‹ Le muet drame en six actesChapitre 37 sur 55 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

Lrs Mines, ROSINE.

ROSINE, accourant du fond.

Ah! vous ôtes encore là, madame... c’est vous justement que je cherchais.

clémence, allant au-devant de Rosine pour lui cacher la

Marquise.

Moi, Rosine?

noeifts.

Oui, une nouvelle! ttne surprise!.. Attendez, madame, reste* là, jo vais vous l’amener.

clevcrcb.

j Qui donc?

ROSINE

La snrprise... ( Elle sort vivement.)

CLEMENCE

Que vout-cllo dire? remonte encore pour suivre Rosine des yeux.)

büUToi'R, bas à la Marquise

Maintenant, tnadamo, vous me devez la vérité... Qu’avoz-vous j fait de mon fils?

la marquise, chancelante, s’appuie sur le banc, puis comme par souvenir.

Votre Gis!.. AUI quo mo rappelez-vous f

DELATOUR

Un crime, n'csl-ce pas?

LA UARQtltSR.

A tout prix il fant le sauver. (Elle t t lire a vcc effort ) DtUATOtR, acre anxiéié.

i Le sauver !... mais il existe donc?

la itvfiqcisr., fa sont quelques pas vers le fond.

Venez! venez. Jlosinc ramène Maurice à Clémence. La Marquise s'arrêtant.} Au! Mau nce!

nosiNB.

Voilà ma surprise...

lb marquise, bas A Delalour .

} Cestluil

oelatocr, surprit.

Lui!

LA «ACQUISE

Votre enfant!...

dblatour , prêt à s'élancer vers Maurice.

i Maurice !

la MARonsR, r arrêtant.

Silence devant sa mère., son bonheur la trahirait. ( Elle retient ainn fJrta'nur dont raqitation ne peut tire remarquée par Clémince tout occupée de Maurice.)

ClinrtCl, A Maurice.

Toi ici., mais, ce matin, tes jours n’éts tant-ils pas en danser? (Afaurtce dit par ses gestes que cr récit n 'est pas vrai; il indique qu'on le rt tenait pri ounirr, an’on ratait enfermé, que la porte ayant résiné ô ses efforts, il tnt échappé par la croisée el qu'une fois libre il est accouru où son cœur l'appelait.)

rosine, suivant et expliquant tes gestes de Maurice.

Il dit, madame, que Jacques n menti... qu'il u’éloit pas malade... mais qu'on l'avait enfeirné à double tour.

MAURICE

I Cest cela î

CUMISCI.

Et tu to désolais, et tu voulais me revoir.

MAUU1CB.

Justement!

ROSINE

F.n vain il o essayé d'ouvrir la porte... alors il a sauté par la ! fenôiro!

MAURICE

t Oui, sans me faire aucun mat.

CLEMENCE

j Et alors tu es accouru près do moi? (A/aurire, heureux d’avoir j ité compris par Clémence, lui baise les mains avec amour.) Assez, mon enfant!... assez!

ROSI RB.

j Laissez-lo faire, madame, ça souDgo tant de parler... (Jîûml.) j En dit-il! on dit-il! (Delalour, les ynix fixés «wr Maurice et j absorbé dans sa contcwpfafton, ne s'aperçoit pas que la Marquise • lutte en vain depuis quelques instants contre de violentes souffrances ; enfin ses forces l'abandonnent et elle tombe sur le banc en s’écriant ;)

LA MARQOtSB.

Ahl c’est trop souffrir!... la mort, plutôt la mort qnecet hor-. riblo supplice.

. clémence, «fiant à la Marquise.

j Ma sœur, qu’avez-vous donc?

LE MUET

U MARQUISE

Oh ! fai le secret de mes douleurs, ï présent... ce qui mo déchire, ce qui mo brûle... c'est le poüon 1 TOCS.

Empoisonnée!

CLÉMENCE

Du secours! du secours!

miurick, avec empressement.

Attendez !... je cuis en chercher. (Il son avec Rosine.)

LA MARQUISE, à DtldtOUr.

Ah! je reconnais la mata qui me tue... Jacques est mon assassin...

DELATOUB.

Jacques!

LA «ABQriSE.

Un crimo seul pouvait le sauver !... c'est moi qu'il a frappée.

DELATOUB.

Mais il est ici!... oh! le misérab'n n'en doit sortir que pour rendre compie de son crime {A Ctimenc <.) Ne la quittez pas; veillez sur elle! (Jl tort au fond, à aroite.)

CLÉMENCE

Mon Dieu! elle va expirer l ( Elle est penchée vers la Marquise et cherche à la rappeler à la vie. Ratine revient et donne un flacon à Clémence.) Si vous m'entende/, répondez- moi, ma sceur!

LA MARQUISE

Oui, je retiens à la vio ot au touvonir aussi-., pour un seul moment, peut-être; mais ce moment est précieux pour toi... Rosine est-elle là ?

flOSlKB.

Oui, madamo t

La marquise, se soulevant.

Val... va vite chez moi chercher un coffret.... oh! mais hâte-loi!

ROS1NB.

Le coffret d'ébène I... je sais, j’y cours! ( Elle entre dans le pavillon.)

CLÉIKNCB.

liais qoe renferme donc ce coffret?

LA MARQUISE

Le dernier malheur que te réservait ma haiue... ta lettre h M. de Graudpré.

clémence, avec effroi.

Ma lettre !

LA MARQUISE

Oui! il faut l'anéantir! ( Grandpré . Dubois et Délateur entrent avec Maurice qui semble lui dire : Eoyez, elle est mourante !)

D8 grandpré , arec inquiétude.

Un crime! et Jacques est le coupable?... Mais ce crime n'est peut-être pas irréparable?

la marquise, à la vue de Grandpré, jel le un cri cT épouvante et tombe.

Ah ! trop tard!...

dubois, qui a pris la main de la Marquise.

Hélas I monsieur, la vie, vient de s'éteindre.

Rosine , paraissant sur fa porte du pavillon avec le coffret.

Voici le coffret que madame de Ferment a demande. ( Clémence fait un pas vers Rosine , mais de Grandpré l'est déjà placé entre le coffret et Clémence.)

DR OlUKDPnB.

Ce coffret renferme sons doute les dernières volontés de la marquise; c'est à moi de les accomplir... Je l'ouvrirai, plus tard, devant témoins.

clémence , à part.

Oh! je suis perdue! { Délateur, au fond , tient Maurice pressé contre ton coeur, comme pour l'éloigner de la Marquise. Clémence, accablée de douleur et S effroi, est h genoux près de sa sceur morte. De Grandpré fait signe à Rosine de rentrer dans le pavillon avec le coffret. Dubois contemple la Marquise.)

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