LA CHAIRE DE LA CATHEDRALE DE PISE
\jK MUSÉE D'ART
Bfikl urcio, qui y exécuta le sarcophage de sainl Pierre martyr.
L'idéal de Nicolas de Pise, c'est une ordonnance calme et rythmée à la façon de la statuaire antique. Il a assez de souffle pour rompre avec la rigueur des lignes architecturales chères à ses prédécesseurs, mais pas assez pour mettre dans ses compositions la vie et le mouvement.
Toul autre est son fils Jean de Pise (mort vers 1329), l'architecte du Campo San lu, le sculpteur des chaires de Sienne
( en collabora lion avec son père |, de l'église
Sanl'Andrea à Pistoia (1301), de la cathédrale de Pise (1311 I, C'est u n gé n i o violent, heurté, ultra dramatique par excellence.
11 s'est fait initier — le doute n'est pas possible — aux pratiques de ii">
imagiers gotlii ques français.
Travaillant d'inspiration, aucun frein ne l'arrête ; personne ne s'entend comme lui à représenter le>, souffrances des damnés ou le désespoir des mères auxquelles les soldats d'Hérode ont arraché leurs (ils.
Par là.îean de Pise a agi puisllo, qui devait pousser plus haut encore l'art
Académie des beaux-arts, Florence [MABL'É. — MADOXIi TRÔNANT
samment sur ( du drame.
I/Kcole de Pise, mi ne saurait le nier, a quelque chose de sec et de froid. Si l'on compare ses productions à celle- de uns imagiers français du moyen âge, quelle différence'! Elle remporte sur elles par la netteté du la composition et la correction du
GIOÏTO. — L ADO 11 A T I O N D E S MAGES
fresque de la basilique de Saint -François, à Assise.
GIOTTO. — LA MOUT DE SAINT FRANÇOIS D ASSISE Fragment d'une fresque de la basilique de Saint-François, à Assiso.
dessin, mais qu'elle esl loin d'atteindre à cette douce chaleur, celle vie intense el contenue qui nous louchent dans les statues de Reims el de Chartres ! Parmi les innombrables Vierges de Jean de Pise ctde son école, on chercherait en vain un geste ému, une expression éloquente, une de ce- effusions de tendresse dont le moyen îlgc traîn ais avail le secret.
L'insuffisance éclate surtout dan- la ronde bosse : les statues, même d'un Nicolas el d'un Jean de Pise, sonl lourdes et grossières, comparées à celles des cal héd raies de ( 'ha i l l es, de Iteims, de Notre-Dame de Paris. On n'y trouve ni le sentiment delà ligne, ni l'exubérance de vie '|ni
c a rac térisen i l'œuvre de nos grands statuaires français.
Un disciple de l'École de Pise,
Andréa mort vers 1348), à la fois sculpteur et architecte, a consacré sa vie à l'exécul ion d'une des pentes du baplislère de Florence terminée en 1336 el à l'enrichissement du campanile de (iioiio.
C'est un esprit concentré, un tempéra ni fin.
Rien de plus soin e à la fois et de plus éloquent que les Verdis dont il a orné la porte : un geste lui suffit pour exprimer eue pensée. Les 'Scrne* de la vie de
saint Jenn-BaptUlc, qui complètent la porte, se déroulent avec calme et naturel, comme dans un bas-relief grec; l'auteur s'y contente d'un pelil nombre d'aclcurs pour retracer un événement, niais la concision n'y sert qu'à rehausser l'émotion. Une merveille comme vivacité et comme pittoresque, ce sonl les bas-reliefs sculptés par André de Pise sur le campanile (les