‹ Le musée d'artChapitre 112 sur 311 · I' O II T II A I T DE PAU L · texte numérisé non relu

I' O II T II A I T DE PAU L

naturalisme aimable de Tourangeau, où revivent, parmi les

scènes religieuses qu'elles représentent, tous les pers âges

e mailre, avec leurs poses familières, leurs inières d.'ôti'e, sources vraiment uniques île renseignements pour l'archéologue el l'historien, eu même temps que pure jouissance pour l'artiste.

On doil aussi à Fouquel un certain nombre "de portraits à l'huile d'une valeur i

ins grande, Ainsi le porlrail d'Etienne Chevalier à genoux, les mains jointes, près de son patron saint Etienne musée de Berlin : celui d'Agnès Sorel, sous les traits de la Vierge, couronnée, gorge découverte, portant l'enfant Jésus (musée d'Anvers); celui de Juvénal dos L'rsins. chancelier de France sous Charles VII et Louis XI, et qui est conservé au musée du Louvre; la tète expressive de ce personnage se détache en clair sur le fond sombre d'une porle, entre des pilastres où de petits ours soutiennent ses armoiries; le chancelier, enveloppé d'une ample robe à fourrures, joint les mains et prie devant un missel ouvert sinon coussin. Un fort curieux émail du même inusée contient le portrait de Fouquet par lui-même; il est vu de trois quarts à gauche, coiffé d'un bonnet moulant le crâne.

Musée du Louvre JEAN FOUQUET U I - -M È M E

Musée Conil.S Chantilly.

jean roi; qui; t. — le couronnement de la vierge Miniature dos Heures d'Ktiennc Chevalier.

L'ensemble donne l'impression d'un espril grave, convaincu el Iravaillcur qu'effleure la mélancolie.

Encore bien que son œuvre montre par endroits l'influence de l'Italie, comme dans son architecture, el en particulier dans ce temple antique où est célèbre le Mariage delà Vierge, qui esl une dos perles des Heures d'Etienne Chevalier, influence certaine qu'expliquent, comme l'a montré M. Eugène Munlz, son voyage en Italie, el les relations, déjà existantes sous Louis \l. entre ce pays cl la France, il est évident i m «• son génie est tout entier français, aussi liaul que celui des maîtres bourguignons el (la mands, mais plus fin, plus éléganl el aimable.

De môme que la peinture et la sculpture, la i apisserie du xvr sièçle esl forl remarquable et, ne se cantonnant plus dans quelques villes seulemenl comme Paris el Arras, esl cultivée avei grand succès dans les Flandres el la Bourgogne.

Les principales tapisseries d'Arras sont la Vie île suint Pin/, conservée à La cathédrale de Tournai, la Bataille de Liei/e. gagnée par Jean sans Peur en l'iUS. Y Histoire il' Alexandre, offerte au sultan Bajazel par Jean sans Peur, la Hutnil/e </< //<«<becque. D'autre part, les ateliers d'Aubusson el de Felletin, dans la Marche, commencent à fonctionner. On leur doit, sans doute, la magnifique tapisserie en six pièces, consacrées à retracer l'histoire de la Dmiifl à la licorne, qui est de l'extrême (in du xv° siècle ou des premières années du xvic.

Les peintres verriers déployèrent, eux aussi, une grande activité. Le dessin des vitraux s'améliore; deshachures accusent le modelé des chairs et des draperies; le paysage apparaît sur les bleus, puis partout; l'architecture des fonds, — dais, clochetons, campaniles, lanternons, — prend un grand développement et isole de cette façon les personnages qu'elle abrite; les bordures en verre coloré disparaissent, de même que les inscriptions. En un mot, en ces verrières du xve siècle, il y a plus d'art et moins de sentiment religieux.

Dans la technique, des procédés nouveaux apparaissent : la

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