‹ Le Moyen Âge et la RenaissanceChapitre 43 sur 78 · P4 VR · texte numérisé non relu

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INTKHMF.T^E PENDANT LE REPAS- Miniat.are du Ms des CHRONIQUES DE S' DENIS

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ET EA RENAISSANCE

manuscrits pour indiquer les plus belles de celle époque; telles sont celles de la Bible 11“ 6701, d’un Rational n° 7031 , d’une Iraduclion de Valère Maxime, S. F, 2794, et d’un admirable exemplaire des Chroniques de Saint-Denis, n° 8395. (Plancbe XVII.)

Un prince rivalisait seul alors avec Charles V, par ses largesses envers les habiles artistes de son temps, et par sa passion pour les bâtiments, les bijoux, les reliques et les objets d’art: c’était le duc Jean de Berry, frère du roi. Mais si Christine de Pisan a célébré les louables dispositions du sage monarque à l’égard des lelli‘es et des arts, d’autres annalistes plus sévères ont , au contraire , épuisé tous les mots de la langue pour faire au duc Jean une renommée moins llatleuse. Nous ne pouvons cependant nous empêcher aujourd’hui d’excuser et même d’houorer tant de fastueuses prodigalités, qui ont enfanté de si nombreux chefs-d’œuvre de peinture. Ces inestimables nionnments, contre lesquels la moralité de l’bisloire ne peut plus lien h présent, forment une des principales richesses de nos collections nationales. La librairie du due Jean était déjà très-célèbre de son temps rsa réputation, bien méritée, n’a fait que s’accroître depuis l’époque où ce ju-ince, instruit et libéral, la composait à grands frais, quoique cette splendide bibliothèque ne soit pas venue tout entière jusqu’à nous. C’est à peine si l’art moderne, avec toutes ses ressources et tous ses perfectionnements, pourrait se flatter d’égaler les prodiges de l’art du quatorzième siècle. Nous nous contenterons de citer quelques volumes, dont les peintures représentent l’état le plus avancé de l’art de la Miniature à cette époque, et il n’y a rien à dire pour les recommander à l’admiration des bonnnes de goût et desavoir. Ce sont : 1“ deux livres de prières, l’un latin, 11“ 919, etraulre français et latin, n“ 2015 S. F.; 2“ les Merveilles du Monde, no7892, etc.

La maison royale, au quatorzième siècle, était la source de tous les encouragements décernés aux arts et aux lettres (voyez la bordure n" 1 5. tirée des Heures du duc d’Anjou, F. La Vall. , n" 127) : l’infoi'tune Charles VI ne ralentit point cette impulsion donnée par le roi, son père; le second des fils de Charles V, Louis, duc d Orléans, partageait vivement la noble sympathie des ses ancêtres pour les sept arts libéraux . Parmi les manuscrits qui ont été exécutés par ordre de ces deux princes, il en est plusieurs qui constatent l’état de la peinture jusqu’aux premières aimées du quinzième siècle. C’est d’abord, pour Chai les VI, le Livre des Demandes et Réponses de P. Salmon, admirable volume, dont tous les personnages peints sont de véritables portraits, d’un travail achevé. Toutefois, les chefs-d’œuvre de l’école française à cette époque sont les Miniatures de deux traductions des Femmes illustres de Boccace (n"® 7091 et S. F. 5*10-8) de la Bibl.

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Nationale : le coloris est des plus beaux, le dessin assez correct, et déjà la perspective s’y manifeste. Quant aux livres de la librairie de Louis d’Orléans, on peut facilement les reconnaître au milieu de nos bibliothèques, soit par le portrait de ce prince que l’on retrouve en tète de quelques-uns, soit encore par ses armes ayant deux loups pour support. (Planche XVII bis. )

Le progrès dans les arts du dessin était donc alors très-déclaré en France depuis un demi-siècle environ. Deux genres nouveaux apparurent durant cet intervalle de temps: les Miniatures en camaïeu et les Miniatures en grisaille. Dans le premier genre, les plus belles peintures sont celles des Petites Heures de Jean, duc de Berry; les Miracles de Notre-Dame , etc. Les grisailles sont moins soigneusement exécutées ; on en trouve pourtant de remarquables dans les Manuscrits n"* 6916. 6986, 7020, etc. (Planche XVIIl.) Quelques noms d’artistes nous sont connus, entre autres ceux de Pierre Remiot (en 1396), Jean de Saint- Eloy, Perreis de Dijon, Colin de Lafontaine, Copin de Gant (en 1397).

.Mais, dans les autres j)arliesde l’Europe, l’art d'orner les manuscrits n’était pas également développé. Les Miniatures, ouvrage d’un peintre anglais, dans le volume n” 765 (Bibl. Nation.), manquent de goût : les personnages ont le corps étroit , roide et long; les tètes sont démésurément grosses; l’ornementation est lourde, et rarchileclure affecte des formes moins gracieuses que celles qui étaient usitées en France. En .Allemagne, les articulations gothiques, dans les contours de l’architecture, sont encore plus accusées; elles le sont, à la même époque, pres<|ue autant que durant le règne de saint Louis : les Miniatures du manuscrit n° 511 (Bibl. Nation.), attribuées à un artiste allemand, quoique d’un dessin correct, ont un aspect barbare. Ce ne fut donc qu’en Italie, que la perfection dans l'art de la Miniature se développa au plus haut degré ; du moins, on en juge ainsi à la finesse des figures, à la régularité du trait et à l’élégance des ornements de la Bible du pape Clément Yll (voyez la bordure n" 14 et planche XIX), conservée ;i la Bibl. Nationale, Lat., n® 18, ainsi que par les volumes n“* 6069 T. et 7242 A. L., d’où nous avons tiré notre planche XX (la première partie représente un portrait de Pétrarque d’après une peinture contemporaine, et la seconde, un sujet tiré de Y Art de la Guerre de Végèce). Mais les peintures des cérémonies de l’ordre du Saint-Esprit, fondé par Louis d’Anjou, roide Sicile, en l’année 1332 (que l’on trouve dans le volume n" 36 bis, F. La Yallière), sont évidemment les plus belles de cette époque (voy. planche XXI). On remarque surtout, dans le même manuscrit, les beaux portraits en camaïeu du roi et de la reine. Un

Miniatures des m.inuscrits. PI. Wll his.

Ferdinaod Seré del.

Bisson et Coltard sc.

Miniatures extraites : 1° des Maximes royales, par le Père Salmon ; 2» des Femmes renommées; 3» des Vertus et Ornements des Roys. (Mss. de la Bibl. Nat. de Paris.)

F Seré direiit.

Miniatures des manuscrits PI. XVIII

Miniature du Psautier de Jean, duc de Berry. (Suppl, français, n» 2015, Bibl. Nat. de Paris.)

F. Seré direxit.

Miniatures des manuscrits. PI. XIX.

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^VrclinanH Sprê de).

Imprime par PIod frere»

Miniature tirée de la Bible de Clément VU. ( Bibl. Nat. de Paris. )

K. Sere diiexit.

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Miniatures des manuscrits. PI. XXL

t'erdioand Seré del.

BUson et Gottard sc. •

Miniatures de ï Institution de l'Ordre du Saint-Esprit. (N« 36, fonds Lavallière. Bibl. Nat. de Paris.)

P. Seré direxit.

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