CHARPENTIER ET G^^ LIBRAIRES-ÉDITEURS
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Le premier des Essais réunis dans ce volume est relatif à l'état moral et intellectuel du monde européen, peu de temps après la venue du Christ. On s'apercevra sans peine que les idées que j'émets sont devenues le fonds de quelques écrits publiés récemment.
La dernière Etude contenue dans le même volume traite de l'Invention de Tlmprimeric et de la situation de l'Europe lorsque cette découverte féconde sortit de l'atelier de Gutcnberg.
Entre ces deux points extrêmes quinze siècles se déroulent, les plus complexes peut-être et les plus fertiles dont l'histoire des peuples fasse mention. Les origines du monde moderne v iaiUîsc^n
des ruines du monde ancien. J'ai cherché à débrouiller quelques points obscurs de cette période obscure :
La transformation de TEurope sous rinfluence | des idées et des mœurs chrétiennes ;
La naissance des grandes inventions industrielles ;
Les origines du Roman moderne ; Celles du Drame chrétien ; Enfin la Lutte du Néo-Platonisme italien contre la Papauté, c'est-àrdire le premier éveil de la réaction philosophique contre le Vatican.
En essayant Thistoire des idées, histoire merveilleuse et profonde, j'ai reconnu qu'il ne faut jamais la détacher de l'histoire des hommes ; risolant ainsi on lui fait perdre sa passion et sa vie ; — et qu'elle devient alors peu saisissable et peu convaincante.
Les figures de Sidolne Apollinaire, de Saint Cyprien, de Saint J/:rome, de Salvien, soumises à une analyse détîiillée, m'ont donc servi à éclaircir le problème de l'organisation chrétienne entre le deuxième et le sixième siècle ;
CeUe du Dante, à ex|>rMiuer la lutte des au-
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x)rités spirituelle et temporelle au moyen âge ;
Celles de la religieuse dramaturge Hrosvita, des observateurs satiriques Hugo de Trimberg, SébasriEN Brandt et de l'auteur anonyme auquel est lue l'Epopée comique du Renard, à représenter lon-seulement leur époque, mais tout un ordre i'idces.
Enfin parvenu aux dernières limites de cette grande période, je me suis plu à pénétrer dans la naison et dans l'Atelier de Gutenberg ; j'ai con- Hilté, relativement à ce gentilhomme inventeur, i sa vie, à ses procès, à ses débats, à sa découi^erte, les papiers de la Tour de Strasbourg pu- 3lîés par Schœpflin ; — documents trop négligés, jui le présentent tout entier, en déshabillé pour linsi dire. ^
La plupart des sujets traités dans ce volume îussent exigé, non une vérification plus scrupuleuse des faits particuliers ou une étude plus sincère des idées générales et des masses historiques, mais de grands développements.
Je regrette surtout de laisser à l'état d'ébauche, im sujet vaste et nouveau, la naissance des découvertes utiles au moyen âge, et le phénomène
que je crois avoir signalé le premier, cruii affaissement intellectuel très-sensible, joint à une puissante expansion de Tlndustrie. Des talents plus heureux ou plus accomplis, que le temps et les circonstances favoriseront, rempliront sans douto les cadres qu'il m'aura suffi d'indiquer.
Je n'ai pu effacer ni sauver les dissonances de Ion et les disparités de style. Ces esquisses achevées à de longs intervalles, publiées les unes dans le Jotmial des Débats^ les autres dans divers recueils et même à l'étranger, se touchant néanmoins par le lien commun de la pensée historique et d'un système arrêté, portent chacune l'empreinte de leur origine, et la date de leur naissance. Quelques morceaux publiés dans des Kevues ont dû cacher le sérieux du fond sous la vivacité d'une forme dont je regrette le coloris quelquefois trop peu d'accord avec la simplicité convenable à de tels sujets.
l'HlLAUÈTE CHASLES.
\'.\^{\U\\, 10 'janvier 1847.
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