MUTOIR
Pourtant, tu ne la connais qu»* depuis trois jours b peine.
MAURICE
Oh ! non pas !
DKLATOOR.
Depuis longtemps ?
MAURICE
Depuis que mes yeux voient, depuis que ma tête pense, depuis que mon cœur bat.
DRLATOUR.
C’est impossible! Madame de Grandpré nous l'aurait dit... Tu veux me tromper, Maurice, tu mens.
MAURICE
Je n'ai jamais mentit Et si j'usais, vous verriex que fai dit vrai.
DRLATOUR.
Tu peux me prouver quo tu as toujours connu madame de Grandpré?
MAORICB.
Oui, mais...
DELATOUR
Pourquoi hésites-tu ?
MAORICB.
Oh ! je peux me fier à vous, mois jurez-moi sur l'honneur , deranf Dieu, que vous ne direz à personne et que je çais tou* apprendre.
DELATOUR
Tu mo demandes de taire co que tu vas roo révéler ; je te lo
jure, mon enfant, sur l’honneur et devant Dieu!
Bien ! ( Il va regarder de tous côtes pour s'assurer que penonns ne peut nt Us voir ni les entendre.)
delatour, à part.
Quelle tdéo! Madeleine Ni aurait-elle appris le secret de sa naissance... Alors eeito tendresse s’expliquerait... Mais quelle imprudence!
Maurice, rmnnnf à Dclatour, lire de son sein le médaillon.
La preuve que je devais vous donner la voilà; mais vous vous tairez. (Il ouvre le médaillon et le présente à De lu four.)
DELATOUR
Son portrait ! son portrait dans le? mains, sur ion cœur !... Ohl plus de doute... Ori t'aura tout révélé , et tu sais que Clémence est ta mère.
Maurice, à ces mots, jette un premier cri de joie. Il croit avoir mal entendu ; il court à Dclatour, et ivre de bonheur, il s'écrie t
Ma mè I... {Il veut achcer et ne le peut. Jl porte la main à sa gorge comme pour indiquer le siège d'une douleur violente.) Ah ! I Après ce dernier cri, il s'affaisse et tombe; Dclatour le soutient dans ses bras.)
DELATOUR, le contemplant avec effroi.
Oh! cet effort l’a brisé ! (.Maurice, toujours soutenu par Delàtour, rouvre Ut yeux ; il s'efforce de sourire, élève vers DtUxiour wn regard de reconnaissance, et de ses deux mam* il essaie de* larmes.) Pauvre enfant ! Mais tu ne savais donc lieu?
MAÜRICB.
Aon, rien. {Il iaise avec délire le médaillon.)
DELATOUR
Ah ! malheureux I qu'ai-je fait?
Quoi donc ?
DELATOUR
H faut cacher un tel secret !
MAURICE
Non*.
DELATOUR
Tu lo renfermera? dans ton cœur... il lofaut; car ta naissance, vois-tu, fut nno honte pour la mère, et tu ne veux pas la perdre, nVst ce pas t {Miurice se cache la tête dans ses mains , avec désespoir.) lui - a un mari qui peut lu tuer s'il apprend qu'il existe une traeo do son d '«honneur... {Mo rue ment d'effroi de Maurice.) Maintenant que lu sais tout, n'e*t-co pas, cher enfant, quest (a mère était Ih devant loi, tu communierais à ta tendresse, tu cacherais tes larmes... N’ost-ce pas quo lu lui déroberais la vue do ce médaillon; car autrement, elle te reconnaîtrait, et se perdrait elle-mémo en t’embrassant. {A mesure qu* Dclatour a parlé , Maurice, les yeux tournés vers le petit escalier, a pris une attitude calme, un usage tranquille; il a caché rivement le médaillon dans son sein et fermé son habit. C’est ou* depuis ce moment, Clémence a paru au eeuii de la chambra voisine.)
DELATOUR
' Que fais-tu ?
Maurice, lui montrant Clémence qui est restée pensive sur le palier.
Je rou* obéis... la voilà I
DILATOin.
Cest elle 1 pur et noble cœur !