CLERCS D'OFFICE
s personnes , plus 3 clercs en
chambre, aux deniers, i garde de ladicte chambre.
AUTRES MENl'Z OFFICIERS ET \ 1 OFFICES.
2 huissiers.
2 portiers.
i qui nettoie l'ostel.
i lavendière.
I hachoier.
:; porteurs en cuisine.
:; porteurs de barilz.
1 aides de rost.
i galopins.
i magdalenier.
i sommelier des armeures.
:> chevaucheurs.
4 porteurs en escuries.
2 varlets d'aumosne.
i roy des ribaux.
t messagier.
2 variez de chiens, i procureur.
4 chartiers.
i aide de chevaux.
... valet/, de pie.
Voici maintenant quelles étaient les loin lions des principaux officiers dont l'emploi se rattache au service de table. Les détails qui vont suivre ont été lires d'un État delà maison de Philippe-le- Hardi , fils du roi Jean et tige de la seconde maison de Bourgogne. Le premier échanson était chargé de la dépense du vin et des vins- liqueurs; le premier écuyer- tranchant, de l'entretien des couteaux; le sommelier- de -panelerie, du beurre frais, du fromage, de la crème, de la moutarde, el du pain pour la bouche; le barrilier, de l'eau pour la Louche; les potagers , du sel el tout ce qui ('Uni nécessaire pour les potages; les bûchas , du bois et du charbon; enfin le garde-huche, de la vaisselle d'or et d'argent pour le buffet. La garde de la vaisselle de table, île (elle du commun et de la cuisine, regardait lesaucier. Celui-ci délivrait , en outre, les torchons de cuisine et fournissait au cuisinier le verjus, le vinaigre, el autres choses nécessaires pour les sauces. La vaisselle d'argent pour le dessert, les chandeliers de table et de buffet, étaient gardés par le premier officier de fruiterie. Il devait, aussi, fournil' les fruits verts et secs, les flambeaux et les torches, et toute la (ire qui se consommait dans l'hôtel. C'élail a V huissier de salle à poser el à retirer le coussin sur lequel s'asseyait le Duc. Le maître-queux avait le privilège d'apporter un plat à la table du Hue el de placer son siège dans la cheminée de la cuisine: la garde des épiées lui était con- Mœurs et Usages de la vie privée. NOURRITURE ET CUISINE Fol. XLV
fiée; il commandait à tous les gens de la cuisine, et, à ce titre, il portait dans l'exercice de ses fonctions une grande cuillère de bois qui lui servait à goûter les potages et en même temps à châtier ses subordonnés. Outre ces officiers, le Duc de Bourgogne en avait plusieurs autres dont les noms ne figurent pas tous dans l'État de la maison de Louis d'Orléans. Il avait : un portier de cave, qui gardait la porte de la cave où était le vin de bouche; vingt-quatre garçons de cuisine, dont l'office était de nettoyer le poisson et de plumer les volailles; des bussiers, qui marquaient en route les logis pour les officiers de cuisine; douze gardes-manger, chargés du soin des viandes tant fraîches que salées; six bouchers de cuisine, qui fournissaient les viandes; six portiers de cuisine, placés aux portes pour n'y laisser pénétrer aucun étranger; six valets fruitiers, qui. pendant le souper, tenaient en main des torches pour éclairer la table; des piqueurs de viandes; des tourneurs de broches ; des confiseurs, avec plusieurs aides ; enfin, un épicier : celui-ci fournissait les confitures, les dragées et Phypocras; aux grands festins, c'était lui qui apportait le drageoir dans la salle.
Il y avait, pour le service de la table, un cérémonial particulier, très-minutieux. Nous décrirons, d'après Olivier de La Marche, celui qu'on observait dans la maison de Charles-le-Téméraire, duc de Bourgogne Le maître-queux se rendait dans la salle du repas suivi du saucier, auquel il faisait couvrir la table d'une double nappe. Celui-ci allait ensuite chercher la vaisselle dont il avait la garde; il l'apportait sur le dressoir et l'y plaçait par piles. Pendant ce temps, le valet-servant se rendait à la paneterie , où il re cevait du garde-linge les couteaux avec trois serviettes, et du sommelier le pain de bouche avec trente-deux tranchoirs de pain bis. 11 s'entortillait une main avec une des serviettes et chapelait le pain de bouche; puis, après en avoir fait faire l'essai au sommelier, ainsi que l'essai des pains-tranchoirs, il rangeait ceux-ci en huit piles dans une des trois serviettes, mettait le pain de bouche entre les deux autres serviettes, et attendait avec le sommelier l'arrivée de l'huissier de salle; car, excepté le maître-queux et le saucier, les autres officiels chargés de quelque partie du service ne pouvaient rien apporter ni placer, qu'ils ne fussent précédés par l'huissier. Ce dernier prenait à la paneterie une verge blanche, de quatre pieds de longueur, symbole de sa fonction; mais, comme il avait le privilège de placer le tapis et le coussin sur le banc où le Duc devait s'asseoir , avant de sortir , il s'enveloppait d'une serviette le bras droit jusqu'au poignet; puis, prenant le tapis et le coussin sous le bras gauche, il venait le poser sur le banc. Ceci fait, il n'avait plus qu'à s'en aller quérir successivement les différents officiers qui avaient dans la salle quelque fonction à remplir. Il commençait par le premier panetier, qu'il conduisait à la paneterie, où le sommelier et le valet-servant les attendaient. Le sommelier déployait une serviette, et, après l'avoir baisée, il la donnait au panetier, qui la posait sur son épaule gauche en enfonçant les deux bouts dans sa ceinture, l'un par devant, l'autre par derrière. Il lui présentait de même la salière du Duc, couverte. Alors tous quatre s'avançaient vers la salle, dans l'ordre suivant : l'huissier, le panetier, le valet-servant et le sommelier. Le panetier portait la salière; le
valet -servant, le pain , les serviettes et les couteaux dans leur gaine; et le sommelier, la nef d'argent. Cette nef contenait différents objets : une autre nef plus petite, une petite salière, des tranchoirs d'argent, et une licorne destinée à faire l'essai des viandes. du pain et des autres objets de nourriture destinés au Duc. Quand le panetier était arrivé dans la salle, il faisait signe au sommelier de se décharger de la grande nef; puis, ouvrant la salière qu'il portait lui-même et y puisant avec le couvercle un peu de sel, il en faisait faire l'essai à cet officier. Après avoir placé sur la table la petite nef, les deux salières, les tranchoirs et l'épreuve, il suspendait à la grande nef la serviette qu'il avait apportée sur son épaule, et qui devait servir à essuyer les mains du Duc.
Dès que le panetier avait fini son service, le valet-servant étalait, près de la petite nef, les pains-tranchoirs. 11 tirait de leurs gaines deux grands couteaux, dont il baisait les manches, et qu'il mettait à la place du Duc, la pointe tournée du côté de son siège, mais cachée sous les replis de la nappe, de peur qu'il ne se blessât. Ces couteaux étaient réservés pour l'éeuyer-tranchant. Il y en avait un , cependant, plus petit , tourné dans l'autre sens, pour l'usage du Duc; celui-ci, le valet -servant le plaçait entre les deux autres, et sur la lame il posait le pain de bouche. L'huissier allait ensuite chercher l'échanson de service : il le conduisait à l'échansonnerie, où le garde-linge lui livrait . couvert, le gobelet du Duc. Le sommelier de l'échansonnerie, accompagné d'un aide, y tenait tout prêts les bassins, les pots et aiguières, destinés pour le buffet. Tous quatre alors sortaient dans l'ordre suivant : l'huissier, portant de la main droite sa verge blanche, et de la gauche les bassins pendants; l'échanson , portant de la droite le gobelet couvert, de la gauche la tasse du gobelet; le sommelier, de la gauche un bassin dans lequel était couchée l'aiguière, et de la droite deux pots d'argent, l'un pour l'eau, l'autre pour le vin; enfin l'aide, chargé des pots et des tasses pour le buffet. Arrivés dans la salle, l'échanson posait au haut bout de la table (celui tourné vers la porte ou la fenêtre) la tasse et le gobelet. Les autres posaient de même sur le buffet ce dont ils étaient chargés; après quoi, le sommelier et son aide, en attendant que le Duc arrivât, faisaient sentinelle au coin du buffet , afin que personne ne pût en approcher ; le seul écuyer- tranchant avait ce privilège : il pouvait y déposer son chapeau, y laver ses mains, et les essuyer à la nappe.
Enfin le Duc arrivait avec sa Cour, et alors commençait un autre cérémonial, qui ne s'adressait qu'à lui seul. La coutume du temps exigeait qu'avant de s'asseoir il se lavât les mains: le panetier, saisissant la serviette qu'il avait posée sur la grande nef, la donnait au premier maître-d'hôtel; celui-ci la donnait au chambellan, et ce dernier au prince, à moins qu'il ne se trouvât là quelque grand seigneur à qui le chambellan voulût céder l'honneur d'offrir la serviette. Lorsque le Duc avait lavé , il la remettait au maître-d'hôtel , qui la rendait au panetier. Celui-ci la pliait et la jetait sur son épaule; puis, il se rendait avec le panetier à la cuisine. Le maître -queux, vêtu plus décemment que quand il était venu dans la salle, une serviette sur l'épaule, faire mettre la nappe, ordonnait alors à ses subalternes d'apporter les mets apprêtés. Il les présentait au maitre-
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d'hôtel, qui en luisait l'essai, qui les couvrait, et les livrait ainsi couverts au panelier. Celui-ci faisait signe aux gentilshommes-servants de les porter dans la salle. La marche était précédée d'ordinaire par l'huissier de salle et fermée par l'écuyer de cuisine, dont l'office principal était de suivre tous les plats qui sortaient de la cuisine. Le même cérémonial avait lieu pour porter les sauces , avec cette différence pourtant que celles-ci n'étaient point présentées , comme les autres plats, au maître-d'hôtel , mais au panetier, qui en faisait l'essai; le maître-d'hôtel seul les posait sur la table.
Tous ces essais, faits à la cuisine, n'empêchaient point d'en faire de nouveaux à la tahle. Lorsque les plats étaient posés et le Duc assis, le valet-servant faisait l'essai des pains-tranchoirs; le panetier, celui des viandes ; et l'échanson , un genou en terre . celui de l'eau pour la bouche. Alors l'écu ver-tranchant, vis-à-vis du Duc et de l'autre côté de la table, enlevait une des deux serviettes qui couvraient le pain de bouche; il la baisait. el . après l'avoir passée autour de son cou, de façon que les deux bouts pendissent sur la poitrine, il s'enveloppait avec l'un de ces bouts la main gauche, qu'il appuyait sur le pain; et, de l'autre main, coupant le pain en deux parts avec l'un des deux grands couteaux destinés à cet usage, il en faisait faire l'essai au valet-servant, et touchait luimême ce pain avec la licorne d'épreuve qu'il prenait dans la petite nef. Il baisait le manche du couteau dont le Duc devait se servir et il le lui mettait sous la main. Après ces formalités, il servait; mais il ne découvrait les plats qu'à mesure que le Duc voulait en manger, et, à chaque plat, il faisait l'épreuve de la licorne. Pour découper les viandes, il prenait un tranchoir d'argent, sur lequel il mettait cinq tranchoirs de pain, alin de soutenir l'effort du couteau; et, avec le même couteau , il présentait au Duc le morceau coupé en lui donnant, pour le couper en morceaux plus petits, un tranchoir d'argent et quatre tranchoirs de pain. En même temps que le Duc mangeait, l'écuyertranchant mangeait aussi de son côté; cependant, quand celui-ci voulait boire, il était obligé de se lever pour aller au buffet. La coutume était aussi que, pendant le repas, il jetât dans la grande nef quelques pièces de bouilli et de rôti, qui étaient distribuées aux pauvres par les valels d'aumône. Lorsqu'il fallait desservir, c'était à lui de lever les plats; il les livrait au valet-servant, qui les remettait aux officiers de la saucerie. Quant au Duc, il ne devait demander à boire que par signes. Alors l'échanson prenait le gobelet avec sa soucoupe, et, l'élevant au-dessus de sa tète alin que son haleine ne pût pas l'atteindre, il allait, précédé de l'huissier, le faire remplir au buffet. Le sommelier, avant d'y mettre l'eau et le vin , l'arrosait en dedans et en dehors pour le rafraîchir. Quand le gobelet était plein, l'échanson faisait déborder un peu le vase dans la soucoupe; de ce que contenait la soucoupe, il en donnait la moitié au sommelier dans une autre soucoupe que présentait celui-ci pour en faire l'essai ; revenu près du Duc, luimême à son tour faisait l'essai de ce qu'il avait dans la sienne: il donnait ensuite le gobelet au prince et lui tenait la soucoupe sous le menton pendant qu'il buvait. Au dessert, le panetier allait au buffet chercher l'oublieux, qui venait poser ses oublies devant le Duc et qui en faisait l'essai. Dans les grands festins cependant, c'était le pane-
fier qui plaçait lui-même les oublies sur la table. L'échanson allait au buffet pour prendre des mains du sommelier les vins apprêtés ou épicéset l'hypocras. Enfin, avant de sortir, le Due se lavait les mains une seconde fois; l'échanson lui présentait le bassin et l'eau, et le panetier, la serviette.
Les historiens des siècles passés ne se sont guère occupés des repas du peuple, ni même de ceux des bourgeois ; cependant ces derniers ayant de tout temps modelé leurs mœurs sur celles de la noblesse, nous devons supposer, d'après les ordonnances somptuaires des rois de France, que le luxe de la classe moyenne était poussé très-loin dès le treizième siècle et alla toujours en augmentant depuis. Ainsi, en 1294, Philippe-le- Bel défendit de se faire servir pour un repas ordinaire plus d'un mets et d'un entremets; pour les grands repas , plus de deux mets avec un potage au laid. Deux cent soixante- neuf ans après, Charles IX rendit une ordonnance pareille, qui défendait de servir à la fois, dans un même repas, chair et poisson. Cette ordonnance ne permettait, pour les noces et festins, que trois services, y compris le dessert, de six plats chacun. Enfin Louis XIII régla, en 1629, que, chez le traiteur, on ne pourrait dépenser qu'un écu par tète; et que, chez soi, on n'aurait sur sa table que trois services; à chaque service, qu'un seul rang de plats, et dans chaque plat, que six pièces. On voit par là que l'usage des amas de viandes, déjà usitéschez les Francs, existait encore au commencement du dix-septième siècle. Comme les rois, les conciles avaient cherché maintes fois à réformer la table des ecclésiastiques; mais les canons n'étaient pas mieux observés que les ordonnances; ainsi, malgré le canon du concile de Compiègne, qui, en 1304, fixait à deux plats et un potage le repas d'un ecclésiastique, nous voyons, vers 1342, l'auteur de Modus et liacio assister à un dîner archiépiscopal, dans lequel on servit « trois paires dépotages, de diverses couleurs, sucrés et sursemés de graines de grenade; avec six paires de mets (douze plats d'entrée): sans compter l'entremês (le second service), où il y avait des plus riches viandes. » Ainsi, malgré l'ordonnance de Charles IX, nous trouvons, dans un Discours sur les Causes de ( extrême Cherté qui est aujourd'hui en France, et sur les moyens d'y remédier (Paris, 1574, in-8°), qu'on ne se contente pas, « en un disner ordinaire, d'avoir trois services ordinaires, premier de bouillv, le second de rosty, et le troisième de l'ruict, » mais encore qu'il faut « d'une viande en avoir cinq ou six façons, avec tant de saulces, de hachis, de pastisceries, de toutes sortes de salmigondis et d'autres diversitez de bigarrures, qu'il s'en lait une grande dissipation. » Enfin, ajoute l'auteur anonyme de cet écrit, « chacun aujôurd'huy se mesle de faire festins, et un festin n'est pas bien fait s'il n'y aune infinité de viandes sophistiquées pour aguiser l'apetil et irriter la nature : chascun aujôurd'huy veut aller disner chez Le Mure, chez Sanson, chez Innocent et (liez I fanait (fameux restaurateurs de Paris sous Charles IX), ministres de volupté e( de despense, qui , en une chose publique bien policée et réglée . seroient bannis el (liasse/, comme corrupteurs des moeurs. »
il nous reste à parler de quelques usages particuliers aux repas, et à fixer l'époque Mœurs et Usages de la yie privée. NOURRITURE ET CUISINE Fui XLV II
vers laquelle on commença à se servir de certains meubles et ustensiles de table. \< nis avons précédemment rite un évêque , qui prenait ses repas , assis sur des coussins : cet exemple est rare; car, dès les premiers temps, les Gaulois avaient substitué aux lits romains, des sièges et des escabeaux en bois, qu'ils recouvraient d'un simple tapis. Sous Louis-le-Gros, les sellettes et les escabelles étaient toujours en usage, mais elles ne figuraient plus que dans les repas ordinaires. Toutes les fois qu'on donnait un grand festin, on faisait asseoir les convives sur des bancs: de là, le mot banquet. Dans le cérémonial observé à la table du duc de Bourgogne, on a vu un officier porter le tapis destiné à couvrir le banc du Duc. Henri III introduisit ii la cour les fauteuils pour sa personne et les pliants pour sa suite; l'auteur anonyme de Y Is/e des Hermaphrodites le représente assis, ainsi que deux de ses mignons, « dans des chaires de velours, faites d'une façon qu'ils appeloient brisées. Le reste de la troupe avoit des sièges qui s'ouvroient et se fermoient comme un gaufrier pris à rebours. »
Bien que l'usage des tables remonte aux Gaulois , on n'avait pas encore perdu partout. à la fin du onzième siècle, la coutume de manger à terre, assis sur des tapis; nous en trouvons la preuve dans une Vie de saint Arnould , évêque de Soissons. On avait aussi conservé l'usage, non de s'asseoir sur du foin, à l'instar des Gaulois, mais de mettre du foin sous la table, afin de garantir les pieds des convives contre l'humidité du sol; plus tard, à cause de son odeur, on le remplaça, l'hiver, par des joncs secs et de la paille; en été, au contraire, on se procurait de la fraicheur avec de l'herbe et de la feuillée. Les cabaretiers eux-mêmes, au seizième siècle, étaient obligés par leurs statuts de fournir aux buveurs <> herbe et jonchée. » (Statuts des laverniers de Bordeaux. Io50.) Dans une Vie de saint Éloi, il est question de nappes; seulement elles étaient m peluchées et velues, » ainsi que les représente Nigellus, auteur d'un poëme latin sur Louis-le-Débonnaire ; et, d'après un inventaire des meubles du monastère de Fontette. au neuvième siècle, on peut supposer que ces nappes étaient mises doubles sur la table. Ce qui est certain , c'est qu'aux douzième et treizième siècles elles portaient le nom de doubliers. Henri III fut le premier qui voulut que, par-dessus une première nappe, on étendit une autre nappe, plissée avec art, comme les fraises et collerettes, et offrant des dessins agréables aux yeux : cette nappe -là s'enlevait au second service. On ne sait à quelle origine rapporter une coutume bizarre sur la chevalerie : lorsqu'on voulait faire un affront à quelqu'un , on envoyait un héraut ou un roi d'armes trancher la nappe devant lui et retourner son pain. L'usage des serviettes semble postérieur à celui des nappes. Il y avait seulement des serviettes ou touailles que l'on présentait aux convives, avant et après le repas, pour essuyer leurs mains quand elles étaient lavées. On a cru que les premières serviettes de table furent offertes par la ville de Reims à Charles VII, lors de son entrée dans cette ville pour s'y faire sacrer; mais le Ménagier de Paris, dans plusieurs passages que nous avons cités plus haut, ne laisse pas de doute sur l'apparition des serviettes, grandes et petites, dans les festins des grands seigneurs, dès le quatorzième siècle.
On n'a pas toujours employé des flambeaux, des candélabres et des lampes pour éclairer les salles a manger. Sous la première race, l'usage, du moins chez les grands, était d'y placer des esclaves ou des domestiques avec des torches allumées. Au quinzième et même au seizième siècle, malgré l'invention des chandelles de cire et des chandeliers, les seigneurs avaient encore recours à ce mode d'éclairage, afin d'étaler ainsi un grand luxe de valets et de livrée.
Nous avons vu les Gaulois prendre les viandes avec leurs mains, et ne se servir d'un couteau que pour les partager entre eux ; le premier monument qui constate l'existence de la cuillère est une Vie de sainte Hadegonde, au neuvième siècle; trois ou quatre siècles plus tard , il n'est pas encore question de fourchettes. On a vu , dans le cérémonial de la table de Philippe-le-Hardi , l'écuyer tranchant présenter au Duc, avec un couteau, les morceaux de viande découpés; le plus ancien document connu qui parle de fourchettes, est un inventaire de l'argenterie de Charles V, en 1379.
Coupes d'argent de Tours, Hanaps de Pontarlier,
disent les Proverbes du treizième siècle. Les hanaps différaient des coupes en ce qu'ils étaient montés sur un pied, comme les calices d'autel ; il y avait des hanaps et des coupes en terre , en faïence , en ivoire , en argent , en or ; mais les plus prisés de tous étaient ceux de cristal, enrichis « d'esmeraudes fines et fins granes » (grenats), comme celui donné par Charles-le-Chauve à l'abbaye de Saint-Denis, lequel hanap, à en croire la tradition , aurait appartenu à Salomon. Pour servir l'eau et le vin sur la table, on avait différents vases, qui, selon leur forme ou leur capacité, s'appelaient pots, aiguières, hydres, barrils, eslamoies , justes , pintes , quartes, etc.; le goût du temps leur faisait donner quelquefois des figures d'hommes, d'animaux, et autres plus étranges encore. Le roi Robert en possédait un, représentant un cerf, qui lui avait été donné par Richard, duc de Normandie. Un de ces vases, bizarres par leur forme, était celui qu'on appelait nef, et qui , ainsi que son nom l'indique, représentait un navire. La nef, étant destinée à contenir la salière, la serviette, etc. , du prince, ne convenait qu'aux souverains et aux grands seigneurs. Ordinairement les nefs étaient supportées par des sirènes, par des lions, par des chimères, ou simplement par des pieds. Charles V en avait une dont chaque angle se terminait par une tète de serpent, une autre qui figurait un château avec des tout elles, etc. Sous Henri III, on donna aux nefs le nom de cadenas, parce qu'elles étaient fermées h clef. Toutes ces pièces de vaisselle, lorsqu'elles étaient en or ou en argent, ainsi que l'argenterie, brillaient dressées ou étalées sur un buffet, qui , pour cette cause, avait pris le nom de dressoir. Une autre pièce d'argenterie, non moins importante que la nef, était la fontaine jaillissante, qui apparaît sur les tables dès le quatorzième siècle, et qui fournissait aux convives le vin, l'hypocras et les autres liqueurs qu'ils buvaient pendant le repas. D'ordinaire, cette fontaine jetait, en même
temps, de l'eau-rose ou quelque autre eau odorante qui parfumait la salle. Ces fontaines prenaient les formes les plus étranges, selon l'imagination de l'artiste ou le caprice de la mode. Ainsi, dans un festin que le duc de Bourgogne. Philippe-le-Bon, donna, en 1453, dans la ville de Lille, il y avait une forteresse, du haut de laquelle tombait une pluie d'orangeade; une statue de femme, dont les mamelles jetaient de l'hypocras, et un enfant qui pissoit île l'eau-rose. Ce système de fontaines à liqueurs fut appliqué, sur une grande échelle, aux réjouissances publiques. Lors de l'entrée de la reine Isabeau de Bavière à Paris, chaque carrefour avait « fontaine jettant eaue, vin et laict. » Au commencement du dix-septième siècle, les fontaines jaillissantes étaient encore en usage dans les repas. Pour ce qui concerne l'argenterie et la vaisselle de table, nous renvoyons le lecteur au chapitre intitulé Orfèvrerie civile.
On a vu que, dès les premiers siècles de notre ère, les fleurs servaient à l'ornement de la table (voy. fol. XL1V); cette mode alla toujours se développant : ainsi, aux douzième et treizième siècles, on ne se contentait plus de joncher de fleurs le plancher, et de couvrir la nappe avec des feuilles de roses; on se couronnait de roses, on en couronnait également les coupes, les hanaps et les verres. Au quatorzième siècle, on formait de véritables décorations avec les fleurs; au quinzième, on y ajouta une décoration nouvelle, composée d'armoiries, d'animaux, d'hommes et autres figures exécutées eu relief avec des pâtes de sucre, des fruits confits, ou même avec du plâtre coloré. La Renaissance ne répudia pas ce genre d'ornementation ; seulement, aux ligures de fantaisie, elle substitua des sujets allégoriques empruntés à l'histoire ou à la mythologie.
Le premier Français qui introduisit à la cour des Valois le luxe de la table, serait, selon Brantôme, le maréchal de Saint- André; mais François Ier lut le premier de nos rois qui, à la suite de ses expéditions en Italie, importa en France la Cuisine italienne et toutes les recherches du faste épulaire. Henri II et François II ne laissèrent pas déchoir leur table royale; mais, après eux, même malgré le raffinement efféminé des moeurs de la cour sous Henri 111 , les guerres que ce prince eut à soutenir, ainsi que son prédécesseur Charles IX, les ibrcèrent à faire sur leurs maisons el mangeailles beaucoup d'économies. « C'estoit par boutade que l'on y faisoit bonne chère, dit Brantôme; car le plus souvent la marmite se renversoit : chose que hait beaucoup le courtisan, qui aime beaucoup à avoir bouche à la cour et h l'armée, parce qu'alors il ne lui couste rien. » Henri IV n'était ni fastueux, ni gourmand ; aussi . faut -il descendre jusqu'au règne de Louis XIII pour retrouver quelques vestiges de la splendeur somptuaire de François Ier.
Depuis l'établissement des Francs dans les Gaules jusqu'au quinzième siècle inclusivement, nos sobres ancêtres ne faisaient que deux repas par jour : on dînait à dix heures du matin et l'on soupait à quatre; au seizième siècle, dans les villes, on retarda d'une heure le dîner et de trois le souper, ce dont beaucoup de gens se plaignirent, en vertu du vieux proverbe :
Lever à six , disner à dix , Souper a six , coucher a dix , Fait vivre l'homme dix fois dix.
Chez les princes et les grands seigneurs, le son du cor annonçait le repas : c'est là ce que Froissart appelle corner ïassietle et ce qu'on appelait antérieurement corner l'eaue, parce que, avant de se mettre à table, on se lavait les mains; avant de sortir de la salle du festin, on les lavait une seconde fois, avec le même cérémonial. On se servait, pour cet usage, d'eau aromatisée et surtout d'eau -rose, que des pages et des écuyers offraient aux dames, dans un bassin d'argent. Ce fut vers la même époque, c'est-à-dire au temps de la chevalerie, qu'on imagina de placer les convives par couple, ordinairement homme et femme ; chaque couple n'avait alors qu'une seule coupe et une seule assiette : ce qui s'appelait manger à la mesme escuelle.
La tradition nous apprend qu'aux douzième et treizième siècles, dans certainfestins d'apparat, les plats étaient apportés par des servants armés de toutes pièces ou vêtus de casaques armoriées, montés sur des chevaux caparaçonnés; mais ce n'est lit qu'un fait isolé dans l'histoire des mœurs, un genre de spectacle nouveau offert à la curiosité des convives. En supposant même que cette coutume ait existé dans le cérémonial de la table des nobles seigneurs, elle fut bientôt remplacée par une autre manière de servir, moins chevaleresque et beaucoup plus commode. Ce furent des machines qui , du plafond entf'ouvert, descendaient dans la salle les plats et quelquefois la lahle entièrement servie. A ces machines, enfin, succédèrent les tables volantes, qui apparurent pour la première fois en 1G00, quand Marie de Médicis fut fiancée, à Florence, au nom du roi Henri IV. Voici ce qu'en dit l'aima Cayet, auteur de la Chronologie septennaire : » Après le premier service , la table se départit en deux et s'en alla . une partie à droite et l'autre partie à gauche. A l'instant, il se leva par sous terre une autre table , chargée très-exquisement de toutes sortes de fruits, de dragées et de confitures. Et quand de mesme cette table-là aussi fut disparue comme l'autre, il en vint une troisième, toute reluisante de précieux lapis, miroirs et autres choses plaisantes à voir, et faisant au long et au large un brillement admirable. Puis après, la quatrième se leva, couverte des jardins d'Alcinous, qui sont vergers de Sémiramis, pleins de diverses fleurs; et les autres, chargées de fruits, avec fontaines à chacun bout de la talile, et infinis petits oiseaux qui s'envolèrent parmy la salle. »
Maintenant, croira-t-on que Legrand d'Aussy avait tort de dire « que les personnes qui regrettent tant la simplicité des temps antiques ont plus de zèle que d'érudition ! »
Ferwnam) SERÉ.
Ai'L&gmer. Dictionnaiie des aliments >t îles laissons en usage dans les divers climats et chez les différents peuples. Paris , 1839, in-8.
Voy. aussi le jirin-l Diclionn. économique de i'A l
rs Et Usajes de la vie privée.
Legrand d'Aussy. Histoire de la vie privée des Français
depuis l'oiigine de la nation jusqu'à nos j -; i" partie
l'nrn, 1782, 3 \"\ m s,
Rêimpi ... isi..... desnotes.com lions de B. de Ito-
ROUI OISIHE r.i XLIX.
qncforl. Cette première partie do grand travail de Legrand d'Anssy ne
comprend que la Nourriture et les Festins.
Voy. anssi les différents aalenrs qui ont écrit sur la vie privée des Français, et consequemmenl snr leur manière de 8e nourrir â tontes les époques : Legeudre , Ponllin de Lumina, Contant d'Orville, de Roquefort, de Vanblanc, de Marchacgy, etc.
Le Ménagier de Paris , traite' île morale et d'économie domestique, composé vers 1393 par un Bourgeois parisien, conten. des préceptes moraux, quelques faits historiques, des instructions sur l'ait de diriger une maison , des renseignements sur la consommation du roi, des princes et de la ville de Paris, à la fin du quatorzième siècle, publ. pour la première fois par la Société des Bibliophiles fiançais (par les soins de Jér. Piclion). Paris, 1S47 , 2 vol. in-8.
loy. anssi dans le célèbre ouvrage encyclopédique de Pierre de Crescens, traduit en toutes les langues aui quinzième et sei.ième siècles i Ituralium commodorum libri XII), tout ce qui est relatif à la Nourriture et à la Cuisine. La tradoction franc, de Jeiian Corbichon (Litre des proujjttz champestres) offre d'intéressantes additions qni concernent la France.
MATmii Silvatici, metiici de Salerno , Liber cibalis et medicinalis Pandectarum, Roberto régi Sfbiliœ inscriptns.—
Erpltcit liber Pandectarum quem Angélus Calo Supinas imprimendum curarit in cicitate Neapoli, 1474 , in-fol a 2 col.
Plusieurs fois réimpr. au quinzième siècle
Baptiste Fieka, Mantuani medici, Cœna. S. n. et s a. (circa 1490), in-4.
Réitnpr. avec des noies de Ch. Avaulio (Patac, 1649, in-4).
i" l.i i> Brassicani Commentarium in Angeli Politiani Nutritia. Xorintbergœ, 1538, in-4.
iNicoLaS de la Ciiesvue). La Nef de Santé.avec le gouvernail du corps humain et la condamnation des banquetz à la louange de diète et sobriété... S. /. m d. (Paris, int. ïerard), 1507, in-4 de 98 ff. goih.
Plusieurs fois reimpr. avec fig. en bois. La Condamnation des banquetz est une moralité célèbre . d'après laquelle a été faite une tapisserie dont VI. Jubinal a publié les dessins dans ses Tapisseries historiées.
Lns Lodera de Avila. Vanquete de nobles cavalleros e modo de bivir desde que levatan basta que se acuestan. Augustœ-Vtndelicnrum , 1 530 , in-4, fig.
Réimp. sous le titre de : Vergel de Sanidad; que per olro nombre se Uamata Banqueté de cavalleros y orden de birir (Alcala . Juau Brocar 1612. in-fol. gotb.)
.lo. Brievi'.im Campecii (Bitt\Ei',i\-CiiAMi'iER),deie cibaiia libri XXII, omnium ciborum gênera, omnium gentium moribus probata, complectens. Lugduni . 1560, in-8.
Souvent réimpr. L'edil. de Francfort, 1600. a été augmentée par l'éditeur Olbon Caussman; celle de 1606 a paru sons ce litre: Dipnosophia et sitologia, rerisa et indice locupletata. Broeyrin. qui dédie son traité an chancelier de L'Hôpital, dit l'avoir composé vers 1530.
Car. STEPiiAM.de Xutiimentis libri très. Parisiis, 1550 in-8.
Ch. Estienne n'a fait qoe traduire cet opuscule et son Praduim ritstinim dans son agriculture ou Maison rustique, qui a ete si soawnt réimprimée , depois 1565, avec les additions de Jean Liebant, son gendre.
Mien. Savonarola, medico Padoano. Délia natura e virtù délie cose che nutriscono e délie cose non naturali , raccolto da diversi autori greci, latini et arabi, reformato per Barthol. Boldo, medico bressano. Yenctia , Domenico, 1576 in-16. .
Voy. aussi plusieurs traités d'agriculture écrits en italien et publiés au seitième siècle, par Agosliuo Gallo.Giov. Tatli, Caslor Durante da Ijualdo, etc.
Alex. T Petromi , de victu Romanorum et de sanitate tuenda libri V. Romœ, m œdibus populi Rom . , 1581, in-fol.
Trad. en iul. sous ce titre : Del ricer delli Romani et di commar la sanita doze si traita del silo di Roma, deW aria, de fini, délie carne de' peSCl.frutti Roma, 1592. in- 1
Voy. la plupart des anciens traités relatifs à la conservation de la santé en commençant par les commentaires snr l'École de Salerne. On trouve dé precieu. détails sur la \'„„rrilure et la Cuisine dan, le Régime, unitatU otmacje de d,et,l,<roe. différent de celai d'A.naold de Villanova et pour-
Diaeleticon polyliistoricon. Parisiis,
tant imprime, sous le même titre . eu allemand et eu français, aucommeom du seuième siècle, et dans le Trésor des para selon Irnauldde lilleneujre . Gérard de Solo cl autres docteurs en médecine de Montpellier, très-utile et profitable pour la santé du corps humain dit le Prince, 1518, in-4).
Biloassar Pisanelli. Trattatu délia natura dei cibi e .1.-1 bere. Yenetta, 1 584, in-4.
Souveut réimpr. I! y a une traduction française sous ce titre TrtàU di la nature des viandes et du boire (Arras. 1596. in-12). et une Irai par Arn. Freitag ( Gène rie , Atberlus , in I ti
M m.silii Cagnati, libri IV variaruni observationum, et disputatio de ordine in cibis servando. Romœ, 1587, in-8.
Le Thrésor de santé ou le Mesnage de la vie humaine, divisé en X li\ i es, lesquels irai, tent de toutes sortes de \ iandes et breuvages, ensemble de leur qualité et préparation, par ■ un de> plus célèbres et fameux médecins de ce siècle. Lyon. J -A. Iliigiietan, 1607, in s.
Il ne Faut pas oublier le fameu. livre d'Olivier de Serres, tant de fui- n impr.mé depuis 1600, le Théâtre d'agriculture et mesnage des champs . dans lequel l'auteur a rassemblé tout ce qui se rapporte à la .Nourriture. et même un abrège de l'art culinaire de sou temps.
JOS. QUERCETANT
1606, in-s.
Berx. Caii, de alimentis quse cuique natura? conveniant liber. Yenetiis, Pultianus, I60S, in-4.
Led. Nonnii Diaetelicon, sive de re cibaria lihri IV. Antuerpiœ, 1645, in-4.
Pétris Casteuanus. De esu camium. Antuerpiœ, Verdussius, 1626, in-8.
LtD. Nonmi Ichthyopagia, sive de piscium esu commentarius. Antuerpiœ, 1616, in-8.
Lt. Daigde. Singulier traicté, conten. la propriété des tortues, escargots, grenoilles et articbaultz. Paris, Galliot du Prc (vers 1530), p. in-4 de 12 ff.
Il y a une édit., 1542, in-8 de 24 ff., dont le litre remplace grenoilles par champignons.
Paktalbonis, de confluentia summa lacticiniorum -.mtractatus varii de butvro, de caseorum variorum gentium differentiaacfacultate). Impressa per Joh.Fabri(Taurini), i 177, p iu-iol.
Conr. Gesxeri Libellns de lacté et operibus lactariis, philologus pariier ac médirais. Tiguri (1541), p. in-8.
He.vr. Nicolai, de pane, ejus natura, usu, operationihu> vanetatibus, tractatus singularis. Dantisci, 1651, in-4.
Bapt. Misse de Argenta, Opnsctiliim de fructibns vescendis. Ferrarœ, 1471, in-4 de 48 ff.
Mien de Nostredame. Excellent et moult nlile opuscule qui traicte de diverses façons de fat déments .t senteur.-..., et qui ninnstre la fa.-on de faire confitures de plusieurs sortes. Lyon, Volant, 1555, in-16.
Salv.tore Massoxio. Archidipno, overo dell' iusalata e dell' usodi essa, t attato. Venetia, 1687, in-8.
A. LUndersox The history of aueient and modem wines. London 182. , in-4.
(Jac>. de Gohorry.) Devis sur la vigne, vin et vendanges, d'Osl. de Suave; auquel la façon ancienne du plant, labour et garde, est descouverte et reduicte au présent usage. Paris, Sertenas, 1549, in-8.
Gi-ill. Grxtaroles. De natura vini , artificio et usu, deque re omm potabili. Argentorati , 1565, in-8.
Jcliam Palmarii, de vino et pomaceo libri duo. Parisiis 158S, in-8.
La traduction française. Traité du rin et du sidre sir, . publ à Caen cbe. P, le Chandelier, en 1589, parait être de l'auteur lui-même Jul dé Paloiier
And. Bacc.ii, de natura vinorum historia , de vinis Italiie el de conviviis antiquornm , libii VU ; acced. de factitiis ai cervisus, deque Rheni, Galliae, Hispauiae et de totins Eui-opœ vinis et de omni vinorum usu tractatio. lloma Mutins, 1596, in-fol.
Voy. encore d'autrei traites «ur le iin par V. Teitor (1604). Engelb Lamelin (1630), F A Canonheriaa 1627), La». Meysonier (1636), etc.
Zosimus Panopolitanus. De zythorum confectione fragmentum, mine primum gr. et lat. editum; acced. historia zythorum sive eerevisiarum quaruin apud veteres mentio litscnpsit Christ. Gottfr. Gruner. Solisboci, 1814, in-8.
Abraii. Webnf.k. Oratio de confectione ejus potus, qui Germaniae usitatus, \eteri vocabulo, secundum Plinium cerevisia vocatur. Witebergœ , J. Scfiwertel , 1567, in-8
Thaddeis Hagecius, de cervisia ejusque conficiendi ratione, natura, viribus el facultatibus. Francofurti, Weelie- Uns, 1585, in-8.
Voy. aussi le célèbre Commentarius lie cervisus de J.-H Meibomius llelmesladii, 1668. 10 4).
Pierre Tolet. Paradoxe de la l'acuité du \ inaigre, conlre les escrits des modernes. Lyon, J. de Tournes, 1549 in-8 de 59 p.
Voy. aussi le Livre des proprietez du vinaigre, par Caviqiolles (Poitiers I .-.il. p. in-8).
J. Brovai't. Traité de l'eau-de-vie ou Anatomie du vin , publ. par J. Ballesdens. Paris, Sanleeque, 1646, in-4 , fig.
Cn. de l'Escluse et Ant. Colin. Histoire des drogues, espiceries et de certains médicamens simples, qui naissent es [ndes et en l'Amérique, comprise en VI livres, dont il y en en a cinq tirés du latin de Ch. de l'Escluse..., translaté en franc, et augm. d'annotations par Ant. Colin. Lyon, Pillehôte, 1619, in-8, fig.
Arien Coelii , de opsoniis et rondimentis, sive arte coquinana libri X, ciim annotationibos Martini Lister, et notis et rariis Iectionibus Humelbergii, liaithii, Reinesii, A.Vanderlinden et aliorum. Amstelodami, Waesbergius, 1709, in-8.
La l'<édil. est celle de Milan, 1498. in-4.
Bartij. Platiw (Sacchi). Opusciilum de obsoniis ac honesta voluptate. fmpressum Venetiis, labore et diligentia Laurentii presbyteri de Aguila, necnon Sibyllini Vmbri,
1475, p. in-fol. de 94 If.
Première édit. de ce Irailé eonveot réimpr. fini quinzième el seizième siécleB. Il a éle Iraduil en ilal., en aliéna., elsnrloul eu français, sous dilfe renls litres ; la plus ancienne de ces traductions est celle de llesdier Christel, prieur de St-Maurice, prés Montpellier [Lyon , Fr. Fradin . 150Ô. p. in-fol. goth.), dont il eiisle plusieurs éditions; Barthélémy Anean l'a corrigée et mise en meilleur langage {Lyon. 1348. in-I6).
I 'vii.lf.vent. Le Viandier pour appareiller toutes manières de viandes, que Taillevent, queulx du roi noslre sire, fit, tant pour abilleret appareiller bouly, rousty, poissons de mer et d'eaue doulce; saulces, espices et autres choses à ce convenables et nécessaires. S. I. ni d. (vers 1480), in-4 goth. de 38 ff.
Edit. qo'oo regarde comme la première. Souvent reimpr. au selBÎème
■ou» ditTér«Dli tilrea el mgemeuls; les edit. in-8 sont
intitulées ordinairement le Lirre de Taillevent.
Rica. Warner. Anliquitat. s culinariae, or curious tracts, relating to the culinary affaire of the old englisb, with a
pieliminary discourse, notes and illustrations. London, 1791, in-4, fig. color.
This is the Boke of Cokery. Hère beginneth a noble boke "i festes royalle and Cokery a boke l'or a pryncis housholde or an] other estâtes; and tbe makinge therof accordynge as ye Bhall linde more playney witbin Ihis boke. — Emprynted uilliout Templebarre luj Richarde Pynson, 1500, in-4.
Boecvkeu van CokiTvin. Bruesel, Th. van der Noot , s
d. (1500?), in-4 goth. île 30 ff.
Hère begynnetli tbe boke of Keruvnge. — Emprynted by Wynkyn de Worde at London, 15Ô8, in-4.
Giov. Roselli. Epulario, osia modi di cucinare ogni carne. nccelli, pesci d'ogni sorte, e di piu insegna far sapori , torte, pa.stellt, ete.Venezia, Me. ZoppinorVincenzo, 1518, p. in-8.
Plusieurs fois réimpr. On croit qoe l'auteur était Français.
Rlberto de Nola. Libro de Cozina... fue sacado este tractado de lengua catalana en nuestra lengua materna e vulgar castellano. Toledo, per Ramon de Petras, 1525, pet. in-i goth.
Souvent réimpr. L'édit. de 1529 tl.ogrono.jmr Miguel de Eguiu. in-l goth.) est intitulée : Libro de guis ados . manjara y potajes. Robert de Nola élait cuisinier on maltre-qoenx de Ferdinand, roi de N'aples
Livre fort excellent de Cuisine très-utile et proffitable, contenant en soy la manière d'habiller tontes viandes; avecla manière de servir es banquetz et fe-tins; le tout reveu et corrigé oultre la première impression par le grand es, nyei de Cuysine. Lyon, Oliv. Arnoullef , 1542, in-s goth.
Imitation du Lirre de Taillèrent.
La Heur de toute Cuysine, contenant la manière d'habiller toutes viandes, tant chair que poisson, composé par plusieurs cuysiniers, revue et corrigée par Pierie Pidoux. Paris,
Alain Lotrian, 1543, in-16 goth.
POLYONIMCS SïNGRAPHEOS ( id est CHRIST. ECENOLPBDS
Schola apiciana,exoptimisqiiibusdamaiilliorihus(onstructa, quâ continentur officia convivatoium , ritus et habitus boni convivii, qualitates et régulas opsoniorum , rationes secamli vel scrutandi in mensà, sermones convivales jucundissimi et alia item plura. Francofurti, Egenolphus, 15.14, in-4.
Christof. di Missisbuco. Banchetti , compositioni di vi-
vandeed apparecchio générale. Ferrant. 1,10. rie Buqlhart 1549, in-4.
Souvent réimpr. avec ce tilre : Libro nelgual s'inseqna il modo tfordinar banchetti. etc.. ou avec celui-ci : Libro d'ogni sorte di rirande.
Romoi i La singolare dottrina di Domenico Romoli , sopra nominato Panonto, dell' ufficio dello scalco, de i condimenti di ttilte le viande, le stagioni cite si covengono a tutti gli animali, uccelli e pesci, banchetti di qui tempo e mangiare da appareethiarsi di in di per futto l'anno a prencipi , ton la dichiaratione délia qualita délie carne di tutti gli animali e pesci e di tutte le viande circa la sanita Venetia, Mic/i. Tramesino, 1560, in-8.
Jod. WiLLicnu Ars magirica, i. e. coquinaria, de cibariis, ferculis, obsoniis, eti Tiguri, 1563, in-8.
Babtiiol. Scappi. Opère; aggiontovi il Trinciante di Vincenzo Cervio, ampliato e ridotto a perfettione dal cavalier RealeFusoriloda.Narni, ed il Maestro di casa, diCesare Pandini. Venetia, de Vecc/ii, 1622, in-4.
Chacun de ces trois traités, aussi Célèbres eu Italie qoe celui de Taillevent en France , avait paru séparément et avait eu plusieurs édit. i la tin do seiiième siècle. Celui de Scappi , cuisinier du pape Pie V . fut publie pour la première fois a Florence et à Veoîie en 1670, io-4 , fia.
Vincent. Cervio. Il Trinciante. Homtt, 1593, in-4 obi., fig.
Ant. Frii.iii.i Practica e scalcaria, intitolata Piaula di delicati frutti , etc. , con un traltato dell' inventori délie vivande, e bevande, etc. Tradottodi lingua armenia. Roma 1638, in-4.
La 1" edit esl de ta lin du seiiieme siècle.
Ottaviano Rarasco. Il Convito , overo l'iscorsi di quelle materieche al convitos'appartengono Fiorensa, 1615, in-4.
ViTTOR. Lancellotti di Camerino. Lo Scalco prattico
Routa, 1627, in-4, lig.
Matt. (.m. mu l.i Ire Irattati di Mallia Giegher , bavai di Mosburc, trinciante dell' illustrissima Natinne alemana in Padova : nel primo si mostra il modo di piegare ogni sorte di panni lini, cioè salviette e touaglie, e d' apparecchiare una tavola, con altre galanterie : ne! secundo, intitolalo lu Scalco sinsegna oltr'al conoscerc le stagioni di tutte le cose i ;
mangiano , la maniera di metlere in lavola le vivande : nel terzo, detto il Trinciante, s'instgna il mudo di d intiare ogni sorte di vivande. Padova , Frambotto, 1639, in-4 obi., lig.
Franc. Vasselu. L'Apicio overo il maestro de' convili. gna, 1647, in-4.
Avr. Adaui. 11 novitiato del Maestro di casa. Homa, Coligni, igj7, in-12.
M att. G'crtii , de prandii ac cœnae modo libellus. Romce, 1562, in-4.
De la Varenne. Le vrai Cuisinier (rançois, enseignant la manière de bien apprêter et assaisonner toutes sortes de \iandes grasses et maigres, légumes et pâtisseries, etc., avec l'art de bien laire tontes sortes de confitures sècbes et liquides. Paris, 1667 , in- 12.
Venamio Mattei Theatro di sçbalcberia, per apparecrhio di banquetti. Roma, 1669, in-4.
Ant. Lati.m da Colle Ajiato. Lo Scalco^illa moderna overo Tarte di ben disporre li conviti, trinciare le vivande, tare arrosti, bolliti, stufati, etc., con le regole più scelte <li schalcheria. Napoli, Mutio , 1692-94, 2 vol. in-4, tig.
Traité de confiture, ou le nouveau et le parfait Confiturier, avec l'instruction et devoirs des chefs d'office, de fruiterie et île sommelerie. Paris, 1689, m- 12.
.li l. Ces Bcllengerus. De conriviis. Parisiis, 1627, in-8.
Voy. aussi, sûr les festins des anciens, divers traites de J. CorDarius, de J..s. Laurentius, de Petr. Castellanus, d'Adr. Turnebe, d'Érycius Puleanus. etc., dans les Tltesmtri anliquitatum grœcarnm et romanarmn de Gronovins et de Grœvius. ,
L'abbé J. Lereie Mémoire sur les usages observés par les François dans leurs repas, sous la première race île nos rois.
Vof. ce Mém danslel XVIIdesIfem dt ÏAcad.des inscr. et bell.-tett.
Rodoli m Goclemii Iractalus de portentosis, luxuriosis et monstrosis nustn steculi convivu's. Masburgiœ, 1609, in-8.
Le Vœu du béton , pnbl. d'après un ms. de la Bibliothèque de Bourgogne, avec les variantes. Mans, 1839, in-8 de 40 p.
Publ. aussi par Lacurne de Sainte-Palaye dans les Mèm sur ? ancienne chevalerie
Framç. Rabelais. La Sciomachie et festins faicts à Rome au palais de monseigneur révérendissime cardinal du Bellay, pour l'heureuse naissance de monseigneur d'Orléans, le tout extrait d'une copie des lettres écrites à monseigneur le cardinal de Gube. Lyon , Sebast Gryphius, 1549, p. in-8 de 31 p. gotb.
Vnj aussi le Gargantua et le Pantagruel, ou il est sans cesse <fi de Nourriture et de Cuisine , surtout dans le IVe livre
Poor le céremouialde la table, il faut voir les relations de divers fi solennels dans le Cérémonial français de Godefroy , et les rêglem l'étiquette des cours, dans l'Elut de la maison des ducs de Bourgogne, imprimé à la suite des Mém. d'Olivier de la Marche. Voy. aussi les ffw de la Cour, de dame A lienor de Poitiers, pobl. par Lacurue de Sainte- Palaye dans la seconde edit. des Ment sur l'ancienne chevalerie, 1759 . 2 vol in-12.
Le Mariage des quatre filz Hemon et des filles Damp Simon. S. n. et s. d. (vers 1530), in-8 gotb. de 7 11.
Plusieurs fois réimpr. Celte facétie fait connaître les adresses et les enseignes des marchands de comestibles à Paris.
Les Contenances de la table (en vers). S. n. el s. d., in-4 de 6 ff. gotb.
Souvent reinipr., et eu dernier lieu, d'après uu nouveau ms.. dans 1 //" tel de Cttiny au moyen âge. par madame de Saint-Soriu.
La réformât ion des tavernes et des cabarets : destruction de gourmandise, en forme de dialogue. Pans, Guill. .\ (vers 1520 ), p. in-8 de ^ II. goth.
Voy. aussi le Dialogue il'ntuj larernier et d'un pion , pièce gotb. sans date.
Mien. Scstds (Tbéob. a.xgulbert). Mensii philosophica . in hoc opuscule tractatur de bis quibus uliinnr in mensa, de naturis lerum, videlicet cibi et potus, etc. Coloniœ , 1508, in-4 gotb.
Souvent réimpr.
.1 < ■ \n l'i Ki.c.ttixis (Gastius). Convivaltum sermoniini liber, ex optimis autoribuscollectus. Basileœ, Westhernerus,
1543 , p. in-8.
Héimpr. plusieurs fuis
Bartuol. Borchelati. Charitas sive convivium dialogicum septem physicorum , in quo cibaria, potus, ritus et id genus elucidanlur. Tervisii, Reghettinus , i593. in-r.
Am. hé Balinghem. Les apiès-diners et propos de table contre l'excès au boire et manger, pour vivre longuement. /.((Vc, 1615, in-8.
L'edil. de lf.24 . Saint- Orner , est augm. de Douze propositions pain passer plaisamment et hnnnestement les jours des quaresmeaux.
M att. TïSiPir. Mensa tbeolophilo.-ophica, seu conviviorum pulpamenta et condimenta suavissima. Monasterii-West-
j>/taliœ, 1023, in-12.
Ou pourrait citer encore plusieurs autres recueils de Propos de table , en ditlercules tangues ; le plus célèbre est celai que les disciples de Lutbe: avaient recueilli a la table de leur maître < Tisch- Retien , Eisleben . 156.") in-S) . et que Rebeostuck traduisit en latin et pnblii en I '•'. I