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FRAGMENT DE 1! ET AU LIS

d'un cote l'inlluence antique, c'est-à-dire la recherche du style, de l'autre le réalisme ou naturalisme personnifié à ce moment par l'école gothique.

I.a carrière de Ciiotto comprend les étapes suivantes: décoration d'une chapelle à la Badia de Florence, aujourd'hui déti iiile, où il peignit uio' Annonciation de la Vierge. Nombreuses fresques à la basilique de Saint- François, à Assise.

où se distinguent une Visitation, une Crucifixion, une Communion de Marie- Madeleine , une Résurrection de Lazare, diverses interprétations des règles de l'ordre des frères mineurs : la Pauvreté, la C/tasteté, YObèissance, une suite de Miracles de saint François et d'épisodes de sa vie et que termine une Glorification

du saint. !»'• 1298 à 1300 environ Giotto est attiré à Rome par le pape Boniface VIII et y commence celle existence de voyage de coin m cour qu'il ne cessa de mener. A celte époque appartiennent la Navicelle de saint Pierre et la Madone et les Saints que l'on voii dans ['église de Saint -Pierre de Rome. Vers 1302, Giotto exécute les fresques de la chapelle du palais du podeslal de Florence, aujourd'hui musée national, parmi lesquelles la belle Glorification de ta Vierge el le portrait d« hante. |>,< 1303 à I30(> il décore Lu - Madonna dell' Arena ••. à Padoue. <:'e>i la curieuse Nui/cite, ['Adoration des Mages, la Présentation au temple, toutes les scène> de la vie du Christ que termine le tumultueux Jugement dernier. A d'incertaines dates le maître parait à Ravenne, à Rimini, à Lucques, à Milan, à Vérone et à Florence. L'église Santa ('.nu e est décorée par lui de i breuses fresques : les Funérailles de saint François d'Attisé, Saint François

Phot. Alinari.

AMBltOGIO l.OHENZETTI. — I.A PAIX

Fresque du palais public do .Sienne (1337-1313).

LE JUGEMENT DE KM El) Fresque attribuée à Orcagna, au CamnoSanlo dx

Pise.

Mu. du Louvre.

SIMONE UEMM1. — LE POHIEMENT DE CHOIX

d'Assise recevant les stigmates, le Festin d'Hérode. De 1330 à 1333 il décoie l'église Santa Chiara de Nantes.

(iiotlo, qui d'après Vasari mil plus de bonté dans l'art, supprima la raideur des gestes, la fixité des visages. Nul n'a poussé aussi loin la science île la mimique. Quelle variété dans les gestes: mains levées, étendues, baissées, bras rejetés en arrière, l'orateur qui

expose, le juge qui menace, le

coupable qui implore .'

L'allégorie, grâce à Giotto, vint prendre place à côté des scènes de la vie réelle* Ses fresques ouvrent l'ère de ces grandes compositions symboliques qui, pendant plusieurs siècles, feront la gloire de l'Italie : le Triomphe de l<i Fui, le Triomphe du lu Renommée, le Triompha tir saint Thomas dPAqnin, etc.

Raphaël . qui . comme Giotto, s'inspirait de Dante, ne fera que reprendre la donnée de son prédécesseur et lui imprimera sa consécration suprême, le jour où il créera la /iis/mle du saint sacrement el Y licol e d'Athènes, c'est-àdile le triomphe dr la loi et le triomphe de la science.

LE STYLE GOTHIQUE EN ITALIE

Homme universel, architecte, sculpteur, peintre, mosaïste

Giotlo est un éducateur im iparable ; dans toutes les provinces

de l'Italie et à l'étranger il engendre cl « 1 ï — rige une multitude d'artistes, — les giottesques, — parmi lesquels nous citerons Taddeo Gaddi et son fils Agnolo Gaddi, Giovanni de Milan, Giottino.

Avec Giotto, l'École florentine, si longtemps tributaire de l'École de Pise, se place au premier rang; elle n'a plus à compter, dans toute la Toscane, qu'avec l'Ecole de Sienne, qu'elle finira par réduire à l'impuissance.

L'Ecole de Sienne à son tour s'enorgueillit de deux maîtres supérieurs. L'un , Simone Memmi ou Marlini, né à Sienne vers 128b' et mort à Avignon en 1344, excelle dans l'extase et la tendresse; il oppose FéJ é m e n t lyrique à l'élément épique représenté par Giotlo. Le palais public de Sienne, la basilique d'Assise, le musée des Offices,

du

sathédrale do Notre-Dame des Doms à Avignon, le musée Louvre, conservent de ses peintures pleines d'effusion.

LE BIT DES lit OIS MORTS ET DES TROIS VIES

Fragment du Triomphe de là mort. Fresque attribuée à Orcagna, au Campo Santo de Pise.

LE PORTEMENT DE CROIX Fresque de la chapelle des Espagnols, à Florence (milieu du XIV siècle).

Il est intéressant, ici encore, de constater l'influence de la littérature sur Part : Dante plane sur Giotto, sur ses élèves et Orcagna.

Pétrarque inspire Siiii i> n i' M i1 in m i . (oui com uio les peintres d'Avignon et de la haute Italie.

Le second représentant de l'École de Sienne au xiv" siècle est Ambrogio Lorenzetti (mort vers 1368)., dont l'art forme un curieux mélange d<symbolisme et de réalisme. Le palais public de Sienne s'honore de renfermer les magnifiques allégories dans lesquelles Lorenzetti a peint le Bon et le Mauvais Gouvernement, et où il a prodigué des figures d'une beauté idéale (peut-être copiées sur quelque modèle antique) côte à côte avec des scènes

de la vin do tous les jours représentées avec une verve extrême.

Florence et Sienne sont désormais les capitales intellectuelles du centre de l'Italie : Prato, Pisloia, San Ccmignano, Empoli, Arezzo et d'innombrables autres cités leur font cortège. Leur influence s'étend jusqu'à nome, jusqu'à Naples, jusqu'à Cènes et Milan, jusqu'à Avignon, qui devient, pour la peinture el l'orfèvrerie du moins, comme un poste détaché de la Toscane.

Constatons à quel point l'intcrna'.ionalisme du style gothique s'afflrme ici encore : pour l'architecture ci la sculpture, !«■ signal •le la révolution était pai'U de la France; pour la peinture il partit de l'Italie, saut à pérfélrer, presque immédiatement, par un ('hoc en retour, dans noire pays cl dans le reste de l'Europe.

Vers le milieu du xiv« siècle, on dehors dé lîuffalinacco et de Bruno, qui ne son! connus que par leurs facéties, l'Ecole de peinture (lorentine ne compte plus qu'un maîti e supéi icui . Andréa Orcagna. l'auteur du duifnnu dern cr de Sain le - Marie Nouvelle, œuvre si m ère cl forte.

El cependant, à Pise comme à Florence, surgissent deux grands cbefs-d'œuvi e : les Près ques du Cainpo Santo et celles de la chapelle îles Espagnols.

A Pise, deux de ces fresques gigantesques, atti ibuées, à torl ou à raison, à Orcagna, représentent le Triomphe de la mort et le Jugement dernier. Tout ce que l'imagination peut inventer, tout ce que la main peut exprimer pour frapper et lerriûer est réuni i'i. L'auteur a mêlé l'idylle aux affres de la mort : les jeunes seigneurs et dames assis sous des orangers l'ont pendant aux spectacles les plus horribles*; de fiers cavaliers sont opposés à des cada- \ res en décomposition. Certes on ne pouvail frappel plus

fort. Mais ne sont-ce pas là encore plutôt ■!<• grandes pages de murale que de grandes patics de peinture !

A Florence, la chapelle des Espagnols, (fans l'église Sainte- Marie Nouvelle . il -corée par des peintres inconnus, soit llorentins, soii siennois, forme un exemple mémorable el de l'ampleur que les dominicains, puni- qui elle savaient mettre dans leurs créations. A des scènes pathétiques tirées des Evangi

la dignité a éié bâtie, brillantes el

le Parlement de croix, la Crucifixion, la Descente aux limbes, la Insurrection, la Descente du Saint - Esprit, font pendant d'augustes assemblées idéales : la Glorification de saint Thomas d'Aquin, F Église militante et V Église triomphante.

Ces peintures nous apprennent à quel mélange d'iian lie el

de piquant le costume, qui est aussi une for le l'art, étail

arrivé alors. Il n'a rien encore de l'extravagance du costu le

folie, qui envahira au xv° siècle l'Italie comme il avait envahi la France. Au xive siècle, le costume italien est ajusté où il est besoin, flottant où il est besoin ; il a de la distinction et il a du pittoresque.

Pendant la seconde moitié du xivc siècle, la peinture italienne, continuant la tradition Je Ciotlo, met au jour de vastes cycles, parfois de l'ordre symbolique, mais plus souvent de l'ordre narratif: scènes de la vie des patriarches, scènes de la vie du Christ, scènes de la vie des saints, remarquables par la profusion des épisodes pittoresques ou amusants.

AI.TIC.IIIE Itl ET AVANZO. LE JUGEMENT DE SAINTE LUC

Presque do l'oratoire <ie Saint-Georges, à Padoue.

île l;

Au Nord, à Padoue et à Vérone, l'exemple du rénovateur de la peinture suscite une phalange de peintres éminents, à la tète desquels figurent Altichieri da Zevio el Jacopo d'Avanzo.

En I37G, Altichieri commença les fresques de la chapelle Saint- Félix, dans le « Santo » de Padoue, avec des épisodes de la Vie de saint Jacques el une Crucifixion de dimensions colossales. En Ei~7. il peignit, en collaboration avec Jacopo d'Avanzo, les fresques de la chapelle de Sainl-Cenrgcs sur la place du Doine: il y représenta ^Histoire <lu Christ, le Coiuonnement de lu Vierge, enfin V Histoire de saint Georges, de suinte Lucie et de suinte Catherine. On admire dans ces peintures la richesse du coloris (d'après le Cicérone, la palette contient deux fois plus de tons que celle de Giotto el de suii entourage immédiat . l'intuition, sinon déjà la connaissance, de la perspective, enfin la beauté des tètes et

la vivacité des expressions.

Les traits réalistes y abondent; les attitudes sont souvent pathétiques, malgré la profusion des détails pittoresques ; le sentiment est très élevé.

Il y a une curiosité infinie chez tous ces trécen listes :

types, costumes, armes* indigènes ou exotiques (ceux -ci surtout) fixent leur attention, et, en narrateurs infatigables, en vrais représentants de la peinture épique, ils ont l'ambition de faire à leur tour défiler devant leurs contemporains les hommes et les choses qui les ont frappés. Rien de plus opposé au costume de convention, à moitié classique, que Giotto a donné à ses héros; on croirait voir des scènes de l'histoire contemporaine, non des évocations du passé.

El quel luxe d'édifices, quelle recherche de motifs rares, bizarres : balcons à consoles, moucharabis, fenêtres trilobées. On voit des Turcs à turbans el à queues nattées, des figures d'ascètes et des bourreaux donl la vulgarité n'a rien à envier à celle des peintres allemands du siècle suivant. Bref partout règne une fermentation excessive.

Nous avons gardé pour la lin de celle énumération Venise, qui persiste dans son isolemenl el qui regarde plutôt du ( été de Ryzance que du côté de Florence. A peine si les réminiscences de Giotto s'y mêlent parfois aux archaïques peintures exécutées dans le style des Grecs de Conslantinople. Dans la sculpture, quelques maiires. parmi lesquels les Massegne, s'efforçenf dé donner à leurs cri

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i plesse el plus di

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Les arts mineurs ne brillent pas d'un éclat bien vif en Italie pendant la période gothique : leur silhouette est moins hardie el leur invention plus pauvre que de ce côté des Alpes.

N'importe : 1ère à laquelle appartiennent les grands noms de Nicolas, de Jean el d'André de Pise. d'Arnolfo, ceux de Ciollo di Bondone, de Simone Memmi et d'Ambrogio Lorenzetti, d'Orcagna, des peintres anonymes du Campo Santo de Pise el de la chapelle des Espagnols, compte parmi les fastes les plus glorieux de l'art. Elle nous apprend qu'à défaut de principes supérieurs, il suffit parfois d'hommes de génie. Que sera-ce lorsque, au siècle suivant. l'Italie aura à la fois et les principes et les hommes !

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