‹ Le moyen de parvenir [microforme]Chapitre 1 sur 6 · CAIRN · texte numérisé non relu

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Que faut-il faire pour parvenir, c’est-à-dire pour réaliser les rêves de fortune que tout homme légitimement ambitieux fait au début de sa carrière ?

C'est ce que nous allons nous efforcer de aire comprendre à la jeunesse dans ce modeste puscule. | Pour parvenir à la fortune, au pouvoir, aux.

onneurs, à la renommée, il faut être doué des inq vertus suivantes :

Ambition, honnéteté, persévérance, patience, voonté. Te

L’AMBITION est une énergie forte, soutenue ar la disposition à tout oser, à tout entreendre pour arriver au résultat que l’on veut

atteindre. On trouve dans presque tous les dictionnaires cette définition de l'ambition : ‘ désir excessif, immodéré, d'honneurs, de dignités, de pouvoirs, etc.” Rien ne peut légitimer cette définition. Le fonctionnaire qui aspire à monter en grade, l’ouvrier qui veut devenir chef d'atelier, le père de famille qui veut augmenter son avoir, ont réellement de l'ambition. Ce mot éveille donc tout simplement l’idée de croître ou d'accroître. Dès lors il peut aussi bien être pris en bonne qu’en mauvaise part.

L’ambition est donc, par sa nature, une qualité ; elle ne devient un défaut que lorsqu'elle s'empreint d’égoisme.

L'HONNÊTETÉ est le sentiment d’une âme attachée à l'honneur, à la probité, à la vertu. L'honnêteté qui fait qu’un homme est un honnête homme, a dit Ménage avec beaucoup de raison, est la justesse de l'esprit et l'équité du cœur.

La PERSÉVÉRANCE est la qualité d’un homme qui persiste, qui demeure ferme et constant

ans un sentiment, une ligne de conduite. Persévérer, c’est continuer avec constance ce qu’on a commencé après avoir mûrement réfléchi sur les conséquences d’une entreprise. L'ambition et l'honnêteté ne suffiraient point à assurer le succès, si la persévérance ne venait préter l'appui de sa vertu à celui qui subit un premier échec. D'autre part, la persévérance doit s'appuyer sur la patience, qui est son complément indispensable.

La PATIENCE c’est la vertu, l’art, si vous ai-

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mez mieux, qui donne à l’homme la force de supporter avec égalité d'humeur et avec modération toutes les adversités et les incommodités de la vie. C'est une sorte de courage qui nous permet d'accepter, sans témoins et sans éloges, tous les coups du sort. Seulement, il faut bien se garder de prendre pour de la patience ce qui n’est que de l’indolence; il ne faut pas confondre avec une vertu des plus méritoires ce qui lui ressemble parfois extérieurement, mais qui au fond est tout le contraire, c’est-à-dire un manque d'énergie morale. Pour être patient il faut être fort, maître de soi, et exercer sans relâche cet empire moral.

Quant à la VOLONTÉ, c’est la connaissance du but visé, voulu, le pouvoir senti d’y parvenir, et le jugement intérieur que l’action des organes doit suivre immédiatement le vœu de la pensée. La volonté est l’acte de ce qu’une personne veut, c'est le plus puissant de tous les leviers, la vertu sans laquelle toutes les vertus demeurent stériles.

Telles sont les qualités indispensables à quiconque veut conquérir une position brillante dans la vie. FER

Le désir de parvenir se manifeste chez l’homme avant la fin de l'adolescence. A cette époque il a déjà choisi la carrière qui convient à ses goûts, à ses habitudes ou à ses aptitudes, Si le sujet a reçu une bonne éducation, s’il a puisé à bonne source les principes de haute morale qui font la base des sociétés, il est évidemment doué des qualités requises pour

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lutter avec avantage contre les retours fâcheux ; du sort.

‘La première obligation qui s'impose à un jeune homme laborieux, c'est le choix d’un état.

Lorsque, après avoir consulté ses goûts et reçu les sages avis de sa famille ou de gens d'en ce choix est fait, il faut se garder de changer de voie, à moins que des circonstances imprévues et réellement sérieuses r° viennent légitimer ce changement.

Dès que l’on est fixé sur la carrière à parcourir, 1l s’agit d'être attentif à tout ce qui concerne l’état que l’on a adopté, et il faut :

10. Considérer le nombre d’étapes à franchir depuis le début jusqu’à la réussite, et

20. Observer le sort de ses devanciers, c’està dire chercher à découvrir les raisons qui ont assuré le succès des uns ou la déception des autres, et se garder de copier servilement un modèle, si l’on n’est pas en état de prendre soimême une sage initiative.

Ces deux points essentiels observés, il s’agit de savoir comment on parcourra la route. Il faut donc poser des jalons et diviser ses efforts et son temps de manière à ne jamais tomber en lassitude ; mais il faut bien se garder de fixer un terme précis au succès, sous peine de verser dans la désillusion fatale qui engendre l'impuissance irréductible. D'autre part, ilne faut pas tomber dans l’excès contraire et placer le but trop loin du point de départ, car alors on se laisse devancer, on se perd dans des

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songes spéculatifs, on se grise de vaines espérances, et la vie s'écoule en ne vous laissant que des regrets ou des découragements. Un jeune avocat ne doit pas se dire qu’il bornera sa carrière à une fonction judiciaire déterminée et qu’une fois ce poste atteint il se laissera vivre doucettement ; un commerçant, un induetriel, un banquier, ne doivent pas plus aspirer aux milliards de Vanderbilt que fixer d'avance la somme modeite et suffisante qui, une fois conquise, mettra fin à leur activité.

I] ne faut donc fixer aucun terme à la carrière, aucune limite à ses travaux et à son ascension. Le but unique, c'est de terir dignement sa place dans le monde et d’aller le plus loin possible, le plus vite possible; pour cela, il ne faut pas penser aux jouissances convoitées presque à jour fixe, pas plus qu'il

ne faut songer aux déboires possibles qui pourfront vous accab'er dans un avenir éloigné.

e vous occupez donc que du jour présent et u lendemain, du surlendemain tout au plus, ar c’est le présent seul qui doit solliciter votre ttention et vo- efforts ; c’est l’obstacle du moent qu’il s’agit de franchir, non celui probléatique dont on redoute l’apparition dans des ois ou dans des années. L’homme intellient qui parcourt sa carrière avec l’idée ferme e parvenir à l’aide de moyens honorables, ssemble à un manœuvre portant un fardeau

avissant une échelle: il s'assure de la solité de l'échelon sur lequel il doit se poser, s se préoccuper des échelons supérieurs.

C’est donc de l’heure présente qu’il faut pro- fiter. Et s’il ne convient pas de scruter l’avenir, il ne convient pas davantage de regarder en arrière, dans le passé. Le passé est irremédiable, il ne vous doit rien et vous ne lui devez rien. Le présent seul est à vous. Attachezvous donc à éviter les périls renaissants qui se dressent chaque jour sur votre route, et vous ferez ainsi une série de conquêtes qui vous assurera le triomphe définitif. Plus tard, lors- ! que votre œuvre sera accomplie, vous aurez !

le loisir de jeter les yeux sur le chemin par- ! couru, et vous vous étonnerez alors de 8a lon- ! gueur, de son âpreté et de la facilité relative avec laquelle vous êtes arrivés à le franchir. Si, au contraire, dès les premiers pas, vous gravissez tous les monticules qui bordent la 4 route pour vous rendre compte des difficultés # à venir, ces difficultés vous paraîtront énor- # mes et provoqueront chez vous le décourage- # ment. i

Donc, il vous faut profiter de l'heure pré- ! sente. Nous ne saurions trop insister sur ce ! point capital. Il ne faut pas vous complaire ! en des admirations inutiles de vous-mêmes ou de vos succès passés, non plus que vous déso- # ler inutilement pour les échecs subis. Ce sont is là des leçons profitables, des exemples pré-Mi cieux. Vous pouvez tirer parti des éléments de réussite dont vous avez constaté l'efficacité, de même que vous devez utiliser les enseignements du malheur passager. Si vous avez bien fait une fois et que les circonstances du pré

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