Bernard Gordon, lilium medicinœ
Comme lui, ses contemporains Raymond Lulle, en Espagne, et J. Reuchlin de Phorzheim publiaient des livres sur la magie et la kabbale. Et, en Italie, J. -B. Porta fondait à Naples l’Académie des Secreti pour le développement des sciences occultes, qu’il expliquait dans son traité De magici naturali.
Presque à la même époque, Paracelse professait à Bâle qu’il possédait la panacée universelle, qu’il avait trouvé le secret de prolonger la vie, par la magie et l’astrologie, car il expliquait les maladies par l’influence des astres. Après lui, Van Ilelmont se faisait le défenseur du magnétisme animaj, se livrait à l’étude des sciences occultes, de même que son disciple Rodolphe Goclénius.
Au xvie siècle, Fernel qui, en tant que mathématicien et astronome célèbre, avait publié la Cosmotherict où il indiquait le moyen de mesurer avec exactitude un degré du méridien, dont les travaux remarquables sur la physiologie (De naturali parte medicinœ, 1542), sur la pathologie, la thérapeutique et même les vésanies, lui valurent le surnom de Galien français, — Fernel admettait, lui aussi, l’action des esprits malins sur le corps de l’homme; il croyait que les adorateurs du démon pouvaient, à l’aide d’imprécations, d’enchantements, d’invocations, de talismans, attirer les esprits déchus dans le corps de leur ennemi, et que ces démons y causaient des accidents graves. Il comparait les possédés aux maniaques, mais les premiers ont en plus le privilège de lire dans le passé et de deviner les choses les plus secrètes. Il
La démonomanie au moyen âge
a été témoin, affirme-t-il, d’un cas de délire causé par la présence du diable dans l’organisme et qui fut d’abord méconnu par plusieurs doctes médecins de l’époque1. Enfin, il tenait la lycanthropie pour une chose certaine et indubitable.
Dans ce même xvie siècle, une autre de nos gloires médicales, Ambroise Paré, le père de la chirurgie française, adopta, lui aussi, la théorie des inquisiteurs sur la sorcellerie.
Dans ses œuvres 2, où sont consignées ses remarquables découvertes anatomiques et chirurgicales, on lit des passages ainsi conçus : « Les démons se forment tout subit en « ce qui leur plaîst ; souvent on les void se « transformer en serpents, crapaux, chats- « huants, corbeaux, boucs, asnes, chiens, « chats, loups, taureaux; ils se transmuent « en hommes et aussi en anges de lumière ; « ils hurlent la nuit et font bruit comme s’ils « estoient enchaînez; ils remuent bancs, ta- « blés, bercent les enfants, feuillettent les « livres, comptent l’argent, jettent la vaisselle « par terre, etc. Ils ont plusieurs noms « connus : Cacodémons, incubes, succubes, « coquemares, gobelins, lutins, mauvais « anges, Satan, Lucifer, etc.
« Les actions de Satan sont supernatu- « relies et incompréhensibles, passant reste prit humain, et n’en peut-on rendre raison « non plus que de l’aimant qui attire le fer « et fait tourner l’aiguille... Ceux qui sont