LA SCULPTURE ET LA PEINTURE EN ALLEMAGNE AL XV» SIÈCLE
naux mil péri en 1870; les moulages se trouvent au Troeadéro .
D'innombrables autres sculptures, principalement sur bois, fouillées connue des chasses, d'une invention vive et riche, parfois d'un mérite transcendant, peuplent le reste de l'Allemagne. Citons, au hasard, celles de l'église de Xanten (xv°-xvi° siècle), où ta rudesse germanique esl tempérée par un souffle de beauté.
LA PEItIT URE
Un phénomène réconfortant autant qu'inattendu, c'est l'apparition, sur les bords du Rhin, de l'École dite de Cologne. Longtemps on a cru qu'elle était tributaire de l'École de Bruges et des van Ey'ck, mais les dates s'y opposent. En effet, dès 1380, il esl question de maître Guillaume (Wilhelm) de Cologne comme d'un peintre hors ligne. Ce Guillaume est-il l'auteur de la série de Vierges conservées au musée de sa ville natale, ainsi qu'à Munich et à Berlin ? Le problème n'a pas été résolu. Ce qui est certain, c'est qu les Vierges en question, d'une gram fraîcheur d'inspiration, d'un grand charme de coloris, quoique d'une facture molle et d'un modelé estompé, forment un groupe à part, sans nulle trace d'influence flamande. On les reconnaît à leur tète ronde, à leur bouche mignonne, à leurs yeux noyés de langueur, à leur chevelure d'un blond de miel. Rien de plus flou, rien de moins écrit.
Le prince des peintres colonais, maître Stephan (Etienne) Lochner ou Lothner (i 1451), est le Fia Angelico des bords du Rhin. Son chef-d'œuvre estle « Dombild » ou retable de la cathédrale, peint
l'huile, entre 1430 et 1440 (l'Annonciation, l'Adoration des mages, des saints). Les ligures y sont à la fois solennelles et souriantes; elles dégagent un délicieux parfum de jeunesse et de candeur, qui nous transporte dans des régions enchantées; le sol est parsemé des plus jolies fleurs. Une autre page célèbre de maître Stephan, la Vkrye an buàson de roses (musée de Cologne), véritable symphonie en bleu, s'impose à l'admiration par une sorte de grâce irrégulière et nonchalante qui n'exclut pas l'intensité du sentiment mystique. Tout autre est la Vierye à la violette, du musée archiépiscopal de la même ville : rien n'égale la limpidité et la fraîcheur de cette gamme rouge, relevée de rose et de blanc de neige (seule, la robe bleue de la Vierge fait contraste). C'est un véritable feu d'artifice, une explosion de lyrisme, et cependant elle est pleine de recueillement intérieur.
Entre ces tètes, aux traits soit atrophiés, soit estompés, et les tètes de Fia Angelico, on constate toute la différence qui sépare le type allemand du type italien, une race lymphatique d'une race de passionnels. Mais l'inspiralion est, la même :
"une se dégage à travers l'enveloppe terrestre; dans ce monde idéal, fait de poésie et de piété, il n'y a place que pour les sentiments purs et nobles. Inférieur à son émule italien pour l'élégance des figures, la noblesse ou la vigueur de la composition, maître Stephan l'emporte sur lui par son sentiment des beautés de la nature végétale. Rien de plus frais que les paysages qui encadrent ses Vierges : gazon émaillé de fleurs mignonnes, haies vives, rosiers.
Chez les uns d'ailleurs comme chez les autres la couleur est conventionnelle
Phot. Npiivil'-In
kcole de corot;