‹ Le moyen age médicalChapitre 1 sur 89 · SOCIÉTÉ D’ÉDITIONS SCIENTIFIQUES · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ D’ÉDITIONS SCIENTIFIQUES

place de l’école de médecine 4, RUE A NTOiN-Er DUBOIS, 4

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PRÉFACE

En écrivant ce livre, je n’ai pas en la prétention d’augmenter le nombre des traités d’histoire de la médecine. Mon but ne dépasse pas les limites d’une étude médicale sur le moyen âge.

J’ai essayé d’abord de tracer avec exactitude les physionomies différentes, cléricales et laïques, des médecins de cette époque. J’ai voulu rechercher l’origine de nos prédécesseurs, connaître leur philosophie, savoir comment ils sont ariivés à nous transmettre le flambeau des sciences que l’antiquité leur avait légué.

Dans une autre partie de mon travail, j’ai esquissé le récit des grands drames pathologiques qui ont, pour ainsi dire, caractérisé

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chaque siècle du moyen âge : les pestes, les fièvres éruptives et les autres maladies épidémiques. Je me suis attaché particulièrement à l’histoire de la lèpre et de la syphilis; et davantage encore à celle de celte névrose étrange connue sous le nom de démonomanie, en lui donnant tous les développements qu’elle comporte, en la mettant au point exact de la science moderne.

J’ai cherché enfin, dans la dernière partie de mon travail, à déterminer le rôle que tenaient autrefois, dans la société, les médecins et les idées médicales, d’après l’importance qui leur fut donnée dans la littérature du temps.

Pour composer le dossier complet de mon enquête historique, indépendamment des auteurs médicaux, j’ai dù, par conséquent, appeler en témoignage tous les écrivains, qui nous ont laissé des documents authentiques : chroniqueurs, historiens et poètes. J’ai ainsi reproduit tout ce que j’ai trouvé digne d’intérêt dans nos archives, nos manuscrits et notre vieux théâtre français, — dans tous nos monuments scientifiques et littéraires.

En résumé, ayant pour objectif de donner une idée vraie et impartiale du moyen âge médical, je me suis attaché à traduire aussi rigou-

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reusement que possible son expression nosologique, au point de vue physique comme au point de vue moral. Je me suis efforcé d’ailleurs de combattre l’aridité de mon sujet par l’addition d’un grand nombre de faits anecdotiques curieux, — et de rendre aussi intéressante qu’utile l’étude scientifique de cette longue période de notre histoire, que nos souvenirs classiques nous montrent trop systématiquement voilée par les nuages les plus sombres de l’ignorance et de la barbarie.

Paris, 15 avril 1888.

Dr Edm. UUPOUY.

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