FAUCONNERIE
auconnerie, c’était non-seulement l’art de chasser avec le faucon , mais encore l’ai-t de dresser les oiseaux de proie pour la Chasse. Cet art , cette science remonte à la plus haute antiquité.
Les poètes racontent qu’Hiérax, roi des Mariandyniens, ayant porté secours aux Troyees, punis par Neptune parce qu’ils négligeaient son culte, ce dieu se mit en grande colère, souleva la plus effroyable tempête et brisa tous les vaisseaux d’Hiérax. Le navire royal résistait encore, lorsque des milliers d’oiseaux vinrent fondre sur l’équipage;
Pt rt’. t a empêchaient de voir
” on en tuait dix, il en revenait cent. A la fin, le pauvre
. fut renverse dans la mer où il allait péri.', Jupiter eut pitié de lui. et le chaugea en epervier. De là vient la haine de cet oiseau conti-e les
Tommes v„T ?>-■'!< » f»™rise,. les plaisirs des
Les T,'ojens chassaient au faucon; Ulysse eut, dans sa pa.-t de butin
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savânt^o l“ r“ '8"“'“ G.ecs; le.
TtTu’ljr *7’’'''’ Sciennarum,
qu Ulysse appm des T.oyens fart de chasser a., làucon et l'ensei.mà
aux brecs pour les consoler des pertes tju’ils avaie.it éprouvées au siège
FauconnêrlT • ” Héhi-eux connaiss;iieut b
Fauconnene, comme le prouve ce passage du Lévitique : «àV nuis ,r,„„io„c
vet aucupw avem mil feram cepent, , etc
MoÏÏT Age'et'de h‘’n'“ ‘'‘‘s g™»ds seigneu.s du
Moyen Age et de la Renaissance. Les prélats eux-mèmes se délas.saie,it de
eurs graves occupations, en chassant au faucon; mais, comme ils ne vou laient pas se donner la peine de d.ess»,. les M»..Duju*i.,i,p„„ “ ■■«levancos
CHASSE Fol. XIII
leur accordaient des faucons apprivoisés et exercés à la Chasse. La terre de Maintenon devait tous les ans à l’évêqiie de Chartres « un espervier armé et prenant proye, « c’est-à-dire dressé à la Chasse, garni de jets, de sonnettes, de chaperon, et propre à prendre les perdrix et les cailles. Cependant les conciles défendaient toute
espèce de Chasse aux ecclésiastiques. Cela n’empêchait point le pape Léon X de chasser au faucon , dans les environs de Viterbe, toutes les fois que le temps le lui permettait.
Non-seulement les prélats chassaient au faucon, mais encore plusieurs d’entre eux ont enseigné l’art de chasser ainsi. Gace de la Vigne (le manuscrit de la Bibliothèque Nationale, n”7627, le nomme de la Vingm)^ premieichapelain du roi Jean, dans son Roumanl des desduils de (a Chasse, cite Denis -le -Grand , évêque deSenlis,et Philippe de Victri, évêque de Meaux, comme auteurs de traités sur la
Fac-similé .l'cae gravure sur buis .lu XVIr sibcle. Cab. des Estampes. Ilibl. nal de Paris
Fauconnerie.
La Fauconnerie était tellement en honneur autrefois, qu un gentilhomme et meuie une dame châtelaine ne paraissaient pas en public sans avoir le biucon sur le poing. Beaucoup d’évêques et d’abbés les imitaient : tous entraient dans les églises avec leurs oiseaux, qu’ils déposaient, pendant l’office divin, sur les marches de l’autel, et souvent sur l’autel! Les prélats les mettaient du côté de l’Évangile, s’attribuant ainsi la place d’honneur : les seigneurs laïques les plaçaient a droite , du côté de 1 Épîtie. Dans rémonies publiques, dans les réceptions solennelles, les nobles hommes portaient un faucon sur le poing droit, comme ils portaient une épée sur la cuisse gauc e. règne de Henri II', lorsque le coniiéFible de Montmorency fut envoyé en Angleteri<‘
pour ratifler le traité qui nous rendait Boulogne, pris par les Anglais sous François I", « il mena avec luy six vingts gentilshommes de la première qualité du royaume, qui, pour rendre son entrée dans Londres plus pompeuse, portoient un faucon sur le poing. •> L’épée et l’oiseau de proie étaient les marques distinctives inséparables des gentilv
hommes. Par les Capitulaires de nos rois, il leur était défendu de s’en de.ssaisir et même de les donner pour prix de leur rançon , s’ils étaient faits prisonniers.
Dès le onzième siècle , les châtelaines ne soitaient plus de leurs châteaux sans avoir le faucon sur le poing. Les gens de guerre portaient leur faucon, même dans les batailles. Le moine Abbon, en parlant du siège de Paris par les Normands, sous le roi Eude , dit que les chevaliers chargés de défendre une des portes de la ville, vovant leur résistance inutile, donnèrent la liberté à leurs lançons, pour que ces nobles oiseaux ne tombassent pas au pouvoir des ennemis. Ce ne devait pas être un petit embarras , cpie c ette (juantité de faucons
N’OBLE PIIOVE.VÇAL (XV« biècle).
Düx.x.Ar.T, Costumes des •V*' au XVI^ siècles
dans une armée. Pendant le combat, les chevaliers fais;iicut tenir les oisc'aux par leurs écuyers, et les reprenaient ensuite. L' Histoire du cfiei'alier lîaijard, jxir le Loyal Serviteur, raconte que, la garnison de Legnago ayant été totaUanent dcTaite dans une sortie cpi’elle fit sur les Vénitiens, ceux-ci se présentèrent aux portes de la ville avec trois faucons qui faistiient partie du butin. Les seigneurs séculiers qui étaient en même
ÎIV
temps abbés laïques, faisaient un singulier mélange de l’habit militaire avec le costume ecclésiastique , et portaient toujours l’oiseau sur le poing. On voyait encore , au siècle dernier, sur la porte du Grand -Conseil, rue Saint-Honoré, un tableau représentant Claude de Beauvoir, seigneur de Cliastelux, chanoine-né de l’église d’Auxerre, avec le surplis sur la cuirasse, l’épée au côté, botté, éperonné, coiffé d’un chapeau à plumet, l’aumusse sur le bras, l’oiseau sur le poing.
La passion qu’on avait autrefois pour la Fauconnerie était si grande, qu’on classa parmi les oiseaux nobles tous ceux qui pouvaient servir h la Chasse; les autres étaient reconnus ignobles ; le vautour, l’aigle lui-même, furent rangés dans cette dernière catégorie. De Thon dit pourtant qu’on dressait le plus petit des aigles, appelé Valeria, et qu’il attaquait le lièvre, le renard et le blaireau. D’Arcussia dit aussi que les aigles dressés font merveille dans les pays de montagnes; mais « en plaine ils ne peuvent aisément tenir sur aile et ne sont bons à aucun vol. » Les savants, les naturalistes du Moyen Age, pour se conformer aux mœurs de l’époque, n’hésitèrent pas néanmoins à détrônei' l’aigle et à lui donner, dans leurs livres, une place au-dessous du hobereau. Ce fut plus tard qu’on appliqua aux petits gentilshommes campagnards le surnom de hobereau, pai'ce que, n’étant pas assez riches pour avoir des faucons, ils chassaient les perdrix et les cailles avec le hobereau , qui est le plus petit des oiseaux de proie. Tout le monde cependant ne reconnaissait pas la déchéance de l’aigle ; ainsi, on lit, dans un Roman de faulconnerie écrit sous le règne de Philippe-le-Long, un trait assez singulier, qu’on peut attribuer l\ Louis IX. Ce roi étant à la Chasse du vol, un faucon attaqua un aigle et le tua. Les courtisans louèrent beaucoup la hardiesse et la vigueur du faucon; mais le roi ordonna qu’on le mit à mort , parce qu’il avait eu l’insolence d’attaquer le roi des oiseaux.
Les rois de l’Europe déployaient alors un grand luxe de Fauconnerie , mais ce n’étail rien auprès des magnificences de la Fauconnerie orientale. Le comte de Nevers, fils du duc de Bourgogne Philippe-le-Hardi, ayant été fait prisonnier à la bataille de Nicopolis, fut présenté au sultan des Turcs Bajazet, qui lui montra ses équipages de Chasse , où l’on comptait sept mille fauconniers et autant de veneurs. Le duc de Bourgogne , apprenant cela , rassembla douze faucons blancs, oiseaux fort rares, et en fit hommage à Bajazet, qui lui rendit son fils en échange.
Les princes voulaient imiter les rois ; les gentilshommes, les princes. Bien des gens devenaient fauconniers, non pour leur passe-temps, mais par ambition; le désir de se faire bons courtisans ruinait leur fortune. C’est ce que Jean de Saint-Gelais ( Chroniques du règne de Louis XII) reprochait aux gentilshommes de son temps, qui, avec mille livres de rente et moins voulaient faire comme le roi , et avoir vol pour héron , poiii milan et toute autre volerie , » tandis qu’ils auraient dû se contenter de quelques oiseaux pour rivière et pour les champs , c’est-à-dire d’un ou de deux faucons pour chasser les canards et les perdrix, sans dépenses et sans attirail.
Autrefois, tous les gentilshommes, riches ou pauvres, chassaient au faucon; ceux même pour qui la Chasse n’était point un plaisir, avaient des oiseaux po«r enlrelenir no-
blesse. C’était un droit qu’ils ne voulaient pas plus laisser tomber en désuétude, que b* droit de Chasse; aussi, les vieux historiens racontent que la noblesse française fut soumise à de rudes épreuves, lorsque, après la captivité du roi Jean, elle vit les Anglais vainqueurs chasser partout à discrétion. Édouard III, qui traversait la France avec son ai mée, « avoit bien pour lui, dit Froissart, trente fauconniers à cheval, chargés d’oiseaux, ei bien soixante couples de forts chiens et autant de lévriers, dont il alloil chacun jour ou en chasse ou en rivière, ainsi qu’il lui plaisoit : et y avoit plusieurs des seigneurs et des riches hommes qui avoient leurs chiens et leurs oiseaux comme le roi. «
C’était un noble et royal plaisir que de faire attaquer le héron , le canard , la perdrix, et même le milan, dans les nues, par un oiseau de proie apprivoisé et obéissant; mais aussi quelles dépenses excessives causait ce plaisir ! Combien de fauconniers, de chiens, de chevaux , de faucons! Il fallait être bien riche pour avoir une Fauconnerie propre à fournir tous les vols. On appelait vol du lièvre , vol du héron , vol du milan , etc. , l’équipage de faucons, de chiens et d’hommes, spécialement destiné à chasser le lièvre, le héron, le milan, etc.
Le commerce des faucons était énorme au .Moyen Age; on les apportait de la Suède . de la Norvège, de l’Islande, de l’île de Chypre, de la Turquie, de l'Espagne, de Tuni^ et de -Maroc. Les faucons de la Turquie étaient fort renommés pour la Chasse du héron : aussi, l’arrivée d’un marchand de faucons turcs devenait-elle une chose importante, et l’on s’en occupait longtemps à l’avance. Louis XI fit dresser des embuscades et veiller nuit
et jour sur tous les chemins, pour enlever des faucons que le duc de Bretagne devait recevoir de la Turquie. La manoeuvre réussit dans les environs de Tours, et les oiseaux furent apportés au roi. « Par Notre-Dame-de-Cléry ! dit Louis XI , comment vont faire le duc François et ses Bretons ? ils seront bien marrys du bon tour que je leur joue. »
Un faucon bien dressé obéissait au sifflet, à la voix, au geste du fauconnier. Que de soins, que de patience il fallait pour obtenir ce résultat! L’éducation du faucon niais était plus facile que celle du faucon hagard : le premier pris dans le nid , le second dans les airs. On avait trouvé des méthodes fort ingénieuses pour le dompter et le rendre docile : en lui ôtant momentanément la vue , en le privant de sommeil , en le caressant , en lui donnant une nourriture choisie, et surtout en ayant une patience continuelle , on
parvenait à dresser un faucon sauvage comme un animal domestique. Aklrovande assure que dans presque tous les nids de faucons il y a trois petits : deux femelles et un mâle ; ce mâle , étant le tiers de la couvée , s’appelle , par cette raison , liercelet. Tous les oiseaux de proie qui servaient à la Chasse, prenaient le nom de faucon; tels que le gerfaut, le sacre, le lanier, l’émerillon , le hobereau, etc. Le mâle, chez les oiseaux de proie, étant d’un tiers plus petit que la femelle, se nommait tiercelel. On désignait ainsi généralement, dans la Fauconne- «ci-deyisc coraetonafdiunfaoco.ic! meisauvagino. . |.j0 ]0g oiseaux mâles , Guoique le tlercelet fût, à
rac-simile d une miniature du ins. du Livre du voij Modus. ' y J l J
propi’ement parler, l’autour mâle. Le lanerel, le sucret, Vémouchet étaient les mâles du lanier, du sacre et de l’épervier. L’oiseau de proie mâle chassait la perdrix et la caille, tandis que la femelle était lancée contre le lièvre, le héron, le milan ou la grue. On appelait faucon anlénaire celui qui, n’ayant pas encore mué, portait ses plumes de l’année précédente (anle annum). Les faucons pris en juin ou juillet étaient des faucons gentils, parce qu’ils se dressaient facilement. Ceux pris à la fin de l’année étaient des faucons pèlerins; et puis, venaient Valphanet, le barbarol, le tunisien, qui étaient apportés de l’Afrique. L’autour, l’épervier, le gerlâut et l’émerillon étaient nommés oiseaux de poing , parce qu’ils revenaient sur le poing quand on les rappelait. Le faucon, le sacre, le lanier, le hobereau, étaient des oiseaux de leurre , parce qu’il fallait leur montrer le leurre pour les faire revenir.
Le leurre était un simulacre d’oiseau, en drap rouge, pour qu’il fût vu de loin, rembourré, pour que le faucon pût s’y poser facilement, garni d’ailes de perdrix, de canard ou de héron, suivant la circonstance. Pour la chasse du lièvre, le leurre était couvert d’une peau de cet animal. Le fauconnier faisait tourner comme une fronde, en sifflant, ce leurre attaché à une laisse. Le faucon , habitué à trouver de la chair de volaille sur ce leurre, accourait pour recevoir sa récompense.
Le plus beau présent que l’on pût faire alors à une dame, au roi, au grand seigneur
dont 011 espérait une faveur quelconque, c’était un faucon bien dressé. Tous les ans,
Varlets de Fauconnerie, fac-siinile d’une miniature du ins. du Livre du roy Modus.
l’abbé de Saint-Hubert envoyait six chiens courants et six faucons au roi de France pour le remercier de sa protection pour l’abbaye. Nos rois recevaient des faucons, de plusieurs souverains, soit à titre d’hommage féodal, soit comme acte de courtoisie ou d’amitié. Chaque année , le roi de Danemark en envoyait , au mois d’avril ; le grand - maitre de Malte, au mois de mai. C’était alors une grande affaire à la cour, que la réception solennelle de ces faucons en audience publique ; l’essai qu’on en faisait plus tard dans la plaine ou sur les étangs , défrayait l’entretien des courtisans pendant six mois.
Un faucon bien dressé était toujours un oiseau rare et se payait fort cher; sous le règne de Jacques I", sir Thomas Morton en acheta un mille livres sterling. Gace de la Vigne, racontant les exploits de deux faucons que Du Guesclin avait donnés à Charles VI, dit qu’ils abattirent une grue , assez forte pour soutenir à terre un vigoureux combat contre deux lévriers; cependant ils linirent par la prendre. Le comte de Tancarville s’écria plein d’enthousiasme ; « En nom Dieu ! ne donnerois mie le plaisir que j’ay, pour mille petits florins ! »
Dans une partie de Chasse que Louis XII offrit à l’archiduc Maximilien , Mai ie de 1 Bourgogne, épouse de ce prince, tomba de cheval et mourut. Le roi lit présent de ses 1 meilleurs faucons à l’archiduc pour le consoler. Les chroniqueurs disent que « perdrix ; et hérons, canards et cailles, pris tout en chevauchant vers ses États, lui tollirenl son chagrin. »
Le faucon était regardé comme l’oiseau noble par excellence, à tel point qu’on ne se . servait jamais, pour un faucon, des ustensiles qui avaient déjà servi pour un autre. Voici ce que dit Le Roy Modus : « Qui a nouvel faulcon, il doit avoir nouvel arroy. conie un gant bel et blanc, et de cuir de cerf mol et pasteux, et laisse de bon cuir, laquelle doit estre atUichéeau gant; et doit estre pendue une brochette à une cordelette, de laquelle on doit manier et replanier le faulcon. » Car il ne fallait pas toucher le faucon avec' les
mains; on le caressait doucement avec une baguette, en lui parlant, en le sifflant pour
Le roi Modus enseignant Tari de la Fauconnerie. Fac-similé d'une miniature du ms. du Livre du 7'oy Modus.
qu’il reconnût la voix de son maître ; avec cette baguette , qui servait aussi à la correction de l’oiseau, on l’empêcbait de dormir, ou bien on le maniait et replaniail. Le gant que mettaient les dames et les rois pour porter le faucon, était toujours richement orné. Charles VI, envoyant h Bajazet des faucons et des autours, lui envoya aussi des gants brodés de perles et de pierreries, qui firent l’admiration de la cour de Constantinople.
Les jambes du faucon étaient garnies de jets (courroies), avec lesquels on l’attachait sur le perchoir; il portait deux sonnettes (grelots), pour qu’on pût l’entendre lorsqu’on ne le voyait pas. I.a ville de Milan était renommée par toute l’Europe, pour la fabrication <le ces grelots. Les deux sonnettes d’un oiseau ne devaient pas être à l’unisson, mais différer entre elles d’un demi-ton pour qu’elles eussent une harmonie dridrillante. Au bout du jet était un petit anneau de cuivre appelé vervelle, sur lequel on gravait le nom fin propriétaire de l’oiseau. Dans la Fauconnerie royale, sur toutes les vervelles on lisait d’un côté : Je suis an roy ; sur l’autre face, était écrit le nom du grand-fauconnier. Les sonnettes portaient des armoiries. Le chaperon de cuir que l’on mettait sur la tête du faucon, pour l’empêcher de voir lorsqu’il ne chassait pas, était surmonté d’un riche (xmache, fait avec des plumes d’oiseaux rares. Les finicons des princes se reconnaissaient toujours aux ornements qui recouvraient le chaperon : il était brodé en or, quelquefois en perles, et le panache était en plumes d’oiseau de paradis. Dans un compte des menus plaisirs du roi Charles VllI, année 1491, on lit : « Item une grande perche pour mectre les oyseaulx en ladicte chambre du roy, deux solz. //cm à Jehan Blanchard, faiseur de chaperons pour les oyseaulx dudict seigneur, vu livres x solz pour v douzaines de chaperons. A Philippe Lecoutelier, faiseur de sonnettes à oyseanlx, pour chascune douzaine de sonnettes, xxxv solz. » La pénalité la plus terrible menaçait les voleurs de
Ihucoiis. Le faucon volé devait manger six onces de chair sur la |)oilri/ie du voleur, a moins que celui-ci ne préférât payer au propriétaire de l’oiseau six solz d’indemniU* <■( deux solz d’amende pour le roi.
Quand le faucon était accoutumé à vivre avec l’homme, les chevaux et les chiens, sans s’effaroucher, on le mettait à la filière, c’est-à-dire qu’on l’attichait à uiui ficelle qui lui permettait de voler à petite distance, et on le rappelait sur le leur re, où il tr ouvait bonne pitance, accompagnée de caresses et d’encouragements. Orr hri lâchait une
U Ci-devise commeDt l’on doit liemer fducon uouviel.» Fac-similé d'une mintyfure du ms. dir Liv7'e dv roy Modus.
perdrix blessée, pour qu’il pût la saisir tout près du fauconnier. Une Ibis formé à ces exercices, on lui ôtait la filière et on le lançait libre dans l’air, en ayant toutefois h* soin de lui donner à poursuivre des cailles ou des perdrix auxquelles on avait ar r ache' quelques plumes des ailes pour rendre leur vol plus lent et moins long. S’il s’agissait d(' dresser le faucon à voler le lièvre, on se servait d’un lièvre empaillé tr’aîné par une ficelle. Le faucon, habitué à ne manger que sur un leurre de lièvre, fondait sur- le manrrequin, le déchirait avec son bec, et trouvait dans l’intérieur un poulet vivant, dont ou lui abandonnait la tête et le foie. La tête du perdreau , du canar d , etc. , était toujour s le partage du faucon; de là vient l’usage, qui se conserve encore, de ser vir ces oiseaux sans tête sur nos tables. Après l’épreuve du lièvre empaillé, t)u lançait le faucon sur- un lièvre vivant dont une des pattes antérieures était cassée, ce qui r’endait sa i ourse moins vive.
Voulait- on dresser le faucon à l’attaque du milan, ou commençait par accouturneideux faucons à vivre ensemble en bons frères; car si , dans les airs, ils s’étaient cherclu' querelle, la Chasse aurait manqué. On se procurait d’aborxl une poule, de laeouleirrdu milan, et on la leur livrait. Plus tard, on leur présentait urr véritable milan attaché à la filièr-e , ayant le bec et les ongles rognés pour qu’il ne pût blesser les appr entis faucons. Du moment que les fimeons avaient lié leur pi'oie, ou la leur ôtait en leur donuarrt à manger sur le leurre la chair d’un poulet. On faisait de même })our dr'esser le faucon à chasser le héron et la grue. Il fallait avoir ces oiseaux vivants, amoitrdrir leur vol et leur ôter les moyens de se défendre, afin que les faucons s'exer-çassent à les pour'suivie et h les attaquer dans l’air. Il fallait donc une basse-cour’ immense, pour nourrir une Mœdfs el Usages de la vie privée. CHASSE Fel XVll.
Fauconnerie; il fallait, pour l’entretenir et pour en faire usage, des fauconniers de tous grades, des chevaux, des chiens, des perdreaux vivants, des hérons vivants, des milans vivants, etc., etc. On avait des faucons dressés uniquement pour la Chasse du héron, d’autres pour la Chasse de la perdrix , du canard, etc. 11 fallait éviter le change en Fauconnerie, comme en Vénerie : on disait qu’un oiseau prenait le change, lorsque, lancé siii' un gibier quelconque, il le négligeait pour prendre des alouettes, des pigeons et d’autres oiseaux qu’on dédaignait de chasser.
Ce devait être un curieux spectacle que de voir des faucons lancés contre un milan l’attaquer à la fois et le forcer à foire la virevolte^ c’est-à-dire à descendre du haut des airs avec la rapidité d’un boulet de canon. C’est là ce que décrit Claude Gauchet, aumônier de Charles IX, dans son poème du Plaisir des champs :
Or on void à la fin des célestes planchers Tomber de la hauteur de quatre grands clochers Le milan esperdu , qui d’une œsle pesante Assailli des oiseaux faict en bas sa descente.
Lors les oiseaux veinceurs , et non faillis de cœur,
Le chücquent tour à tour de si grande vigueur Que les griffes en hault est contrainct de descendre Afin des assaillants qu’il puisse se defendre.
Mais des coups qu’il reçoit au rencontre impiteux ,
Qui le font geindre et pleindre, enfin de l’un d’iceux En reçoit un si grand , là où ses larges œsles Se joignent çà et là sur ses larges œsselles,
Qu’il ne peut faire tant que par si grand effort ,
Crevé dedans le corps, il ne tombe mi-mort.
Guillaume Crétin, chanoine de la chapelle de Vincennes, sous Louis XII, avait dit aussi , en parlant du plaisir qu’on éprouvait à voir un héron précipité du haut des nues par la vigoureuse attaque de faucons :
Qui auroit lors la mort entre les dens,
Tl revievroit d’avoir tel passe-temps.
Il arrivait souvent qu’un faucon , après une lutte contre le milan , la grue ou le héron, eût quelques plumes tordues et cassées : on avait trouvé moyen de les redresser ou de les remplacer. Quand une plume était tordue, on la trempait dans l’eau chaude, ou bien on la plaçait dans un tronc de chou, fendu en long, que l’on chaulfoit graduellement. Quand la plume était cassée, on la coupait en biseau et l’on juxtaposait une autre |)lume d’un oiseau de même âge, également faillée en biseau; on attachait ensemble les deux plumes avec une aiguille de fer trempée dans du vinaigre pour amener la rouille, et l’oiseau ne s’apercevait pas de la métamorphose. Quelquel’ois on changeait ainsi tout le pennage de l’oiseau. Un faucon maigre et Huet, avec de trop grandes ailes.
ne pouvait lutter contre le vent, comme un navire qui porterait trop de voiles : on Ini rognait les ailes dans une proportion qui fût en harmonie avec le poids de son coi ps; si , au contraire, il était gros et gras avec des ailes courtes, on les allongeait au moyen de nouvelles plumes. On conservait soigneusement, pour s’en ser vir au besoin , les |)Iijmes des faucons morts; tout cela était étiqueté, selon ràge,le sexe et res[)C'ce de l’oiseau, avec le numéro d’ordre que chaque plume avait dans l’aile ou dans la (jueiui. On raccommodait aussi les jambes et les ailes cassées; car les fauconniers <*taient bons chirurgiens; ils avaient trouvé remède à tout, exceptri lorsrjue l’aile (Hait cassc'e à l’articulation.
Un fouconnier, pour être expert en son art, devait savoir bien des choses; mais, l’emploi de fauconnier se transmettant de père en fds, le fils profitait des leçons de son père en y ajoutant les fruitsde sa propre expérience. La Fauconnerie fut sur tout en gr and honneur au quatorzième siècle ; le nombre des nobles chassant au faucon était aloi-s si considérable, que dans les salles des hôtelleries, sous le manteau de la haute cheminée, il y avait des perchoirs recouverts de peaux pour y mettr e les oiseaux pendant le dîiKu des chasseurs.
Les chiens jouaient un grand rôle dans la Chasse au faucon; il fallait des chiens de plaine, pour faire lever la perdrix; des chiens barbets ou autres, pour nager dans les marais , rivières , étangs , et en faire partir les canards et les hérons ; des léviâers, pour saisir la grue, le héron , le milan , lorsque les faucons les avaient foi’cés de descendi-e ;i terre.
« Ci devise la maniéré de faire son espervier nouvel voler.» Fac-siniile d'une miniature du ms. du Lirrr du rotj \]odus.
Tous ces chiens étaient dressés à chasser au milieu des chevaux , et surtout à ne jamais faire de mal aux faucons. Dans son ode sur la Chasse, Jodelle parle de la bonne inielligence qui régnait entre chiens et faucons ;
.le diroy qu’en ce vol il faut Des lévriers pour le héron prendre,
Et qu’à l’heure qu’il chet d’en haut,
Les oiseaux que l’on a pu rendre Si sages, crainte aucune n’ont Des chiens : et ces chiens qui se dressent Ainsi si bien , jamais ne blessent Ces oiseaux qui communs leur sont.
Ainsi que la Vénerie, la Fauconnerie avait sa langue à part; il fallait la connaître, dès qu’on se mêlait de Chasse à l’oiseau, sous peine dépasser pour un roturier ignorant. Voici ce que dit le jésuite Claude Binet, dansV Ævis au lecteur qui précède sa Fat<co««cne française : « C’est un plaisir de roi que la volerie, et c’est un parler royal que de savoir parler du vol des oiseaux. Tout le monde en parle, et peu de gens en parlent bien ou
font pitié à ceux qui les escoutent.
Tantost cestuy-ci dit la main de l’oyseau , au lieu de dire la serre, tantost la serre au lieu de la grifl'e , tantost la griffe au lieu de Vongle et du crochet; bref, ils pensent que tous les termes servent à tous les oyseaux, ce qui est une vraye ignorance. Ce petit essay que je vous donne vous fera parler avec honneur et sans rougir en bonne compagnie. Vous sçaurez ce que c’est que voler à lire d'aisle, à reprises, au fl du vent, nageant entre deux airs, en battant la nue, par glissades, en bricoles, en rodant, à droit fl, à plomb, à vol perdu, vol de guerre et de combat, vol déplaisir, fendre le ciel, fondre à bas, à l'essor, balancer son vol, et cent autres façons de dire. ’>
Une Chasse, qui était une science, un art, qui avait une langue technique, devait avoir des écoles et des professeurs. La meilleure école était la Fauconnerie du roi.
« Le grand-fauconnier, dit le maréchal de Fleuranges, dont l’état est de quatre mille llorius, a sous lui cinquante gentilshommes, qui ont d’état cinq ou six cents livres, et cinquante fauconniers-aides à deux cents livres d’état; c’est lui qui nomme à ces divers emplois. Enfin , son équipage monte à trois cents oiseaux; il est maître d’aller chasser où bon lui semble, dans toute l’étendue du royaume; il lève un tribut sur tous les oiseleurs, qui ne peuvent, sans sa permission, vendre un seul oiseau dans aucune ville, ni à la cour, et cela sous peine de voir leurs marchandises confisquées. » Dans les Chasses royales, quand le faucon prenait un oiseau, le chef de la Fauconnerie en présentait la tète au chef du vol, qui la présentait au grand-fauconnier, qui la présentait au roi. I.’origine de la charge de fauconnier du roi remonte à l’année 1250; Jean de Beaune l’exerça jusqu’en 1258. Eustache de Jaucourt fut le premier grand-lauconnier en 1406: Louis-César Leblanc de la Baume, duc de la Vallière, était le vingt-quatrième en 1760. Le grand-fauconnier commandait à tous les vols; dans les cérémonies publiques, il por-
tait un oiseau sur le poing, comme emblème de sa charge. Gace de la Vigne dit que le grand-fauconnier jetait son oiseau le premier, et que le roi donnait ensuite l’essoi au sien.
Nous avons dit qu’un faucon bien dressé était un beau présent à faire 5 le présent était bien plus magnifique, quand on ajoutait au faucon le fauconnier lui-même. Un liomrn»* habile dans l’art de dresser les faucons jouissait partout d’une grande estime; on lu vendait à un prix excessif, s’il était serf; on le donnait, on le prêtait, comme un objet d’une rare valeur. Le sire de Coucy fit présent de Jacques de Guny, le plus fameux fauconnier de l’époque, à Édouard III, roi d’Angleterre. Voici la description du costume de ce fauconnier, telle que nous l’ont transmise les chroniques : « 11 avoit dessus le chief un bonnet bleu , moult orné de filest noir; en la main senextre tenoit une image d’oiseau moult bien faite, qui est le leurre, et en la main dextre, couverte de ung gand grix bordé de noir, tenoit le bout de corde dit la créance, qui luy aidoit à empescher l’envollement de ung moult vif esmerillon enchaperonné, posé sur iceluy gand grix. Son abit estoit moult esclaUml. traversé par des bandes violettes, blanches et verdes de dextre ii senextre, et luy alloit cettuy abit jusques à son col, où estoit atUich('‘ par maints boutons en or massif et moult richement travaillés. Les mances estoient bleues et les chausses rouges, ce qui estoit moult plaisant à veoir; et avoit bon air cettuy Jaque, quand alloit à la Chasse par plaine et valée, en compaignie de son seigneur et de sa dame, (jui tous deux le prisoient pour son savoir et expertise en la noble science de Fauconnerie. » Ce n’était pas seulement pour se procurer du gibier que les grands seigneurs d’autrefois entretenaient une Fauconnerie, d’autant mieux que les Chasses les plus agréables étaient celles du héron , du milan , qui , une fois pris, ne servaient à rien , sinon à faire des leurres; c’était surtout pour se donner un plaisir noble et vi’aiment royal. Du temps d’Henri IV et de Louis XIII, on connaissait la poudre <à canon depuis plus de deux siècles, ce qui n’empèehait pas de chasser au faucon. Le petit plomb fut inventé sous Louis XIV ; mais ce n’est pas le petit plomb qui tua la Fauconnerie; le grand roi n’aimait que la Chasse du cerf, dès lors tout le monde ne dut aimer que la Chasse du cerf. Et puis, comme Louis XIV attirait à sa cour toute la noblesse provinciale, la vie de château fut abandonnée; on voulut briller à Versailles, et, les dépenses augmentant d’un côté, il fallut les diminuer d’un autre : voilà comment on en vint à négliger d’abord et à supprimer bientôt la Fauconnerie.
On doit toutefois s’étonner que les dames n’aient pas réclamé en faveur de la Chasse au faucon; en chassant ainsi , elles avaient un rôle actif dans le drame, dont toutes les péripéties n’exigeaient que des mouvements faciles, gracieux, sans danger. Elles concouraient toutes au dénoûment de ce drame cynégétitpie; sachant lancer l'oiseau, le rapfælant ou l’encourageant par leurs cris, familières avec lui pour l’avoir coustain-
Costume d’un fauconnier ( XlIIe siècle).
Sculpture de la cathédrale de Rouen.
ment porté sur le poing, et souvent pour l’avoir dressé elles -mêmes, le succès de la Chasse leur revenait de droit. Elles y faisaient d’ailleurs briller leur grâce et leur adresse ; galopant dans la plaine au milieu des chevaliers , suivies de leurs pages et de leurs valets, avec une troupe de chevaux et de chiens. Rabelais nous les représente
Ci devise la manière de faire son esper\ior nouvel voler, w Fac-siiiiile d'une miniature du ms. du Livre du roy Modus.
ainsi dans son Gargantua : « Si c’estoit pour voler, les dames montées sur belles haquenées, avec leur palefroy guerrier, sus le poing mignonnement engantelé portoient chacune un espervier, ou un laneret, ou un esmerillon; les hommes portoient les autres oiseaux. »
On ne saurait parler de la Fauconnerie avec trop d’enthousiasme; voyez le pompeux éloge qu’en fait Charles d’Arcussia dans un traité qui résume tous les autres et qui est l’un des derniers publiés sur ce sujet, si cher à la noblesse française : u C’est sans raison qu’on trouve estrange que les chasseurs affectionnent tant leurs oyseaux , et que les fauconniers comparent cet amour à celuy que les pères portent h leurs enfans. Je l’estime plus grand encore, puisqu’il est particulier à l’homme, dont on ne doit s’esbahir si notre roy (Louis XIII) les aime tant, les ayant Sa Majesté comme anges domestiques : car, si les anges de Dieu chassent les esprits malins, infects et puants , comme l’ange Raphaël qui lia le diable Asmodée, les oyseaux de Sa Majesté lient, chassent et mettent h bas les oyseaux charogniers, hiéroglyphes des démons. Les anges ont tousj ours les aisles à demy ouvertes au throsne de l’ Éternel, où ils chantent incessamment ses louanges avec leur douce mélodie; ne voit-on pas dans la chambre du roy un nombre infiny d’oyseaux : les uns qui gazouillent tousjours, les autres sur le poing des fauconniers attendans d’estre employez, et tousjours sur leiii’S pieds sans se coucher, pour estre plus prompts pour attaquer tel gibier qu’il plaira à leur maistre; il se voit beaucoup de conformité et de convenances en cecy, qui seroient de long récit, it quoy je m’arreste. et j’estime que tout ainsi que la qualité d’ange est pardessus celle de l’homme, que de mesme la (pialité des oyseaux est relevée pardessus tous les autres animaux. » Cette
ET LA UENAISSANCE.
comparaison des oiseaux avec les anges fît qu’un boufîbn de cour, Langely sans doute, proposa de dire Angelerie au lieu de Fauconnerie.
Sous Louis XIII, la passion de la Fauconnerie dominait toutes les autres chez les nobles; car le roi aimait par-dessus tout la Chasse au faucon. Les beaux esprits d’alors trouvèrent que ces mots: Lovvs treiziesme, roy de France et de Navarre, formaient l’anagramme exacte de : Roy très-rare, estimé Dieu de la Fauconnerie. Là-dessus, on faisait mille commentaires sur les décrets de la Providence, qui avaient prédestini* cel heureux monarque à voler le corbeau, c’est-à-dire à faire prendre un corbeau par ses faucons. Louis XIII fut le premier, en effet, qui s’avisa de ce genre de Chasse, ce qui fait dire au sieur d’Arcussia : « Si notre roy est si porté d’inclination à la Fauconnerie, il tient cela pour estre descendu des Troyens, qui en furent les premiers inventeurs.
On peut juger par là que, si l’auteur était bon fauconnier, il était aussi excellent courtisan. A cette époque, toutes les idées se tournèrent vers la Fauconnerie; les liv res qui traitent de cette Chasse donnent non-seulement des recettes pour guérir les oiseaux de leurs maladies ordinaires, mais encore pour les empêcher d’être tourmentés par les esprits malins. D’Arcussia prescrit la manière de bénir l’eau avec laquelle on aspergeait les faucons avant d’aller à la Chasse ; il dit quelles prières on doit réciter pour que les oiseaux reviennent au perchoir et pour qu’ils ne soient pas tués par des aigles. Voici cette singulière oraison ou adjuration aux aigles : « Adjuro vos, aquilaruni genus, per Deum verum, per Deum vivum, per Deum sanclum, per bealani Virginein Mariam, per novem ordines angelorum, per sanclos prophetas , per duodecim aposlolos, per sanctas virgines et viduas, in quarum honorem et virlulem vobis prœcipio, ul fugia- (is, exealis el recedatis , el avibus nosiris ne nocealis, in nomine Palris el Filii et Spiritus Sancli. Amen. »
Tallemant des Réaux, dans ses Mémoires, raconte qu’un sieur de la Brizardièi e . sorcier de son temps, avait une singulière méthode pour faire retrouver les làucons perdus : il battait de verges le propriétaire de l’oiseau jusqu’au moment où le sang coulait, et avec ce sang il faisait un charme que l’on réputait infaillible.
La Fauconnerie étant la passion favorite des rois, des dames, des princes et des grands seigneurs , on cherchait à leur plaire en inventant des perfectionnements nouveaux pour ce genre de Chasse. Bien des gens ont fait fortune alors pour avoir su dresser des faucons. Combien d’illustres familles ont eu pour souche un fauconnier! Dt's souverains eux- mêmes ont écrit de savants traités sur la Chasse au faucon. L’empereur Henri VT, .surnommé l’Oiseleur, fut le premier fauconnier de .son temps. Loi-sque. en 1 190, son père, Frédéric Barberousse, mourut, les princes allèrent chercher Henri pour le proclamer empereur d’Allemagne; ils le trouvèrent entouré de ehevaux. de chiens et de faucons , prêt ;i partir pour la Chasse avec ses enfants. « La journée est lielle , leur i dit-il : permettez que nous renvoyions à demain les alTaires sérieuses. » Son llls. l'empereur Frédéric H, qui avait profité des leçons paternelles, fît un fort beau ti’aitc' suil’art de chasser avec les oiseaux. Cet ouvrage, De arle venandi cum avibus. fui conti-
niié par son fils Mainfroy, roi de Sicile. La Bibliothèque Mazariiie possède un magnifique manuscrit du livre de Mainfroy^ où l’on trouve d’excellentes observations d’histoire naturelle, qui ont été copiées depuis par divers écrivains modernes. Frédéric II, né en Italie, a écrit en latin macaronique, c’est-à-dire mêlé d’italien et de français ; il intitule quelquesuns de ses chapitres : Aves de rivera^ Ubi habiindanl plus aves de passagio; De mulaüone plumagii; De manieribus volatuum, etc., etc.
On parlait Fauconnerie à la cour, à la ville, à la campagne; c’était la grande affaire, le plaisir par excellence. On chassait au làucon dans les plaines, dans les marais; Louis XIII chassait même dans son jardin des Tuileries : avec des pies-grièches, il prenait des fauvettes et des roitelets , en allant entendre la messe à l’église du couvent des Feuillants.
La Fauconnerie, dit le Passe-Temps des oiseaux, a fourni, comme la Vénerie, des épisodes intél'essants aux cérémonies publiques et aux fêtes de cour du Moyen Age; elle figure, comme spectacle d’apparat, dans les entrées des rois. <les reines et des princes. Au festin donné à Lille, en 1453, par le duc de Bourgogne, il y eut un singulier intermède, qu’on nommait alors enlre-mets. « A l’un des bouts de la salle, en haut partit un héron, lequel, quand il fut apperceu, fut rescrié de plusieurs voix, à guise de fauconniers et de gens de déduit en criant : A l'aguel! à Taguet! et tantost partit d’un autre coin un faucon qui vint touppier et prendre son vent pour monter le héron. D’un autre coin partit un autre faucon , lequel venoit de si grande roideur, qu’il férit le héron si rudement qu’il l’abattit au milieu de la salle, et, après la criée faite, fut apporté audit duc et présenté à sa table. » (Mathieu de Coucy, Cfiroiiique du règne de Charles VU.)
l^endant le jour, on s’occupait de Fauconnerie; pendant la nuit, on en rêvait. Charles VI, étant à Senlis en 1382, et se préparant à rétablir le comte de Flandres, sou vassal, dans ses États, eut un songe bizarre que Froissait raconte en détail. Dans ce songe, le roi croyait être à Arras avec la Heur de ses chevaliers. Le comte de Flandres arriva et lui offrit un faucon pèlerin, « moult gent et moult bel, » en lui disant : « Monseigneur, je vous donne en bonne estrainne ce hiucon pour le meilleur que je visse oncques, le mieux volant, le mieux et le plus gentiment chassant et le mieux ahattant oiseaux » Charles veut l’essayer; il monte à cheval, ainsi que le connétable de Clisson . et rencontre une grande quantité de hérons. « Adonc disoit le roi : « Connetahle. jetez l’oisel, si verrons comment il chassera et volera ? » Et le connétable le jetoit, et le faii-
ET LA RENAÎSSANCE.
con montoit si haut , que à peine le pouvoient-ils choisir en i’air, et prenoit son chemin sur Flandres. Adonc disoit le roi : — « Connétable , chevauchons après mon oisel, je ne le vueil perdre. » Mais, en poursuivant les oiseaux de rivière, le roi et le connétable arrivent sur des terrains fangeux qui les obligent à descendre de cheval; ils marchent,
Ci devise comment co doit son faucon nouvel bayiiier. » Fac-siirJlc d’une Biiniiliire du ms. du Lim du roy Modus.
ils sui\ent leur faucon, et de vastes landes, des bois pleins d’épines se présentent devant eux; ne pouvant franchir ces obstacles, ils rappellent le faucon. Celui-ci ne les écoute pas et chasse tout ce qui se trouve dans l’air, d et senibioit au roi que son faucon y faisoil foison d appel tises . — d Je perdrai mon faucon, disoit-il, dont j’aurai grand ennui. » Le roi se désespérait , lorsqu’il vit auprès de lui un cerf à douze ailes qui semblait l’iii- ^ite^ à monter sur son dos. Charles accepte hardiment cette nouvelle monture, et le ^oilà dans les airs galopant après son faucon. « 11 !e trouva qui abattoit oiseaux à si grand pieu té que il étoit tout émerveillé comment il pou voit ce faire. » !l le rattrape et revient près du connétable, qui fut enchanté de revoir son roi. <■ Et là recordoit le roi au connétable comment le cerf l’avoit doucement porté : «Ni oiicqiies, fit le roi, je ne chevauchai plus aise. »
froissart, qui se complaît dans ce récit de Fauconnerie (1. II, ch. 164), le termine en ces termes : « Tant plaisoit au roi la figure de ce cerf, que à peine en imaginations il lien pouvoit yssir; et ce fut une des incidences premières, quand il descendit en Flandres à combattre les Flamands, pourquoi le plus il enchargea le cerf-volant à porter en sa devise. » Effectivement, depuis cette époque, Charles VI donna pour support à ses armes deux cerfs ailés.
Le roi Modus, Gace de la Vigne, Gaston Phœbiis, ont écrit sur la Fauconnerie aussi bien que sur la Vénerie; car il existait, de tons temps, nue grande rivalité entre les veneurs et les fauconniers. «Les veneurs et les fauconniers, dit le maréchal de Flenran- Mœure el Usagts de la vie privée, v., vv.
ges dans ses Mémoires, ont entre eux un usage fort singulier. Lorsque la Sainte-Croix de Mai (Invention de la Sainte-Croix, 3 mai) , qui est le temps de mettre les oiseaux en mue , est arrivée , les veneurs , tous vêtus de vert , avec leurs trompes et armés de gaules vertes, viennent mettre les fauconniers hors de la cour; car c’est la saison de courre le cerf. Mais quand se vient la Sainte-Croix d’hiver (Exaltation de la Sainte-Croix, 14 septembre), le grand-fauconnier vient à son tour chasser les veneurs, qui doivent alors mettre les chiens au chenil, car les cerfs ne valent plus rien. ■>
Dans tous les ouvrages de Fauconnerie du quatorzième siècle, on trouve des discussions interminables entre deux interlocuteurs qui vantent, chacun à son tour, l’excellence d’un des deux genres de Chasse. Dans le Roij Modus, ce sont deux dames qui plaident, l’une pour les chiens, l’autre pour les oiseaux; elles débitent un millier de vers sur ce sujet, que l’auteur a jugé trop élevé pour le traiter en simple prose, comme le reste de son livre. Après avoir longuement énuméré les plaisirs de la Vénerie et de la Fauconnerie , les parties contestantes , ne pouvant se mettre d’accord , conviennent de s’en rapporter au jugement du comte de Tancarville, illustre veneur et fauconniei' contemporain. Celui-ci donne la palme aux veneurs, par cette singulière raison que les fauconniers ne jouissent que par la vue, et que les veneurs ont à la fois le plaisir des yeux et celui des oreilles.
... Le déduit qui est veu Est plus plaisant à regarder,
Que celuy qui vient d’escouter.
L’autre dit , qui parle des chiens ,
Qu’oyr et venir fait plus de biens Que venir ne fait simplement :
Pnur luy dnnne mnn jugement,
Et par arrest luy est rendu :
Si prye à tnus qu’il suit tenu.
Mais, dans Gace de la Vigne, la plaidoirie est beaucoup plus longue : elle ne contient pas moins de dix mille vers. Chacun des deux rivaux veut que son art soit seul nommé déduit, c’est-à-dire plaisir par excellence. Le Roi (on ne le nomme pas) qui doit juger la chose, ordonne qu’à l’avenir on dira déduit de chiens et déduit d’oiseaux, sans attribiieila supériorité ni à la Vénerie ni à la Fauconnerie. Voici le jugement prononcé par Raison au nom du Roi :
Si vous dit : Le Roy et sa court ,
Veuees et considérées
Les raisons dessus proposées
Qu’oyseaux sont plus nobles que chiens ;
Secondement sans celer riens
Que déduit de chiens ensement (ensemble) ,
Se dit le Roy en jugement,
ET LA liENAISSANCE.
Est meilleur que déduit d’oyseauîx.
Quant est du tiers débat entreeaulx Le Roy vous defend plainement Qu’aucun de vous n’ayt hardement De soy faire déduit nommer Simplement sans soy surnommer,
Mais déduit d’oyseaulx et de chiens :
Soit à Paris ou à Amiens Ou en quelque lieu que seront,
Leur surnom tous deux porteront.
^ Cependant Guillaume Crétin, poète de cour, qui , sous Louis XII et François P', jouissait d une grande renommée, et qui a fait aussi un poème sur la même matière, intitulé : Débat entre deux dames sur le passe - temps des chiens et oy seaux, met la Fauconnerie au-dessus de la Vénerie. C’est encore le comte de Tancarville qui prononce le jugement, formulé à peu près de même que dans le Livre du Roy Modus,
Malgré ce jugement, on doit reconnaître que la Fauconnerie était un art plus ingénieux, plus difficile, plus extraordinaire que la Vénerie; car on dresse un chien avec moins de peine qu’un faucon : les chiens de chasse, nés de chiens domestiques et déjà dressés, ont reçu en naissant, pour ainsi dire, une espèce d’éducation naturelle; l’expérience a même démontré qii un chien issu d’un père et d’un grand-père bons chasseurs est déjà dressé d’instinct pour la Chasse. Il n’en était pas ainsi du faucon; on avait toujours affaire à un oiseau sauvage, dont les parents avaient été sauvages.^ Cet oiseau , naguère libre dans l’immensité , et retenu tout à coup sur le poing du chasseur, devait aspirer sans cesse à retourner à son état naturel; le fauconnier, par ses soins et surtout par une patience inouïe, parvenait pourtant à le faire obéir au moindre cri, an moindre signe, à le faire revenir du liant des airs à volonté, et quelquefois à lui faire rapporter le gibier qu’il avait pris, ce qui ne semble pas moins étrange que d’apprivoiser un tigre ou un lion.
Oui , le faucon rapportait quel(|iiefois le gibier vivant, comme l’eût hiit un chien. Voici ce que raconte Gace de la Vigne. Un chevalier avait un faucon qu’il aimait beaucoup.
L’oiseau, en liberté dans la maison, se perchait sur un meuble et y restait tonte la journée.
Le chevalier à famé avoit Une dame que moult amoit;
Car elle estoit et bonne et belle (C’est grant trésor de l’avoir telle) ;
Laquelle avoit un estournel Qui parloit si bien et si bel ,
Car très grant merveille avoyent Ceux qui si bien parler l’oyoient.
Un jour, l’étourneaii sort de sa cage; le faucon fond sur lui et l’enleve dans les airs;
la dame crie , se désole ; le chevalier met son gant et le montre au faucon , qui vient s’y poser, en rapportant dans son bec le pauvre étourneau : il n’était point blessé ,
Mais j’ay depuis oy raconter Qu’il fust bien un mois sans parler,
Si l’on en croit Gace de la Vigne, qui cite ses autorités comme moi les miennes ;
Ce qu’ay dit preuve par un home Qui m’a juré ly sains de Romme Qui fust présent et vit le faict Quand chiez le chevalier fut faict.
Pierre d’Orgemont a nom ,
Qui est uns homs de grant renom :
Si l’a faict le roy président A Paris en son parlement ,
Et depuis par sa suffisance Il a faict chancelier de France.
ni.
OISELLERIE.
annir ou détruire les ennemis les plus dangereux de la culture des champs , protéger contre leurs attaques les moissons et les fruits de la terre, telle fut l’origine de l’Oisellerie , qui ne devint un art qu’en se montrant comme une nécessité. Dès lors ou inventa les pièges, les fdets, la glu; on fit des observations, et l’on reconnut que la chouette attirait près d’elle tous les oiseaux; on se saisit d’une chouette, on l’entoura de gluaux et de brais, sur lesquels les oiseaux vinrent se poser : les uns furent atteints par la glu , qui leur ôtait la faculté de voler; les autres eurent les pattes serrées et restèrent prisonniers. Les cris de ceux-ci firent venir ceux-là , et il y eut une quantité de victimes qui , si petites qu’elles fussent , n’en excitèrent pas moins la joie du vainqueur ;
car le plaisir de la Chasse ne se mesure pas à la grosseur du gibier, mais aux peines qu on se donne, à 1 adresse qu’on déploie, pour le prendre. On peut donc dire que l’art de l’Oisellerie est aussi ancien que celui de îa Vénerie.
Oppien écrivit un poëme grec sur la Chasse aux oiseaux, qui, malheureusement, n est point venu jusqu à nous. Le sophiste Eutechnius nous a laissé une paraphrase en prose d’un autre poëme, intitulé Ixeuiica, que beaucoup de gens ont pris pour celui d Oppien; mais, à la fin de sa paraphrase, Eutechnius déclare lui-même qu’il n’a fait que reproduire les Ixeutiques de Dionysius ; or, ce Dionysius est î)robablement ce Dionysius de Samos qui, selon Eusthate, avait écrit un poëme sur l’Oisellerie. L’ouvrage d’Eutechnius, lequel a été traduit du grec en latin par Érasme Vinding, d’après un manuscrit du Vatican, et publié à Copenhague, en 1702, traite: 1° des oiseaux de proie; 2” des oiseaux amphibies; 3“ des différentes manières de prendre les oiseaux.
Le Livre du Roy Modus est le premier ouvrage didactique que le Moyen Age ait consacré à 1 Oisellerie, Le roi Modus nous apprend que la Chasse aux oiseaux s’a[>pelait, au quatorzième siècle , le desduit des pauvres. « Car, combien qu’ils (les oiseaux) soient ottriez pour les pou res qui ne puent avoir chiens et faulcons pour chacier et voler, sont ilz tels que tous, se y puent esbatre et prendre grand plaisir et grand delict; et les poures qui de ce se vivent, y prennent aussi graot plaisance, et pour ce qu’ilz y prennent leur vie, en eulx délictant, sont-ilz appelés les desduits aux poures. » On trouve dans ce livre précieux, dont le rédacteur ne s’est pas fait connaître, la manière de s’emparer des oiseaux de proie qui servaient à la Fauconnerie; on y trouve la description des filets à nappes; celle de la Chasse au miroir et à îa chouette; celle de la pipée, des piè¬
ges, des trébuchets, etc. ; car on savait tout cela au Moyeu Age. A cette époque, où Ion faisait partout grand usage de fonçons, il fallait bien avoir des moyens de les prendre vivants. Le roi Modus indique donc le lacet et les filets de plusieurs sortes, au milieu desquels on plaçait d’autres oiseaux ou une chouette pour afj^ner les faucons.
C’était surtout en Turquie qu’on les prenait ainsi par centaines; les marchands les répandaient de là dans toute l’Europe. Voici ce que raconte le célèbre voyageur Pierre Belon : « Nous étions à la bouche du Pont-Euxin; celle part où commence le destroit de Propontide , estant montez dessus la plus haulte montaigne qui est là , où trouvasmes un oyseleur qui prenoit des esperviers , de belle manière ; et pour autant que c’estoit vers la fin d’avril, lorsque tous oyseaux sont empeschez à faire leurs nids, il nous sembloit estrange voir tant de milans et d’esperviers venir de la part de devers le costé dextre de la mer Majeure. L’oyseleur les pi’enoit avec grande industrie et n’en falloit pas un; il en prenoit une douzeine par heure. 11 estoit caché derrière un buisson, et au devant duquel avoit fait une aire unie et quarrée, qui avoit environ deux pas en diamètre, distante environ à deux ou trois pas du buisson. Il y avoit six bastons fichez autour de l’aire, qui estoient de la grosseur du poulce et de la hauteur d’un homme, trois de chaque costé , à la summité desquels y avoit en chascun une coche entaillée du costé de la place , tenant un rets de fil verd fort délié qui estoit attaché aux coches des bastons tenduz à la haulteui* d’un homme : et au milieu de la place il y avoit un piquet de la haulteur d’un coulde ; au leste duquel il avoit une cordelette attachée qui respondoit à l’homme caché derrière le buisson. Aussi avoit plusieurs petits oiseaux attachez à la cordelette, qui paissoyent le grain dedens l’ayre, lesquels l’oyseleur faisoit voler lorsqu’il avoit avisé l’espervier de loing venant du costé de la mer. Et l’espervier ayant si bonne veue, dès ce qu’il les voyoit d’une demi-lieue, lors prenoit son vol à aelles déployées et venoit si roidement donner dedens le filé, pensant prendre les petits oyseaux.
Chasse aux brais, fac-similé «l'une niiuiittuie du ms. du Lirrr du roij Modus.
(ju’il demouroit encré céans ensex-ely dedens les rets. Alors l’oyseleur le prenoit et hn ficlioit les aelles jusqu’au ply dedens un linge , qui estoit là tout prest expressément cousu, duquel il lui lioit le bas des aelles, avec les cuisses et la queue ; et l’ayant cillé.
. Ci devise comment len preiil les fesans. . Fac-similé (Fime miniature dn ms. dn Livre du roy Modus.
ET LA KENAISSAISCE.
laissoit l’espervier contre terre, qui ne pouvoit ne se remuer ne se deljattre. AnI ne
sauroit penser de quelle part venoyent tant d’esperviers; car, estant arrestez deux heures, il en prit plus de trente. Tellement qu’en un jour un homme seulet en prenoit bien près d’une centene. Les milans et esperviers venoyent à la file, qu’on advisoit d’aussi loing que la veue pouvoit s’estendre. »
11 y avait deux étranges manières de prendre le faisan et la bécasse, au quatorzième siècle. On chassait les faisans, au miroir. Le miroir était attaché à une ficelle; le faisan, se voyant dans le miroir, croit voir un de ses semblables : il veut l’attaquer, heurte miroir, fait tomber la cage et se trouve pris, c Faisans sont de telle nature, que le male ne puet soffrir en sa compaignie nul autre ftiisant male, ains s’entrechacentetqueurentsusliungcàl’autre.i) On chassait les widecos ou bécasses, à la foîelouere. L’oiseleur devait avoir un habit couleur feuille-morte, le visage couvert d’im masque de même couleur, avec deux trous à la place des yeux. Dès qu’il voyait une bécasse, il se mettait à genoux en appuyant ses bras sur deux bâtons, pour conserver une immobilité parfaite. Lorsque la bécasse ne le regardait pas, il marchait lentement sur les genoux pour s’approcher. Il avait en main deux petites baguettes dont l’extrémité était garnie de drap rouge; quand la bécasse s’arrêtait, il frappait légèrement ses baguettes l’une contre l’autre : ce bruit amusait la
bécasse ou loi donnait des distractions. Le chasseur s’approchait davantage, et finissait par lui passer au cou un lacet qu’il tenait au bout d’un bâton. « Et sachiez que widecos sont les plus sos oyseaulx du monde... » S’ils se prennent à ce piége-là, ceci devient incontestable. Et, comme il faut toujours que notre auteur fasse du mysticisme, il ajoute : « Auquel oysel moult de gens de ce monde ressemblent, qui sont si sos qu’ils s’amusent aux délices terriennes et ne leur souvient de Dieu ne des biens celestiens, et dont le diable, qui l’en dechace, leur met le laz au col et les tire à soy. Si puis dire qu'ilz §ont prinsà la foletouere, ainsi comme le widecoq. » Depuis le Roy 3Iodus, on ne possède pas d’autre ouvrage sur l’Oisellerie jusqu’au poème d’Angelio de barga, écrit vers le milieu du
Cliasse à h foletouere . fac-similé d'une niinialure du ms. du Livre du roy Modus.
seizième siècle. C’est un poème latin qui se recommande par une grande élégance de style. L’auteur enseigne l’art de faire des filets et des pièges de toute espèce, la manière de préparer la glu, etc. Les bibliographes disent que ce poème était en quatre chants, et qu’Angelio n’en a publié que le premier. Le succès de ses Cynégétiques , imprimées longtemps auparavant, aurait dû lui donner plus de courage. On remarque, dans Vixeuticon d’Angelio , des descriptions charmantes, entre autres celle de la Chasse à l’étourneau. 11 faut avoir en cage deux étourneaux; lorsqu’on voit passer une grande volée de ces oiseaux, on lâche les étourneaux prisonniers , en leur attachant aux pattes une longue ficelle enduite de glu. Ils vont se mêler aussitôt avec joie parmi les voyageurs : tous ceux qu’ils approchent s’engluent et tombent avec eux.
Angelio enseigne encore une manière de prendre les canards qui, si elle était pratiquée généralement, anéantirait bientôt l’espèce. On couvre de filets en tonnelle une petite rivière qui se jette dans un lac ; on fait entourer les canards qui sont dans le lac, par un grand nombre de barques, et on les pousse de loin vers la rivière, où ils s’engagent peu h peu en remontant le cours de l’eau; mais un filet leur ferme le passage, et ils sont tous pris. Cette Chasse se pratique ainsi en Écosse et en Angleterre, dans les marais du Lincolnshire. A propos de canards, il existait autrefois un singulier proverbe : « Tant que nous aurons du bois pourri , nous aurons des canards. » C’est qu’on croyait alors que le vieux bois, pourri dans la mer, engendrait une coquille {coucha analiféra), et que de cette coquille naissait un canard. Cette coquille s’appelait aussi sapiiu'tte, parce qu’on la trouvait attachée aux troncs de sapin que charrie la mer du Nord. Tout le monde, au Moyen Age, ajoutait foi à ces contes. Aldrovande lui-même, qui est encore une autorité en histoire naturelle, dit que ce fait est tellement affirmé par les savants illustres de son temps, qu’il préfère se tromper avec tous plutôt que d’avoir seul raison contre tous. De là à faire pousser les canards sur les arbres, comme des champignons, il n’y avait pas loin , et l’on y arriva bientôt. Sébastien Munster, dans sa Cosmographie universelle . dit qu’il y a en Écosse des arbres dont les fruits tombent dans l’eau quand ils sont mûrs, et se changent en oiseaux vivants qu’on appelle anser arboreus. Oderic, dans son .1;^% Voyage en Tarlarie, dit la même chose : Poma violacea et rolunda ad instar cucurbilœ, à quibus maluris exil avis. Barthélemi de Chasseneux (Chassaneus), Antoine de Torquemada, Olaus Magnus,
a (b'devise la manière de prendre les perdris au tuiiiberela un qiieuilles. » Fac-similé d’une miniidure du ras. du lAvrc du roij Modus.
Jacobus Aconensis, Jules Scaliger, Fulgose, Maggioli, Gessner et cent autres parlent tous de ce prodige, comme d’une chose hors de. doute et de contestation. L’un soutenait que les canards sortaient d’une huître 5 l’autre, qu’ils poussaient sur les arbres; d autres enfin, qu’ils s’engendraient naturellement sur la quille des vaisseaux, sur les débris de vieux mâts, où ils tenaient par le bec jusqu’au moment de prendre leur volée; mais aucun n’eût osé dire qu’ils naissaient comme les autres oiseaux, et qu’ils se multipliaient par la ponte et la couvée.
Ainsi, le canard et la macreuse, issus d’un arbre, d’une huître ou d’une planche pourrie, n’étaient pas de la viande, et voilà pourquoi, dans les couvents les plus austères, où, durant le carême, on défendait le lait, le beurre, le fromage, et même les œufs, il était permis de manger des macreuses. On en était encore là vers la fin du dixseptième siècle, et ce qui le prouve, c’est qu’un savant docteur de la faculté de Montpellier, André de Graindorge, crut devoir réfuter sérieusement ce préjugé populaire, dans son singulier Traité de l'origine des macreuses.
Au commencement de ce siècle, qui respecta l’Oisellerie en anéantissant la Fauconnerie, Raimondi écrivit un livre sur toutes les Chasses possibles et même impossibles; car d débute, dans la partie consacrée à la Chasse aux oiseaux, par enseigner la manière de prendre... le phénix ! ! ! VUccelliera (l’Oisellerie) d’Olina parut à la même époque; elle contient de bonnes leçons et d'excellentes observations sur l’instoire natu- 1 elle des oiseaux. Olina donne des recettes plus ou moins pratiques pour avoir, en tout temps, des volières garnies d’oiseaux chanteurs, et pour nourrir les rossignols, les fauvettes et tous les oiseaux vermivores.
SL Raimondi nous apprend à chasser le phénix, le jésuite Claude Binet nous donne la description de cet oiseau rare : « Il a un pennache royal d’aigrettes impériales, d’une touffe de plumes et d’une creste si esclatante, qu’il semble qu’il porte ou le croissant d’argent ou une estoille dorée sur la teste. La chemise et le duvet est d’un changeant surdoré qui monstre toutes les couleurs du monde; les grosses plumes sont d’incarnat et d azur d’or, d’argent de flamme. Le col est un carquan de toutes pierreries, et non un arc en ciel, mais un arc de phénix, » etc., etc. On dirait vraiment, lorsqu’on lit cette description , que l’auteur de V Essai des merveilles de la nature avait un phénix en cage.
Ce fut Marcus-Lælius Strabon, chevalier romain, natif de Brindes, qui , selon Pline, inventa les volières; c’est lui, qui, le premier, trouva le moyen d’engraisser certains oiseaux, pour satisfaire son penchant à la gastronomie. A son exemple, les empereurs romains faisaient grand cas des petits oiseaux; on les engraissait par milliers dans des N obères où le jour n’arrivait qu’obliquement , pour ne pas leur donner de distractions.
C étaient surtout les grives qu’on soumettait à ces raffinements de gourmandise. Avec du millet, des baies de lentisque, de myrte et de lierre, que l’on réduisait en farine, on faisait une pâte que les oiseaux aimaient beaucoup. Quinze jours de ce régime suflisaient pour leur donner une chair grasse et parfumée qui làisait de la grive le [dus friand Mœurs et Dsages de la vie privée CHASS'Î F l
jnorceau. Voilà pourquoi Martial dit que la grive est le meilleur des oiseaux, comme le lièvre est le meilleur des quadrupèdes; car, à cette époque, on engraissait aussi les lièvres dans des parcs , en leur bouchant les oreilles pour que la peur ne les tînt pas constamment éveillés.
Nous devons encore aux Romains l’art d’engraisser les ortolans. On les confondait d’abord avec les autres oiseaux que l’on tuait aussitôt après les avoir pris ; mais Lucullus ordonna des expériences sur le gibier vivant qu’apportaient les oiseleurs, et bientôt on s’aperçut que l’ortolan mis en volière se chargeait tellement de graisse , qu’il doublait de grosseur en un mois , et devenait alors le mets par excellence.
L’empereur Henri VI fut surnommé l’Oiseleur, non-seulement parce qu’il aimait beaucoup la Chasse au faucon, mais encore parce qu’il était bon oiseleur. Les vieilles chroniques l’appellent tour à tour aitceps et finkler, c’est-à-dire preneur de pinsons. Cet amour de la Chasse aux oiseaux, laquelle n’était nullement l’image de la guerre, n’empêcha point cet empereur de mener à bien les affaires de l’empire, en guerroyant tout comme un autre, et souvent mieux que beaucoup d’autres.
Parmi les rois de France , on ne citerait guère que Louis XI qui , grand amateur de la Vénerie et de la Fauconnerie, l’ait été en même temps de l’Oisellerie. Voici un passage de la Chronique scandaleuse qui prouve du moins qu’il aimait les oiseaux : « Ce jour furent prinses pour le roy, et par vertu de sa commission adressant à ung jeune fils de Paris nommé Henry Perdriel , en ladite ville de Paris , toutes les pies , jays , choüeltes, estans en cages ou aultrement, et estans privées, pour toutes les porter devers le roy; et estoit escript, enregistré le lieu où avoient esté prins lesdits oiseaulx : et aussi tout ce qu’ils sçavoient dire, comme larron, paillarl, fils de putain; va dehors, va; Ferretfe, donne-moi à boire , et plusieurs autres beaux mots que iceux oiseaulx sçavoient bien dire et que on leur avoit apprins. Et depuis, encores par autre commission du roy adressant à Merlin de Cordebœuf, fut venu quérir et prendre audit lieu de Paris tous les cerfs , biches et grues qu’on y peust trouver, et tout fait mener à Amboise. » Que Louis XI fît prendre les geais et les pies pour entendre les beaux mots qu’ils savaient dire, c’est possible; mais on lui porta aussi des chouettes; or, cet oiseau ne dit rien et ne peut être utile que pour attirer d’autres oiseaux dans les pièges du chasseur. 11 est donc permis de soutenir que Louis XI, veneur et fauconnier, mérite encore le titre d’oiseleur.
L’Oisellerie fut soumise autrefois à des règlements; elle eut ses privilèges, ses communautés. Les oiseliers ou oiseleurs avaient le droit de vendre leurs oiseaux à Paris, sur le Pont-au-Change , chargé alors de deux rangs de maisons qu’occupaient les orfèvres et les changeurs. Ils pouvaient accrocher leurs cages contre les boutiques, sans la permission des locataires. Ce privilège leur fut accordé par Charles VI, en 1402, et par Henri III, en 1575, « en considération de ce qu’ils sont tenus bailler et délivrer quatre cents oiseaux, quand nous et nos successeurs rois sommes sacrés, et pareillement quand notre amée et très chere compagne la reine vient et entre nouvellement en notre ville.
de Paris. » Plusieurs fois, les changeurs et les orfèvres réclamèrent contre ce pr ivilège, ils voulaient, avec raison, être maîtres des boutiques dont ils payaient le loyer. Mais plusieurs arrêts du parlement maintinrent les oiseleurs dans leur ancien droit, « attendu que jamais les inthimez ne se sont plaints ne fait instance aux supplians, et qui ont leurs maisons accoutumez à cette charge de les laisser mettre et attacher leurs cages crmtie les ouvroirs et maisons; que l’on n’y mette des oyseaux tant seulement, et non point des chiens, chats, lappins, serbotines ou autres denrées et marchandises; avec delïènses, aux jours de processions générales ou autres actes publics, auxdits oyseleurs de vendre , afficher ou empêcher le passage : il n’y a pas grand mal de les laisser continuer ; car de les renvoyer à la Vallée de Misère, lieu descouvert et où ils n’ont moyen de se sauver de l’injure du temps, ce ne seroit raison. »
Les habitants du Pont-au-Change voulurent obtenir par force la justice que le parlement leur refusait. « Iceux orphevres et changeurs, dit l’arrêt du 8 juin 1577, au contemptet mespris de l’authorité de ladite cour, en blasphémant Dieu, proférant paroles injurieuses contre l’honneur d’icelle, auroient jetté par terre lesdites cages et oyseaux. icelles foulées et attripées au pied, battu et excedé lesdits supplians, » etc. Ln sieur Pierre Filacier, maislre orphewe, était le chef de la coalition ; il paya pour tout le monde : le parlement le condamna « en vingt escus envers les demandeurs et dix escus envers
le roy, et a tenir prison jusquesiiplaiii payement, et outre ès despeiis tels que de raison. »
nvi
Un règlement de la Table de Marbre, tribunal de la maréchaussée de France, qui avait son siège dans la grand’ salle du Palais, défend de chasser aux menus oy seaux de chanl et de plaisir dans les domaines du roi , sans une permission expresse de Sa Majesté. Dans tous les cas, on ne pouvait chasser depuis le 15marsJusqu’au45août;car,àcetteépoque, les oiseaux pondent et couvent : c’eût été détruire la Chasse, que de détruire les couvées. L’article 111 du règlement permet de vendre les oiseaux , à la Vallée de Misère de Paris, les jours de fête, excepté les jours de jubilé et de procession générale. Cet usage s’est conservé jusqu’à nos jours, quoique le marché aux oiseaux ait été transporté de la Vallée de Misère ou quai de la Mégisserie sur l’emplacement de l’ancienne foire Saint-Germain.
Les oiseleurs de la ville étaient autorisés à suspendre leurs cages aux murs; les autres oiseleurs devaient les tenir à la main, pour que le public pût reconnaître les premiers, qui vendaient plus cher que ces derniers. Les marchands forains , qui apportaient au marché des serins de Canarie, devaient d’abord les exposer en vente, depuis dix heures jusqu’à midi, « sur la pierre de marbre, en la court du Palais, à jours d’entrée du parlement, » pour que les maîtres et gouverneurs de la volière du roi, et, après lui, les présidents et conseillers, pussent faire leur choix. Dans le but d’empêcher les oiseleurs de vendre des femelles, qui ne chantent pas, en place des mâles, qui chantent, il leur était ordonné de mettre les femelles « en cages basses et muettes, et non en cages hautes et chanteresses. » Toutes les cages devaient porter un écriteau indiquant le sexe des oiseaux. Il y avait des inspecteurs jurés qui décidaient de la question entre les acheteurs et les vendeurs. Il était défendu aux oiseleurs et aux bourgeois de Paris d’aller sur les routes, au-devant des marchands qui apportaient des oiseaux en ville; il était seulement permis d’aller dans les ports de mer pour y acheter les perroquets, serins, etc. , à l’arrivée des navires. La communauté des oiseleurs était obligée de mettre en liberté une certaine quantité d’oiseaux les jours de procession du saint sacrement et les jours où les rois ou reines faisaient leur entrée solennelle à Paris , comme si les oiseaux du ciel fussent invités à partager l’allégresse publique.
N’avait pas le droit qui voulait de chasser aux oiseaux ou de les vendre; il fallait être reçu maître oiseleur; les contrevenants étaient condamnés à 100 livres d’amende. Bien plus : les oiseleurs, ayant le privilège de vendre les oiseaux, prétendaient au droit exclusif de les faire multiplier en captivité. Les bourgeois de Paris réclamèrent contre cette énorme prétention; ils disaient dans leur requête : « Ce seroit un plaisir pour nous et pour nos femmes et filles d’élever des serins à qui nous apprendrions mille gentillesses et joyeusetez, tandis que ceux achetez au Pont -aux -Changeurs sont difficiles à instruire, estant trop vieux. » Ces plaintes, si justes d’ailleurs, furent graiâeusement accueillies par les maréchaux de France : une sentence de la Table de Marbre permit aux bourgeois de faire couver des serins de Canarie , mais sans pouvoir toutefois les vendre ni faire concurrence aux oiseleurs.
Elzéar BLAZE,
Auteur de la Chasse an chien à'arrê! ^ cîc.
Laccrne de Sainte- Palace. Mémoires liisforiqiies sur la Chasse. Voy. ces Méin. à la suite des Mém. sur l'ancienne chevalerie [Par., i759-8i, 3 vol. iii-l2).
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Voy.. sur la Chasse chez les ancieus. les îraités d'Oppien el d’Arrien ou Xénophon , avec lears commentaires.
Jacopo Ddrandi. Del collegio degl’ antichi Cacciatori pollentiiii in Piemonte e délia condizione de’ Cacciatori sotto i Romani, contra le opinion! del sig. Goebel, dissertazione. Torino, 1775, in.8.
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Plnsieurs fois réimpr. Voy. aussi les agiographes , Voraaioe , Surius , Baille!, etc.
Elzéar Blaze. Le Cliasseur conteur ou les Chroniques de la Chasse, contenant des histoires, des contes, des anecdotes, etc., depuisCharlemagne jusqu’à nos jours. Paris, 1840, in-8.
Voy. aossi plosienrs ouvrages anglais du même genre, par W.-B. Daniel \Rurul Sports)y Pierce Egan [Sporting Anecdotes)^ etc.
Güill. Crétin. Le Débat entre deux dames sur ie passetemps de la Chasse des chiens et des oiseaulx. Paris, Guichard Soquand, 1528, in-8 goth. de 52 tf.
Voy. ce poème didactique dans le recueil de ses poésies [Pans, 1 723, in-8) .
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Soavent réimpr.
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Acccrsio Corsini. Apolog'tico délia Caccia, ove dopo narrât! i vitii da molli scrittori rimproverati alla Caccia e Cacciatori, etc. , da’ plu celehri autori delle maleiie trattate in questi oito lihri. Bergamo, Ventura, I62ü, iii-4.
Creg. Leti. La Lode délia Caccia. S. n. , 1664, in-12.
Cesare Solatio. L’Eccellenza délia Caccia , con l’uso prattico délia medema. Borna, 1669, iii-12.
Le chevalier de Mailly ) L’Éloge de la Chasse, avec plu-
Keeurs et Usages de la vie privée.
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Gf.or. Mor de Nicro-Monte. Tractaliis novus, elegans, omnium piilclieri imus et doctissirnus de jure Venandi, Aucupandi et Piscaudi. Spira, J. Ph. Spiessim, 1602, in-4.
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J. Glx. Goebel. Commeiitationum de jure Venandi biga, quarum prior agit de Jure Venandi generatim, poslerior de variarum gentium Venandi modis, cærtmoniis, ritibusque olficïalibus porro venatoiiis antiqiiis et recenlioiihus, eorum ofliciis, juribus et privilegiis, ordinibus pariter equestribus in honorera Venalionis institutis, acced. statuta ordinis S. Hnberti et alia quædam adjuncta. Helmstadii, Weigundus (1743), 2 part, en 1 vol. in-4, fig.
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Fried. von Fleming. Dei Wolikommene feutsthe Jaeger, Darinnen die Erde, Gehuerge , Kraeuier mid Bueiime, AVadder, higenschall der wilden Thiere uiul Vœgel, so wohl histoiice, ois phj'siee, uiul aiiatomice... Leipzig, l7i9-24,
2 toni. en i vol. in-lol., lig.
Anctores ni Venaticœ, scilici t encomia Vonationis; Gra ii Faii.>.ci Cjnegetiroii sive de Venatioiie poema , cui accedunt Halieutica, M. Aur. Olynipii AeineNiani bncolicon; Jani LTitii Venatio novaiitiqua , sive ad Cratii tt iXemesiani cynegetica commentarius; neenon eju.sdem variorum lectionuin libellus. Lugd.-Balav.,ex ofjic. Elzev., I6i5, pet. in-i2.
Recueil plusieurs fois réimpr. avec des notes et commentaires nooveaus. L’edil. la plus complète est celle de Liege, l7àS , in-4. Le traite de Jauus lUitius, Icnatto tiürontfqHa, a etc publié à part.
CH.4SSS XXVU,