I ANNONCIATION
Muse^ des Offices, Florence.
Pliot. Alinaii
fierté de ces cavaliers bardés de fer, chacun couronnant le sommet de saperbes piédestaux en forme île chapelles.
LA PEINTURE
Deux artistes supérieurs incarnent, vers la lin du xnr siècle, la peinture italienne, toute pénétrée encore d'in- II nonces byzantines (voy. p. 58). l/un c'est le Florentin Cimabué, l'autre le Siennois Duccio.
Cimabué s'est surtout fait connaître par ses grandes Madones, d'une si imposante allure, de l'église Sainte-Marie Nouvelle, à Florence, de l'Académie de la même ville el du Louvre.
Ces ligures auslères, presque impersonnelles, n'auraient pas mérité à l'artiste le titre de
maître de Giotto, si ses fresques de la basilique de Saint-François d'Assise n'avaient réalisé un plus grand progrès et mis quelque animation dans un art auparavant si informe.
Duccio moi'l vers 1339 a mis une conviction, une solennité el une beauté incomparables dans son retable du musée de la cathédrale de Sienne qui représente la Vierge trônant et des scènes de la vie du Christ. Les figures y sont connue transfigurées.
Mais, pour vaincre les dernières entraves, pmir extirper les traces ultimes de byzanlinisme, ce style qui avait fini par être si compliqué et si artificiel, il ne fallu I rien moins que l'incomparable génie de Giotto. Par ses seules forces, toul connue Niccolô Pisano nu demi-siècle auparavant, Giotto provoqua une renaissance qui, à juste droit, a mérité de porter son nom.
Giotto di Bondone, né à Vespignano, près de Florence (mort en 1337), est en réalité l'homme de deux âges et de deux civilisations. Il subil l'influence gothique, mais y mêle celle de l'antiquité. A Rome, à Assise, à Florence, à Venise, il s'inspire des modèles de l'ancienne Rome. En tous ses ouvrages, il unit la recherche du style au naturalisme: il appartient au passé par la majesté de ses conceptions, la force de sa foi et la grandeur épique dont son âme déborde; il annonce l'avenir, la Renaissance et les temps modernes, par sa curiosité et son réalisme.
Ainsi, dès le début, chez les « trecenlistes » (tel est le nom que l'on donne en Italie aux artistes du xive siècle , nous rencontrons le double courant qui caractérise l'art de ce pays :