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Le Murier blanc

Pendant les premières années de l'empire, Pierre-An-selme Guingret était un petit marchand de draps, honnête et obscur, dont la boutique était située rue Royale, à Orléans. Resté veuf de bonne heure avec ses deux filles, il maria l'aînée à un jeune homme riche, qui cherchait dans le mariage un refuge contre la terrible conscription de cette époque. Quant à la cadette, trop jeune encore pour qu'on songât sérieusement à l'établir, Guingret lui donna la surintendance de la maison et du magasin. La pauvre

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enfant s'acquitta avec zèle et intelligence des fonctions qui lui étaient confiées; aussi son père, se reposant sur elle et sur un vieux commis du soin de ses affaires, chercha-t-il un nouvel aliment à son activité, et devint ambitieux.

Comme tous les petits marchands, qui, à force de constance et d'économie, ont acquis un peu d'aisance, il prit, un beau jour, fantaisie à Guingretd'être propriétaire foncier. Il tira de sa caisse quelques milliers de francs'qui n'étaient pas d'une absolue nécessité dans le commerce, et acheta, dans le faubourg Saint-Marceau, plus connu sous le nom de faubourg d'Olivet, aux portes même d'Orléans, une maisonnette avec le jardin et le clos attenant. Il est vrai que cette humble propriété, à cause de la modicité de son prix, ne pouvait être que de pur agrément ; mais Guingret, qui se piquait d'être bon spéculateur, se fit fort d'en retirer au moins l'intérêt de ses déboursés et, dès lors toutes ses pensées se tournèrent vers cet objet.

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