L'ART PERSE
Les Perses ont été mieux inspirés. Tributaires, comme les .allies peuples de l'Orient, des deux mandes civilisations asiatique et africaine, et, qui plus est, de la civilisation ionienne en pleine floraison dans les satrapies d'Asie Mineure, leur art a été un mélange ingénieux d'éléments assyrio-chaldéens , égyptiens et grecs, parfaitement adapté à leur climat, à leurs mœurs et à leur religion, el réalisé avec de très remarquables qualités, ne savons
Nui rien nos, nous
le ses origi- >u du moins avons lieu de croire que les Mèdes, comme les Elamites, empruntèrent tout à la Chaldée.
La colonne persépnlitaine se dislingue pourtant de la colonne égyptienne par des caractères très marqués. Très haut et très frêle, son fût, au lieu d'être fasciculé comme les fûts des colonnes 1 * * f i — formes, est décoré
de petites cannelures à arêtes vives; posé sur une base en forme de campane renversée, il est couronné d'un chapiteau bicéphale, qui n'est pas une des moindres beautés de l'architecture persane.
Sous Cyrus, le palais de Pasargade, dont il ne reste que la terrasse, montre une conception chaldéo-assyrienne exécutée avec, les procédés propres aux architectes ioniens de l'Asie Mineure; la brique y a fait place aux assises en pierre, avec l'appareil à refends inventé par les Ioniens et qui caractérise les sépultures lydiennes
A L I. F. !> II T II O N F. f> F. P A fl I L' S
Reconstitution de l'Apadana de Suse.
L'influence égyptienne n'apparaît que sous le règne de Darius, mais elle s'implante et préserve d'une manière décisive l'architecture persane d'une absorption trop complète par l'architecture assyrio-chaldéeiine. l a colonne y devient l'élément prépondérant. Les portiques latéraux et le vaste promenoir bypostyle des « Apadana •> de Pers'polis et de Suse sont des conceptions architecturales qui dérivent directement de l'Egypte.
I.e même mélange d'influences caractérise la sculpture persane et la gravure en pierres dures, soit ,j ne l'on considère l'ordonnance
générale des basreliefs, où prédomine le défilé processionnel des personnages, soit que l'on s'attache à la façon dont sont traités les altitudes, les costumes, les millièmes ou
les attributs. Nous y retrouvons les l a u r eaux a i 1 é s , les combats d'animaux, les robes frangées et jusqu'au symbole du dieu Mon. devenu, par uni' singulière adaptation, celui du dieu ' ii mu/., rse ait fait à la
)lu.Ct du Louvre.
la I
Mais l'emprunt le plus fécond qui civilisation mésopolainieimo , c'est l'extension donnée dans son architecture à la décoration céramique. La frise des Archers de Suse, conquise par M. Dieulafoy pour le musée du Louvre, est un superbe exemple de ce que les Persans de l'époque achéménide ont pu réaliser : elle annonce brillamment l'essor ih' l'admirable industrie qui assurera à la Perse sassanide et musulmane la prééminence dans la céramique polychrome.