‹ Le Moyen Âge et la Renaissance (volume 2)Chapitre 29 sur 74 · SCEAUX DES UNIVERSITES DE FRANCE · texte numérisé non relu

SCEAUX DES UNIVERSITES DE FRANCE

1 et 1 bis. Sceau et contre-sceau de la nation de Normandie (quatorzième siècle).

2 et 2 bis, — Sceau et contre-sceau de la nation de Picardie (quatorzième siècle).

3 et 3 bis. - Sceau et contre-sceau de la Faculté de Médecine de Paris (quatorzième siècle),

4. — Sceau de la Faculté de Théologie de Paris (quatorzième siècle).

(tirés de la Collection sigillographique des Archives du royaume).

F. SERË, DIREXIT.

Univ'3r;;it/L, LL III.

Hermann- Soltau del. A. Bisson et Cottard ex.-

5. Soeau de l'Université de Paris (XlVe siècle) d'après l'une des matrices, au cabinet des medaii'.es de Bù,. de Paris, — 5 bis. Contre-Sceau de l'Université de Pans (XIV' siècle). — ô et 6 bis. Sceau et oeut;\->-s.' v,; d Pao’jlté de Droit de Paris (XIV siècle). — 7 et 7 bis. Sceau et contre-sceau de la nation de Franc ' i,XIV' •=’ ' 'b

8 et 8 bis. Sceau et contre-sceau de la nation d'Angleterre (XIV® siècle).

Tirés de la Collection sigilloêraphique des Archives JuRoyaum.= .

F. SERE, DIREXIT.

Uni'/fîrnitiîo, P’. IV,

3, Sc-îu de rUniversité de Toulouse (XIV® siècle), — 10. tccau des Docteurs en Droit ae 1 Lr.'.veo'uo o,; (X7* siècle). — 1 1 . Grand Sceau de l'Université de Bourges (XV^ siècle). - 1 2. Sceau de l'Ur.iv,-r:l-,.' d'Aix ■ P-.

(XVT siècle) . — 13 et 13 bis. Sceau et contre-sceau de TUmversité de Reims (IKÔS). Tirés do la Coll. a ., a s t 7hi'^ae dss Archives du Royaume.

F. SERÉ, CIREXIT,

dernière célébra avec une nouvelle pompe et une solennité plus générale encore, le culte de cet immortel empereur. Toutefois, ce fut seulement en 1480 que Louis XI en lit une institution régulière et légale; l’an 1487, la Nation d’Allemagne en accomplit pour la [)remière fois les cérémonies. (Reg. mss. de l’univ., n® X; Bul., De Pair. quai. Nul., p. 72-73.) Saint Charlemagne était aussi le patron spécial des messagers de l’Université.

Il ne paraît pas que les Facultés supérieures se soient distinguées d’une manière aussi caractérisée, ni aussi mémorable, par des pratiques de dévotion distinctes. Du Boulai, qui a consacré nne de ses petites monographies si intéressantes aux patrons des quaire nations de rUniversité parisienne, n’a point fait entrer dans son cadre ces trois autres compagnies. On peut affirmer cependant que saint Cosme et saint Damien recevaient particulièrement les vœux des médecins, qui célébraient un office annuel en leur honneur dans l’église de ce nom, église qui, dès une époque très-ancienne, ht partie de la censive universitaire , et à laquelle fut longtemps annexé le college même des médecins. Le sceau de 1398, délivré au nom de cette Faculté, présente d’un coté une dame de haute distinction, ce qui est indiqué par son costume, non nimbée, tenant d’une main un livre et de l’autre un bouquet de plantes médicinales. Sur le contre-sceau se voit le trèsglorieux Hippocrate, assis dans une chaire et coiffé d’un bonnet de docteur. (PI. des Sceaux, hg. 3 et 3 bis.) La Théologie portait pour emblème les signes représentatifs des dogmes de la foi : le Christ, assisté de ses anges, régnant sur la terre et dans le ciel ; autour de lui, l’ange et les animaux, figures symboliques des quatre Évangiles. (PI. des Sceaux, n" 4.) Enfin le sceau de la Faculté de Décret est orné d’une représenlalion de Notre-Dame. {Ibid., fig. 6.)

Les Nations et les Facultés avaient coutume de se dénommer dans les actes et annonces publiques, à l’aide de qualifications spécialement consacrées à cbacuiie d’elles, et qui appartiennent à l’histoire. La Faculté de Théologie prenait le titre de : Sacratissinm divinorum, divinitalis, ou theologiœ Facuilas;

Celle de Droit: Consullissima decretorum; puis, ulriusque juris Facuilas;

Celle de Médecine : Saluberrima physicœ, ou medicinœ.

La Nation de France était : Honoranda Natio Franciœ, Galiorum, ou GalUcona;

Celle de Picardie : Fidelissima Picardorum ou Picardica;

Celle de Normandie : Veneranda Noî'manorum ou Normaniœ;

Et celle d’Allemagne : Constanlissima Gcrmanorum ou Allemaniœ \utio.

Lorsque le recteur était désigné dans un acte français, on lui doimail le wessirc cl 1 ainplissime ; quand il était harangué par l’uii de scs suppôts, ce qui se laisail toujours eu latin, on lui disait : Amplissime Rector ou Veslra Ampliludo.

Les armes du recteur, au nom de FFiiiversité, étaient un livre de gueules Icuille d or. tenu par un dextrocbère, issant d’uii nuage, au naturel, sur un champ d azur, souloim de trois fleurs de lis d’or. L’écu, dans les temps modernes, avait pour supports les deux palmes universitaires. On voit ces armes, au frontispice des derniers volumes de 1 llts-

loria Univ. Paris, de Du Boulai, entourées de ces palmes et soutenues en outre par deux Renommées.

Grades. Enseignement. Études. — L’usage des grades paraît s’être introduit du douzième au treizième siècle. Antérieurement, il n’y avait en réalité que deux degrés, celui des étudiants et celui des maîtres. Quiconque se sentait assez habile ou assez hardi pour aüroiiter le jugement public ouvrait école, et le succès ou la chute était sa récompense. Toutefois, dès le temps d’Abailard, ses adversaires lui reprochaient de s’être institué, de sa propre autorité, maître en théologie. (« Quod sine magistro ad magisterium « divinælectionisaccedere presuinpsissem... » Abæl. epist., ap. Pasqüier, Reeh.,\). 134.) Ces grades étaient au nombre de trois. Le titre de bachelier, auquel les écoliers aspiraient d’abord, mot de formation secondaire et corrompue, tire vraisemblablement son origine du mot baculum (bâton), et puise son analogie dans les luttes auxquelles s'exerçait la jeunesse militaire. Les plus anciens bacheliers furent les bacheliers-ès-arfs. Après avoir étudié sufrisanunent son trivium, l’aspirant au baccalauréat déterminait, c’est-àdire s’exerçait à exposer les diverses définitions des catégories, qui constituaient la matière de ce premier coiu’s. Ces exercices avaient lieu publiquement en présence des maîtres, et se répétaient à diverses reprises, ordinairement pendant le temps du carême. Le candidat, s’il était reçu, entrait en possession du triple privilège : Dde porter la chape ronde, distinctive de son grade; 2“ d’assister aux messes des Nations; 3o decommencer-ès-arts{Incipietidi in artibus. Bul., Ilist. , etc. , t .11, p.684.), c’est-à-dire d’enseigner à son tour, sous les auspices et sous l’autorité d’un maître, les connaissances qu’il avait apprises. Pendant ce même temps, le bachelier, mêlant l’étude à l’enseignement , poursuivait le cours de son instruction et s’appliquait à l’acquisition des matières du (juadrivium. Puis, arrivé au terme de ses nouveaux elforts, c’est alors qu’intervenait l’autorité ecclésiastique. De tout temps, comme nous l’avons posé en principe, le dr'oit d'enseigner avait été considéré comme l’attribut de l’Eglise. Primiiivement , l’un des chanoines de la cathédrale , délégué de l’évêque et chancelier de cette église, avait été chargé de donner la licence, c’est-à-dii‘e ce droit lui-même, qui constituait en même temps le second grade universitaire. Lorsque la ville, franchissant la limite de la Seine, end)rassa dans ses murs le mont Lucotitins, l'abbé de Sainte- Geneviève, souverain spirituel et temporel de ce territoire, sur lequel l’I niversité de Paris avait également transporté sa demeure , entra , comme l’évêque , avec lequel il lâvalisait de puissance, en partage de ce privilège ecclésiastique, et l’exerça, comme lui, par l’organe de son chancelier. A une certaine époque, les deux chanceliers, égaux en droits, conféraient également, chacun sur son domaine, la licence des arts, de la théologie, du droit, de la médrciue. Mais, par la suite des temps, la pré[)ondérance fut acquise au chancelier de Notre- Dame, qui demeura seul en possession de créer des théologiens, des juristes et des médecins, aussi bien que des artiens ou humanistes; tandis que celui de Sainte-Geneviève partageait seulement le privilège de créer ce dernier ordre de gi-adués. Le licencié, une lois approuvé par l’Eglise, revenait devant les maîtres de sa Faculté, et recevait d’eux.

Eï LA RENAISSANCE.

avec une pompe nouvelle, le bonnet et les autres insignes de son litre, qui était celui de mailre-ès-arts. Dans les Facultés supérieures , ainsi désignées parce que celle des Arts leur servaient à toutes d’introduction, les choses se passaient à peu près de la inêine

Réception d'un Licencié, ou Docteur? Fac-similé d’une gravure on bois lires d’une édition allernande du Traité de Cicéron : de Offiexis (xvi® siècle^. — (Bibl. roy. de Paris, Cab. des Estampes, Vieux maîtres en bois, vol. E a 60, page 48).

manière, si ce n’est que le troisième degré était plus spécialement accompagné , che/. elles, de la dénomination de docteur.

La société, au Moyen Age, n’ayant pas encore pris possession d'clle-mèmc. par l'imité, ni par la constitution de véritables pouvoirs publics, tournait sur deux pivots, (jui. s’appuyant chacun sur un point différent, souvent se contrariaient et compromeilaieiii l’équilibre de la machine. Ce double pivot, c’était, d’une part, le pouvoir spirituel ou l’Église de Rome; et, de l’autre, le pouvoir temporel, à savoir les chefs do la sociéii* même. Toute institution destinée à vivre, et à servir la société, dut emprunter à cctii* double puissance, source unique de toute force, la protection de scs commonccmcnis. 11 en fut ainsi de l’Université parisienne, et le secours de l’im et l’autre pouvoir, c est-à-dire les privilèges des papes et des rois de France, ne lui lit point défaut. Les papes aimaient et encourageaient en elle la voix éloquente de la France, celle iillc aînée de 1 Kglisc. cpii toujours, depuis sainte Clolilde, avait mis au service du catholicisme cl de l'orlhodoxic le séduisant apostolat de son génie et de son caractère national. Les rois y voyaient . [)Our leur capitale, une source de richesse et un ornement; pour leur conseil, une pepi-

nière de sujets; pour la politique et la diplomatie ultramontaines, un arsenal intellectuel. Dès le douzième siècle, les bénéficiés avaient été dispensés de la résidence pendant tout le temps qu’ils consacraient aux écoles, soit comme écoliers, soit comme maîtres. En 1 194, Cëlestin III commit aux juges d’église toutes les causes des écoliers, même civiles. Honoriiis ÏII, Grégoire IX, Innocent IV, Clément IV, Clément V, Clément VII, etc., confirmèrent et successivement étendirent ces avantages. L’école de Paris conférait à ses maîtres la mission d’enseigner dans le monde entier. Un prélat, dont le siège était situé à ses portes, avait la garde perpétuelle de ses immunités, de ses droits, et devait tenir prête pour leur défense l’arme redoutée de ses foudres ecclésiastiques. — Voilà pour les souverains pontifes. — - La munificence des princes ne fut pas moindre à son égard. En 1200, à la suite d’une querelle entre un noble allemand, écolier de l’Université de Paris, évêque élu de Liège, et ses gens, contre un tavereier et des bourgeois de la Cité, Philippe- Auguste prit énergiquement en main la cause des premiers. Non content de leur procurer une éclatante réparation, au préjudice de son propre prévôt (qui finit par se tuer en cherchant à s’évader de la prison où il avait été confiné), le roi déclara inviolables pour l’avenir la personne du captai ou recteur, et celle des écoliers, sauf le flagrant délit ; de plus, il reconnut FUniversité tout entière exclusivement justiciable de l’Église, à cause de sa cléricatiire. Ce privilège, naturel et nécessaire dans le principe, bientôt fécond en abus et en désastres, fut confirmé, durant le cours du Moyen Age, par tous les rois successeurs de Philippe- Auguste. Aux termes du diplôme de 1200, chaque prévôt de Paris, le premier ou le deuxième dimanche qui suivait son installation, venait, en présence de l’Université, réunie dans une de ses églises, jurer solennellement d’observer ces exemptions, dont lui-même était le conservateur royal. Cet usage s’observa jusqu’en 1592. Philippe le Bel, de 1297 à 1304; Philippe de Valois, en 1345; le roi Jean, en 1356 et 1357; Charles V, à plusieurs reprises, renouvelèrent et agrandirent ces faveurs, en y joignant les droits de garde-gardienne, l’exemption de péage, de subsides, d’impôt, de contribution et de service de guerre, et même de simple milice urbaine; sans compter le titre honorifique de fille aînée des rois de France qui loi fut octroyé par le dernier de ces princes, et dont elle ne cessa de se parer. (Voy. Recueil des privilèges de ^Université. Paris, in-4% 1612, 1674, 1684, etc.)

Ce ne fut pas toutefois sans de grandes traverses, ni sans une croissante difficulté, qu’elle put mettre à profit toutes ces !)elles prérogatives. L’histoire de la capitale est remplie d'épisodes singuliers, et plus d’une fois sanglants, qu’engendrait à chaque pas la turbulence de cette jeunesse, enhardie par le bénéfice d’une semblable inviolabilité. L’Université avait en main trois moyens de revendication, ou, comme dit du Boulai, trois remèdes contre les infractions de ses privilèges. Premièrement, si la violation venait du pouvoir laïque, elle s’adressait directement h la personne du roi, à qui ressortissait nûment sa juridiction. Si, ecclésiastique, elle recourait, sans intermédiaire, au pape. Elle députait à Rome une ambassade, prise parmi ses docteurs, qui, plus d’une fois, retrouvait sur le trône pontifical, en la personne du successeur de

saint Pierre , la filiale sympathie d’un ancien disciple. Le pape se refusait-il k donner satisfaction , elle en appelait k l’Église universelle et au futur concile. Mais elle possédait une dernière voie, bien autrement sûre et efficace , pour arriver au but de ses prélen-

MONUMENT EXPIATOIRE DU COUVENT DES GRANDS - AUGUSTINS (l4/i0).

Amende honorable faile par les lergenis dn Préïôt de Paris , en réparalion de rinfraetiou des pririleges cléricani et nnirersilaires. Celle pierre était encastrée dans le mur estéricar do courent qui donnait sur Se qnai des Augustins, et subsista , ainsi exposee , jusqu a a evo u ion ran çaise. Elle se troure acloellemenl à l'École royale des Beaux-Arts, à Paris. Notre gravure représente le monument dops son étal actuel.

INSCRIPTION LATINE (sor le socîe),

Conditar hic Petros GaogU cogiiomine dictas , HajQB professor ordinis assldous.

Proth dülor! occobait, preveatos morte nephanda Transfossos latere sacrilego gladio ;

. iste soi perfoBus sanguine leti ,

Inficitar grandi crimine morîifero.

Hoc tamen ulla dies memori ne substrabat evo , Jadicio fîrmo figitar iste la[pis?J

. rata? qaam protalit hajas

Urbis prefectoB , jodicis arce eedeos.

Eiegit fîeri mondi johar atque sopbie

Doctrh aima païens .

. tris auxiliis. Pétri que ceruitis omnes

Signum. Jungatur cetibus angelicis !

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