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ET DE MARGUERITE DE POIX

stalles, dont mi peut voir quelques spécimens au musée de. Cluny; ou de sculptures décoratives, à Dijon, à .Nancy, sur les bords de la Loire, partout enfin, qui montrent l'extraordinaire activité artistique de celte période si intéressante.

Voici enfin le dernier gothique, si l'on peut ainsi dire en sujet si délicat : Michel Colombe, artiste de transition, qui clôt l'art du moyen âge et annonce l'art moderne sur lequel l'Italie, grâce à la politique, aux relations qui deviennent fréquentes entre les deux pays, comme en témoigne la présence en France de Francisco fia Laurana, de Pietro da Milano, de Niccolo Spinelli, de Jean de Candida el le voyage de Jean Fouquet en Italie, va exercer une influence si profonde.

Michel Colombe, qui mourut en 1512, avait autour de lui un véritahle atelier, où travaillèrent ses trois neveux, Guillaume Regnault, Bastien François, François Colombe, puis Jean de Chartres, etc., constituant cette belle École de la Loire à laquelle mi iloil lanl île belles productions, qui seront étudiées plus loin.

Rien n'est plus obscur que la vie de Michel Colombe ; on ne sait presque plus rien également sur son œuvre el on ne lui attribue en toute certitude que la médaille de Louis XII, très réaliste; le tombeau du dur de Bretagne, François II, à Nantes, avec les quatre Vertus, les gisants et les pleurants, et les gracieux angelots qui soutiennent les coussins sur lesquels s'appuient les têtes des illustres défunts; enfin le Saint Georges de Gaillon, d'un art fougueux el précis, où il est bien difficile de nier l'influence italienne, visible aux rochers, aux arbres, aux reliefs fort accusés, etc.

C'est un maître consciencieux, le plus souvent traditionnel, d'un sentiment grave, comme celui des vieux maîtres gothiques, mais d'un réalisme moins accentué, d'une élégance plus aimable el réservée, comme il sied à un Tourangeau, digne contemporain et continuateur de Claus Sluter, de Clans de Werwe, de Jean de Cambrai, de Jacques Mmel et d'Antoine Lemoiturier.

LA PEINTURE

Pendant la première partie du xv" siècle, la peinture ne jette pas un éclat aussi brillant ; mais, si elle se développe avec lenteur, elle produit cependant de belles œuvres, réalistes et aimables à la fois, la plupart du temps en miniature pour les magnifiques manuscrits de Bretagne, historiés; dans la deuxième période elle

s'enorgueillit de Jean Fouquet.

Tous ces peintres, ainsi que les sculpteurs, se groupèrent autour Je personnages de marque, qui les pensionnaient, les encourageaient, comme s'ils prévoyaient que la gloire des armes est

Mime i undé. i bnmllly LE LOUVRE SOUS CHARLES VI Miniature des grandes Heures du duc de Berry.

fragile cl que la postérité retiendrait davantage celle que procure la m il n i I i<°<> n r->- pour l<-s arts.

[ci encore, ce n'esl pas le roi qui se montra le plus grand personnage, ou du moins le sorl ne le favorisa pas autant.

L'argentier de Charles VII, Jacques Cœur, lit décorer de façon fçrl brillante sou magnifique hôtel de Bourges. I.'' plafond de sou oratoire, où dans des raissons, sur un fond bleu simulant le

ciel, dos allers, ailes ép|o\ées, lielllieill dos banderoles, est, sans

conteste, une belle œu\ rc.

Mais les véritables mécènes de la peinture à cette époque ont été, connue en sculpture, les frères île Charles V. les ducs de Bourgogne el de Berry el le bon roi René.

A la cour de Dijon, règne depuis 1 'lO'l le fils de Philippe le

Hardi, .b an sans Peur; il s'entoure de peintres flamands, qui ne paraissent pas être sortis de la médiocrité.

Sous Philippe le itou ( 1 11!)-14(i7 . travaillent à Dijon Colarl le Voleur. Une de lîoullogno, Maisoneelle, qui décora d'une Danse tirs ninrh, en 1 ilili. la sainle Chapelle de Dijon el peignit aussi pour la chartreuse un portrait de Philippe le Bon portant le collier de la Toison d'or; maigre peinture que tout cela, quand on songe aux artistes contemporains dans les Flandres : les van lîyck, ttogiervan der Weyden, Thierry Bouts et Dans Memling. Même plus avant dans le siècle, sous Charles le Téméraire (1467-1477 . on ne signale encore que l'enlumineur Simon Marmion de Valenciennes.

Le duc Jean de Berry paraît avoir été plus favorisé, car les magnifiques //finis qu'il fit exécuter sont parmi les chefs-d'œuvre do l'ai l français. L'inventaire de lilti. dressé à sa mort, mentionne •• plusieurs cayers d'une très riches heures que Faisoienl Paul el ses frères, liés richement historié/, et enlumine/.. » Ce Paul est l 'Oinu sous le nom de Paul de Limbourg: il mourul en 1434; ce fut un grand artiste, d'un naturalisme aimable el d'inspiration savoureuse.

Les Heurts du duc de Berry, conservées au musée Cpndé, à Chantilly, ne sonl pas uns des moindres richesses réunies par le duc d'Aumale. Les miniatures, exquises el fraîches, représentent les travaux deschamps : les semailles, les fenaisons, des scènes de la vie de château, l'hallali du sanglier; plusieurs des « fabriques » qu'on y voit sonl du plus haut intérêt, puisqu'elles figurent la sainle Chapelle, le château de Vincennes, le Louvre au commencement duxvc siècle, etc., sous les caractéristiques du mois ei les signes du zodiaque. Ces petites vues topographiques sonl des .merveilles pour leur fini, leur clarté et leur élégance; l'auteur savait voir, dessiner el peindre; son réalisme, du meilleur aloi. n'exclut pas l'émotion qu'il ressentait à représenter ce qu'il observait autour de lui.

René d'Anjou, comte de Provence el roi de Sicile (1409-1480) n'exerça pas sur la peinture une moins heureuse influence, dans ce midi où il se réfugia après la perle du royaume de Naples, mais où il continua à favoriser l'art flamand, qu'il avait pu apprécier à sa juste valeur pendant ses divers séjours à Lille et à Dijon, de 1431 à 1 YM<. On a même dit qu'il avait été peintre luimême; supposition sans base sérieuse.

Mais l'artiste véritablement supérieur de celle école est .Nicolas Froment d'Avignon, qui peignit entre autres la Résurrection de Lazare, du musée des Offices à Florence, el le Buisson ardent, de la cathédrale d'Aix, deux œuvres capitales dans l'histoire de l'art français.

Le triptyque de Florence fui achevé en 1461. On voit sur les volets une grisaille de la Vierge el les portraits des donateurs, sans doute le bon roi Mené et sa femme, Jeanne de Laval. Au

Phot. Neurdein.

PLAFOND DE LA CHAPELLE DU PALAIS DE JACQUES COEUtl, A BOURGES

LA SCULPTURE ET LA PEINTURE KJN FRANCE AU Wp SIÈCLE

centre, Lazare, La mai n sur la tè.te, les mains jointes, la figure blême, se dresse dans son tombeau, smis les regards du Christ, de la Vierge et des apôtres, dont les figures s'enlèvent en valeur sur le fond finement oUvré d'arcaturos gothiques.

d'Etienne Chevalier, secrétaire du roi Charles VII, contrôleur généra] des finances, achevées vers 14ôo, aujourd'hui conservées au musée Condé à Chantilly. Tous ceux qui aiment l'art ému, simple et véridique, connaissent ces gracieuses miniatures, d'un

Le tableau d'Aix, qu'on a pu admirer el étudier tout 'à son- aise

à l'Exposition rétrospéctive de 1900. est d'une inspiration ins

âpre et plus aimable Sur 1rs panneaux on! été représentés le roi de Provence, âgé, vêtu d'un long manteau d hermine, el la reine, agenouillés tous deux et entourés de leurs sainls prolecteurs ; au milieu apparaîl In Vierge, parmi la frondaison du buisson ardent; au pied du monticule, un troupeau, un ange, el Je visionnaire, qui lève !<• bras droil en signe d'adoration. Ce tableau fut payé 30 crus à l'artiste en 1475-1476.

Quelle que suit la beauté de ces œuvres, elle ejsl encore surpassée par celle des productions du peintre Jean Fouquel, déjà célèbre quand monta sur le trône Louis XI. en 1461, el dont le génie avait été exalté durant un voyage à Home entre 1443 et 1447, durant lequel l'artiste exécuta un portrait du pape Eugène IV. Fouquet résida presque toujours à Tours, où Louis XI. qui l'aimait beaucoup, l'employa à maintes reprises, de même que la municipalité de cette ville, à l'occasion des entrées solennelles des princes ou autres cérémonies officielles. Il mourut, plein d'honneurs, aux environs de 1481.

Comme miniaturiste, il avait composé les magnifiques Heuret

qu'avail observi costumes, leurs

Phot. Giraiulon.

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