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DÉCOUVERTES DU BAS-EMPIRE

Quoique les dialectes teutons eussent corrompu la langue latine et grecque (1), et que le mélange de tant de patois divers ne permît plus aucune pureté de style, Quinte-Gurce et Longus se placèrent, sous ce rapport môme, h côté des écrivaips les plus distingués. Ouvrez Bazile, Ghrysostôme, Augustin, Ambroise, Grégoire de Nazianze : lisez l'africain Tertullien, Lactance et quelques autres, ils vous offriront l'étrange spectacle d'une lutte violente entre des génies puissants et des siècles confus. Alcuin, Ge^ bert, Avicenno, le grand Roger Bacon, Abeilard, Boece et Bède méritent mention.

Le malheur môme entretenait cette force de résistance qui fit éclore, entre autres fruits, les républiques italiennes. Les caractères énergiques et quelquefois atroces, dont leur histoire est remplie, n'appartiennent qu'au moyen âge; on retrouve des vestiges du môme génie chez Michel-Ange et Dante.

Entrez dans une des cathédrales semées sur l'Europe par ces générations, vous y reconnaîtrez tous les vestiges et comme l'emblème de leurs mœurs. Ces proportions démesurées, ces voûtes suspendues au loin sur d'immenses colonnades, glacent le cœur le plus ferme. Un involontaire effroi vous saisit. C'est l'infini rendu palpable. Vous écoutez. 11 semble que cette majesté lugubre recèle des oracles et des mystères.

Que votre pensée rassemble un moment, dans cette obscure enceinte, tous les écrivains qui ont traité si légèrement le moyen âge. Qu'au milieu d'eux, éveillé par les cris calomniateurs de l'histoire, un génie de cette époque, un Dante, par exemple, se lève et dise :

(I) V. plus bas, IIrgsvita.

A Tout ce que vous êtes, vous le devez à notre époque. Votre oubli serait odieux : que dire de votre calomnie ?

(« Nos erreurs même vous ont donné des fruits. Nos ridicules ont été pour vous des bienfaits. Vous devez votre chimie à notre alchimie; nos astrologues ont précédé vos astronomes.

«Jouissez en paix d'un si grand héritage. Mais pourquoi troubler les cendres, froides depuis longtemps, des hommes qui vous l'ont légué? D'eux seuls viennent vos institutions, vos industries et vos plaisirs. Nos savants vous ont conservé les trésors du génie antique. Nos ouvriers en combinant les éléments, ont continué cette conquête de la nature, à peine ébauchée par les anciens, qui vous prodigue aujourd'hui tant de jouissances et de richesses et que vous poursuivez avec orgueil.

« Chaque heure de votre existence prouve que vous ôtes ingrats. Il n'en est pas une qui ne soit aujourd'hui embellie par quelque découverte utile, dont la source ou le perfectionnement appartient au moyen ige. Les femmes même nous doivent leur nouvelle )uissance. Esclaves des anciens, reines aujourd'hui, îlles sont devenues les compagnes des générations, lont elles- n'étaient que les conservatrices ignorées ît souvent avilies. C'est aux mœurs de ces barbares lue vous ravalez, c'est à notre chevalerie chrétienne, mos peuplades germaniques, qu'elles doivent cette 'olupté de l'âme, cette délicatesse de sentiment, ces cassions inconnues de l'antiquité, ce nouvel amour jnfin (1), et cet empire qu'elles ont conauis.

) V. nos Études sur rAniiquilé, de la Situation des femmes z LES Grecs, etc.

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