‹ Le Muscle Vasculaire Isolé en SurvieChapitre 7 sur 20 · TECHNIQUE · texte numérisé non relu

TECHNIQUE

La méthode à employer pour étudier les réactions d’un muscle vasculaire isolé en survie joue un rôle primordial ; aussi allons-nous décrire celle que nous avons adoptée, le plus complètement possible, chaque partie de sa technique réclamant un paragraphe spécial.

MÉTHODE UTILISÉE ET SON UTILITÉ CONJOINTEMENT AUX AUTRES MODES D'EXPLORATION DU SYSTÈME VASCULAIRE.

Dans une première période, les artères furent étudiées quant aux propriétés physiques de leur paroi — élasticité, extensibilité — (Marey, 1878 : ch. 5 — Roy, 1880-1882) et aux lois qui régissent la propagation d’une onde le long d’un tube élastique.

Ensuite, au moyen des excitations nerveuses, Vurpran, Claude BerNarD, édifièrent le chapitre des vaso-moteurs. Parallèlement, on inscrivit la pression artérielle sur l’animal entier et l’on chercha à dissocier dans les modifications piezométriques apportées par les drogues, par les extraits d'organes, par les corps de synthèse, le rôle respectif

qui revient au cœur, à l'artère, au capillaire, à la veine.

Plus tard encore, avec LœvenN imité par TRENDE- LENBOURG, on a recours à l'irrigation d’un train postérieur de grenouille, d’une patte de chien, d’une oreille excisée de lapin ou encore d’une rate, d’un poumon, et en mesurant le débit de la veine efférente, on conclue à la vaso-dilatation, à la vaso-constriction, suivant que le débit augmente ou diminue par l’adjonction d’un agent au sérum artificiel, liquide de perfusion. Srern et Roruzin (32), dans leur mémoire, donnent la description d’un appareil qu'ils ont amélioré pour entreprendre ce travail.

Mais alors, dans tous ces procédés, quelle est la part qui revient au système nerveux et par ailleurs aux propriétés auto-motrices de la fibre musculaire lisse, problème que nous avons déjà énoncé comme d'intérêt capital? Ce dernier ne reçoit alors aucune réponse, il reste entier. |

Il est donc nécessaire d’ajouter «aux méthodes précédentes de la kymographie et la perfusion, une troisième méthode qui a fait ses preuves pour l'étude des propriétés intrinsèques de la fibre musculaire lisse qui constitue la paroie vasculaire».

Cette méthode existait déjà pour l'intestin, créée par Hédon et Fleig (de Montpellier) vulgarisée par Magnius. Pour l’artère, elle fut inaugurée en Angleterre par Mac Wiczrax en 1901 (2) et vulgarisée par Oscar. B. Meyer (3). (Les auteurs de langue allemande veulent rapporter le mérite de la mé-

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thode à Oscar Meyer dont la première publication remonte à 4906 et contient en effet une description détaillée de la technique. Mais la courte note de Mae Wizcran en 1901 établit d’une façon péremptoire la priorité en faveur du physiologiste anglais, bien que la technique y soit exposée d’une façon beaucoup plus succincte). Elle est fort simple. Nous allons l’étudier puisque c’est elle que nous avons choisie et nous la compléterons de tous les détails que nous a réclamés la bonne tenue de nos expé-

riences.

TECHNIQUE DE CETTE MÉTHODE. — (Choix des antmaux. — Choix des vaisseaux.»

Tous les auteurs sont d'accord pour préférer les bovins. Déjà Stern et Rothlin utilisaient les vaisseaux de bœufs.

On peut opérer cependant sur bien d’autres animaux, le chien par exemple, mais les résultats sont. moins satisfaisants car les réactions de vaso-constriction et de vaso-dilatation sont moins perçues.

Quant à la préférence de certains vaisseaux pour d’autres, il nous faut considérer les artères, les veines et les lymphatiques.

« Pour les artères» distinguons trois systèmes : le système céphalique, le système coronaire cardiaque et les systèmes périphériques dont les types sont: la mésentérique, l’axillaire, et la crurale. Et bien, disons dès maintenant que Ia caro-

spires

tide et la mésentérique sont les artères de prédilection.

« Pour les veines » le choix semble moins important; notons que Îles veines saphene, céphalique, iltaque, jugulaire et mésentérique sont les plus utilisées.

« Pour les lymphatiques» pas de discussion et pour cause ; ces vaisseaux n’ont Jamais été soumis à l’étude, regrettons-le ; car il semble que cette dernière pourrait nous procurer des résultats intéressants. La citerne de Pecquet, vu ses dimensions, donnerait des lambeaux parfaitement utilisables.

Faisons ici « une mention spéciale aux travaux de Macht (40, b)» qui seul à notre connaissance, a fait des recherches sur les artères de l’homme, 49 jours après la mort. Il n’y à dans ce fait rien d’invraisemblable. D'ailleurs ne pourrait-on pas plus simplement expérimenter sur les vaisseaux de fort calibre que l’on trouve dans les membres amputés ou à l’intérieur de volumineux fibromes excisés ?

CHoix DU SÉRUM ARTIFICIEL.

Deux sortes de sérum ont été employés, soit qu’il s’agisse de liquide de perfusion, soït qu’il s’agisse de liquide d'immersion. Ce dernier seul nous intéresse. Toutefois il nous faut les distinguer.

« Les liquides de perfusion », dont les plus connus sont le Rincer et le Locke, sont utilisés lors-

qu’il s’agit d’étudier les diverses réactions d’un organe entier vis-à-vis d’une drogue, ainsi que dans la méthode de Lozven et de TRENDELENBOURG.

« Les liquides d'immersion », dont le meilleur est le Tyrode, sont ceux qui, comme le nom l’indique recouvrent, noient l’échanüllon d’artère ou de veine situé dans un petit bocal tel que nous le verrons ultérieurement.

Voici les compositions de ces principaux liquides.

TvroDe. — (pour les cultures de tissus.) Grammes NACRE PER NEC RE Tee 8 RO OT NE LE EURE PAR CAES 0,42 CA GRR AN RER Ne A Ne ER ES 0,20 MOCRT SPAS MINE LR RU 0,40 POMLUN AE Ur VOA RTE RAT MA 0,05 CON AE MP RE SC E TEE een 1 (ÉD Sa ror ses oamanndnodasdsndonsoséacc 1 IDR SDS AIG 0 DOS Fe 0 plan ROBE die à 1000

Locke.

Grammes NACI ST NE An TT 54 ROLL AL OUR TEEN EE RE RER 0,42 CACLA LEURS PR SO RS RER 0,2% NA HCGS. NRA RENE 0,20 Glucose di NES SEPT ER ee 1 EAU RAS à te Me NI O0 ROME D RS CERN PRE 1000 PRÉLÈVEMENT. — Nous recueillons des artères et

des veines choisies dès la mort de l’animal de l’espèce idoine, nous les débarrassons de leurs tissus

conjonctifs, nous les plaçons dans du sérum artifificiel glucosé et les utilisons immédiatement ; sinon.

ConsErvarion. — Nous les conservons à froid à 0° ou a plus 3, plus 4°. Il est utile de savoir que les artères se gardent très longtemps. Nous pouvons encore nous en servir après une Journée à la température ordinaire ou après 8 jours de glacière sans qu'il y ait la moindre altération dans ses réactions.

MonTaGe. — Myographe de GAUTRELET.

Nous voici donc en présence de nos vaisseaux d'animaux. Nous y prélevons un anneau de 5 à 8 mm. de large ; nous le fendons sur son axe longitudinal ; nous fixons une serre-fine à chaque lèvre de l’incision et déroulant le segment, nous obtenons une lanière qui est suspendue dans un vase cylindrique contenant le sérum artificiel. L’une des serres-fines est alors fixée au fond du vase, l’autre à un fil relié à un levierinseripteur du premier type chargé d’un contre-poids. Un appareil très sensible est bien adapté à ce genre d’expérience et donne d'excellents résultats; c’est le myographe de GAUTRE- LET dont nous donnons la gravure ci-contre ; notre fragment vasculaire est fixé là encore par des serresfines, d’une part à la petite branche d’une tige de verre coudé en T, d’autre part au petit bras du levier du myographe ; le tout est plongé dans notre récipient contenant du liquide de Tyrode ; ce vase est lui-même placé dans un bain-marie avec ther-

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mostat électrique, que nous réglons à la température de 38°, température qui, malgré la sensibilité du thermostat, est sans cesse vérifiée par un thermomètre de précision. Le vase est une sorte de tube

de Borel auquel il a été apporté la modification suivante: à la partie inférieure se trouve «un ajutage » sur lequel s’abouche un tube de caoutchouc fermé à l’extérieur du bain-marie par une pince de Mohr. Il nous suffit d'appuyer sur les branches de cette pince pour vider le liquide d’imbibition que nous y plaçons ; nous le remplacerons alors par un liquide neuf à la température désirée, car ce dernier se trouve dans un ballon que nous aurons eu soin de placer dans la cuve au début de l’expérience. « La substitution se fait donc avec une grande rapidité et sans aucune variation de la température. »

APPAREIL ENREGISTREUR. — Îl ne présente qu’un intérêt secondaire. Il s’agit d’nn appareil enregistreur quelconque au cylindre de grand ou de moyen

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diamètre (soit de 20 ou de 30 cm.) et recouvert de papier enduit de noir de fumée sur lequel viendra se dessiner le tracé.

CHRonocrapne JAcQuET. — C’est l’appareil que’ nous avons utilisé pour inscrire le temps. Nous

l'avons réglé à une secousse par période de 6 secondes.

ROLE DE LA LONGUEUR DU LEVIER ET DE LA VITESSE DU CYLINDRE. — Nous ouvrons ici un paragraphe spécial parce que ces deux données jouent un rôle important dans la bonne tenue de nos résultats. Il est évident que plus sera grand longueur du petit bras longueur du grand bras | seront visibles sur le tracé. Nous sommes là en présence du principe de multiplication. Ajoutons qu’en l’occurence, notre bras de levier est un fétu de paille, L’agrandissement ainsi obtenu va de 20 à 30.

Il faut aussi que le cylindre ait une très petite vitesse tangentielle soit de 0 mm. 05 soit de 0 mm. 09 à la seconde.

le rapport plus les variations

ENREGISTREMENT OPTIQUE.— SES AVANTAGES, SES INCONVÉNIENTS. — Franxzin (19 b),le premier en 1930 améliora la sensibilité de l'exploration du tonus en employant ce procédé qui amplfie les mouvements du style en multipliant leur valeur par 160. Notons qu’il existe plusieurs systèmes pour ce genre d'enregistrement. Nous pouvons par exemple placer un minuscule ‘miroir sur le levier du myÿo-

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