‹ Le moyen le plus sûrChapitre 21 sur 26 · DULAC · texte numérisé non relu

DULAC

Non ! car je parle à un hoauno!.. à un soldat !.. Je saviiis bien que k; coup serait ruJo, mais vous L' supporterez en brave, et vous écouterez la voix d'un ami.

JULES

Oh ! je n'écoute rien!., je veux la voir, lui reprocher son crime, nie veiiger et mourir ! DUTAC, l'arrêtant.

Ta, la, ta! des phrases!., on ne meurt pas de ça, et vous n'avez i ion à lui reprocher. Elle avait perdu sa mèn*, elle était seule, sans appui, sans ressource. KIK; a trouvé dans ]\I. de Verrières un protecteur, un ami, qui lui a donné une exislcnn; heureuse et hoiioiahle. Irez- vous détruire tout cela, et faire d'Adèle votre première victime ?

JULES

Ail! la perfide! a-t-elic craint de délivrer mon cœur, lorsqu'ollo a trahi ses scriiioiis ?

UUTAC.

tlic a écoulé la raison; et cependant elle vous aimait.

JULES, ironiquement, lîlle m'aimait?..

Et sans doute, elle vous aimait!.. Et, ce qu'il y a de pis, c'est qu'elle vous aime encore.

JULES, vivement.

Ou'csl-cc que vous dites là ?

DITAC.

Une sottise que je n'aurais pas dû lâcher; mais puis(|ue c'est l'ait... oui, elle se souvient de voi;s, je le sais, j'en ai la preuve.

JULES, avec joie.

Ah!...

DUTAC, le rotcnant.

Eh bien! après?.. Madame de Verrières est la vertu même. iSe vous avisez pas d'espérer ([ue... et pourtant, si vtius rosiiez là, si elle avait chaque jour sous les yeux l'objet d'un premier aiiiour, ma foi, je ne répondrais pas... parce que... les femmes...

JULES

Elle m'aime encore !.. Je veux la voir.

UULAC.

Hein ?

JULES

f.ui faire répéter qu'elle m'aime encore.

nUTAC.

Sacrebleu!.. m'écoutercz-vous à la fin?.. Ouoi!.. vous voulez compromettre celte Jeune femme? la perdre aux yeux de son époux? lui préparer des regrets éternels ?

JULES

Ah ! Commandant!..

Mais VOUS ne comprenez donc rien ? Tout ce que je vous ai dit, ce n'est pas pour réveiller votre amour, mordicu!.. c'est pour vous tracer votre devoir.

JULES

Mon devoir ?

DUTAC.

Le devoir de tout homme délicat, du moins!.. 11 faut quitter un lieu où voire présence ne peut occasionner que des troubles! il faut fuir AI""' de Verrières pour la sauver.

JULES

Me sacrifier au repos, au bonheur de celle qui m'a trahi?

DUTAC.

('.crlainemont!.. Vous voilà bien malade, par- «licu ! Est-ce que la vie d'un soldat n'est pas lui sacrifice conlinucd? Nous courez au-devant de tous les dangers, vous répandez votre sang,

LE MOYEN LE PLUS SUil.

vous renoncez à vos plus chères affections, et pourquoi faites-vous tout cela ? c'est parce que, là, au fond du cœur, vous sentez qu'il y a quelque chose de noble, de sublime, dans ces sacrifices! c'est parce que vous éprouvez un sentiment de fierté quand vous pouvez-vous dire : J'ai fait mon devoir ! cette morale n'est peutêtre pas à la portée de tout le monde ? pour moi, je n'eu connais pas d'autre. J'aurais voulu vous épargner cctic explication; mais, moi, vieux soldat, je n'ai pas su agir en diplomate.

Aie : SoldaU français.

Je rougissais de vous tromper ainsi.

En vous alors j'ai mis mon espérance; L'homme qu'Adèle autrefois a choisi , Doit mériter toute ma confiance :

Je me suis dit: Pourquoi dissimuler?

En vains détours que sert de se morfondre ? Un vrai soldat souffre sans se troubler; C'est, par ma voix, l'honneur qui va parler, c'est l'honneur qui va me répondre.

JULES

Vous avez vaincu. Commandant!., oui, je le sens comme vous, mon devoir est de m'éloigner d'elle, puisqu'elle ue peut plus être à moi.

DUTAC.

A la bonne heure donc !.. Ah ! je savais bien que nous finirions par nous entendre !.. mais les momens sont précieux; écoutez ce que j'ai à vous proposer.

JULES

Parlez, Commandant, disposezde moi comme vous rentendrez.

DUTAC.

Bravo !.. l'occasion se présente pour vous de retourner en Afrique, il faut en profiter. Nous faisons partir un détachement pour Alger, ce matin même ; vous remplacerez le sous-ollicier ([tii doit le commander ; il ne faut pour cela qu'un ordre du Colonel, et je m'en charge.

JULES

Oh ! oui ! partir tout de suite ! à l'instant !..

Je vous enverrai une lettre pour le gouverneur; je le prierai de faire pour vous ce qu'il forait pour mon fils, et, croyez-le, cette recommandation aura du prix à ses yeux.

JULES

Vous êtes bon, Commandant.

DUTAC, allant écrire à la table.

Allons, je vais prépai cr l'ordre ; le Colonel n'aura plus qu'à signer, et tout sera fini. JULES, a part.

Oui , tout sera fini !..

DUTAC, finissant d'écrire.

C'est bien cela!., maintenant que nous voilà d'accord, les autres peuvent venir; ils me croient fou, enragé!., (pt'i.nporlo ? Que tout retombe SIM' moi, (a <pie(('u\t|ue j'aime soient heureux!.^ Vous, mon brave Jules, vous vous èiesconduij

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