\. c. (i. Indépendamment de celte sorte d'école générale, quiconque était muni de la licence louait une salle et appelait le public h ses leçons. C'est ainsi (pie de proche en proche, le quartier latin se peupla de maîtres et d'écoles. (Recfi. de la Fr., 1. IX. c. 13. Bientôt on sentit la nécessité de consacrer des hôtels ou demeures particulières destinées à recueillir les écoliers, surtout au début de leurs éludes, et de leur offrir un asile. De là, en général, l'origine des collèges.
Dès une époque peu éloignée des commencements de l'Université, c'est-à-dire vers la fin du douzième siècle, ou au commencement du treizième, on voit naître à Paris, sous le nom de collèges, divers établissements habités par de jeunes religieux qui se livraient a l'élude. De ce nombre, vraisemblablement, furent les deux couvents des bons enfants Saint-Victor et Sainl-Honoré, les deux communautés de Saint-Nicolas du Louvre el du Chardonneret. D'autres, comme les collèges de Dace ou des Danois, etc.. recevaient des clercs plus ou moins âgés, attirés de leur lointaine patrie par la renommée littéraire de notre capitale et par les ressources uniques qu'elle offrait à leur instruction. Ces derniers étudiants appartenaient à des ordres religieux. Or, on sait qu'au Moyen Age. dans les grandes familles monacales, telles que Cîteaux, les Bernardins, et autres, les maisonsmères entretenaient à de grandes distances, sur divers points de la chrétienté, indépendamment des filles de leur ordre, certaines maisons hospitalières, désignées alors sous les noms d'hoslels ou hospices (hospitia), tantôt pour recevoir leurs entrepôts de commerce, tantôt dans un but d'étude ou de santé.
Mais nous devons nous attacher principalement ici. sous le nom de collèges, aux établissements d'instruction fréquentés par de jeunes écoliers appartenant au monde. Ces établissements, dans le principe, étaient aussi, comme le fait remarquer Grancolas Histoire de l'Église et Université de Paris, t. I. p. .339 el suiv. . de véritables hospices ou maisons de charité ouvertes à des pauvres, sous les auspices de la religion, avec la faculté d'étudier. Ce double caractère de dévotion et de misère est fortement empreint dans leur constitution primitive, et n'a cessé d'influer, jusque dans les temps modernes, sur leur physionomie et sur leur destinée. Bien de plus triste, ni de plus piteux, et cependant rien de plus digne d'intérêt . que ces collèges du Moyen Age, dans lesquels un Principal, assisté de quelques maîtres, endoctrinaient . morigénaient et fustigeaient de leur mieux une douzaine d'écoliers, avec lesquels ils partageaient une vie souffreteuse et famélique ; ayant h peine , pour subsister, trois ou quatre sous par semaine, et se voyant contraints, les uns et les autres, de joindre à ces misérables ressources quelque office ou métier servile . ou d'invoquer la bienfaisance publique. Tels étaient les écoliers du collège des Bons-Enfants (Saint -Victor, ou Saint-Honoré. peut-être les uns et les autres). Le dit des crieries de Paris, qui date du quatorzième siècle, nous les montre errant dans la Cité, où ils venaient chaque jour mendier leur subsistance :
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Rivaud et Racmet del.
A. Bisson et Couard exe
Ecoliers pauvres secourus par des bourgeois de Paris, d'après un bas-relief extérieur de Notre-Dame de Pans.
F. SERE, DIREXIT.
et la renaissance.
Les Bons-enfants orrez crier :
T>u pain ' n'es veuil pas oublier...
Le premier collège ouvert à des laïques ou du moins à des séculiers, qui resta lony- Lemps le plus célèbre de tous, dut son nom el son origine à la libéralité d'un clerc, chapelain, et, selon quelques-uns, confesseur de Louis IX, nommé l'oberl Sorbon ou deSorbonne. Par lettres patentes de 1250, le saint roi contribua à cette fondation, el donna, pour l'usage du futur collège, une maison et des étables y conliguës, situées à Paris, rue (loupe-Gueule, devant le palais des Thermes. « In vico de Coupe-Gueule anle palaliuiu Thermarum. » liecli. de la Fr., IX, 15.) Ce collège était destiné a un certain nombre de pauvres écoliers qui. après avoir pris leurs degrés ès-arls, se vouaient a l'étude de la théologie. La Sorbonne, singulièrement agrandie par le cardinal de Richelieu, devint par la suite le chef-lieu de la Faculté de théologie.
A l'imitation de cet exemple, un nombre considérable de collèges institués par des personnages éminents, soit du monde, soit de l'Église, s'élevèrent, comme;» l'envi, pour l'instruction de la jeunesse, sur tous les points du territoire cpie désigna, jusqu'au siècle dernier, la dénomination à' Université ; nous voulons dire ce vaste amphithéâtre, dont la base était la Seine, et qui s'étend, d'une part, au pont delà ïournelle. de l'autre, à celui des Saints-Pères. L'un des plus importants el qui mérite une mention spéciale, le collège de Navarre, eut pour fondatrice, en 130V, la reine Jeanne de Navarre, femme de Philippe le Bel, comtesse de Champagne et de Brie. Il fut destiné à recevoir soixante-dix pauvres écoliers, savoir, vingt grammairiens, trente artiens et vingt théologiens. Trois maîtres, pris naturellement au sein de l'Université, présidaient à ces trois classes d'études. L'un d'eux, celui de la théologie, était investi de la surintendance générale. Aux termes du testament, il devait être élu par « la plus grande et la plus saine partie des maîtres» de cette Faculté, solennellement assermentés à cet effet, et gouvernera la fois le temporel el le spirituel de l'établissement. Il portait le titre de grand maître de Navarre. Toutelois, on ne larda pas à lui associer un aide. qui. sous le nom de proviseur, administrait les affaires de la maison. Le collège de Navarre» s'acquit bientôt une haute renommée. II devint, en son genre, le modèle des établissements littéraires et comme le chef-lieu de l'Université. Ce fut dans sa chapelle, dédiée à saint Louis, l'un des aïeux de la royale fondatrice, que, longtemps, reposa le trésor, c'est-à-dire les archives de celte grande compagnie. Les lils des plus nobles familles, et souvent même des enfants du sang de France, y reçurent les premiers bienfaits de l'instruction. Guy Coquille, en son Histoire du Nivernais, rapporte que le roi de France était le premier boursier de Navarre, et que sa bourse servait à payer les renies du collège. Un des hommes les plus éclairés du quinzième siècle, Nicolas Clémangis, avait été proviseur de Navarre. 11 fut enseveli dans la chapelle, qui recul également les cendres de plusieurs autres personnages célèbres. Au dix-septième siècle, le savant docteur Jean de Launoi ne dédaigna pas d'écrire l'histoire de ce collège : Regii Navarrœ collegii historia. Paris. 1(>77. 2 vol. in-V.
Le collège de Montaigu mérite aussi une mention particulière. Fondé au quatorzième siècle, par deux membres de la famille Montaigu, dont l'un était archevêque de Rouen, les libéralités réunies de ces deux bienfaiteurs formaient une somme de dix livres annuelles de revenu, pour l'entretien et la nourriture de chacun de ses élèves. Le désordre et la mauvaise administration, bien loin d'accroître ce produit, furent tels, qu'en 1 48.3 il s'élevait en totalité à onze sous de rente. A cette époque, le collège passa entre les mains d'un nommé Jean Slondonck, ou Stondouck, personnage fameux à juste titre, de son vivant, et l'une des figures les plus originales que fournisse l'histoire de la pédagogie. C'était un homme d'un caractère ardent, d'une force de volonté peu commune, et d'une opiniâtreté remarquable. Il était fils d'un tailleur de Malines. Venu à Paris sans autre ressource qu'une lettre de recommandation pour l'abbaye de Sainte-Geneviève, il y fut admis par charité, en payant toutefois l'hospitalité des moines par des offices domestiques qu'il remplissait à leur service, et il trouva de la sorte le moyen de puiser aux écolesde Paris cette instruction dont le goût décidé l'avait attiré au sein delà capitale. On raconte qu'à cette époque de sa vie, il montait, un livre à la main, dans le clocher, pendant les claires nuits, pour y étudier, aux rayons gratuits de lalune. Devenu, en 1483, Principal de Montaigu, il sut y rétablir l'ordre, fonder douze bourses nouvelles et subvenir à toutes les dépenses. -Mais il ne réalisa ces bienfaits, qu'en imposant à ses écoliers une discipline plus que Spartiate, et en leur léguant, pour ainsi dire héréditairement, la vie de labeurs et de tribulations, que lui-même avait traversée. La règle de la maison était effectivement des plus austères. Taches ardues, jeûnes fréquents, maigre pitance, discipline rigoureuse, telle était la condition, devenue proverbiale, des écoliers de Montaigu; condition que résumait spirituellement leur devise traditionnelle :
Mous acutus, ingenium acutum, dentés aculi.
Vêtus d'une cape de gros drap, ouverte par devant et surmontée d'une sorte de cagoule qui se fermait par derrière , le peuple les nommait les pauvres capeltes de Montaigu, et journellement on les voyait, conformément à leurs statuts, prendre part aux distributions de pain que les Chartreux «lu voisinage faisaient aux indigents. Erasme, ce Voltaire bénin du seizième siècle, à l'âge de vingt-cinq ans, avait étudié à Montaigu sous l'autorité de ce même Slondonck : il connut par expérience les rigueurs de cet asile. Dans l'un «le ses ingénieux Colloques, où l'idée philosophique circulait, goûtée, savourée, dévorée, sous l'enveloppe légère d'une forme frivole (le dialogue de la Chair et du Poisson . il stigmatise en termes piquants les traitements inhumains, le gîte insalubre, la nourriture malsaine, par lesquels il vil lui-même sa santé compromise pour le reste de sa vie ; et, passant de ce propos à des considérations plus élevées, il glisse, ii l'adresse de l'éducation de son temps, les traits acérés d'une critique hardie. Peu d'années après Érasme, notre gai Rabelais venait, au même lieu, faire semblable épreuve et puiser des souvenirs analogues, que lui aussi devait immortaliser, mais à sa manière. Ses ouvrages, comme
ceux de la plupart des moralistes, ses contemporains, sont remplis d'allusions satiriques
à l'ignorance, au pédantisme des maîtres; à l'absurdité des méthodes et des doctrines:
à la sottise, à l'ignominie ou au ridicule qui, à celte époque, caractérisait la tenue de
nos écoles. Qui ne se rappelle, en souriant, ces esparviers de Montagu, tombant, gros
comme boulets de canon, de la lète
du jeune Gargantua, en présence de
son précepteur Pronocrates? (Gar-
gantua, I, 37.) C'est encore au digne
successeur de Stondonck . Pierre
Tempête, « ce grand fouet leur d'es-
coliers au collège de Montagu,» que
frère Jean des Entomeures, à l'aide
d'une libre traduction, applique ce
vers tiré, dit-il
monsieur Saint-Nicolas :
« de la légende de
P1.1lr.11l .1 I.I..-IIK
un. gravure en bois du seizième siècle Bibl. roy. Cilj. des Estampes .
« llorriila Tempes/us montent lurbavit aculum. » [Pantagruel, IV, 2».]
Quant au régime intérieur des collèges ainsi qu'à l'instruction de la jeunesse, nous rappellerons ici, d'après Etienne Pasquier {Recherches, IX. 17), que, de son temps, il y avait « trois sortes de maistres .
« le superintendant de tous les au- « très, que nous appelons principal ; « les régents, qui enseignent aux « classes; et les autres, qui, sans « faire lectures publiques, tiennent chambres à louage du principal, que l'on nomme « pédagogues, parce qu'ils ont charge et gouvernement sur quelques enfants de la « maison. Ces escoliers, nous appelons pensionnaires, ceux qui sont à la pension du " principal, et carriéristes, les autres qui sont nourris par leurs pédagogues. Outre « ceux-là, il y a encore les escoliers qui demeurent en ville, hors des collèges, qui vont « ouïr les leçons d'uns et autres régents, ou aux maistres qui les gouvernent : les uns « appelés martinets, et les autres, du nom de galoches. »
Indépendamment des Universités et des Collèges, il existait encore, au Moyen Age. en France cl dans toute la chrétienté, certaines catégories d'écoles que nous ne pouvons passer sous silence. Les unes, élémentaires, étaient ouvertes aux deux sexes; les autres, d un ordre plus élevé, ne recevaient que déjeunes hommes. Les premières s'appelaient ordinairement, chez nous, petites écoles ou écoles françaises : on n'y enseignait point le latin.
mais seulement à lire . à écrire, quelques éléments de langue vulgaire el le chant ecclésiastique. Les secondes portaient le nom de grandes écoles ou écoles latines. Les unes el les autres avaient le plus souvent, dans chaque diocèse, ou dans le ressort d'une église importante, abbatiale ou séculière, un intendant commun, placé sous la haute autorité de
[nterieur d'ÉroIe, d'après une Estampe du seizième siècle ÏLbl. roy., Dib- des Estampes, Vieux Maîtres en bois
Tévèque. et nommé ordinairement par le chantre , lorsque ce dernier ne remplissait pas personnellement les fonctions de cette charge. L'intendant prenait le titre de recteur ou grand-mai Ire des écoles Yoy. Cl. Joly, Traité historique des écoles épiscopales. etc. Paris. 1 1>78. in-8°). Il recevait, de chaque écolier ou écolière. une taxe qui se payait en deux termes, el qui. en général, s'éleva, jusqu'au seizième siècle, à la valeur de cinq ou six sous tournois par an. Chaque élève payait, en outre, un supplément d'unsou : savoir, six deniers pour l'entretien du matériel de l'école, dont le soin incombait au niait re-prévùt. et six deniers pour les verges, commisesaux mains du maître-portier ou fouetteur. L'instruction littéraire, que distribuaient ces grandes écoles des diocèses, s'adressait à des élèves libres, qui restaient sous la conduite et la direction privée de leurs parents. Elle était à peu près la même que celle des collèges, ainsi qu'on en peut juger d'après un règlement rendu en 1 VM\ par Jean Lesguisé, évêque de ïroyes. et qui contient un programme de ces éludes. Voy. Arch. Iiislor. du Départ, de l'Aube, 1841, in-S". p. 42(>. Mais les Universités seules conféraient, comme de nos jours, les grades des Facultés. Dans tous ces établissements de divers degrés, il y avait toujours sous le patronage de quelques particuliers, et plus souvent sous celui des chapitres, un certain nombre de bourses ou de gratuités, offertes à la jeunesse studieuse et indigente. Quelquefois celte exem-
LE MOYEN AGE ET LA RENAISSj
Rivaud et Racinet del. A. Bisson et Cottard exe.
-:1 allégorique (1589), actuellement à la bibliothèque de Strasbourg.
F. SERE, DIREXIT
plion ne s'accordait qu'en échange d'un service utile, ou d'une sorte de corvée. Tels étaient, dans les écoles de Troyes. les primitifs, écoliers pauvres et robustes, ainsi nommés sans doute à cause de l'assiduité matinale à laquelle ils étaient astreints. Deux fois par semaine, ils devaient balayer et nettoyer les salles d'études, et moyennant celle prestation, ils étaient dispensés de toute contribution pécuniaire. (Vov. ibid. p. 430.1 Quelques institutions, au contraire, faisant de la gratuite le principe général, admettaient un certain nombre de sujets pour les adopter complètement, et pourvoyaient sans réserve à leur éducation ainsi qu'à leur avenir. Nous citerons pour exemple les escaliers ou boursiers du chapitre de Notre-Dame de Saint-Omer. (Yoy. Mémoires de la Soc. des antiq. de la Morinie, t. VI. Essai sur /es archives historiques, etc., passim.)
Nous avons ci-dessus parlé d'écolières, et nous aurions voulu présenter au lecteur quelques développements sur ce point si intéressant et si peu connu de notre histoire morale. Mais le titre de cet article : Unive?silés, Collèges, Ecoliers, nous trace des limites infranchissables. A ce sujet , nous devons donc nous contenter de renvover aux notions instructives renfermées dans une récente publication de M. l.e Houx de Lincy : Les Femmes célèbres de l'ancienne France. Paris. 1848, in 18, t. I. chap. vi.
Parmi les vitraux qui décorent actuellement la bibliothèque de Strasbourg, il en est un, aux armes de cette ville, qui se rapporte à l'état de ses écoles au seizième siècle, et qui provient, selon toute vraisemblance, du collège ou université protestante de Saint- Thomas, fondée vers 1550 par le magistrat de Strasbourg. Ce curieux dessin, qu'a déjà reproduit le bel ouvrage de M. Ferd. de Lasteyrie (Histoire de, la peinture sur verre par les monuments, in-P, t. II . pi. XCI) . porte la date de 15N9, et peut fournir à uns lecteurs l'objet de plus d'une remarque intéressante dont nous laisserons l'initiative à leur sagacité. Pour nous, nous ne voulons, en passant . invoquer ce témoignage, que pour le point spécial dont nous avons à traiter en ce moment , à savoir les diverses connaissances (pie l'on enseignait alors publiquement à la jeunesse. La science ou l'instruction, connue on le voit, est représentée dans ce tableau sous l'emblème d'une forteresse l'a/ladis arx), dont les jeunes écoliers doivent progressivement s'efforcer de conquérir la possession. Vne double enceinte, où se tiennent, les uns au-dessus des antres, les bacheliers, baccalarii, puis les maîtres, magistri, semble défendre l'accès de la citadelle. Les assaillants ont à franchir successivement sept degrés, correspondant aux sept divisions classiques, savoir : la grammaire (ijrammalica); la dialectique [dialeclica): la rhétorique (rlietorica); la sphère (sphœrica)', l'éthique [elhica ; la physique phisica), el lis mathématiques [mathemalica). Ils parviendront ainsi jusqu'au dernier terme des études littéraires, c'est-à-dire la théologie (Iheologia), qui, grâce à une combinaison de symboles, plus poétique qu'orthodoxe, se voit personniliée sous les traits de .Minerve Uinerva .
I n autre document non moins curieux, et vraisemblablement inédit, nous fait connaître les principaux ouvrages élémentaires employés au Moyen Age dans les classes de commençants. 11 est tiré d'un compte de l'argenterie, pour l'année 1454-1 155, delà reine
Marie d'Anjou, femme de Charles VII : nous y trouvons la lisle ou catalogue des livres qui composaient la bibliothèque d'écolier de Charles, due de Ben y. prince du sana de France, alors âgé de huit ans. Voici ce catalogue :