‹ Le Moyen Âge et la RenaissanceChapitre 44 sur 78 · MINIATURES PL. XXII · texte numérisé non relu

MINIATURES PL. XXII

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précieux exemplaire du Roman de Lancelot du Lac, se recomniaiide encore à rallenlion des connaisseurs par une rare particularilé, car on peut y suivre les divers travaux préparatoires des artistes : d’abord, le dessin au trait; puis, les premières teintes, habituellement uniformes, exécutées par renlumineur; ensuite, les enduits pour rap})lication des fonds d’or; enfin le travail réel du miniaturiste, dans les tètes, les costumes, etc.

Il y eut donc dès cette époque, c’est-à-dire pendant la seconde moitié dn quinzième siècle, un perfectionnement réel des arts en France, h travers les troubles qui l’agitèrent et les guerres qu’elle eu ta soutenir. (Voyez la planche XXll tirée du Saint Graal, n"6760, et la planche XXllI, dont l’original appartient à M. Guenebault; enfin les bordures n’* 17 et 18 tirées du beau Froissart de la Bibliotb. Nationale, et la bordure n“ 1 empruntée à un manuscrit de la bibliotb. de l’Arsenal.) On peut citer avec le j)lus grand éloge les IMiniatures de Jean Fouquet, I babile peintre du roi Louis XI. Ce sont des tableaux, dans tonte l’acception du mot , et des tableaux dignes d’exciter encore l’admiration : ils servent d’ornement au manuscrit n" 6891, et les sujets sont tirés des Antiquités des Juifs de l’historien Josèphe. Tout annonçait dès lors la grande Renaissance qui devait se réaliserai! seizième siècle, et depuis le quinzième jusqu’aux temps de Raphaël, on peut suivre aussi les progrès successifs de la peinture, en les étudiant dans les Miniatures des manuscrits.

Il faut surtout mentionner, pour cet intervalle de temps, comme ayant puissamment contribué h ce brillant résultat, l’école llamande des ducs de Bourgogne. Les monuments de peinline de cette école sont nombreux, et le talent des artistes s’y montre déjà d’une rare perfection. Nous devons citer le Roman de Gérart de Nevers (L. n” 92); un livre d’Heures, n“ 1166 ; la TYc de Sainte Catherine, en grisailles; les Miracles de Noti e-Dame; enfin un autre livre de Prières, n“ 1173, dans lequel sont des gravures coloriées d’Israèl Meckel, gravures dont on ne connaît pas d’autres épreuves.

L’Angleterre et l’Allemagne n’approchèrent pas de la perfection des écoles de peinture de France et de Flandre,

Siences et, Arts.

MINIATURES CES MANUSCRITS, Fol. IX.

Lt: ftJOYE.N ÂGE

si l’on en juge , h l’égard du premier de ces pays, par les Minialures d’un volume, n" 1158, représentant des personnages de la race royale d’Angleterre, et, pour le second, par celles qui ornent le recueil des Troubadours allemands, n» 7265.

L’Espagne, au contraire, était déjà en voie de progrès ; du moins, les Minialures du manuscrit n“ 772, et les ornements du 11“ 6520, paraissent l’indiquer.

Mais l’Italie marchait toujours à la tète de la civilisation pour toute chose, et les Miniatures qui méritent une attention particulière , parmi celles des manuscrits que possède la Bibliothèque Nationale, sont surtout trois beaux portraits des ducs de Milan (Lat. 6246, 5041 D., et Fr. 994); un jolie peinture représentant le couronnement d’un autre duc de Milan (n“ 5888); un très-curieux enfer, au commencement du poème du Dante, n” 7256; un admirable livre de Prières, n“ 627 S. L., où la linesse et l’élégance de l’ornementation le disputent à la beauté et h la belle composition des peintures; enfin, un autre manuscrit précieux, très-élégamment orné, qui appartient à M. le baron d’Hervey, et qui a été exécuté pour Hercule d’Esle (planche XXIV). Nous pourrions encore indiquer ici une foule de très-belles bordures italiennes (le n" 16 est tiré d’un Ovide m 8016), dans les genres les plus variés. Nous nommerons encore un peintre illustre, contemporain de Raphaël, Julio Clovio, qui voulut mettre le sceau à l’art du miniaturiste, eif*îtalie, par ses peintures si riches en coloris et si fines d’exécution , comme par la hardiesse de son dessin : ces merveilles sont réunies dans un admirable Dante, conservé à la bibliothèque du Vatican , dont nous avons reproduit une page ([d. XXV).

On ne doit point oublier, parmi les usages singuliers des artistes de la fin du quinzième siècle, en France, en Italie ou en Flandre, celui d’inscrire, dans les frises des palais qu’ils représentaient , et aussi sur les 'draperies des personnages, soit des mots arabes du Coran, soit des mots latins du Rituel ; témoin le Missel du roi René II, n» 547 S. L. (planche XXVII), et les manuscrits 11°* 5888, 772 et 7201-2.

Enfin, avec le règne de Louis Xll, en France, s’achève la complète régénération des arts. On doit y reconnaître

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