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Miniature extraite des Heures d'Anne de Bretagne. (Suppl. latin, n° 635. Bibl. Nat. de Paris )
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Mimatupp extraite d'un livre d'Heures.ayaut appartenu a Henri U Roi de France (Bihl Nat de ?3.ris) ~~ Bordure diin Manuscrit exécuté pour Mathias Corviu P.T .Vaf de Fans)
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MINIATURE DES MANUSCRITS. PL. XXVI giJATER .
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Miniature extraite d’un livre d’Eeures, ayant appartenu à Henri H, roi de France,
(Bibl. nat.de Paris.)
F-Séré, direxit.
deux écoles : celle qui conservait les tradilions du goiii gothique, fort amoindri, il est vrai, comme le montrent les grandes et belles peintures des manuscrits n'’* 6811 ( Miraclesdela Vierge), 7'2.3l{Epistres(TO\\de), et7.'ï84 [Chants royaux)', tandis que l’autre école, au contraire, s’inspirait entièrement de l’inlluence italienne. Aussi, ses derniers ouvrages sont-ils caractérisés par un dessin plus correct, un coloris des plus parfaits et des plus harmonieux, et par des groupes de personnages habilement composés. Telles sont les peintures du volume 11“ 6808, contenant les Echez amoureux; du n" 6877, qui est une traduction des Triomphes de Pétrarque ; du n“ 7079, autre traduction du même ouvrage; du n” 7083, traduction des Épîtres d’Ovide, et celles du Missel du pape Paul V, qui nous a fourni la bordure n" 19.
Cet immense progrès semble parvenu à son dernier degré de perfectionnement, dans l’œuvre si remarquable , connue sous le nom (T Heures cT Anne de Bretagne, reine de France. (Planche XXVUI.) Rien n’est comparable à ces Miniatures , dont on fixe l’exécution vers l’année 1499. On peut difficilement trouver des expressions assez exactes pour caractériser la finesse des figures, leur grâce et leur délicatesse; mais, au milieu de ces nombreux tableaux, d’un si grand efi'et, d’une touche délicieuse, et dont quelques-uns ne seraient pas indignes du pinceau de Raphaël, il se trouve cependant quelques groupes d’une médiocre composition, roides, maniérés, et d’un coloris sec. La figure de la vierge Marie se fait remarquer, entre toutes les autres , par son admirable expression de douceur ; les têtes d’ange ont quelque chose de surhumain. Enfin, les ornements qui encadrent les pages de ce livre incomparable sont composés de fleurs, de fruits et d’insectes ; c’est la nature même avec toute sa fi’aîcheur et tout son éclat.
Telle fut la fin glorieuse de l’art d’orner les manuscrits. Cet art se perdit en même temps que l’imprimerie fit disparaître la classe nomlireuse des écrivains et des enlumineurs du Moyen Age. R ne se raviva depuis, que pour satisfaire h de rares exceptions, nées de la fantaisie plutôt que de la nécessité. Pour le seizième siècle, on peut citeiquelques beaux manuscrits et quelques belles Miniatures; mais il n’en est pas moins vrai que les uns et les autres ne comptaient plus parmi les produits habituels des arts en France. On peut mentionner, comme ayant de l’intérêt pour l’bistoire de l’art, deux livres d’Heu- 1409 et S. L. 677, qui ont appartenu au roi de France Henri II (grisailles, planches XXYI, XXVI bis et XXVI tei ), le Recueil des rois de France, par Jean Du Tillet, présenté à Charles IX (pl. XXIX) ; le SpJendor Solis, du Rrilish-Museum (pl. XXIX bis) ;
res. A. F
un livre de poésies, dédié à Henri IV; enfin, le livre de Prières du maïquis de Bade, exécuté parBrenlel ([>1. XXX). C’est le dernier chef-d’œuvre des miniaturistes, quoiqu’on n'y trouve que des copies de tableaux des grands maîtres d ltalie, de Flandre, etc. Dans ces peintures, la pureté du dessin le dispute au brillant du coloris. N oublions pas enfin les magnifiques Heures de Louis XIY, hommage mémorable offert au grand roi , par des compagnons de sa gloire militaire, réunis à l’Hôtel royal des Invalides, mais indigne de rivaliser avec les Heures d’Anne de Bretagne, que l’artiste semble avoir prises pour modèle.
Aimé CHAMPOLLION- FIGEAC,
de la Biidiotheque N.iliunale de Paris.
Christ. Gott. Schwartz. De ornamenlis libronim, et varia rei librariæ veterum supellectilc dissertalioiiuni anliiiuariiini hexas. Priniiini colleg. et rccciis. J. Cb. Lcuscbner. Leips.,
17SG, iii-4.
Pli. Lud. Ulth. Disputationcs très de ornamciitis cndicum veterum. Noritnbergæ, ITKi, ô part, en 1 vol. iu-4, lig.
Voy. d.ius l’oiiv. du moine Theoplule : Piverêarum artium schodnla^ Irad. et publ. p.ir le comte Ch. de Lescalopier (Par., 1843, in-4), les chapitres relatifs à la peinture des livres et à la manière d'appliquer l'or.
Fred. Maddex. Illiiniinaled ornanients selccted from maiiuscripts and carly printed bonks l'roni tbe sixtli to tlie seventccnlh centuries, drawn and engraved by Item y Sliavv, vvitli descriptions. London, ISÔÔ, in-4, lig. color.
Al|diabet.s numerals and devices of llie Middlo Ages. London, 184o, in 4, fig. color. d’apr. les Mss.
Aug. de Bastarii. Peintures et ornements des manuscrits, classés dans un ordre chronologique, pour servir à l’iiistoire des arts du dessin, depuis le quatrième siècle de l'ère ebrélienue jusqu'à la fin du seizième. Paris, ISôriet ann. suiv., in-fol. max., fig. color., livraisons 1 à XI et XVt.
Ce grand ouvrage, dont la liv^ai^on a coûté 1,800 francs, et dont l’exemplaire coûtera plus de 100,000 fr , s'il s’achève, doit être divise p.ir sections géographiques ; la partie française . la seule qui soit en publication , comprendra 25 livraisons, renfermant 160 planches et trois volumes de texte ornes chacun de 100 vignettes gravées au Irait. Le texte n'a pas paru
— Librairie de Jean de F’rance, duc de Berry , frère du roi Charles V, publ. en son entier pour la jircmière fois; précéd. do la vie de ce prince, illustr. des plus belles Miniatures de scs Manuscrits , accomp. de notes bibliograpbii[ues , et suiv. de recherches pour servir à l’iiistoire des arts du dessin au Moyen Age. Paris, 1834, in-fol. max., lig. color.
Cet ouvrage, dont il a paru 32 pl. sans texte, ne sera pas continué.
Ferdinand Denis. Notice sur les manuscrits à Miniatures de l’Orient et du Moyeu Age. Voy. cette Notice dans le Manuel du Peintre et du Sculpteur, par L. G. Arsène (Par., 1855, 2 vol. in-18).
J. H. DE Speyr Passavant. Description de la Bible, écrite par Alcuin, de 778-800, et oilérte par lui à Charlemagne. Paris, 1829, in-8 de 112 p.
Jean Jos. Bive. Essai sur Part de verilier l’âge des Miniatures peintes dans les Manuscrits, depuis le quatorzième siècle jusqu’au dix-septième. Paris, Didot , 1782, in-12 de 70 p.
Il n’a été publié de ce bel ouvrage, que le prospectus ci-dessus et 26 tableaux in-fulio peints et rehaussés d’or, sans texte. Les matériaux du texte SC trouvent parmi les AIss. de l’ahbé Rive.
Gad. Peignot. Notice sur vingt -deux Miniatures ou tableaux en couleurs réunis en tète d'un manuscrit du quinzième siècle (appart. au grand Hôpital de Dijon), précéd. de Rceliercbes sur l’usage d'enrichir les livres de ces sortes d’ornement, chez les Anciens et au Moyen Age. Di^on, 1852, in-8.
(Guill. Fr. de Bure le jeune?) Description historique d’un volume composé de tableaux en Miniatures qui représentent les aventures de Charles Magius, appartenant au duc de La Vallière. Paris, 1761, in-fol de .5 feuilles.
Voy. la description dv ce m.iniiscril, exccutc eu 1578, dans le Catal. des livres de Giiyon de Sardicre et dans lu Dibl. iimtruct. de G. Fr. de Hure.
Le Febvre. Notice sur un manuscrit des Statuts de l’ordre du Saint-Esprit. Voy. cette notice dans sou Mémoire pour servir à l’tlisloire de France du XI Ve siècle, contenant les Statuts de l'Ordre... (Par., G. Fr. Deburc, 1704, in-4).
Voy. le Gâtai, de la BiliL du duc de L.i Valliere, tome lll, page 235.
Jean Jos. Bive. Notices historiques et critiques de deux manuscrits uniques et très-précieux delà bibliothèque de M. le duc de La Vallière, dont l’un a pour litre : la Guirlande de Julie, et l’autre : Becucil de Heurs et insectes, peints par Pierre Babel en 1024. Paris, 1779, in-4.
L'abbc Rive a publie d'autres disst rlations du même genre, sur m-inuscrits à M tniaturcs, et il en annonçait un recueil en 12 ou 15 vol. in-S. dans ses iS'ottc-B calltgraphtqure et typographiques qu’il lit paraître eu 1795 pour servir d’essai à cette culleciinn.
Notices et extraiis des Manuscrits de la Bibliothèque du Roi, lus au comité établi dans l’Acad. des liiscript. et Belles- Lettres. Paris. 1787-1844, 13 vol. iu-4, lig.
On y trouve la description d* un grand nombre de manuscrits h Miniatiues.
Il y a aussi des détails curieux sur les Miniatures des manuscrits, que reiifernienl les grandes hililiulhèques de France cl d’ .Angleterre, dans un ouvrage allemand )>ublié par le conservateur du Musée de Berlin : Kunt-iwerteund Kunsller tn England und Pans ^Berlin, 1837-59, 5 vol, in-8).
Jos. Van Praet. Notice des manuscrits qui ont apparleuu à Louis de Bruges, seigneur de la Grullmyse, et dont la plus grande partie se conserve à la Bibl. du Boi. Voy. cette Notice dans ses liecli. sur Louis de Bruges... (Par., 1851, iu-8, lig).
— Notices sur les manuscrils appartenant au duc de La Vallière. Voy. ces notices dans le Catal. des livr. de la Hibl. de La Vall., par Guill. de Bure (Par., 1 785, 5 vol. in-8, lig ).
Voy. encore, outre la plupart des ouvrages cités dans la bibliographie des Manuscrits, outre une foule de catalogues raisonnés et de notices spéciales, la Monarchie française, de Bernard de Montfaucon; le grand ouvrage de Seroux d’Agincourt. Histoire de l'Art par les monuments ; celui de Vivant Denon, Monuments des arts du Dessin chez tous les peuples, tant anciens que modernes : le Dict. deMilliu,
au mot Miniatures; les Monuments français inédits, de Villemin, avec le texte par André Pottier ; les Arts au Moyen Age, de Dusommerard, notamment au t. V, p. 145 et suiv., avec les planches y relatives ; la Paléographie universelle, de M. Silveslre, avec texte par MM. Champollion ; les Manuscrits français de la Hibliolhèqtte du Roi , par M. Paulin Paris , les beaux ouvrages anglais sur la peinture an Moyen Age , par Blackburne, Eastlake, etc.
Miniatures des manuscrits.
1, /§ 1 gAM CE
FESflIirSMT (SOMlFIgiiE’,
C'XiniineljCOJicluit parla Juftice receuoir la mort fiir^ü^eu du üipplice^ Qrd noit là le Bourreau^ icy le Conlèlïeiir^
Qm^lefme^porCeJâ la. morp peinte eala iace^ Et qtâ reçoit eitfin laLetre delà Grace^
De {À.-\cLe^<k. fes hiens qni le rend polseiïèia’ ,
Ferdinand Seré del.
Imprimé par IMon frere»
Miniature du Livre de Poésies dédié à Henri IV.
K. Sert' dirertl.
Miniatures des manuscrits. PL XXX
Ffrdinaiid Spré del.
Imprime par Plon frères
Miniature des Heures du marquis de Bade. (Suppl, latin, n® 706. Bibl. nat. de Paris, j
F. Spre direxii.
uoiQüE la plupart des auteurs qui parlent du parchemin en attribuent l’invention à Eiunènes , roi de Pergaine (sans doute d’après l’étymologie du mot Pergamemtm) , il paraît démontré que l’usage en est beaucoup plus ancien, et que son origine se perd dans la nuit des temps. Ainsi, plusieurs passages de l’Ancien Testament témoignent que, longtemps avant Eumènes, fds d’Attalus I" et contemporain de Ptolémée-Épipbanes, selon Strabon , le parchemin était employé comme matière subjective de l’écriture dans la Haute-Asie ; car le mot volumen, qui revient souvent dans la Yulgate, ne peut s’entendre que d’un rouleau formé de peaux préparées ou de papyrus. H est donc presque constant que, depuis Moïse, les Juifs ont écrit les livres de la loi sur des rouleaux de parchemin.
Hérodote, le père de l’histoire, prouve incontestablement l’antiquité du parchemin, en disant (liv. Y) : « Les Ioniens appellent aussi, par une ancienne coutume, les livres diplilères, parce qu’autrefois , dans le temps que le biblos (papyrus) était rare, on écrivait sur des peaux de chèvre et de mouton. » Diodore de Sicile (liv. H) rapporte cpie les anciens Perses écrivaient leurs annales sur des peaux. Le célèbre passage de Pline (liv. XHI, chap. xi), qui a fait attribuer à Eumènes la découverte du parchemin {Varro membranas Pergami Iradidil repcrlas), semble indiquer plutôt que ce roi de Pergame perfectionna un art, par le moyen duquel on pouvait suppléer au papyrus, que Ptolémée-Epiphanes ne laissait plus sortir d’Egypte. La privation totale de papyrus mit alors en grande activité la fabrication du parchemin mieux préparé, et l’on en vit
.Sciences et Aits.
PARCHEMÜÎS, Fol, I
venir une quantité si considérable des manufactures de Pergame, qu’on regarda cette ville comme le berceau de cet art. On faisait des livres de deux espèces : les uns en rouleaux composés de plusieurs feuilles cousues ensemble , sur lesquelles on n’écrivait que d’un côté; les autres en carré, écrits des deux côtés. Le grammairien Cratès, ambassadeur d’Eumèiies à Rome, passait pour avoir inventé le vélin.
Le vélin et le parcbemiii de l’antiquité ne différaient guère sans doute de ceux du Moyen Age, quoique les procédés de fabrication des anciens ne nous soient pas connus. Le parchemin ordinaire est une peau de mouton , de brebis ou d’agneau, passée h la chaux , écharnée, raturée, adoucie à la pierre ponce ; ses principales qualités sont la blancheur, la finesse et la roideur ; mais le travail du corroyeur ou du fabricant devait être quelquefois très-imparfait, puisque le calligrapbe était obligé de dégraisser encore et de polir lui-même le parchemin grossier qu’il destinait à recevoir de l’éci iture. Hildebert, archevêque de ïours au onzième siècle, nous apprend quid scriploi' solel facere .-«Primo cum rasorio iucipit perganienum pui gare de pinguedine, et sordes magnas auferre ; deindè cum pumice pilos et nervos ouinino abstergere. » Senno A' V. Quant au parchemin vierge, qui imite très-bien la (jualité du vélin, il se fabrique avec des [)eaux d'agneaux ou de chevreaux avortés. Le vélin, plus poli, plus blanc et pins transparent que le parchemin ordinaire, est fait de peau de veau [vilulus], comme son nom l'indique. Au reste, les mots latins pergamenum, corium et membranæ étaient les noms génériques de toute espèce de peau préparée : différentes épithètes ajoutées au mot membranæ caractérisaient seulement différentes sortes de parchemin : membranæ capriiiœ, agninœ, oi'illæ, vilnlinœ, hœdinœ, etc. La dénomination de pergamenum a prévalu dans la langue des principaux peuples de f Europe, car on dit en allemand pergament, en anglais parchment, en italien pergamena, en espagnol pergamino, et en hollandais parckamenl. Dans le Moyen Age, on a dit, par corruption, pergamenlum cipergamerium. Voy. le Gloss, de Ducange.
Quoique la découverte dont on fait honneur à Pergame ait dû considéiablement multiplier le parchemin , il est présumable que le papyrus était d’un usage plus fréquent chez les Grecs et les Romains, soit à cause de la cherté du pergamenum, soit à raison de la facilité de se procurer du papyrus. Cependant il paraît qu’on se servait assez fréquemment du parcbemiu, surtout pour la transcription des ouvrages les plus estimés; on en bibriquait même de très-fin, puis(jue Cicéron disait (Pline, liv. VII, ch. xxi) avoir vu toute r Iliade copiée sur un rouleau de cette substance et renfermée dans une noix. La bibliotbècjue de Cicéron, aussi remarquable par le luxe que par le choix des livres, en contenait beaucoup écrits sur parchemin. Les livres de cette espèce étaient encore pins nombreux, du teiiqis de Martial, comme le prouvent diverses épigrammes de ce poète. Malheureusement, il ne nous reste aucun monument écrit sur parchemin sous le règne des douze }>remiers Césars. Le Virgile du Vatican, le Térence de Florence et (juelques manuscrits infiniment rares, ne remontent pas au delà du quatrième ou du cinquième siècle de l'ère chrétienne. Deux causes ont contribué à ces pertes irréparables ; le temps, qui détruit à la longue tous, les monuments de la main des hommes, et la
barbarie, qui porla le fer el la flamme dans l’empire romain durant plusieurs siècles.
Les savants auteurs de la Nouvelle Diplomatique disent que les plus anciens manuscrits sont en parchemin et les plus anciens diplômes en papier d’Égypte. La France ne possède pas, en effet, de diplômes originaux en parchemin, autérieurs au septième siècle; mais il est certain que l’Angleterre et rAllemagne ne firent usage que de parchemin pour dresser les actes publics, avant la découverte du papier de coton. Le parchemin coûtait bien plus cher que le papyrus et le papier de coton ; il semble aussi avoir manqué totalement h différentes époques, en sorte que, pour suppléer à la disette de cette matière, on imagina d’utiliser le parchemin écrit, soit en* le raclant, soit en le faisant bouillir dans l’eau, soit en le passant à la chaux vive pour enlever l’ancienne écriture et le disposer à en recevoir une nouvelle. Le parchemin était si rare au onzième siècle, que Guy, comte de Nevers, ayant fait un présent de vaisselle d’argent aux Chartreux de Paris, ces religieux lui renvoyèrent son présent, et ne lui demandèrent que du parchemin en échange. Il n’y a pas de doute que la rareté et la cherté du parchemin n’aient fait périr une foule d’excellents ouvrages qui ont été remplacés par des traités insignifiants de liturgie et de dévotion. On aurait tort de croire pourtant qu’il faille restreindre aux onzième, douzième et treizième siècles l’usage de gratter le parchemin écrit, et renfermer cet usage barbare dans les bornes de l’Église grecque. On a signalé de nombreux exemples qui constatent que le mal avait gagné les Latins, et que dès le septième siècle , en Occident, on effaçait, avec plus ou moins d’adresse, l’écriture sur le parchemin, que l’on rendait susceptible de servir une seconde fois. Muratori [Anliq. liai., t. III, col. 834) cite un manuscrit de la bibliothèque Ambroisienne, qui comprend les oeuvres du vénérable Bède, et dont l’écriture, âgée de huit h neuf cents ans, aurait été substituée h une autre de plus de mille ans. Les auteurs de la Nouvelle Diplomatique citent un manuscrit du septième siècle (Opuscule de saint Jérôme) , formé avec les déhris palimpsestes de trois manuscrits des sixième, cinquième et quatrième siècles. L’emploi des anciens parchemins grattés et lavés devint si fréquent en Allemagne aux quatorzième et quinzième siècles, que les empereurs s’opposèrent à cet abus dangereux en ordonnant aux notaires de n’user que de parchemin «vierge et tout neuf. » (Maffei, Islor. diplom., p. 69.)
En général, la qualité du parchemin peut servir h faire apprécier le temps de sa fabrication. Le vélin des manuscrits et des diplômes est très-blanc et très-fin jusqu’au milieu du onzième siècle ; le parchemin du douzième est épais, rigide et d’une couleur bise qui annonce souvent qu’on en a fait disparaître l’écriture primitive, en le raclant avec la pierre ponce ou en le lavant avec des drogues. La plupart des beaux manuscrits du quatorzième siècle sont en parchemin vierge qui se prêtait plus particulièrement à la délicatesse de l’art du calligraphe et de l’enlumineur. Le parchemin était d’ailleurs trèscommun en France au treizième siècle, témoin le statut de l’Université de Paris daté de 1291 (Bülæüs, Hist. Univ. Paris., t. III, p. 499.) On voit, dans ce statut, que, bien avant cette époque, le commerce du parchemin avait pris un développement considérable à Paris, et l’Université, se plaignant avec force et des fraudes et des tromperies de ce
commerce, essaye d’y remédier par de sages dispositions que Crevier analyse en ces termes (Hist. de VUniv. de Paris, t. Il, p. 130) : « Premièrement, il est défendu aux parcheminiers de Paris d’acheter le parchemin ailleurs que dans la halle des Mathurins ou h la Foire. L’Université avait chez les Mathurins une salle qui lui était prêtée librement par les religieux de cette maison pour être le dépôt de tout le parchemin qui entrait dans Paris. Le marchand forain qui l’y avait apporté, était obligé d’aller sur-le-champ annoncer son arrivée au recteur ou de le faire avertir; et le recteur envoyait quelqu’un de sa part pour compter les bottes de ce parchemin, et le faire visiter et taxer par quatre parcheminiers-jurés de l’Université. Après cette opération, le marchand devait tenir son bureau ouvert pendant vingt quatre heures aux seuls écoliers, praticiens, ou autres particuliers qui avaient besoin de parchemin, et ce n’était qu’au bout de ces vingt-quatre heures, qu’il lui était permis de le vendre aux marchands de Paris. A la foire du Lendit, qui se tenait à Saint-Denis, et à celle de Saint-Lazare, le recteur faisait pareillement visiter tout le parchemin que l’on y apportait, et les marchands de Paris ne pouvaient en acheter qu’après que les marchands du roi, ceux de l’évêque de Paris , les maîtres et écoliers de l’Université s’en étaient fournis.» L’objet principal du statut de 1291 fut certainement d’empêcher que les marchands ne s’emparassent du meilleur parchemin pour l’usage de l’industrie, au détriment des sciences et des arts. Ce statut, néanmoins, nous permet de supposer que la consommation du parchemin était immense à cette époque. Le recteur de l’Université avait un droit sur la vente du parchemin, et ce droit a été l’unique revenu du rectorat jusqu’à la fin du dix-Iiuitième siècle.
Bien que la couleur naturelle du parchemin soit blanche et que cette couleur semble plus favorable qu’aucune autre à l’écriture, l’antiquité et le Moyen Age, en composant des encres de diflérentes couleurs, avaient donné aussi différentes couleurs au parchemin. On connaissait surtout le parchemin jaune et le parchemin pourpre [membrana crocea el purpurea). Ce dernier était destiné de préférence h recevoir des caractères d’or et d’argent. Julius Capitolinus, dans son Histoire, raconte que la mère de Maximin le Jeune donna à ce prince tous les livres d’Homère écrits en or sur vélin pourpre. Le parchemin, teint en pourpre ou du moins en cinabre, était une des prérogatives réservées aux empereurs, aux rois et aux évêques; ainsi, au quatrième siècle, l’évêque Theonas conseille à Lucien, grand-chambellan de l’empereur, de ne pas faire écrire sur pourpre en lettres d’or les volumes exécutés pour la bibliothèque impériale, à moins d’un ordre exprès de la part du prince. Saint Jérôme, toutefois, dans sa préface du livre de Job, a l’air de dire que, de son temps, les manuscrits en vélin pourpre étaient assez répandus : Uabeant qui volunt veteres libros, vel in membranis purpureis auro argentoque descriptos, vel imcialibus, ul vulgo aiunt, lilleris, etc. Ces volumes devaient être de grand prix. Ils étaient fort recherchés en Espagne au septième siècle, selon saint Isidore de Séville, qui dit en parlant des livres : Injicianlur colore purpureo, in quibus aurum el argentum liquescens patescal in lilleris. 11 est à remarquer que la barbarie des septième et huitième siècles ne diminua pas la faveur qui entourait ces splendides manuscrits. Saint W’ilfrid,
archevêque d’York au septième siècle, fit don h son église d’une bible et d’un évangéliaire écrits en lettres d'or sur vélin pourpre. L’art de teindre ce vélin ne laissa pas que de tomber en décadence h la fin du neuvième siècle. Dès lors on ne vit guère que des manuscrits en pourpre rembruni ; et encore, dans les manuscrits de cette époque, le pourpre ne s’étend-il que sur quelques pages et même sur certaines portions des pages, comme les frontispices, les titres, le canon de la messe, etc. Il distingue çà et là des lignes, des mots, des initiales , qu’on voulait mettre en évidence. Tels sont les Bibles et les Heures de Charles le Chauve que possède la Bibliothèque nationale de Paris. Les ouvriers qui teignaient d’abord le parchemin en pourpre, et qui plus tard ne firent que marquer en rouge les majuscules, les chapitres et les alinéas, s’appelaient rubricatores, minialores, et formaient une profession distincte, dont les imprimeurs du quinzième siècle ne dédaignèrent pas le concours pour les rubriques des bibles, des missels et des livres de droit.
Les premiers livres produits par l’imprimerie furent d’abord une contrefaçon des manuscrits : ils en affectaient la forme, les caractères, les ornements et la matière. Les Bibles, que Jean Fust apporta en 1462 à Paris, étaient imprimées sur vélin, avec initiales peintes en bleu, pourpre et or : l’illustre faussaire les vendait comme manuscrits à raison de GOécus d’or (550 fr. environ) l’exemplaire, jusqu’à ce qu’on se fût aperçu de la fraude du vendeur. Dès cette époque, le parchemin avait en quelque sorte fixé les formats des livres. La dimension de la peau entière de l’animal, taillée carrément et pliée en deux, représentait l’in-folio, qui variait à proportion en hauteur et en largeur : cette même peau, pliée en quatre, donnait l’in-quarto, et en huit, l’in-octavo. On a tout lieu de penser que le papier, dès son origine, prit également la dimension ordinaire du parchemin.
Quant au parchemin employé dans les diplômes, sa dimension varia suivant la rareté de la matière et selon les besoins de son emploi. Chez les anciens, on n’écrivait que sur un seul côté du parchemin, les peaux attachées l’une à l’autre devant figurer des rouleaux appelés volumes, qu’on déroulait successivement pour en lire le contenu. On conserva cette forme et cette manière d’écrire pour les actes publics et les actes judiciaires, longtemps après que l’invention du livre carré, codex, eut fait adopter l’écriture opisthographe, c’est-à-dire tracée des deux côtés de la page. Dans les bas siècles du Moyen Age, il était fort rare que l’on portât une partie de l’écriture sur le dos des chartes : quand on se permettait cette infraction à l’usage reçu, ce n’était que pour les signatures et autres formules finales ; encore, n’en trouve-t-on presque point d’exemples antérieurs au dixième siècle. L’écriture opisthographe n’était alors appliquée qu’aux cartvdaires, aux nécrologes, aux livres de compte et aux manuscrits. Peu à peu on transporta cet usage aux titres; puis, on s’habitua insensiblement à écrire sur le verso comme sur le recto, surtout à partir du seizième siècle. Les chartes opisthographes n’excédaient jamais la grandeur du parchemin ; cependant elles étaient parfois composées de plusieurs peaux cousues ensemble, ce qui formait des rouleaux d’une longueur prodigieuse. « Le parchemin des diplômes, dit Lemoine {Dict. prat. de Diplomatique, p. 57), a été fort petit, particulièrement depuis le règne de Pliilippe-le-Bel
ni
jusqu’au milieu du règne de Charles V. Il devient plus grand en 1377. » Les chartes privées, les plus anciennes qui nous restent, sont écrites sur des parchemins extrêmement petits. « Encore, le parchemin était-il souvent coupé inégalement, ajoute Lemoine, et sans observer les angles droits, et cette espèce de mesquinerie dans la matière dont on se servait pour écrire les actes a constamment duré pendant trois siècles, à commencer au onzième. En 1233 et 1252, on voit des contrats de vente, des donations, sur des parchemins de 2 pouces de hauteur sur 5 de large; et en 1258 , un testament écrit sur une l)ande de 2 pouces sur 3 et demi. En 1279, on remarque déjà des parchemins d’un pied de hauteur. Depuis 1380, il n’y a plus de petits parchemins. Le siècle suivant voit les actes judiciaii es s’allonger h l’excès : on a des rouleaux de vingt pieds de long!... » Ce fut pour obvier à cette dépense excessive de parchemin, qu’on adopta généralement l’écriture opisthographe dans les diplômes, et qu’on renonça aux rouleaux, dont le nom seul est demeuré attaché aux rôles de })rocédure. Dans des temps plus modernes , on employait toujours au barreau le parchemin pour la plupart des expéditions; mais sa grandeur variait selon les divers usages auxquels on le destinait. Par exemple, les feuilles du Parlement portaient 9 pouces et demi de hauteur sur 7 et demi de largeur; celles du Conseil, 10 pouces et demi de haut sur 8 de large ; celles de Finance, qui servaient aux contrats, 12 pouces et demi sur 9 et demi. Les lettres de grâce devaient être sur des peaux entières et é(|uarriécs, longues de 2 pieds 2 pouces, et larges d un pied 8 pouces , etc.
Mais h l’époque où le parchemin était ainsi employé dans les chancelleries et les tribunaux, son usage avait cessé partout ailleurs : on imprimait h peine quelques exemplaires de livres sur vélin; on n’écrivait plus de manuscrits, on ne peignait plus de miniatures. La foire du Lendit n’existait guère que de nom, et l’Université n’y allait pas (hercher de parchemin. Le papier, après avoir longtemps rivalisé avec cette matière, si bonne gardienne de l’écriture qu’on lui confie, avait fini par la remplacer dans la plupart des usages de la vie intelleetuelle. Le papier, moins durable, il est vrai, que le parchemin, coûtait moins cher, et pouvait se multiplier à l’infini. Dès la plus haute antiquité, le papyrus d’Egypte, soumis à divers procédés de fabrication, avait rendu les mêmes services que le papier (Voy. l'art. Manuscrits, i)arM. Champollion-Figeac) ; toutefois, le [)apyrus, ainsi que le liber, ou papier d’écorce d’arbre, qu’on préparait d’une manière analogue, et qui résistait encore moins à l’action du temps, se cassait au moindre contact. et tombait lentement en poussière. Voilà pourquoi la plupart des manuscrits sur papyrus qui sont venus jusqu’à nous présentent tant de lacunes et de détériorations. Quant aux manuserits sur écorce, ils ont à peu près tous disparu. On fabriqua pourtant du papyrus jusqu’au moment où le papier de coton devint d’un usage général en Europe.
Ce papier, qui avait été inventé en Chine dès les premiers siècles de notre ère , passa, des Arabes aux peuples de l’Oecident, vers la fin du neuvième siècle ou au commencement du dixième. Il contribua bientôt à faire eesser l’emploi du papyrus et à diminuer beaucoup celui du parchemin. On pense ([ue les Grecs ont pu se servir de ce papier avant
le temps où il fut répandu dans l’ouest de l’Europe par les Maures d’Espagne. Les Vénitiens, qui l’avaient trouvé en Grèce, l’apportèrent en Italie, et il arriva ensuite en Allemagne dès le neuvième siècle, sous le nom de parchemin grec. Il a eu d’ailleurs différents noms. Les Espagnols l’ont d’abord appelé : pergammo di panno; quelques auteurs du Moyen Age : charla gossypina ou xylona, parce que le coton est la production d’un arbuste; d’autres : charla damascena, parce que celui de Damas était le plus estimé; d’autres encore : charla hombycina ou bombacina , cullunea ou colonia, serica, etc. Cependant ce papier n’eut jamais autant de cours dans les pays du Nord que dans ceux du Midi. C’est surtout en Espagne, en Italie et en Sicile, qu’on rencontre des manuscrits et des diplômes sur papier de coton. Mais le papier, fabriqué en ces contrées-là aux douzième et treizième siècles, est très-grossier et bien inférieur .à celui des anciens manuscrits arabes, qui était devenu solide , lisse et lustré en passant sous la presse. Au reste, la mauvaise qualité du papier de coton, sujet aux atteintes de l’humidité et des vers, détermina l’empereur Frédéric II h rendre, en 1221 , une ordonnance (jui déclarait nuis tous actes écrits sur ce papier, et qui fixait le terme de deux années pour les transcrire sur parchemin.
La découverte du papier de coton amena bientôt celle du papier de lin ou de chiffes, ou de linge. Mais où et quand cette découverte s’est-elle faite? Polydore Virgile {De invent. rertim, lib. II, cap. 8) avoue n’avoir jamais pu le savoir; Scaliger attiibue aux Allemands l’honneur de l’invention; Scip. Maffei, aux Italiens; d’autres, à quelques Grecs réfugiés à Bàle. Le P. Duhalde croit que ce papier vient des Chinois , et le docteur Piideaux, qu’il a été porté d’Orienten Europe par les Sarrasins d’Espagne. Cette variété d’opinions ne fait qu’épaissir le voile qui couvre l’origine de ce papier. Ce voile s’étend également sur l’époque de cette origine. Mabillon croit que c’est dans le douzième siècle ; Montfaucon, qui parle de plusieurs manuscrits du dixième siècle sur papier de lin, n’a trouvé pourtant ni en France ni en Italie aucun livre ni aucun feuillet de ce papier, qui ne fût postérieur h la mort de saint Louis (1270). Maffei prétend qu’on ne découvre pas trace de papier de chiffes avant 1300, et Conringius est de cet avis. Cependant Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, qui vivait au douzième siècle, s’exprime ainsi dans son traité contre les Sn\k{Bibliot. Cluniac., col. 1069 et seq.) : Sed ciijusmodi librum? Si talem, quales quotidiè in usu legendi habemus, utique ex pellibus arietum, hircorum, vel vitulorum, sive ex biblis vel juncis orientalium paludum; aut certè ex rasuris veterum pannorum, seu ex qualibet alia forte viliore materia compactes... » Ces mots : ex rasuris velerum pannorum , peuvent-ils signifier autre chose que du papier de chiffes , celui qui est fait de vieux linges broyés et réduits en pâte, viliore materia compactas?
. A l’appui de cette autorité irrécusable, le Journal étranger, du mois de novembre 1736, a signalé deux anciens documents écrits sur papier de chiffons, que possédait Pestel, professeur à l’üniversité de Rinteln , et que l’Lniversité de Gottingue avait examinés: l’un daté de 1239, signé d’Adolphe, comte de Schaumbourg; l’autre, daté de 1320, et accompagné de sceaux. Le plus ancien titre sur papier de chiffes, que Mabillon ait rencontré, est une lettre de Joinville à Louis X, qui n’a régné que deux ans, de 1314 à 1316.
Le P. Bohuslas dit, dans son Histoire de Bohême, que les bibliothèques de ce pays offrent quantité de livres écrits sur papier de chiffons, avant l’an 1340. L’archiviste Camus avait vu dans les archives de Bruges un recueil de gros volumes in-folio sur papier, contenant les comptes de la ville depuis 1367 ; mais il n’osait pas affirmer que ces registres fussent en papier de chiffes, (juoique ce papier lui eût paru moins lisse, plus épais, et surtout moins éjuoussé vers la tranche , que le papier de coton. On peut citer avec certitude, comme écrits sur papier de lin, un inventaire des biens d’un prieur Henry, mort en 1340, conservé dans la Bibliothèque de Cantorbéry, et plusieurs titres authentiques remontant à 1335, dans la Bibliothèque Cottonienne , à Londres; bien que la première papeterie établie en Angleterre soit, dit-on, celle d’Hertford, qui date seulement de 1588. Des papeteries importantes existaient en France dès le l ègne de Philippe de Valois, notamment celles de Troyes et d’Essonne. Le papier qui sortait de ces fabriques, offrait, dans la pâte, différentes marques ou filigranes, telles que la tète de bœuf, la croix, le serpent, la rose, l’étoile, la hache', la couronne, etc., selon la qualité ou la destination du papier. Les mêmes filigranes étaient, au reste, usités dans toutes les papeteries de l'Europe, déjà nombreuses et florissantes au quatorzième siècle. C’est h partir du milieu de ce siècle, qu’on trouve dans les archives et les bibliothèques publiques un assez grand nombre de documents écrits sur })apier de chiffes : l’invention de ce papier devait ainsi précéder de plus d’un siècle l’invention de l’imprimerie.
Gabriel PEIGNOT,
De la Société nationale des Anliquaires de France.
Gab. PtiGNOT. Essai sur l’bistoire du Parcbemin et du vélin. Paris, 1812, iii-8.
Le Discours préliminaire passe en revue toutes les autres substances sur lesquelles on a écrit, notamment le Papier. L’auteur, qui se proposait de recueillir ou plutôt d’analyser les dissertations publiées relatives à ces diiïérentes substances, n'a tiailé que sommairement cet intéressant sujet dans divers ouvrages. Voy, son Dtct. de Bibliologie , au mol : Papier.
Melch. Guilandini Papyrus scu commentarius in tria C. Plinii niajoris de Papyro capila, recensente et sumniariis atque indice augenle Henr. Salmutb. Amberg, 1613, in-8.
La première Ciiition est de Venise^ loTi, in-4. Scaliger a publié : ^nimadvereionen in Guilandini Commentartum^ dans l’cd. de Pline, Lugd.^ 1 582, in-foL Seh. Kirchmayer a donné un extrait du travail de Gudandinu.«, sous ce litre : Ünaertat. de Papyro veterum. Vilerb., 1666, in-4.
Fr. Mar. Nigrisoli. De Cbarta ejusque usu apud antiques. Voy. celte Dissertai, dans le t. III de la Galleria di Minerva [Venez., 1700, in-fol.)
Pet. Garden. Disserlatio academica de Cbarta papvracea. Lundœ, 179S, in-l de 10 p.
Cdr. Lindner. Disserlatio de Cbarta. Lipsiœ, 1647, in-4.
Bern. de Montfaucon. Dissertation sur la plante appelée papyrus , sur le Papier d’Égypte , sur le Papier de coton et sur eeliirdont on se sert aujourd'bui. Voy. cetle Dissert. t. VI de VUist. et Mém. de l'Acad. des Inscriptions et Belles-Lettres.
Voy, dans le meme recueil, t. txvi, une Ütasert. aur le papyrus, par »fe CjjIus.
Gerardi Meermanni Admonitio de Cbartæ nostralis, seu lineæ, origine. Botterd., 1762, in-8.
G. Meermanni et doctorum virnruin ad eum epislolæ atque observationes de Cbartæ vulgaris seu lineæ origine. Edid. ac præfatione instruxit Jac. Van Vaassen. Hagœ-Comitum, 1767, in-8.
Voy. encore deux dissertations (en allemand'^ du chancelier de Lndwig, sur cette que^lion ; « A quelle époque le Papier de cliifTes a été invente? » dans les Aunalcê de Halle, 1756, n" 7 et 1744, no 55; cl un mémoire, également en allemand, sur la même Question, par Jean Sam. Hering, daiu le âlugasin de Pomeranie, t. II, p. 2-7.
J. G. I. BREiTKOPF.Versucb den Ursprung der Spielkarten, die einfuebrung des Leinenpapieres.... Leipsic , 1784-1801, 2 vol. in-4, fig.
Wehrs. Traité sur le Papier et les matières subjectives de l’écriture, qui ont été en usage avant l’invention du Papier (en allemand). Halle, 1789, in-8.
C. DE LA Serna Santander. Observations sur le filigrane du Papier des livres imprimés dans le quinzième siècle. Voy. ces Observations dans le Suppl, au Calai, des livres de sa bibl. [Brux., 1805, in-8, fig.).
II. Jansen. Recberebes sur l’origine du Papier. Voy. ces Recb. à la suite de son Essai sur l'origine de la Gravure {Paris, 1808, 2 vol. in-8, fig.).
rinsieurs planches reproduisent 1»^8 marques ou filigranes des anciens Papiers. Jansen n'a fait que traduire et abréger l'ouvrage de Breitkopf.
Il faudrait encore citer ici la plupart des ouvrages qui concernent la paléographie, ainsi que ceux qui traitent de l’origine de l’imprimerie et de la gravure , car l'bisloire du parcbemin et du papier est intimement liée à celle de l’impression. Voy. surtout le Nouveau Traité de Diplomatique, de Toustain et Tassin, le Dict. de Diplomaliq. prat., de Lemoine et Battbeney, Ylstoria Diplomatica, de Scip Matfei; \\ Palœographia grœca , de Montfaucon, etc. Voy. aussi, dans le présent ouvrage, l’article Manuscrits, et la Bibliographie qui le termine ; les articles Gravure, Cartes a jouer, Imprimerie, etc., avec leurs Bibliographies.
LE MOYEN AGE ET LA RENAISSANCE Parchemin et Papier