LE MU U MITO\ EN
Dans une marche droite et qui, je m’en assure.
Pour lente qu’elle était, n’en était, pas moins sûre,
Ni me faire «abdiquer, contre mes volontés.
D’incontestables droits bien que fort contestés.
Mais le dédain profond d’un triomphe éphémère,
Surtout, surtout l’espoir doux au cœur d’une mère,
De voir se couronner d’un hymen triomphant Les feux, les feux discrets dont brûle son enfant,
(Camille fait un geste do dénégation.)
Que vous dirai-je enfin? le bonheur de Camille,
Ce plaisir avoué d’étre à votre famille,
Ce calme où je vous vois, si nouveau, si charmant,
C’est à cela, monsieur, qu’il faut assurément Attribuer l’honneur, sans chercher davantage.
D’une transaction toute à votre avantage.
(Elle salue.)
DE BEAUCHATEAU, à part.
Toi, tu me le paîras.
MADAME DURAND , avec intérêt.
Monsieur, qu’avez-vous donc?
DE BEAUCHATEAU.
Moi, madame, moi, rien.
MADAME DURAND
Mais si, mais si, pardon...
DE BEAUCHATEAU, posant h son tour*
Madame, en vérité, belle est cette journée Où je vois entre nous lu guerre terminée;
Je rends grilce à Finot, madame, qui m’a mis
(Finot fait un geste d’étonnement.)
Dans la nécessité d’étre de vos amis;
Sa parole entraînante et désintéressée,
Kn sapant constamment ma plus ferme pensée,
M’a fait abandonner un procès dont enfin Mon droit, mon juste droit ne craignait pas la fin.
Pourtant c’est moins encore au conseil respectable Du vertueux Finot, qu’au tableau lamentable Qu’offre à mon cœur de père un jeune homme exalté De l’amour le plus vif follement emporté,
(Gérard perd contenance.)
Que vous devez l’honneur et cette joie, intime De voir enfin plier un orgueil légitime.
A CT K PÜEM1EK.
Qui vous veut bien offrir, madame, et sans regret,
Une transaction toute en votre intérêt.
(U salue.;
(A pari.)
Manche à manche à présent.
MADAME DUnAND, i part.
Toi, marquis, sur mon âme.
Tu me pairas cela.
DE BEAUCHATEAU, avec intérêt*
Qu’avez-vous donc, madame?
MADAME DURAND, *anj répondre*
Ces messieurs du palais ne sont-ils pas ici ?
FiNOT, s'avançant.
Nous étions là, monsieur.
TRINGLET, de même*
Madame, nous voici.
DE BEAUCHATEAU.
En ce cas, on pourrait, pour peu que cela plaise A madame Durand, signer l’acle.
Monsieur.
MADAME DURAND
A votre aise,
DE BEAUCUATBAU.
Prenons donc place et nos hommes de loi Vont lire... Ali I j’oubliais !... d’abord permellez-mui De présenter mon fils à votre aimable fille.
(Démasquant Gérard, qui se tient derrière lui.)
Gérard de Beauchâteau.
MADAME DURAND, bai, à sa lille.
Tenez-vous bien, Camille.
DE BEAUCHATEAU, 4 «an fils.
Avancez de deux pas, faites un compliment.
GÉRARD, à part.
Oh ! que je tremble!
DE BEAUCHATEAU, bas.
Allons!
Mademoiselle...
GÉRARD, dans té plu? grand trouble.
Ma... made... Assurément...
DE BEAUCHATEAU, bas, l'interrompant.
Assez ! (Haut.) Il est homme d’étude,
Et des façons du monde il a peu l’habitude.
MADAME DURAND, bas, à sa fllle,
Réponds-lui quelque chose.
CAMILLE, même jeu.
Eh I mais il n’a rien dit.
MADAME DURAND, même jeu.
N’importe.
GÉRARD, à part, en la regardant.
Elle me raille. Ah! tremblement maudit!
CAMILLE, s'adressant à Gérard.
Monsieur, je vous sais gré de ce que, je l’espère,
Vous m’auriez dit de beau si monsieur votre père Ne vous avait...
MADAME- DURAND, bas, à sa Aile et arec colère.
. Tais-toi !
(A M. de Beaochileau.) Monsieur, voulez-vous pas, Cependant que tous deux, pour vider nos débats,
Nous causerons ici sur ce qui nous rassemble,
Envoyer ces enfants se promener ensemble?
CAMILLE, bas.
Mais, maman...
MADAME DURAND, bas.
Obéis !
DE BEAUCHATEAU, à madame Durand.
Certes.
(Se tournant vers son fils.)
GRÉÀRDj sursautant à cet appel*
Pardon.
DE BEAUCHATEAU, le poussant.
Offrez le bras, mon fils.
GÉRARD, avançant timidement.
Oui, monsieur.
MADAME DURAND, poussant sa Aile.
Allez donc !