JULES, DUTAC, LE COLONEL, LE DOC- TEUR
LE COLONEL, voyant Jules et Dutac s'embrasser. Eh bien ! ils s'embrassent, à présent !
DUTAC,
Certainement, je l'embrasse, et de bon cœur !. . Est-ce que ce n'est pas mon parent ?
LE COLONEL
Encore!.. Et le sapeur?
LE DOCTEUR
Il l'a tué !
DUTAC.
Je vous ai laissé ce soin-là, quand il sera malade, Docteur. Il est ici, dans ce cabinet, où je le tiens sous clé.
LE COLONEL
Quelle est cette nouvelle folie ?
Il n'y a plus de folie, mon cher de Verrières, et je vais commencer par délivrer mon prisonnier.
(Il va ouvrir la porte de droite; l'inson en sort
bâillant et étendant les bras.
PINSON , sans bonnet.
Ah!., je rêvais que j'étais chez la mère Papolte !.. Oh! le Colonel!..
LE COLONEL
Que signifie tout cela? M'expliquerez-vous?
DUTAC
Eh ! que diable voulez-vous que j'explique ?.. Il m'a passé par la tète un bataillon d'idées biscornues, je n'ai plus su ce que je faisais, ce que je disais... voilà!., mais mon brave Jules est venu à mon secours, et il m'a guéri.
LE COLONEL
Ah!..
LE DOCTEUn , à Jules.
Qu'est-ce que vous lui avez fait prendre ?
JULES
Rien du tout.
LE DOCTEUR
C'est étonnant !
LE COLONEL
Mais enfin, Dutac, qui avait pu vous mettre dans cet état ?
DUTAC
Est-ce que je le sais, moi ? L'important, c'est que l'accès soit passé !.. Il ne me reste plus que le regret de vous avoir chagriné, vous, mon bon de Verrières, mon chef et mon ami.
LE COLONEL
.Te suis trop heureux que ça n'ait pas eu de
S'TitCS.
DUTAC.
! t moi aussi, pardieu ! ce sont les suites que je craignais !.. Mais pour m'assnrer que votre amitié pour mol n'est pas altérée, je vais me hâter de vous demander une grâce.
LE COLONEL
Parlez.
DUTAC
C'est de donner à mon neveu le commandement du détachement qui va partir pour l'Afrique.
LE COLONEL
Et pourquoi ne pas le garder avec nous ?
DUTAC.
Allons donc ! pour en faire un officier de salon, manœuvrant devant une glace? non, non, vous me le gâteriez !.. Vous savez bien qu'à son âge nous couchions plus souvent au bivouac que dans notre lit; il faut qu'il fasse comme nous. J'ai préparé l'ordre, si vous voulez le signer?
Puisque c'est pour vous obliger, à la bonne heure...
(Il prend l'ordre des mains de Dutac et va le signer.)
JULES, à part.
Oh ! si elle pouvait venir ?..
(Le Colonel remet Tordre à Dutac, qui le donne à Jules.)
DUTAC Merci, mon cher Colonel, vous me rendez là un service!., (a Jules.) Tiens, mon garçon, prends cet ordre et pars du pied gauche !.. Continue comme tu as commencé, et je serai fier d'être ton parent.
(Jules prend l'ordre tristement.)
LE COLONEL
Savez-vous, mon brave Dutac, que vous nous avez inquiétés ?.. Et ma femme que j'oubliais ? dans quel état elle doit être !.. Je cours la rassurer, et je vous l'amène, (il va frapper à la porte de sa femme, à gauche.) Adèle, c'est moi !.. ouvre.
(Il entre cher elle.) DUTAC, vivement, à Jules.
Vite !.. en roule!
}DLES, avec êmollon.
Commandant, elle va venir... Si je pouvais seulomciil la voir un instsnt.
DUTAC.
Morbleu !.. est-ce que le cœur faiblit déjà ?
JULES
Je pars !..
DUTAC , lui serrant la main et le poussant délions.
Adieu!., mon amitié te suivra partout.
JULES
Commandant, parlez-lui de moi.
DUTAC.
Jamais!..
JULES
Ah!...
(Il va vers la table avec précipitation.) DUTAC.
Quoi donc encore ?
(Jules prend le bouquet de violettes qu'Adèle avait jeté sur la table, le cache dans son sein, et part conduit par Dutac.)
DUTAC, à part.
Oh !.. on peut lui laisser cela.
(Au moment où Jules franciiit la porte du fond, celle de la chambre d'Adèle s'ouvre.) LE COLONEL, avant de paraître.
Viens, il n'y a plus de danger, il est très calme.
DUTAC.
Ouf!.. 11 était temps!.. Mon colonel en réchappe, pour celle fois.