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LA LIONNE BLESSEE

Bas-rcliof assyrien

qu'aieni produil les fouilles de Tello. Dans ce monumenl vénérable, on voit le dieu soulevant d'une main l'aigle sur les deux lions adossés, motif héraldique qui a la valeur d'armes parlantes, et frappant de l'autre main un groupe de captifs. Sur le revers, le roi, debout sur son char, charge, à la tète de ses troupes, l'ennemi, dont les cadavres jonchent la plaine, tandis qu'une nuée de vautours s'est abattue sur ee charnier, (in ne peul que pressentir dans ee monument célèbre quelques-uns des caractères par lesquels le bas-relief chaldén -assyrien se distinguera essentiellemenl du bas-relief égyptien : l'entassemehl des figures qui ne laisse paraître qu'un champ très réduit, l'exagération du détail, qui est presque toujours hors d'échelle, une réelle animalion dans le mouvement général des figures.

L'art assyrien ne nous a livré qu'un très petit nombre de statues; le dieu Nebo, le roi Assournazirhabal, que possède le Musée britannique, et les deux Allantes découverts dans le harem du palais de Khorsabad, témoignent d'un recul considérable sur la statuaire chaldéenne : raides, les bras collés au corps, ces ligures, presque cylindriques, sont des idoles barbares qui nous donneraient une bien pauvre idée de l'art assyrien, si elles étaient seules à le représenter.

Mais si les sculptures en ronde bosse oui disparu, de nom. breux bas-reliefs sont parvenus jusqu'à nous. Les riches collections du Brilish Muséum ci du Louvre nous monlrenl celle sculpture sous deux aspects : d'une part, les <• chéroubitn » ou giands taureaux ailés à tête humaine, figures qui tiennent à la fois du haut-relief cl de la ronde bosse, placés à l'angle des poi les, ont un caractère décoratif qui si' retrouve dans les basreliefs provenant de l'extérieur des palais el où se découpent di's personnages réels ou mythologiques appartcnanl à de vastes compositions religieuses. On y voit défiler les dieux ou génies du Panthéon assyrien, et des processions de prêtres s'avancent en ordre rythmé. D'autre part, les frises qui décoraient l'intérieur des chambres, où se déroulent, à petite échelle, toutes les phases d'une action où le roi a le principal rôle, rappellent les longues scènes épisodiques du bas-relief égyptien. On y retraçait toutes les péripéties de la guerre, de la chasse aux grands fauves ou aux chevaux sauvages, le transport des colosses, la construction d'une ville, etc. Ces scènes si étendues sont certainement ce que la sculplure assyrienne a produit de plus complet. L'action y est claire, bien ordonnée dans un paysage approprié où le goût du pittoresque se montre inventif et ingénieux. Ce qui frappe d'abord, c'est l'habileté avec laquelle sont traités les animaux; chevaux richement harnachés, lions o-u lionnes bon-

dissant ou tombant frappés, bisons, onagres, chèvres, etc., reproduits dans loulos les attitudes, ne le cèdcnl en rien à ce que les Égyptiens oui l'ail de meilleur en ce genre. Tel morceau la Lionne blessée du Brilish Muséum n'a jamais été surpassé ni par les Grecs ni par les modernes.

De même qu'en Egypte, toute cette sculpture' élail peinte. Peintes aussi étaient les vastes surfaces murales qui ne montrent plus aujourd'hui que des têtes de briques. Les sujets ainsi représentés étaient avant loul décoratifs ; les ornements végétaux et géométriques s'y combinaient avec des figures d'hommes et d'animaux. Mais le meilleur parti que les Assyriens surent tirer de la décoration polychrome lut l'emploi architectural de la céramique : nous voulons parler de la brique émaillée, qui. inventée par les Ch'aldéens, devint lune des merveilles de l'art persan et se propagea avec la conquête arabe dans tout l'Orient.

L'amour du détail el les qualités de précision qui caractérisent toute la production chaldéo-assyricnne se trouvent poussés au plus haut degré dans les produits de leurs arts mineurs : la glyptique ou gravure suc pierres dures 7 la métallurgie et la sculplure sur ivoire, dont, nos inusées possèdent d'admirables échantillons. D'autre part, dans les pentu.res en bronze des portes di- Balawat, au Musée britannique, ou le Lion accroupi, en bronze, ■ lu Louvre, nous avons a lia ire àde\ rais chefs-d'œu\ rade fonte et de ciselure. La même supériorité apparaît dans les palères incrusté es d'or et d'argent, trouvées àNinive, et l'on peut en conclure que, sous le rapport de la technique, les artisans des grandes cités du Tigré et de l'Eùphraté furent les dignes rivaux des Égyptiens.

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