‹ Le muletier de Tolede operacomique en trois actesChapitre 19 sur 73 · SCÈNE VIL Les Mêmes, PABLO · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL Les Mêmes, PABLO

pablo.

Que désirez-vous, messeigneurs?

DON CÉSAR

Du Xérès, du Porto, ce que tu amas de meilleur et de plus cher; dépêche-toi.

PABI.O.

Oui, monseigneur ! (il sort un iustant. )

DON PÈDRE

Maintenant, don Salluste, rendez-moi compte de votre mission en Castille.

DON SALLUSTE

Ici, dans une posada?

DON PÈDRE

La démarche que j’ai faite en venant moi-même au-devant de vous ne dit-elle pas toute mon impatience ?

DON SALLUSTE

Eh bien, monseigneur, obéissant aux ordres de votre altesse, je me suis rendu à Tolède... Le roi était absent de sa capitale, et il m’a été d’autant plus facile de me faire présenter a l’infant don Sébastien, son frère.

DON PEDRE.

Vous l’avez vu ?

Comment est-il? grand? petit? blond? brun? laid ou joli?

DON S ALLO STE

11 est grand, ses cheveux sont blonds, ses traits sont nobles.

DON CÉSAR

C’est tout mon portrait.

DON PÈDRE

Vous faites de mon rival une bien séduisante image.

DON SALLUSTE

Votre rivai? il ne l’est plus, monseigneur.

DON PÈDRE

Que voulez-vous dire ?

DON SALLUSTE

C'est contre la volonté de l’infant que le roi, son frère, voulait l’unir à votre auguste cousine... Aux premiers mots que j’ai adressés au prince de votre part, aux premières ouvertures que je lui ai faites, son altesse m’a appris que depuis longtemps elle aimait ailleurs, et que, pour opposer aux volontés du roi un obstacle insurmontable, elle voulait, profitant de l’absence de sa majesté, avoir recours, le jour même, à un mariage secret.

DON PÈDRE

Et ce mariage ?

DON SALLUSTE

Ce mariage a eu lieu.

Marié !

DON CÉSAR

11 est marié !

DON SALLUSTE

Oui, monseigneur, le prince qui devait épouser la reine, votre cousine, est marié à une autre.

DON PÈDRE

Vous en êtes bien sûr ?

DON SALLUSTE

J’ai assisté moi-même à la bénédiction nuptiale, j’ai signé l’acte en qualité de témoin.

DON PÈDRE

A merveille! ainsi donc, ce projet romanesque que l’on prêtait à l’infant, de s’introduire dans ce royaume à l’insu de ma belle cousine... *

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