D'ART
teinte de chair ou premier émail découvert, l'emploi du diamant pour couper le verre au lieu de le gruger, le tirage des plombs au laminoir, et la fabrication des verres violets.
Les plus belles verrières de cette époque se voient aux cathédrales d'Évreux, du Mans, de Met/., de Tours, de Moulins, de Clermonl-l'errand. de Bourges Aniionciiitiini dans la chapelle île
Jacques Cœur . de Quimper, etc. : à la sainte Chapelle de Paris la rose . à Saint-Séverin île Paris, à la sainte Chapelle de Riom, à Saint-Jean d'Elbeuf, Saint-Ouen de Rouen, etc.
C'est également en ce siècle. d'Une activité en tous sens si prodigieuse, que sont (aillées les belles gravures sur bois qui s'appellent la 'Ballade des chapeaux, vers 1461, le Roman de Fierabras 1480), Bclial ou la Consolation des pauvres pécheurs (1484). Le « bois Protal », découvert récemment, et étudié par M. Henri Bouchot, prouve que cet art avait commencé déjà dans la de uxième partie du siècle précédent.
Antoine Vérard fait imprimer, en 1491, chez Dupré la Mer des histoires, et, en 1493, les Cltroniijues de France chez Jean Morand. On lui devait déjà la Danse des morts, qui esl de 1485. A côté d'eux
on peut citer Philippe Pigouchet, imprimeur habituel de Si n
Vostre, Pierre R.egnau.11 el Guillau Eustache, auteurs de beaux
missels décorés de grandes planches superbes.
Il conyienl de noter, en terminant, que les clichés étaient gravés soit sur cuivre, soit sur bois, quand ils entraient dans la composition typographique d'un livre; ce qui explique que les vignettes sur métal aient été d'un long usage.
Ainsi, de quelque côté qu'on étudie l'ail à cette époque, de belles œuvres sollicitent l'attention, des tempéraments vigoureux et émus d'artistes se révèlent, el la France, au milieu des bouleversements qui l'ensanglantent el la troublent, apparat! cependant comme un vaste atelier, peuplé de maîtres de valeur. Mais l'analyste constate une évolution profonde sur les âges précédents: l'art tend à sortir de l'Église et à se séculariser; le charme des lettres antiques commence à agir; et le xve siècle incline peu à peu les esprits vers la Renaissance.
. GEOilGES lll AT.
Phot. Giraudmi. Musée de Cluny, Paria.
LA DAME A LA CORBEILLE DE ROSES Tapisserie dite de la Licorne.
LES PLAISIRS Dt LA SOCIÉTÉ
Tapisserie flamande de la tin du xv ou du commencement du xvi* mccIo.
LA PEINTURE DU XVe SIÈCLE DANS LES FLANDRES
LA S( el I tare
ulpture a pei lire issues du mouvementgothique brillèrent d'un même éclal dans les riches el exubérantes provinces des Flandres, y comptèrent égalemen.1 drs représentants éminents. Mais comme les principaux sculpteurs se sont expatriés, nous les étudierons à Dijon, (Imil ils ont l'ait, une colonie flamande.
Par contre, nous nous occuperons ici mèmedespeintres dont l'œuvre estplus particulièrement demeuré
dans leur pairie. La Belgique el la Hollande étaient comprises alors sous l'appellation commune de Pays-Bas. Leurs habitants parlaient une seule et même langue, saut des différences légères. Les deux pays employaient aussi, que l'on nous permette cette expression, la même langue artistique avec de simples nuances dialectales.
Moins précoce qu'en France ou en Italie, l'art est pourtant apparu de bonne heure dans ces régions. Au xive siècle c'est par centaines que se comptent les peintres, et les sculpteurs sont déjà n ombreux.
Jean de Bniges, « peintre et varie t de chambre » du roi Charles V. ne serait connu que par quelques miniatures, s'il n'avait donné, en 1376, des dessins pour les tapisseries de l'Apocalypse conservées aujourd'hui à la cathédrale d'Angers, dessins barbares sans demie, mais d'une belle unité décorative el d'un style grandiose.
Chez Mekhior Broederlam, d'Ypres, l'art esl d'une bien moindre envergure, si l'on en juge par les deux volets du retable du
Bibliothèque de Sailli-Marc, Venise.
SAINTE URSULE ET SES COMPAGNES Miuiature du Bréviaire Grimant.
musée de I)i jon. qui confinent au tableau de genre. Mais les figures y [ont déjà une jolie harmonie linéaire, et le saint Joseph de la Fuite en Egypte, portrait de quelque brave cabaretier d'Ypres, ne serait pas déplacé dans les paysanneries dû vieux Pierre Breughel, plus jeunes d'un siècle el demi.
Entre çel ai t et eelùi des frères Hubert et Jan van Ëyck, H y a nu abîme comblé par le génie, sans doute aussi par la leçon m ii el le que donné renl à ces •• créateurs de la peinture » les effigies sculptées île l'école française et celles, pins proches, de Clans Sluter. Quelle que soil la source où les frères van Eyck puisèrent un goûl relativement pur et SUl'tOUl un profond respect de la vérité, on sait eu outre que Jean, s'il n'inventa pas, comme on l'a dit, la peinturé à l'huile, trouva des huiles plus siccatives qui
i A N V A N EYCK.
Mus.1.' .1.: Berlin
l'homme a l oeillet
Phot llanfstaengl. Musé* de Berlin.