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LE PRIX DU TOURNOI

(Tournois du roi René [manuscrit 8351] — Bibl. nationale de Pans.')

F. SERE, DIREXIT,

de grandes choses. « Servant d’amour, bon chevalier, dit un vieux poêle, lève les yeux « vers ces pavillons où la beauté siège; c’esl le paradis des anges. Après un tel regard, tu c jouteras en vaillant héros , et lu auras la gloire avec l’amour ! » Tel est le sens de ce joli quatrain, composé sous Charles VI, à propos du grand tournoi fait à Saint-Denis vers les premiers jours de mai 1389 :

Servants d’amour, regardez doucement Aux écliaffauis anges de paradis :

Lors jouîerez fort et joyeusement ,

Et vous serez lionorés et chéris.

Souvent les dames donnaient, en outre, à leurs servants une faveur, wn joyau, qu’on appelait aussi noblesse, nobloy ou enseigne : c’était une écharpe, un voile, une coiflè, une manche, une mantille, un bracelet, un nœud, une boucle, quelque pièce détachée de leur habillement ou de leur parure; quelquefois un ouvrage de leurs mains, dont le chevalier favorisé ornait le haut de son casque ou de sa lance, son écu ou sa cotte d'armes. Ces insignes servaient à reconnaître dans la mêlée les chevaliers dont les armes étaient brisées et l’écu rompu. A chaque grand coup de lance ou d’épée, à chaque fait d’armes remarquable, ménestriers et hérauts faisaient retentir leurs voix et leurs instruments. Les chevahers répondaient à ces cris et à ces fanfares par des largesses et le don de bourses et de joyaux , accueillis par de nouvelles et vives clameurs. Le mouvement extraordinaire de ces fêtes régulières à la fois et confuses, qui caractérisaient complètement le Moyen Âge, n’a été reproduit par aucun poète avec autant d’éclat et de vérité que par Walter Scott. Il faut dire aussi que chez les peuples du Nord, en Écosse, en Allemagne et en Norwége , la Chevalerie et les tournois avaient une signification beaucoup plus grave et plus solennelle que dans les contrées méridionales , dans les

pays de la langue d’oc.

Après le combat, le jugement, déterminé par les rapports des officiers d armes et poinsuivants, était rendu par les anciens chevaliers, quelquefois par les daines elles-mêmes. C’étaient elles qui allaient chercher le vainqueur et le conduisaient au palais en tiioinphe et en grande pompe. Le baiser qu’il avait le droit de donner aux plus belles, les vêtements précieux dont il était revêtu, la place d honneur réservée au héios de la journée dans k festin qui suivait le combat, les poèmes dans lesquels on célébrait ses prouesses, complétaient cette étrange et magnifique scène, souvent ensanglantée, quelquefois attris.tee par la mort de ses acteurs. D’ailleurs, les usages, nous l’avons souvent reiiele. ont varie quant aux tournois, et rien ne ressemble moins aux jeux guerriers de 1 .Mleinagne du treizième siècle, jeux décrits dans les Niebelungetu que le tournoi donné par Louis Xlll dans la place Royale, à Paris, ou même que les tournois provenvaux et siciliens du quinzième siècle, décrits avec tant de soin et d amour par le bon loi Rene.

Ce roi poète , délicat dans ses mœurs , généreux dans sa vie , raffiné dans ses goûts.

Mœurs et, usages de la vie civile.

CHEVALERIE, Fol.

lie s’est pas contenté de prendre part aux amusements et aux jeux chevaleresques de son époque. Charmé de leur sens poétique et religieux qui commençait h s’éteindre

apres est pouriraillc la façon et maniéré comment le Roy darincs présenté l'espce au duc de Bourbon. » Journois du roi /iene .iniiuicme siècle', 5Is. dej.\ cité

OU a s’elFacer, il essaya de le faire revivre non-seulement par le pinceau , le crayon , la prose ou les vers , par tous les encouragements dont un roi dispose et tous les piestiges des arts qu’il cultivait avec talent, mais en présidant lui-méme à ce tournoi célèbre qu’il

ET LA RENAÎSSANCE.

a décrit dans un manuscrit in-folio orné de miniatures admirables {Tournois du roi René, le texte et les dessins de ce manuscrit célèbre ont été publiés par MM. Champollion-

La façon el maniéré comment le Roy darmcs înuntre audit duc de Bourbon lunt blasot^s de cbevaliors et cscuyers. »' Tournois du foi Rrnt

(quinzièiuc siècle) Ws. déjà cite.

Figeac et L. J. J. Dubois, en 1828), fête splendide qui pcul passer pour le modèle de l’élégance el du luxe dont ces sortes de cérémonies guerrières étaient susceptibles. Suivons donc le roi René dans la description de celte solennité brillante, qu'il ordonna et

XMII

prépara, dont il nous a transmis le détail circonstancié , et où l’on voit figurer tous les personnages et tous les costumes d’un tournoi du quinzième siècle.

La bataille est entre le duc de Bretagne, appellant, c’est h dire demandant le combat, et le duc de Bourbon, def fendant, c’est-à-dire qui l’accepte. Le Boy d'armes ou Hérault, dont l’office était imposant et recherché au Moyen Age, est donc appelé en grande cérémonie par le duc de Bretagne , qui lui confie son épée , gage de bataille , symbole de défi, et le charge d’aller la porter au duc de Bourbon ; celui-ci , assis sous le dais armorié de son blason, et entouré de ses conseillers, reçoit la provocation et le message. L’épée nue, le duc de Bourbon se fait apporter eusuite et voit dérouler devant lui le parchemin sur lequel sont blasonnées les armes des chevaliers et écuyers qui doivent prendre part h la lutte. La tâche laborieuse du roi d’armes est loin d’étre achevée. Le combat est décidé, le défi accepté; on se prépare des deux côtés : les Juges-diseurs ou « juges du camp, »

* Ici apres est pourlraitte la façon et manière comment le Roy darmes montre aux quallre juges diseurs les Seigneurs appel’.aut et deffend.inl, et leur présente les lettres de^^di^ Seigneurs ayant le drap d’or sur lesp.iule et le parchemin painl desdiz clnefs. » rournojs du ro» René (quinzième siècle). Ms. déjà cité.

choisis dans les deux nations, et dont les physionomies, que l’artiste a saisies avec une rare habileté, caractérisent le type des deux races, s’assemblent et reçoivent des mains

du héraull les lettres de l’appelant et du den'endaiit. Pour cette cérémonie, le liérauli a jeté sur son épaule le « drap d’or, » portant sur un parchemin les blasons des qualité juges aux quatre coins, et au milieu le poilrait des deux combattants sur leurs destriers.

A cette cérémonie succède le cri ou la proclamation du tournoi. Debout sur une pierre

« Ici apres comment le Roy darmes, ayant le drap d’or sur lespaule cl les deux cliicfs paints sur le parrheuiin et aux quatre coings les quatre cseiis<ons dcsdii jnpC'" cr e le Tournoy, et comment le^ poursuivans baillent les oscussons des arnies desdiz juges à tous cculz qui eti vculletil premlre. » Tournois du roi

iquiiuièuic siècle), Ms. deji cité.

élevée, le roi d’armes, dont la physionomie est cliarmaiite et l attitiule pleine de noblesse, montre au peu[)le assemblé le drap d'or et le parchemin blasomié, pendant que 1 un des poursuivants répète à hante voix les termes du cartel, et que 1 autre distribue des écussons portant écartelés les blasons des quatre Juges , afin que tout le monde puisse leur adresser ses réclamations et leur communiquer ses renseignements. Cdiacim orne de cet écusson sa loque et son bonnet.

Cependant les lices se préparent ; les Chevaliers s'arment, et les Seigneurs. « appollaiii

XI x;

et defîendant, » à cheval, précédés de leurs trompettes et suivis de leurs écuyers, pénè-

« Entrée d’un des seigneurs chiefs au lieu du Tournoy. » Tour-nois du roi Rene (ijuinzième siècle), Ms. déjà cilé.

Irent dans le lieu du tournoi. Bientôt ils se retirent dans leurs tentes et revêtent leurs magnifiques armures, pendant que les dames, descendant de leurs palefrois, vont occuper les sièges qui leur sont réservés. Les Juges s’avancent à leur tour et occupent les places d’honneur; les poursuivants et héraults remplissent la seconde enceinte de la lice, et les bannières armoriées de « l’appellant , » apportées par un roi d’armes , sont plantées du côté de la lice qui lui appartient. Au-dessous des échafauds, au centre, vient se placer un hérault qui tient embrassées les quatre bannières portant les armoiries des quatre juges. Les trompettes sonnent; le duc de Bretagne entre en lice, et bientôt après, le duc de Bourbon suivi de sa troupe vient se placer en face de lui dans le camp opposé. Les serments prêtés, les cordes s’abaissent, le tournoi commence; les assaillants principaux se heurtent , puis le grand combat à la foule donne lieu à cette bruyante et confuse mêlée que nos aïeux contemplaient avec un intérêt si dramatique et si vif. La dernière scène de ce spectacle n’a pas été reproduite par le roi René avec moins de fidélité caractéristique. Dans une salle éclairée par les énormes cierges que portent les pages et servileurs, se trouvent réunis les quatre «juges diseurs, » reconnaissables à leur baguette ou rare; le bras de chacun d’eux s’appuie sur celui d’une des quatre Damoiselles « juges du camp, » et la Reine du tournoi, dont la tête est ornée de l'im de ces

immenses diadèmes que la Normandie moderne a empruntés au quinzième siècle, remeJ au duc de Bretagne , vainqueur et escorté de ses pages , à genoux , l'aigrette de diamant, prix du tournoi.

Tel est le document le plus exact qui nous reste sur ces plaisirs splendides de nos aïeux, au moment même où l’institution chevaleresque allait subir sa décadence.

Nous citerons, parmi les cérémonies bizarres que ces mœurs firent naître, celles qui se rapportaient au célèbre Vœu du héron, débris payen, derniervestige dessermenls prêtés par les rois Scandinaves sur les cadavres des animaux sacrés, et dont nous avons parlé plus haut.

Entre le onzième et le seizième siècle la Chevalerie fut constam- ' ment regardée comme le type suprême de l’honneur et de la vertu, i et le tournoi comme l'école de la Chevalerie. « Ce sont, dit le roman de Flore et lilan-

Yci est pouviraillc Fliistoirc d'un héraull qui cmbrace les qnallrc bannières des quallrc juge* diseurs. » TournoU du roi René (quinzième siècle.), Ms. déjà cité.

Le Vccu du Héron , dCprès un bas-relief en bois sculpte sur un bahut du quinzième siècle. [Specimen of ancient sculpture and patnfin^, etc., bv Jonh Carte

Loud., 1 vol. iu-fol )

« chejlore, les Chevaliers qui ont de tous gens le îos et la seignone. « La Chevalerie, dit Natal de Mons, poëte provençal, a « la seohoria sobre las autras gens. » Aussi, la degra dation d'un chevalier élait-eîîe une honte publique, une profonde doulein-, auxquelles servait de symbole une cérémonie terrible et frappante.

Pa,hlion ,r„n Oevalier, fragn.en. d'une eeavure sur bois a^ilu,oe à Jo.t A^juc., perlant ,e nronogra.nn.e A. J. et .a date de .56b.

(Cûlleclion de fli. Guenebaiill, a iari'>.)

Les femmes elles-mêmes voulurent quelquefois entrer dans l’ordre de Chevalerie; et, comme il y avait eu des femmes amazones et guerrières , il y eut , quoique l’exemple en soit rare, des chevalières (La Roque, Traité de la Noblesse et de ses différentes especesj Ce caprice n’a rien d’étonnant dans les annales d’une institution changeante et mo )i i par son essence , où l’imagination, la poésie, le mysticisme, se confondaient bizarre-

ment avec des intérêts réels, des idées positives, et des traditions anciennes.

Les pas d'armes simulaient des combats engagés pour défendre les défilés ou les passages difficiles^ la caslille simulait la défense d’une forteresse ou d’une place. De là sont nées les deux expressions encore usitées : avoir caslille, c’est-à-dire être en discussion et en litige ; sortir d'un mauvais pas , se tirer d’un défilé , d’une situation dangereuse.

L’histoire de la décadence de la Chevalerie serait aussi intéi'cssante que celle des degrés qu'elle a parcourus pour atteindre ce degré de S[)lendeur qui la distingua vers le milieu du treizième siècle. Le roi fiscal et pointilleux Philippe le Bel, entouré de ses juristes et de ses usuriers, porta un coup mortel h la Chevalerie, tant par le procès des Templiers et par leur immolation, que par les règlements auxquels il soumit les combats et les gages de bataille. Entre les règnes de Philippe le Bel et de Charles Vil, cette décadence se précipite; le commerce fait des progrès; la richesse s’accroît; le trône acquiert de la prépondérance; la féodalité et la Chevalerie s’amoindrissent à la fois. Le règne de Louis XI se prépare, règne de marchandise et d’usure, d’espionnage et d’artifice, qu'il ne faut pas maudire , puisqu'’un véritable progrès de civilisation en a été le résultat. Dès le règne de Charles VI, la roture commerçante avait levé la tête, et la Chevalerie guerrière avait été reléguée dans l’ombre. L’auteur des Vigiles de Charles VU (Martial d’Auvergne) se plaint de ce quela « marchandise » (le commerce) devient insolente et rogue.

François P’’ fit de vains efforts pour réveiller la Chevalerie, et Louis XIV, pour évoquer dans de brillants carrousels le dernier fantôme de ces mœurs et de ces institutions. Nées avec le Moyen Age et nourries dans le même berceau, elles devaient périr avec lui.

Les deux sphères principales de l’antique civilisation, fltalie romaine et la Grèce, échappèrent presque complètement à l’influence des institutions chevaleresques. En vain les chevaliers angevins, provençaux, catalans et normands, devinrent-ils ducs d’Athènes ou seigneurs d’Achaïe; leurs forteresses féodales dominèrent l’Acropole; il se fit même quelques tournois à Misitra et à Sycione; mais les mœurs de la Chevalerie ne pénétrèrent jamais au sein des populations répandues dans les forêts et dans les îles. Quant à l’Italie moderne, tout imprégnée d’idées païennes et remplie des souvenirs du Latium étrusque, après s'être élancée la première vers une civilisation nouvelle fondée sur le commerce, la littérature et les arts, elle ne s’occupa guère delà Chevalerie teutonique et l)arhare, que pour en rire, la chansonner, la parodier ou la transformer. Ce fut elle qui inventa les batailles chevaleresques, dans lesquelles les évolutions étaient si sérieusement habiles et les coups si bien portés et rendus, que, tués ou blessés, on comptait trois victimes restées sur la place. C’est encore elle qui donna naissance aux capitaines de bandes. condottieri, vendant au plus offrant leurs services et leurs troupes, mais ayant bien soin de conserver leur marchandise; quelquefois payés par les deux ennemis à la fois, et distribuant leurs guerriers comme des comparses d'opéra, de manière à ce qu'ils se nuisissent le moins possible. C’est encore en Italie que le carroccio a été inventé, ce lourd monument symbolique traîné par des chevaux ou des banifs, surmonté de la bannière nationale, défendu par quelques soldats, et dont la prise, assez peu sanglante.

Mœurs et usages de la vie civils.

CHEV.-XLERTE , Pci .XXI.

nécessairement décidait de la victoire. A ce carroccio se rattachent les carrousels, degénération des tournois, et dont nous parlerons tout à l’heure. La littérature italienne des ouatorzième, quinzième et seizième siècles, fidèles à ce vieil esprit antichevaleresque, produisit ces grands poèmes de parodie facétieuse et d’ironie enfantine, dont le maître suprême et inimitable est YAriosle, et dont le but unique est de tourner en ridicule les paladins et Charlemagne, les croisades et l’esprit de Chevalerie. Une des grandes causes ou plutôt la cause principale des malheurs du Tasse, fut d’avoir pris le contre-pied de ses contemporains et de ses compatriotes, de s'être enivré platoniquement des splendeurs chrétiennes et métaphysiques du lieau idéal, tel que l’entendaient les poètes chevaleresques; enfin d’avoir choisi Godefroy de Bouillon pour son héros, et le triomphe de la Chevalerie pour son thème. C’est surtout h l’époque de la Renaissance, peu de temps avant le Tasse, que l’on vit éclater en Italie cette ironie contre la Chevalerie, ironie dont l’expression la plus populaire, contenue dans le Merlin Coccdie de Théophile Folengo, a passé de là dans notre Rabelais, et plus tard dans le Don Qiiicholle de Michel Cervantes.

Au lieu du tournoi, souvent dangereux comme nous l’avons dit, et dont les acteurs étaient exposés h de cruelles blessures ou même à la mort, les Italiens inventèrent une représentation théâtrale, exempte de tout péril, et dans laquelle les machines exécutées par les artistes et les mécaniciens du pays avec une adresse merveilleuse, surtout les chars de toute espèce (carroccià), jouaient le premier rôle. Les héros à cheval, vêtus de costumes splendides, presque toujours mythologiques, exécutaient des évolutions équestres concertées d’avance. Des emblèmes ingénieux et des groupes symboliques, empruntés à la fable ou à Fhistoire, paraissaient tour à tour. Quelquefois le jeu arabe du Djerid venait s’y mêler et introduisait parmi nous le jeu de bogues, que Ton n’a pas encore tout à fait abandonné. Le carrousel ou «jeu des chars, » nous fut donné par 1 Italie. Sous Marie de Médicis et sous Anne d’Autriche, on en vit de très-beaux, auxquels tous les gens de cour prirent part à Tenvi, entre autres celui de la place Royale, remarquable par l’élégante fantaisie qui en distribua les entrées. Sous Louis XIV, les carrousels de 1662, à Paris, en l’honneur de mademoiselle de la Vallière, et de 1664- à Yeisailles, laissèrent des traces dans l’imagination des contemporains; la première de ces deux fêtes a donné son nom à la place du Carrousel.

PIIILARÈTE CHASLES,

Professeur au Collège de France, Conservateur à la Bibliothèque Mazarine, etc.

(Hues de Tabarie.) L’Ordène Je Chevalerie, en vers, avec une disserl. sur l’orig. de la langue françoise (par Barhazan). Paris, 1759, in-8.

Uelmp. dans l’édit, des Fabliaux donnée pur Méon, et trad. en anglais au quinzième siècle, par VVill. Caitlon , sous ce til.'e ; Book of the Ordre of Cbyvalerij, in-fol. golli. de 52 If., sans date et sans nom de heu.

(Honoré de Bonnor.) Arbre des batailles. Lyon, Darth. Ruyer, 1477, iii-lbl. golb. à 2 col.

Première édil. de cette encyclopédie chevaleresque, souvent réimprimée à la fin du quinzième siècle et au commencement du seizième.

L’Ordre de Chevalerie, où est conlenue la maniéré dé faire les Chevaliers et l’honneur tjui à eulx appartient, et la signifiance de leurs armes et harnois de guerre , compose par un Chevalier... Lyon, d6 Povionaviis, 1510, iii'-i' goth.

Béimnr. plusieurs fois à la suite du Jeu des Ècbecs moralisé, imité du traité latin de Jacq. de Cessoles, par Jean de Vigmay, qm compare le jeu des échecs à l’art de la guerre et à Tordre de Chevalerie.

Sympii. Champier. Le fondement et origine des titres de noblesse et excellents estatz de lous nobles et illustres..., avec la manière de faire les roys d’armes, heraulx et poursuyvants :

ensemble le parfond secret de l’art d’armayrie, avec l’instruction de faire les combats... Paris, 1535, in-8 de 10 fl'.

Champier s’esl occupé de )a Chevalerie dans ses nombreux ouvrages, nolamincnt dans le5 Chroniques des royaumes d'Auslrast» (Lyon, 1510, in-fol., Üg. s, b.) , où l’on trouve un Iraitc de l’Ordre de ( Iievalerie,

Cl. Facchet. Origine des Cbevaliers, armoiries et lieraults. Second livre d’Origine ou pluslost meslanges de l’ordonnance, armes et instruments dont les François ont usé en leurs guerres. Paris, Perrier, 1600, in-8.

Reimpr. dans ses OEuvres (Par., 1610, et Genève, 1611, în-4).

G. Engelh. Loehsetsen. Délia Cavallcria. Grundilicber beriebt von allem was zu dgr Reutterei geliorig und einein cavallier dauon zu vvissen geburt. [Remligcn,) 1609-10, 2 tom. en 1 vol. in-fol., iig. s. c. et s. b.

Plusieurs fois réimpr. Dans l’édil, de 1720, AVrn6., in-fol., le texte a été presque complètement remanié.

Nie. ÜPTONi, de studio militari llbri IV; .Ioan. de Bado- Avreo Iractaïus de arinis, et Hekr. Spelmanni Aspilogia, edente cum notis Ed. Bissæo. Londtni, 1654, in-fol., Iig.

André Favtn. Théâtre d’honneur et de Chevalerie, oü histoire de l'institution des armes et blasons, duels, joustes, etc. Paris, 1620, 2 vol. in-4, fig.

Le premier livre traite des origines et des institutions de la Chevalerie; le dixième, des duels, des joules et des tournois.

Marc de Vdlson , sieur de la Colomrière. Le vray théâtre d’honneur et de Chevalerie , ou le miroir historique de la Noblesse, conten. les combats, les triom|)hes, les tournois, les jonstes, les armes, les carrousels, les courses de bagues, les gages de bataille, les cartels, les duels, les dégradations de noblesse et de Chevalerie... Paris, 1648,2 v. in-loL, fig.

Ch. dd Presse, sieur dd Cange. Les colles d’armes et, par occasion, de l’origine des couleurs et des métaux dans les armoiries. — De l’usage des Tournois. — Des armes à outrance et des joustes. — Des adoptions d’honneur et de fils, et, par occasion, de l’origine de la Chevalerie. Voy. ces Dissertât. à la fin de son édit, de l'Hist. de St. -Louis, par Joinville [Par., 1668, in-fol. ).

J. Le Feron. De la primitive institution des rois, hcraultz et poursuivants d’armes. Paris, Meunier, 1555, in— 4 de 47 11.

VüLSON de la Colomrière. De l’office des rois d’armes, des heraults et des poursuivants. Paris, 1645, in-4.

Cl. Fr. Menestrier. De la Chevalerie ancienne et moderne, avec la manière de faire les preuves pour tous les ordres de Chevalerie. Paris, 1685, in-12.

La deuxième édit., de 1689, est intitulée : Traité de l'Ordre de Chevalerie, de son origine^ de ses droits^ de ses prérogatives et viarques d'honneur. Réimpr. avec des additions et notes de l’éditeur, dans le t. XII de la Colleet. de Dissertations^ publ. par Leber et Cohen.

Honoré de Ste Marie. Disserlations liislor. cl crit. sur la Chevalerie ancienne et moderne. Paris, 1718, in-4, fig.

Cte de Caylus. Observations sur l’origine de l’ancienne Chevalerie et des anciens Bomans. Voy. ces Ohserv. dans le t. XXIII des Mém. de l' Acad, des Insc. et Bell.-Lett.

Vov, aussi, dans notre ouvrage, l’article de M. Paulin Paris sur les Ro— MAjçs et la bibliographie de cet article. La meilleure élude que l’on puisse faire des mœurs et des institutions chevaleresques , c’est ia lecture des anciens roman.s français en vers ou en prose.

Lacubne de Ste Palave. Mémoires sur Pane. Chevalerie considérée comme étahlissem. polit, et militaire. Paris, Mtio, in-4, et 1759-81, 5 v. in-12. (Le 5" vol. puhl. par Aineilhon.)

Ces Mémoires , qui avaient paru d’abord dans le t. XX du recueil de l’Acad, des Inscript, et Belles-Lettres, ont été réimpr. avec des notes par Ch, Nodier , ou plutôt Burginot de Grenoble, 1820, 2 vol. in-8, lig.

T)e Bermann.) Dissertation sur rancicnne Chevalerie et la noblesse de Lorraine. Nancy, 1765, in 8.

Jac. Kaiserer’s Gescliichte d. Bittorwesens in Mittelaltcr nac sm. ganzen Umfungc. Wicn, 18Ü4, gr. iii-8, pl. color.

J. G. Gst. Büsciiing’s Bilerzeil und Bitlerwesen Vorlesurigen. Leipzig, 1823, 2 vol. in-8.

Cii. Mill.s, llistory of Cliivalry of kniglithood and ils limes. London, 1825, 2 vol. in-8.

G. P. B. James. llistory of Cliivalry. London, 1830, in-18.

F. Koïtenkami'. Der Bittersaal : cine Gescliichte des Bittertlmms, seinesEnlsteliens und Forlgangs, seiner Gchraeuche und Sitleii arlisticli. crlaeutert von F. von Beihiscli. Stuttgart, 1842, in-4 ohl., fig. color.

Parmi une foule d’ouvrages relatifs à la Chevalerie et A scs inslilnlions , nous citerons encore le Palais do t’ Honneur cl le J'alaiê de la Gloire^ par le P. Anselme ; le Traité de la Noblesse, par A. de La Roque ; l' Histoire universelle des Théâtres {jiar Coupe, TesUi, Desfttiitaiiies, etc.), ou l’on trouve une histoire ahrégee de la Chevalerie en plusieurs volumes; Videe des Specta^ des anciens et modernes, pitr Michel de Pure; la l-rancc au temps des Croisades, par le vicomte de Vaublanc, etc., cl les diflérente» hi^toi^e8 des Ordres de Chevalerie, ainsi que l’article qui les concerne dxns notre ouvrage.

Cl. Fa. Menestrier. Traité des Tournois, joustes, carrousels et autres spectacles publics. Lyon, 1669, iii-4, fig.

(Du Vernois.) Becherches sur les carrousels anciens et modernes. [Cassel,) 1784, in-8.

De Foncemagne. Vues générales sur les Tournois et la Table-Bonde. Voy. celle Dissert, dans les Mem. de l'Acad. des Inscr. et Bell.-Lett., t. XVllI.

Marx Wursung. Wann und umb vvelliclicr Ursachen willen das lohlicli Bitterspil des Turniers erdacht und zuin ersten geuht worden ist. Augsburg, Drucker, 1518, in-4 de 1811.

Jacq. Bretex. Les Tournois de Chauvenci, donnés vers la fin du treizième siècle, annotés par Philibert Delniolle. 1 alenciennes, 1855, in-8, fig.

Bené d’Anjou. Les Tournois du roi Bené , d après les Mss. et les dessins originaux de la Bihl. royale, puhl. par MM. Cliainpollion-Figeac pour le texte et les notes ; L. J. J. Dubois pour les dessins. Paris, 1826-27, in-lol., lig. color.

Ce traité des Tournois, qui a été rcinipr. dans les OEuvres complètes du roï René, publ. par M. Quatrebarbe, ne doilpas être confondu a>ec t ’• estampes des Tournois du roi René, gravées en Italie, vers 1020.

Le Pas d’armes de la Bergère, maintenu au Tournoi de Tarascon, puhl. d’après le Ms. de la Bihl. du Boi, avec un précis de la Chevalerie et des Tournois, par G. A. Crupelet. Paris, 1828 et 1855, gr. iii-8, fig.

Le Pas des armes de Saiidricourt. S. n. et s. d. (1493), infol. goth. de 11 IL, fig.

De Boshy. L’Épervier d’or, on description liistorii[iic des joutes et des Tournois qui, sous le titre de Nobles rois de 1 epinetle , se célébrèrent à Lille, au Moyen Age. Nouv. edit. aiigm. Paris [Valenciennes) , 1859, in 8, fig.

Les Joustes faicles à Paris en la rue Saincl Antlioine huict jours après l’entrée du roy Loys douziesnie de ce nom. s. ii. et s. d. (1498), iii-4 de 5 ff. goth., fig. s. b.

Les principaux Tournois du seizième sieclcjOnl dô donner lieu .à des publications analogues qui ne pouvaient guère survi'rc .î la circon'-laiicc.

Montjoye, roi d’armes. Le Pas des armes de 1 .Vre triomphal où tout hoiiiieiir est enclos , toiiii à l'entrée de la royne à Paris en la rue Saiiict Aiithoine près les roiirnollos , par puissant seigneur nioiiseigneiir le duc de V alloys et de’ Bretagne. Paris, (ialiot du Pre, Lil4, in-4 goth. de 22 iL , fig. s. h.

Bern.Bince. Le livre et forost de messirc Bernardin Bincc. Millanoys, docteur en médecine, conten. et explicant hriefvenicnt l appareil , les jeux et le lesliii de la B.aslille. Paris. J. Gûuruwnt, 1518, in-4 goth. de 10 fl'.

L’ordonnance et ordre du Toiirnoy, jonstes et combat à pied cl à cheval..; le Ircsdesiré et plus que triomphant rencontro. cnirevoiie, assonihlée cl visitation des Ireshaullz et tresexccllenlz princes les roys do France et de .Vnglclcrro..; les lostins et lordro qui y a esté observé; les noms de ceiiK qui ont

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