‹ Le moyen äge et la renaissance, histoire et description des moeurs et usages, du commerce et de l'industrie, des sciences, des arts, des littératures et des beaux-arts en Europe. Direction littéraire de Paul Lacroix, direction artistiques de Ferdinand Séré. Dessins fac-similéChapitre 32 sur 65 · I. Ung A, 15. C · texte numérisé non relu

I. Ung A, 15. C

±. Ungs sept pseaulmes de la Pénitence). C'était une des premières prières que l'on faisait apprendre par cœur aux enfants, avant qu'ils fussent capables de lire dans les Heures, et ils devaient la réciter mentalement ou à voix basse, soit en assistant à l'office, soit en suivant la procession.

3. i'ng Donast : il s'agit ici d'.Elius Donalus. grammairien romain du quatrième siècle. auteur du Traité de octo parlibus Qrationis, etc. (Des huit parties du Discours .

i. Ungs Accident: autre ouvrage de grammaire, traitant des cas et des conjugaisons?

5. i'ng Calon. On attribue cet ouvrage à Dyonisius ou Valerius Calo, poète et grammairien, mentionné par Suétone et mort avant 1ère chrétienne. C'était un recueil de distiques moraux, conçu tantôt en latin, tantôt en français, et tantôt entremêlé de l'un et de l'antre. Use distinguait, suivant son étendue, en grand etpelit Calon. ou Chalonnel, ainsi qu'on en jugera par l'exemple qui va suivre : celui dont nous parlons ici n'est probablement que le Chalonnet.

G. Ung Doctrinal; grammaire latine, extraite de Priscien et mise envers léonins, pour venir en aide ;i la mémoire, par Alexandre de Villedieu, moine breton de l'ordre des frè res Mineurs, originaire deDol. qui, en 12(ii». régentait avec éclat dans les écoles de Paris. Les deux Caton et le Doctrinal, ainsi que le Donat. se trouvent en multiples exemplaires manuscrits dans les grandes bibliothèques prolypographiques; il furent au nombre des livres que propagea l'imprimerie dès ses premiers débuts.

Ces six volumes « bien escripz en lu-an parchemin et richement enluminés, » avaient été « prins et acheptés de maistre Jehan Majoris, chantre de Saint-Martin de Tours, pour faire apprendre en iceulx mondit seigneur Charles. » et furent payés cent livres tournois. Le même article nous apprend que ces mêmes ouvrages avaient servi à l'instruction de Louis , frère aîné de Charles , qui régna depuis sous le nom de Louis XI « es quelz monseigneur le dauphin avoit appris à l'escolle »), et qu'ils furent «délivrez à maistre Robert Blondel, maistre d'escolle de mondit seigneur Charles.» Jean Majoris. comme on sait, avait été successivement précepteur et confesseur de Louis (Duclos, Jlist. de Louis XI, 17 io. in-12. t. 1. p. 1 1 . Robert Blondel remplit à son tour, auprès du frère puîné du dauphin, le premier de ces deux emplois. Ce Blonde! est connu des érudils comme l'un des historiens de la mémorable campagne qui, en 1430. chassa pour toujours les Anglais de la Normandie.

Le royal écolier possédait, en outre, au témoignage du présent compte : « ung autre grand Caton. que feit maistre Guillaume de Pargamo, lequel est escript en beau parchemin, de bien bonne lettre, bien et richement historié et enluminé, prins et acheté de lui, délivré à maistre Robert Blondel par la cause dessusdicte, et payé a Guillaume Lalement. marchant, demeurant à Bourges, par ordre de monsieur le trésorier de la reine.

la somme do cent livres tournois. » (Archives du Royaume, K.; registre 55, f. cxix verso).

Ces différents ouvrages, et quelques autres analogues, étaient d'un usage à peu près universel dans les écoles delà chrétienté. Un livre fort curieux de celle espèce, et de la même époque, a élé remis récemment en lumière par le Camden society d'Angleterre, sous le litre de Promploriurn parvulorum sive clericorum, auctore galfrido, eic. Ad fuiem codicum ?*erensuïl aln. way. Tonius prior; Londini, 1843, in-4° (tiré à petit nombre, pour les membres de ce club ou association littéraire). C'est un Dictionnaire anglais-latin, composé vers 1450 dans le dialecte du Norfolkshire , et qui servait, comme son titre l'annonce, aux compositions des jeunes écoliers. Nous nous bornerons, pour ce genre d'indications bibliographiques, à celles qui précèdent. Nous les avons choisies a dessein parmi les moins connues, et d'une date relativement ancienne. A partir du seizième siècle, en effet, les livres de classe , multipliés eux-mêmes par l'imprimerie , laissent des traces de plus en plus répandues, et dans les Bibliothèques, et dans les autres ouvrages qui les mentionnent. On en trouve notamment . au premier livre de Gargantua, une abondante énumération; et telle était, au Moyen Age, la force de conservation qui animait toute chose, que ces traités, amèrement critiqués depuis si longtemps, se perpétuèrent dans l'enseignement et ne cessèrent d'être réimprimés, jusque vers la fin du dix-septième siècle.

Le latin, durant le Moyen Age, était h la fois la langue de l'église, la langue littéraire, celle de la science, et enfin l'idiome commun des nations chrétiennes. Ces considérations expliquent facilement pourquoi, de tout temps, le latin fut employé, à l'exclusion des dialectes vulgaires, dans les anciennes universités, les collèges et les grandes écoles. Mais lorsque peu à peu l'esprit moderne eut ouvert à l'entendement humain comme un monde nouveau; lorsque des principes moraux, inconnus à l'antiquité, eurent créé, dans les relations sociales, une multitude d'idées et d'habitudes de l'âme, que les idiomes anciens n'avaient jamais dû traduire; lorsqu'enûn les nations, devenues adultes, furent définitivement formées; alors, il s'établit, entre le latin et les langues vivantes, une sorte de lutte, dont il est curieux d'étudier les péripéties dans les annales de la pédagogie, et dont l'issue devait être, après d'héroïques efforts en faveur de l'idiome immortalisé par Tacite et Virgile, de réduire à peu près universellement le latin à l'état de langue morte. Dès la première moitié du quinzième siècle, on voit se déployer, au sein des écoles, un appareil de prohibitions et de châtiments, pour repousser l'invasion ou l'empiétement du [nuirais, que l'enfant y apportait avec les primitives influences de l'éducation maternelle. Le règlement de 1130, que nous avons cité plus haut, admet deux sortes de latin : le latin congru, que devait parler tout élève parvenu à l'étude du Doctrinal ou syntaxe latine, et le latin incongru, à l'usage des écoliers qui suivaient les classes élémentaires. .Mais l'emploi du français, même pour la conversation et hors des écoles, est généralement interdit. (Voy. Arcli. de l'Aube, p. 132, art. xxxn et xxxin.) Vers la lin du même siècle et au commencement du seizième, quand les chefs-d'œuvre littéraires de l'antiquité, recherchés, commentés avec une nouvelle ardeur par les érudils, multipliés à l'aide de la presse, reçurent, au milieu de l'Europe régénérée, (elle ovation enthou-

LE MOYEN AGK

siaste que l'histoire a nommée la Renaissance, le langage seolaslique. retrempé lui-même a celte source vive, y puisa de nouvelles forces pour soutenir la lutte dont nous avons parlé. On vit alors des hommes, même d'une haute valeur intellectuelle, composer, à l'usage de l'enfance, des dialogues familiers, où la langue du siècle d'Auguste servait d'interprète à de jeunes garçons du temps de Charles-Quint et de François Ier . Nous nous hornerons à citer, parmi ces curieuses tentatives, les Colloques d'Adriamts liarlandus de Cologne, ceux du Hollandais Erasme, et chez nous, ceux du célèbre Mathurin Cordier. Mais ces efforts devaient être à peu près vains, et l'on peut faire, à l'égard du dernier de ces auteurs, une remarque singulière : c'est que le seul de ses ouvrages qui lui ait survécu dans nos écoles, lui précisément écrit en français. Il parut d'abord sous ce titre : Miroir de la jeunesse, pour la former à bonnes mœurs el civilité de rie. Poitiers. 155i>. in— i 6. C'est le livre aujourd'hui encore si connu sous le nom de Civilité puérile el honnête.

Disons enfin quelques mots des jeux. La bibliographie tics jeux eu général, formerait à elle seule une encyclopédie. Rabelais, au livre Ier, chapitre 22. de son Odyssée bouffonne, sous le litre captieux de Jeux de Gargantua, nous donne une longue énumération des divertissements, qui se pratiquaient de son temps, non-seulement parmi les écoliers, mais dans le inonde. En ce qui concerne spécialement les jeux usités dans les écoles, ces dialogues familiers dont nous nous occupions il y a peu d'instants (Eras.u., Math. Corder.: cl Lud. Viv.. Lusus puériles, Paris, 1555, in-8 . nous en fournissent une nomenclature, qui. sauf la forme de quelques ternies, nous semble être demeurée à peu près exacte et complète. La voici en français du seizième siècle : La boule, courte ou longue; la mousche, les barres : le citerait- fondu; la savatle; le pot-cassé: le sault, ou course à pieds-joints, à cloche-pied, à toutes jambes: le palet; la dance morisque, fol de morisque ; \eject de la pierre . la luiclc (combat à bras-le-corps); la c/icquetle, ainsi que fait! un ladre, formée de deux os plais, ou crécelle : les quilles, la balle, la puulme , le ballon , la crosse ou halle crossée; la toupie, le sabot ; la fossette avec des noix (et plus tard avec des billes); le per ou non ; les oncltels , les cartes . les daines el les échecs. En 1 589 même date que le vitrail de Strasbourg), un éditeur d'estampes, nommé Nicolas Prévost, qui demeurait à Paris, rue Montorgueil, à l'image Saint-Antoine, mil en vente une sorte d'Album imprimé, sous ce titre : Les trente-six figures contenait! Ions les jeux qui se peuvent jamais inventer et ri présenter par les en fans, arec les amples significations ilestliles figures, mises au pied de chacune d'icelles , en vers français, etc. lin- i-" oblong. gravures sur bois). Cet opuscule, aujourd'hui rarissime, est au nombre des joyaux bibliographiques dont se compose le cabinet de M. Jérôme Pichon. Ici se bornent les renseignements que nous devions présenter au lecteur sur les jeunes habitants de nos anciens collèges. Pour les élèves des classes supérieures, qui s'y préparaient directement ii l'exercice des professions libérales, ils doivent être assimilés à ceux des Facultés : les uns et les autres, sous le titre commun d'écoliers, trouveront ci-après un chapitre que nous leur consacrerons spécialement.

Nous compléterons ces détails par une liste alphabétique, que nous croyons à peu près complète, des principaux collèges établis à Paris pendant le Moyen Age, avec la date de leur fondation.

ollege des Allemands, fondé vers 1548

— Aubusson exista du 14e au 15e siècle.

— de l'Ave Maria ou de Huliand, en 1539

— d'Arras 1302 ou 1522

— d'Autuu 1357

— de Bayeux ■ . . 1508

— de Beauvais (Voy. Dormons) 1569

— des Bernardins 1244

— de Boissy 1556

— de Boncour 1555

— des Bons-Enfants-Saint-Honoré 1208

— des Bons-Enfants -Saint-Victor 1250

— de Bourgogne 1552

— de Calvi (dépendance de la Soibonne) . . . 1270

— de Cambray, ou des Trois Évêques 1348

— des Capucins de Constantinople (Voy. La

Marche.) 1204

— du Cardinal Lemuine 1302

— de Chenac ou de Saint-Michel 1324

Collège des Cholels .... 1295 I Collège

— de Clermont, puis Louis-le-Grand 1564 ; —

— de Cluny 1269 ! —

— Coquerel 1450 i —

— de Cornouaille 1517 I —

— Dacc du 12' au 14e siècle, j —

— de Dainville 1580 —

— du Daupliiné (fondé, mais non établi;.. . . 1538 —

— des Dix-Huit, ou de N. D., fondé vers 1180, —

renouvelé en 1368 J —

— des Dormans 1556

— des Ecossais 1526

— de Forlet 1591

— de Gervais, ou Maître Gênais Chrétien. . . 1570

— des Grassins 1569

— de Justice 1555

— de Harcourt 1280

— de La Marche 1425

— de Laon 1514

— de Lisieux 1556

— des Lombards 1554

— du Mans 1526

— de Marmoutiers 1529

fondés en 1412 , réunis en. . 1443

de la Merci 1515

Mignon 1545

de Montaigu 1514

de Naibonne 1517

de Navarre 1304

du Plessis 1325

de Prémontré 1252

de Presle 1513

de Reims . i de Rethel. j

Royal ou Collège de France, vers 1530

de Saint-Denis, vers 1265

de Sainte-Barbe 1556

Sainle-Calherinc du Val-des-Écoliers . , . . 1229

de St.-Nicolas-du-Chardonnet 1157

de St. -Nicolas ou St. -Thomas-du-Louvre, v. 1189

de Séez 1427

de Soibonne 1250

de Suède date inconnue.

de Tournay. vers 1292

de Tours 1554

du Trésorier 1268

de Tréguier, ou Léon 1525

Mœurs et usages de '..

■ SRSITES, Fol. XVII.

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