Ung A, B, C
2. Ungs sept pseaulmes (de la Pénitence). C’était une des premières prières que l’on faisait apprendre par cœur aux enfants, avant qu’ils fussent capables de lire dans les Heures, et ils devaient la réciter mentalement ou h voix basse, soit en assistant h l’office, soit en suivant la procession.
3. Ung Donast ; il s’agit ici d’Ælius Donatus, grammairien romain du quatrième siècle, auteur du Traité de oclo pariibus Orationis, etc. (Des huit parties du Discours).
Ungs Accidens; autre ouvrage de grammaire, traitant des cas et des conjugaisons?
5. Ung Caton. On attribue cet ouvrage à Dyonisius ou Valerius Cato, poète et grammairien, mentionné par Suétone et mort avant l’ère chrétienne. C’était un recueil de distiques moraux, conçu tantôt en latin, tantôt en français, et tantôt entremêlé de l’un et de l’autre. Il se distinguait, suivant son étendue, en grand ei petit Caton, ou Chatonnet, ainsi qu’on en jugera par l’exemple qui va suivre : celui dont nous parlons ici n’est probablement que le Chatonnet.
C. Ung Doctrinal; grammaire latine, extraite de Priscien et mise envers léonins, pour venir en aide à la mémoire, par Alexandre de Villedieu, moine breton de l’ordre des frères Mineurs, originaire deDol, qui, en 1209, régentait avec éclat dans les écoles de Paris. Les deux Caton et le Doctrinal, ainsi que le Donat, se trouvent en multiples exemplaires manuscrits dans les grandes bibliothèques protypographiques; il furent au nombre des livies que propagea l’imprimerie dès ses premiers débuts.
(ies six volumes « bien escripz en beau parchemin et richement enluminés, » avaient (dé « prins et acheptés de maistre .lehan Majoris, chantre de Saint-Martin de Tours, pour l’aire apprendre en iceulx mondit seigneur Charles, » et furent payés cent livres tournois. Le même article nous apprend que ces mêmes ouvrages avaient servi à l’instruc- I ion de Louis, fi-ère aîné de Charles, qui régna depuis sous le nom de Louis XI («ès quelz monseigneur le dauphin avoit appris h l’escolle »), et qu’ils furent « délivrez à maistre Robert Blondel, maistre cVescolle de mondit seigneur Charles.» Jean Majoris, comme on sait, avait été successivement précepteur et confesseur de Louis (Düclos, Jlist. de Louis Xï, 1745, in-12, t. 1, p. 1 1). Robert Blondel remplit à son tour, auprès du frère puîné du dauphin, le premier de ces deux emplois. Ce Blondel est eonnu des érudits comme l’un des historiens de la mémorable campagne qui, en 1450, chassa pour toujours les Anglais de la Normandie.
Le royal écolier possédait, en outie, au témoignage du présent compte ; « ung autre grand Caton, que feit maistre Guillaume de Pargamo, lequel est escript en beau parchemin, de bien bonne lettre, bien et richement historié et enluminé, prins et acheté de lui. délivré à maistre Robert Blondel par la cause dessusdicte, et payé à Guillaume Lalement, mai cbant. demeurant à Bourges, par ordre de monsieur le trésorier de la l eine,
la somme de cent livres tournois. » [Archives du Royaume, K.; registre 55, f. cxix verso j .
Ces differents ouvrages, et quelques autres analogues, étaient d’un usage à peu près universel dans les écoles delà chrétienté. Un livre fort curieux de celle espèce, et de la même époque, a été remis récemment en lumière par le Camden society d’Anglelei’re, sous le titre de Promplorium parmilorum sive clericorum, auctore galfrido, etc. Ad fidem codicim recensuit alb. way. Tomus prior; Loiidini, 1843, in-4® (tiré à petit nombre, pour les membres de ce club ou association littéraire). C’est un Dictionnaire anglais-latin, composé vers 1450 dans le dialecte du Norfolkshire , et qui servait, comme son litre l’annonce, aux compositions des jeunes écoliers. Nous nous bornerons, pour ce genre d'indications bibliographiques, à celles qui précèdent. Nous les avons choisies à dessein parmi les moins connues, et d’une date relativement ancienne. A partir du seizième siècle, en effet, les livres de classe, multipliés eux-mêmes par l’imprimerie, laissent des traces de plus en plus répandues, et dans les Bibliothèques, et dans les autres ouvrages qui les mentionnent. Ou en trouve notamment, au premier livre de Gargantua , une abondante énumération; et telle était, au Moyen Age, la force de conservation qui animait toute chose, que ces traités, amèrement critiqués depuis si longtemps, se perpétuèrent dans l’enseignement et ne cessèrent d’être réimprimés, jusque vers la fin du dix-septième siècle.
Le latin, durant le Moyen Age, était à la fois la langue de l’église, la langue littéraire, celle de la science, et enfin l’idiome commun des nations chrétiennes. Ces considérations expliquent facilement pourquoi, de tout temps, le latin fut employé, à l’exclusion des dialectes vulgaires, dans les anciennes universités, les collèges et les grandes écoles. Mais lorsque peu à peu l’esprit moderne eut ouvert à l’entendement humain comme un monde nouveau; lorsque des principes moraux, inconnus à rantiquité, eurent créé, dans les relations sociales, une multitude d’idées et d’habitudes de l’âme, que les idiomes anciens n’avaient jamais dû traduire; lorsqu’enfm les nations, devenues adultes, furent définitivement formées; alors, il s’établit, entre le latin et les langues vivantes, une sorte' de lutte, dont il est curieux d’étudier les péripéties dans les annales de la pédagogie, et dont fissue devait être, après d’héroïques efforts en faveur de l’idiome immortalisé par Tacite et Virgile, de réduire à peu près universellement le latin à l’étal de langue morte. Dès la première moitié du quinzième siècle, on voit se déployer, au sein des écoles, un appareil de prohibitions et de châtiments, pour repousser finvasioii ou rempiétemeni du français, que l’enfant y apportait avec les primitives inllueiices de 1 éducation maternelle. Le règlement de 1436, que nous avons cité plus haut, admet deux sorI(^s de latin : le latin congru, que devait parler tout élève parvenu à l’éiude du Doctrinal ou syntaxe latine, et le latin incongru, à fiisage des écoliers qui suivaient les classes élémentaires. Mais l’emploi du français, même pour la conversation et hors des écoles, est généralement interdit. (Voy. Arch. de l’Aube, p. 432, art. xxxii et xxxiii.'l Vers la fin du même siècle et au commencement du seizième, quand les chefs-d'œuvre littéraires do fantiquité, recherchés, commentés avec une nouvelle ardeur par les érudits, multipliés à l’aide de la presse, reçurent, au milieu de l’Europe régénérée, celle ovation enthou-
siaste quel' histoire a nommée \?i Renaissance, le langage scolastique, retrempé lui-même à cette source vive, y puisa de nouvelles forces pour soutenir la lutte dont nous avons parlé. On vit alors des hommes, même d’une haute valeur intellectuelle, composer, à l'usage de l’enfance, des dialogues familiers, où la langue du siècle d’Auguste servait d’interprète h de jeunes garçons du temps de Charles-Quint et de François Nous nous bornerons h citer, parmi ces curieuses tentatives, les Colloques d’Adrianus Barlandus de Cologne, ceux du Hollandais Erasme , et chez nous, ceux du célèbre Mathurin Cordier. Mais ces efforts devaient être cà peu près vains , et l’on peut faire, à l’égard du dernier de ces auteurs, une remarque singulière ; c’est que le seul de ses ouvrages qui lui ait survécu dans nos écoles, fut précisément écrit en français. Il parut d’abord sous ce titre : Miroir de la jeunesse, pour la former à bonnes mœurs et civilité de vie. Poitiers, 1559, in-16. C’est le livre aujourd’hui encore si connu sous le nom de Civilité puérile et honnête.
Disons enfin quelques mots des jeux. La bibliographie des jeux en général, formerait à elle seule une encyclopédie. Rabelais, au livre I", chapitre 22, de son Odyssée bouffonne, sous le titre captieux de Jeux de Gargantua, nous donne une longue énumération des divertissements, qui se pratiquaient de son temps, non-seulement parmi les écoliers, mais dans le monde. En ce qui concerne spécialement les jeux usités dans les écoles, ces dialogues familiers dont nous nous occupions il y a peu d’instants (Erasm., Math. Corder. ; et Lüd. Viv., Lusus puériles, Paris, 1555, in-8), nous en fournissent une nomenclature, qui, sauf la forme de quelques termes, nous semble être demeurée à peu près exacte et complète. La voici en français du seizième siècle : La boule, courte ou longue : la mousche, les barres ; le chevau- fondu la savatte; le pot-cassé; le sault, ou course à pieds-joints, à cloche-pied, à toutes jambes; \e palet ; la dance moîisque, fol de morisque ; \eject de la pierre , la luicle (combat à bras-le-corps); la clicquette, ainsi que fuict un ladre, formée de deux os plais, ou crecelle ; les quilles , la balle , la paulme , le ballon , la crosse ou balle crossée; la toupie, le saboi ; la fossette avec des noix (et plus tard avec des billes)', le per ou non; les oncliets , les cartes , les dames et les échecs. En 1589 (même date que le vitrail de Strasbourg), un éditeur d’estampes, nommé Nicolas Prévost, qui demeurait à Paris, rue Monlorgueil, à l’image Saint-Antoine, mit en vente une sorte d' Album imprimé, sous ce titre : Les trente-six figures contenant tous les jeux qui se peuvent jamais inventer et représenter par les enfans , avec les amples significations desdites figures, mises au pied de chacune d'icelles , en vers français, etc. (in-4-“ oblong. gravures sur bois). Cet opuscule, aujourd’hui rai'issime, est au nombre des joyaux bildiographiques dont se compose le cabinet de M. Jérôme Pichon. Ici se bornent les renseignements que nous devions présenter au lecteur sur les jeunes habitants de nos anciens collèges. Pour les élèves des classes supérieures, qui s’y préparaient directement a l’exercice des professions libérales, ils doivent être assimilés à ceux des Facultés : les uns et les autres, sous le titre commun d'écoliers, trouveront ci-après un chapitre que nous leur consacrerons spécialement.
Nous cornplotoroiîs C6S doîails pîir iino liste a!phulx*ii(|uo, fjue nous croyons ;i peu près complète, des principaux collèges établis à Paris pendant le Moyen Age, avec la date de leur fondation.
Collégp des Cholets. . . . |295
— de Clermont, puis Loiiis-le-Grand. .... t564
— de Cluny . 1269
— Coquerel . 1450
de Cornouaille . t5i7
— Dace . du 12' au 14® siècle.
— de Dainville . . . 1380
du Dauphiné (fondé, mais non établi). . . 1558
— des Dix-Huit, ou de N. D., fondé vers 1180,
renouvelé en . 1568
— des Dormans . 1556
— des Écossais . 1526
— de Forlet . 159!
— de Gervais, ou Maître Gervais Chrétien. . . 1570
— des Grassins . 1,569
— de Justice . I555
— de Harcourt . 1280
— de La Marche . 1425
— de Laon . I3]4
— de Lisieux. . . 1536
— des Lombards . 1354
— du Mans . 1526
— de Marmoutiers . 1529
OLLÉGE des Allemands, fondé vers . 1548
— Aubusson . exista du 14« au 15« siècle.
— de l’Ave Maria ou de Huhand, en . 1.559
— tl’Arras . . 1502 ou 1522
— d’Auluii . 1557
— de Bayeux . • . . 15OS
— de Beauvais (Voy. Dormans) . 1.509
— des Bernardins . 1244
— de Boissy . . 1550
— de Boncour . 155.5
— des Bons-Enfants-Saint-Honoré . 1208
— des Bons-Enfants- Saint-Victor . 12.50
— de Bourgogne . 1 5.52
— de Calvi (dépendance de la Sorbonne) . . . 127(1
— de Cambray, ou des Trois Évêques . 1548
— des Capucins de Constantinople (Voy. La
3Î arche.) . 1204
— du Cardinal Lemoine . 1502
— de Cbenac ou de Saint-Michel . 1524
Collège de la Merci . 151.5
— Mignon . 1343
— de Monfaigu . 1514
— . de Narbonne . 1517
— de Navarre . L504
— du Plessis . 1525
— de Prémontré . 12.52
— de Presle . 1515
— de Reims . 1
] „ , I fondés en 1412 , réunis en. . 1445
— de Hetlicl. '
— Royal ou Collège de France, vers . 1550
— de Saint-Denis, vers . 1265
— de Sainte-Barbe . 1556
— Sainte-Catherine du Val-des-Écoliers . . . . 1229
— de St.-Nicolas-dn-Cbardonnet . 1157
— de St. -Nicolas ou St. -Tboinas-dn-Lonvre, V. 1189
— de Séez . 1 J27
— de Sorbonne . . 125(1
de Suède . date inconnue.
— de Tournay. vers . 1292
— de Tours . 15.54
— du Trésorier . 12lî8
— de Tréguier, ou Léon . . 1525
Mœurs et usages de la vie civile.
UNIVERSITES, Fol. XVII.