ACTE I
DON SALLUSTE
Le prince devait, en effet, et toujours par l’ordre de son frère, emprunter le costume et le nom du premier muletier de Tolède pour se rendre secrètement en ce pays... mais à son retour, le roi, qui a appris que son frère venait de se marier, est entre, m'a-t-on dit, dans une violente colère, force lui a été de renoncer à son projet... moi, je suis prudemment parti sans solliciter une audience de sa majesté; l’infant est resté à la cour, et c’est le muletier lui-même, le véritable muletier, qui s’est rendu ici avec ses mules.
DON PÈDRE
Ah! l’infant est marié!... Anous deux, maintenant, cousine... j’aurai votre main... ou votre trône.
DON CÉSAR
Oui, oui, assez de cette reine qui défend les galanteries, les tendres rendez-vous... A quoi nous servira d’être beaux, aimables et spirituels, si la cour n'est plus qu’un couvent ?
DON PÈDRE
L’infant a été bien inspiré en renonçant à son projet de venir ici, les routes étaient gardées par nos partisans.
DON SALLUSTE
Silence, l’hôtelier...
PÀBLO.
Voilà mon meilleur vin.
DON CÉSAR
Sers, et laisse-nous.
DON PÈDRE
Tiens, voilà pour ton xérès. (11 lui jette ?» bonrs<*.)
PABLO
Grand merci, messeigneurs. (h sort.)
Ah! ma foi, don César a raison... Buvons, cher duc... il y a des instar^ oit je crois devenir fou; l’ambition grise plus encore
S ue le Xérès. J’ai besoin qu’une autre ivresse me rende un peu e ma raison.
ENSEMBLE
Vive le xérès et l’amour !
Pour un jour Oublions la cour.
Liqueur enchanteresse,
Dore notre horizon,
Fais succéder l’ivresse A la froide raison.
Aux joyeux sons •=
De nos chansons.
DON PÈDRE
J’ai lteau vouloir m’étourdir... tout me rappelle ma belle ennemie!... 11 n’est pas jusqu’à cette jeune fille!... Non, il est impossible qu'une pareille ressemblance...
Encore?
DON SALLUSTE
Prince, c’est de la folie.
DON PÈDRE
Oh ! oui, je suis insensé.