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QU IL A COMMISE LA MÈRE ET LA FILLE DE FOLCO PORTINARI

des lignes, qui est d'ailleurs le but suprême de l'art quand elle se superpose à la vérité, nous verrions peut-être plus facilement ce qu'il y a de vérité observée dans la raideur de ce cadavre si douloureusement humain, dans la lividité, dans l'étirement des traits de son visage convulsé par la douleur. On se demande si, pour mieux peindre ces figures, où l'horreur le dispute à une sui te de sublime, les artistes d'autrefois n'allaient pas assister aux spectacles de torture et de supplice que l'un n'économisait guère en ce temps-là. Mais si. niellant de côté l'émotion inhérente au sujet, ainsi que la part de vérité profonde exigible dans tout chef-d'œuvre, vous examine/, la composition au point de vue du coloriste pur, vous trouverez que là encore Rogier a été incomparable. La qualité et l'unité des tons dans le corps du Christ, dans le linge sur lequel repose sa tète affreuse, dans les

tre en couleur des statues et des bas-reliefs; des arguments assez sérieux, sans être décisifs, ont été mis en avant pour prouver qu'il fut lui-même un statuaire; mais une chose certaine, c'est que, pendant, près de cinquante ans, de nombreux sculpteurs l'imitèrenl fidèlement, au pointde reproduire l'arrangement

de ses compositions et les types mêmes de ses figUl'eS.

Le Vasari des Pays-Bas, Carel van Mander, étail un classique imbu des principes de la peinture italienne décadente. Il a pourtanl apprécié van der Weyden à sa valeur. Nous citerons comme conclusion son jugement, écrit peu avant H>04 : o Van der Weyden a puissamment contribué au progrès. de notre arl non seulement pour la conception, mais pour l'exécution plus parfaite au point de vue des attitudes, de l'ordonnance et de la traduction des mouvements de l'àme, douleur, joie, colère... » On ne saurait mieux dire.

LE CHEVALIER EN THE LA PAIX, LA MISERICORDE ET LA i Tapisserie flamande de la lin du xv* siècle (ancienne collection

[/histoire de Tari des Pays-Bas se compose de chaînons encore mal rolit'-s. Que sont devenues les innombrables peintures murales et autres de Hugo van der (ioes ? l'ne seule œuvre de lui est connue, c'est le grand triptyque de VAdoration des bergers, que lui commanda Thomas Pmlinari el a passé de San ta Maria Nuova au musée des Offices de Florence. L'œuvre est riche et belle, les tètes des bergers, notamment, son1 d'un bon réalisme discret qui a, sans aucun doute, fort impressionné Lorenzo di Credi. Hugo était peintre à Gand eu 1465; il entra en 1475 au couvent de Rouge-Cloître, où des personnages princiers venaient le voir, devint fou et mourut en 1482. Voilà tout ce qu'on sait de cet homme jadis si célèbre. Si, pourtant : on lui at'ribue parfois, sans preuve certaine, le portrait d'homme du musée d'Anvers catalogué sous le numéro '.54 et sous le nom de Memling, qui est, en tout cas, une œuvre de premier ordre.

Juste de Gand, lui aussi, est presque un illustre inconnu. On sait qu'il travailla à la cour d'Urbin entre 1465 et 1475, où. par bonheur pour lui. on voit encore une belle Cène, que les historiens d'art apprécient très haut, pour son franc naturalisme et sa couleur assez riche. Ses tètes idéales de Philosophes, dont quatorze ont émigré au Louvre et dont les autres se trouvent à la galerie Barberini, à Rome, sonl de moindre valeur.

Jusqu'à présent, c'est la Flandre qui a porté- l < > n I le fardeau île gloire de la peinture des Pays-Bas. La Hollande n'a é té (pie son élève, mais une élève habile el non sans quelque originalité. Toute une école de sculpteurs de talent, reconnaissable à une certaine sobriété dans les [dis. existait en Hollande au xivc siècle ; et si l'on pouvait enlever le badigeon qui recouvre les murailles des églises de ce pays, on y trouverait les fresques dont de vieux documents font mention.

Quant aux peintres de tableaux, leur berceau, en Hollande, fut Harlem. Albert van Ouwaler. dont van Mander fait un contemporain des van Fyck, leur fut certainement postérieur, si l'on en juge par l'aisance des mouvements et l'élégance relative des figures de la Résurrection de Lazare du musée de Berlin, récemment retrouvée. Le style roman de l'église dans laquelle se passe la scène prouve pourtant qu'il ne faut pas non plus la mettre trop avant dans le XV siècle. Admettons que sa période

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