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C’est-à-dire le théâtre du temps

DU MOYEN AGE

avantages de la sobriété. Pour mettre cette grande vérité de l’hygiène en évidence, l’auteur nous montre Dîner , Souper et Bancquet préparant un guet-apens contre d’honnêtes personnages, qui ont eu la faiblesse d’accepter leur perfide invitation. Ces personnages s’appellent : Bonne-compagnie, Accoutumance, Friandise, Gourmandise, Jeboy-à-vous, Je-pleigne-d’ autant.

Au milieu du festin, des scélérats se jettent sur les convives et les accablent de coups. Ce sont les nommés Esquinancie, Apoplexie, Epilencie, Goutte, Gravelle, etc. Presque tous les imprudents, qui se sont fourvoyés dans cette mauvaise réunion, sont tués ou blessés. Mais sur la plainte de Bonne - compagnie, d’ Accoutumance et de Passe-temps, qui ont réussi à s’échapper sains et saufs, Dîner, Souper et Bancquet sont cités devant le tribunal présidé par Expérience et amenés à la barre par des recors qui ne sont autres que Remède, Secours, Sobress, Diète et Pilule.

Expérience a pour l’assister plusieurs juges : Hgpocras, Gci’ien, Avicenne et Averrotjs. Bancquet et Souper sont accusés d’avoir fait mourir quatre personnes à force de manger. Expérience condamne Bancquet à être pendu : c’est Diette qui est chargé de l’office du bourreau. Le condamné demande alors à se confesser ; on lui amène immédiatement le beau Père Confesseur, il fait sa confession publiquement, marquant le plus grand repentir de sa vie passée, et dit son C onjlteor. Le beau Père Confesseur l’absout :

Et Blette, après lui avoir mis la corde au col, le jette de Pôchele et l’étrangle. Souper n’est condamné qu’à porter des poignetsde plombs , pour l’empêcher de pouvoir mettre trop de plats sur la table : il lui est défendu aussi d’approcher du Dîner plus près que de six lieues, sous peine d’être pendu, s’il contrevient à cet arrêt. Souper est fort content de n’avoir été condamné qu’à cette punition, et jure d’observer la sentence avec la plus grande exactitude.

Plusieurs passages méritent certainement l’honneur d’une citation. C’est d’abord le sermon du docteur prolocuteur, qui arrive au milieu des convives, sermon dans lequel il prévient des conséquences funestes des commescasions de la grande chère et de l’ivresse. Ecoutons-le, car il parle, comme un livre, ce bon docteur prolocuteur :

Le vin fait des proufïïtz cinq cens 1 Quant discrettement on l’appete, 2 Mais quand il fait perdre le sens C’est une très-piteuse feste.

Est-il chose plus deshonneste.

Dit Beroaldus plainement,

Que d’ung homme devenu beste,

Et perdre son entendement?

Le vin perturbe 3 l’homme saige,

Le vin fait ung homme hébété ;

Le vin corrompt sang et langaige,

Le vin engendre volupté,

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